Formations licence MEDIT, 11-12 mars 2013 – exercice 1

Ecriture I – Internet : évènement, ordinaire, signe, trace.

1. Vérification technique, connectique, accès au blog.
2. Causerie de l’animateur : expose les 4 grands principes fondateurs de sa pratique d’atelier , qu’il transpose et pose comme contrat moral préliminaire au travail qui sera effectué ensemble :
– Droit à l’erreur
– Droit de ne pas écrire & droit de ne pas publier (ou « lire à voix haute » tel quel défini dans la version non numérique d’un atelier) – droit au repentir et à l’auto-correction
– Droit à la parole et au silence
– Droit à la confidentialité – entendre en ce contexte comme une question fil rouge, comme une autorisation à la fiction littéraire et au pseudonymat (identité littéraire et numérique) : rappel des notions d’identité numérique, référence à Olivier Ertszcheid et à son livre).

Ecriture I – Internet : évènement, ordinaire, signe, trace. [voir la consigne et les textes produits]

L’infra-ordinaire – Extrait de Georges Perec : l’infra-ordinaire : http://remue.net/cont/perecinfraord.html

« Ce qui nous parle, me semble-t-il, c’est toujours l’événement, l’insolite, l’extra-ordinaire : cinq colonnes à la une, grosses manchettes. Les trains ne se mettent à exister que lorsqu’ils déraillent, et plus il y a de voyageurs morts, plus les trains existent; les avions n’accèdent à l’existence que lorsqu’ils sont détournés; les voitures ont pour unique destin de percuter les platanes: cinquante-deux week-ends par an, cinquante-deux bilans: tant de morts et tant mieux pour l’information si les chiffres ne cessent d’augmenter ! Il faut qu’il y ait derrière l’événement un scandale, une fissure, un danger, comme si la vie ne devait se révéler qu’à travers le spectaculaire, comme si le parlant, le significatif était toujours anormal: cataclysmes naturels ou bouleversements historiques, conflits sociaux, scandales politiques…

Dans notre précipitation à mesurer l’historique, le significatif, le révélateur, ne laissons pas de côté l’essentiel: le véritablement intolérable, le vraiment inadmissible: le scandale, ce n’est pas le grisou, c’est le travail dans les mines. Les  » malaises sociaux  » ne sont pas  » préoccupants  » en période de grève, ils sont intolérables vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an.

Les raz-de-marée, les éruptions volcaniques, les tours qui s’écroulent, les incendies de forêts, les tunnels qui s’effondrent, Publicis qui brûle et Aranda qui parle! Horrible ! Terrible ! Monstrueux ! Scandaleux ! Mais où est le scandale ? Le vrai scandale ? Le journal nous a-t-il dit autre chose que: soyez rassurés, vous voyez bien que la vie existe, avec ses hauts et ses bas, vous voyez bien qu’il se passe des choses.

Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien; ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.

Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, I’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, I’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ?

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?

Comment parler de ces  » choses communes « , comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes.

Peut-être s’agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie: celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l’exotique, mais l’endotique.

Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l’origine. Retrouver quelque chose de l’étonnement que pouvaient éprouver Jules Verne ou ses lecteurs en face d’un appareil capable de reproduire et de transporter les sons. Car il a existé, cet étonnement, et des milliers d’autres, et ce sont eux qui nous ont modelés.

Ce qu’il s’agit d’interroger, c’est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes. Interroger ce qui semble avoir cessé à jamais de nous étonner. Nous vivons, certes, nous respirons, certes; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez.

Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.

Questionnez vos petites cuillers.

Qu’y a-t-il sous votre papier peint ?

Combien de gestes faut-il pour composer un numéro de téléphone ? Pourquoi ?

Pourquoi ne trouve-t-on pas de cigarettes dans les épiceries ? Pourquoi pas ?

Il m’importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d’une méthode, tout au plus d’un projet. Il m’importe beaucoup qu’elles semblent triviales et futiles: c’est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d’autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité. »

voir ici http://jb.guinot.pagesperso-orange.fr/pages/objets.html

Cet extrait de Penser classer « Il y a dans toute énumération deux tentations contradictoires ; la première est de TOUT recenser, la seconde d’oublier tout de même quelque chose ; la première voudrait clôturer définitivement la question, la seconde la laisser ouverte ; entre l’exhaustif et l’inachevé, l’énumération me semble ainsi être, avant toute pensée (et avant tout classement), la marque même de ce besoin de nommer et de réunir sans lequel le monde (« la vie ») resterait pour nous sans repères (…) Il y a dans l’idée que rien au monde n’est assez unique pour ne pas pouvoir entrer dans une liste quelque chose d’exaltant et de terrifiant à la fois. »

voir aussi : http://remue.net/cont/perecpensercl.html

« Faire l’inventaire, s’arrêter sur le flux. »

-Autre matière proposée pour exemple :  « évènements » de Anne-James Chaton (livre-disque chez Al Dante) (voir cette intervention de Charles Pennequin, telle que la reprend Pierre Ménard, à ce sujet). Où comment une forme permet cette proposition inventaire, où comment de la forme procèdent les choix, et vice-versa.

Consigne « Regards sur votre usage : Faites l’inventaire d’un jour de web, pour vous : narrez-le de la façon qui vous conviendra, en allant au plus précis : quels sites, pour quel usage, depuis et avec quelle machine, combien de temps. »

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Inventaire et bol de lait

Petit déjeuner, connexion à Internet. C’est toujours fastidieux car en réalité je n’ai pas Internet. Je suis la honte de ma génération. Je me connecte sur le réseau SFR wifi public par la box de mon voisin. Heureusement, il vient de revenir de vacances et a allumé sa box, quel soulagement. Je dépéris quand il n’est pas là, car je capte très mal le réseau FreeWifi, pauvre de moi. J’arrive sur la page d’accueil Hotspot de SFR. J’y rentre les identifiants de mon copain pour me connecter. Je suis un vrai parasite, voire même un pirate, cache œil, jambe de bois et sabre entre les dents assurés.

Je fais ma tournée : Gmail, Outlook. Tiens, je n’ai pas de nouveau mail. Mais pourquoi donc est-ce que j’insiste et vais voir tous les matins ? Alors je continue ma tournée : Facebook, trois notifications, super ! Elles sont inutiles, je suis déçue, c’est Nicolas qui m’invite à jouer à un jeu de dragon débile et moche, ou quelque chose dans le genre. Je suis habituée, je me contente d’un haussement de sourcil et passe à autre choses. DeviantART, quelques nouveautés, des illustrations que j’enregistre en me disant « J’atteindrais jamais ton niveau. Sacré toi. », c’est parfois décourageant alors je me console en mangeant mes céréales de plus belle. Le bol est fini, je pars le mettre dans l’évier et je continue : mon blog sur blogger, les statistiques. Encore un Ukrainien et dix allemands. Un des grands questionnements de ma matinée est toujours de me dire « mais comment diable sont-ils arrivés sur mon blog ? », enfin, il est des questions qui jamais ne trouveront de réponses. Et je continue. Là, c’est le moment où je réalise que j’ai oublié d’aller voir la boîte mail de l’IUT. Elle est nulle, pleine de spam des évènements de l’université de Nantes auxquels, bien évidemment, je n’irai jamais. Je les supprime en marmonnant, lassée, et je repars.

Ça y est, nous sommes en cours. Je me demande comment le ou la prof peut parler autant. Que diriez-vous d’un verre d’eau ? Cela ne vous ferait pas de mal. Une pause, non ? Non. Facebook. Quelqu’un qui s’ennuie m’a-t-il envoyé un lien sympa pour passer le temps ? Oui tiens, Noémie, on peut toujours compter sur elle.

Midi a sonné, je mange et refais ma tournée, parce qu’il faut bien s’occuper les yeux. Mes mails, hallelujah il y a du nouveau ! Vous avez un nouveau commentaire sur votre blog, n’oubliez pas de venir faire les soldes à Cache Cache, regardez ! un nouvel arrivant sur RS Doublage, vous êtes abonnée à notre newletter cela vous intéresse sûrement. Facebook, Deviantart, nada.

Je ne sais plus trop quoi faire, alors je refais une autre tournée : la tournée approfondie spéciale « j’ai du temps à perdre ». Et ça commence par les blogs BD. Boulet, où trouves-tu le temps de dessiner et poster tout ça ? Je ricane. Blog suivant. Trondheim, tu n’as pas as eu de moment pour dessiner quoi que ce soit de nouveau. Ok, ça je comprends, mais je n’en suis pas moins déçue. Cha, rien de neuf. Tyffany Ford, déserté. Fini les blogs BD, je passe aux séries d’un clic assuré. MyEpisodes.com, quels nouveaux épisodes de mes séries sortent aujourd’hui ? Un nouveau Big bang theory, gardons-le au chaud pour ce soir. Je fais un petit tour dans la rubrique « le temps que vous avez perdu » de MyEpisodes, il y est écrit que j’ai officiellement passé 2 mois, 3 semaines, 4 jours, 10h et 24 minutes à regarder des séries. Si seulement il savait que la plupart des séries qui sont écrites ici, je les ai regardées 2 fois… Il me dirait au moins « vous avez passez 4 mois complets de votre vie à regarder des trucs. Je ne juge pas, mais vous devriez avoir honte », c’est sûr. Heureusement, il n’en sait rient. Non sans songer que je perds quand même sacrément mon temps dans cette existence, je passe à autre choses, skip.

L’écran noir, mon ordinateur est en veille.

Je suis rentrée chez moi, et je mange encore des céréales, alors je recommence ma tournée. Gmail, quel suspense à chaque ouverture… Je ne m’en sers que pour les choses officielles et importantes, du style les stages ou les choses professionnelles et les locations d’appartement. Il n’y a jamais rien, alors rassérénée je passe à Outlook encore. Là, pas de pression, je n’y reçois que des bêtises. Facebook, Deviantart. J’ai fini, et c’est le moment de la journée dont j’ai le plus honte : je lance une partie de Crystical, un jeu tout pourri en ligne. On joue contre un adversaire, je m’amuse à regarder leur nationalités : allemand, italien, et tellement, tellement de polonais. Les polonais ont la fièvre des jeux en lignes. J’ai des origines polonaises, rassurons-nous en nous disant que c’est pour cela que je traîne ici. Jusqu’à épuisement ou lassitude extrême, je joue. Puis j’arrête. Internet, c’est bon pour aujourd’hui.

Adèle Silly.

Mais nous sommes sur Internet, je vous en prie appelez-moi Petrolkiwi.

Tout ça pour finir sur un livre.

Quand le réveil sonne, il est tôt. très tôt, j’émerge. La lumière de mon portable me semble préférable à celle de ma lampe de chevet. La transition se fait plus douce. Première connexion. Tournée général des réseaux sociaux, mails, parfois la météo (cela demande moins d’effort que d’ouvrir les volets), histoire de chercher une motivation pour me lever, ou bien pour trainer un peu plus…

Au petit déjeuner, je fais un petit tour des nouvelles, toujours sur mon téléphone, plus petit : plus pratique à ce moment là que n’importe quel ordinateur. Et surtout, pas trop de dispersion possible. Juste quelques articles le temps de manger mes tartines, peut-être le temps de répondre à un mail que j’attendais impatiemment depuis quelques jours. Recherche active d’appartement.

Les connexions suivantes se font plus tard dans la journée sur mon ordinateur parfois pendant un cours, pour répondre aux questions, avancer. Et me distraire aussi peut-être quand j’ai perdu le fil, pour mieux le retrouver un peu plus tard, fraîche et dispo, ragaillardie des dernières publications inintéressantes de facebook.

La pause déjeuner est parfois un temps où l’on divague un peu plus sur le net. Passage obligé sur le programme télé. Que vais regarder ou non ce soir ? (et le petits potins people inutiles en dessous…) C’est aussi le temps des échanges de textos avec les copines, je ne veux pas imaginer ce que cela serait si j’avais un copain… On joue aussi, entre nous via des applications. C’est à ce moment là que des discussions me rappelle nous avons une boîte mail étudiant, il, n’y a qu’à l’IUT que je pense à y aller. Dès que je peux, un moment de solitude ou bien des écouteurs, je me connecte sur une de mes comptes deezer (5 heures par mois, sont-ils fou?).

Le soir en rentrant à la maison, petit tour général des applications, mails et réseaux sociaux, que s’est il passé le temps de parcourir ces 45 kms ? C’est sur le canapé, (devant une télé parfois éteinte, le plus souvent muette)  l’ordinateur sur les genoux que je passe le plus de temps connectée. À tout les sites visités durant la journée s’ajoute skype, les sites et articles proposés via facebook que je prend alors le temps de lire. Je vais aussi visiter tous les sites que j’ai ajouter en favoris au fil du temps comme : all the moutains, of paper and things, I love saturdays, atswim to birds… Différents blogs, sites de mode, de créations sur lesquels je peux passer des heures, à voir ce qu’il se fait, en mode, mais aussi en édition, graphisme. Je fais peut-être un tour aussi sur le site de la fnac, si ce n’est pour commander quelques livres au moins me faire envie.

Après cela, petit tour quotidien sur l’emploi du temps. Et je migre vers ma chambre pour écouter un podcast d’éclektik avec les enceintes (un bon son c’est important), tout en brodant une petite chose par-ci par-là. Puis je baisse la lumière, repasse en mode nuit. Du téléphone je vais sur twitter, des petites parties d’un jeu (ou deux, ou trois… ne me demandez pas d’en faire la liste…), un dernier passage sur facebook alors que je n’en attend rien, puis je le cache sous l’oreiller, pour ne plus être tentée de fouiner.

Je termine ma journée sur un roman. Quand même. Le numérique c’est bien, mais le livre c’est mieux. La dernière chose que je verrais sera bien mon livre de chevet.

Marie poulet.

Inventaire d’une journée connectée

8:00. Le téléphone crache quelques notes de Peter von Poehl, je le fais taire aussitôt et allume le terminal. Code PIN accepté, je suis joignable, connectée.

Plus tard, à l’université, allumer l’ordinateur et cliquer machinalement sur l’icône Internet. J’ouvre trois onglets : Facebook, Hotmail et la boîte mail de l’université. Vérification, prise de nouvelles, probablement une peur inconsciente de passer à côté de quelque chose d’important. Depuis 3 ans que je suis à l’université, on nous apprend à être connectés. Tout le temps. À force, l’habitude est prise.

Revient le téléphone, consacré à Twitter et Facebook, compte tenu de la taille de l’écran, de la lenteur de la connexion aux boîtes mails. Et puis les sms, immanquablement.

À midi, profiter de la pause pour se connecter encore. Depuis notre salle attitrée, vérifier les boîtes mails : infos sur les cours, notes, travaux de groupe, newsletter, réponses d’amis. Tout lire rapidement et réserver la réponse pour plus tard.

En fin d’après-midi, l’écran de l’ordinateur s’éclaire de nouveau. Trop d’onglets ouverts pour la puissance limitée du pc. Les habitudes de la journée reviennent. Consultation déraisonnée des boîtes mails mais cette fois-ci en prenant le temps de répondre, de tout laisser ouvert. À côté Facebook et Twitter s’énervent. Connexion simultanée à Grooveshark et à Google reader : titres, liens hypertextes, s’informer, lire. Et aussi rechercher les noms, tout ce qui m’a interpellé dans la journée. C’est une connexion différente des autres en trois étapes (mot de passe, regard rapide, déconnecter), une connexion lente et posée.

Avec le générique d’un film, les dernières connexions de la journée prennent fin. Débranchement de l’ordinateur, réglage du réveil, extinction du téléphone. Demain encore, c’est en quelque sorte la connexion qui me réveillera.

Claire

Ces échanges anodins…

Bzz, bzz ! Un nouveau message !

« Coucou, bien dormi ? »

« Très bien, merci ! »

« Je vais en cours / Je vais au travail… Bonne matinée ! »

Échange anodin pourtant si important pour débuter la journée.

Bienvenue sur Facebook ! Des notifications en rafale…

J. aime votre statut.

J. a commenté votre statut.

M. aime votre commentaire.

M. a répondu à votre commentaire.

Chaque jour, la même vérification, avec cette petite pointe d’excitation en découvrant que ma publication est appréciée.

Et je réagis en vitesse ! J’aime ou pas, je commente souvent, je publie parfois.

Pause.

Et 4 nouveaux mails…

Des stressants : « En réponse à votre candidature… »

Des envahissants : « Agenda de l’université de Nantes… »

Des récurrents : « Merci pour ton travail, peux-tu modifier cette dernière mise en page ? »

Des plaisants : « Bonjour L., hope that you had a nice weekend ! »

Puis, Facebook chante…

« Nouveau scan en version US, enjoy ! »

(Note : un scan est un chapitre de manga, inédit, attendu fébrilement par les fans chaque semaine… rien n’apprend mieux la patience que ça !)

« Super, ce scan, vivement la version française ! » (Parce que, bon, je suis pas sûre d’avoir bien tout compris…)

Réaction immédiate : J. aime votre publication.

Actualisation de la page : toujours pas la version française…

En attendant, retour aux mails.

« Ohayo N., I’m glad to hear from you today ! »

Mais Facebook chante à nouveau.

« Tiens, va voir ce lien, j’ai pensé à toi en voyant ça ! »

À peine le temps de cliquer que c’est déjà l’heure du déjeuner.

Bzz, bzz ! Un nouveau message !

« Comment s’est passée ta matinée ? »

« Bien, merci ! »

Bon appétit ! »

Échange anodin pourtant si important pour poursuivre la journée.

Pause.

Et puis, Facebook m’appelle.

Oh, quelle classe, cette image ! Publiée !

J. aime votre publication. T. aime votre publication.

Actualisation de la page… version française en ligne !

Tulu ! Facebook chante.

« Hey ! Faut qu’on débatte sur le scan, là, ça faisait longtemps ! »

« Tes impressions ? »

« Tu crois que ce personnage est vraiment mort ? »

« À ton avis, il va se passer quoi, après ? »

Encore une semaine à attendre, on trouve déjà le temps long…

Sur la fanpage, j’anime, je commente, j’aime, je réponds… Faire vivre cette page, c’est important, chaque jour.

Mais voilà que la journée touche déjà à sa fin.

Bzz, bzz ! Un nouveau message !

« Ta journée s’est bien passée ? »

« Oui et toi ? »

« Bien travaillé ? »

« Oh, oui, on peut dire ça… vraiment, je suis crevée ! »

« Bonne nuit ! »

Échange anodin pourtant si important pour terminer la journée.

Laurie (a.k.a Ichimaru Kazuko)

Un Dimanche boulot/recherche d’appartement/déprime

8h00 : Consultation gmail

Reçus : – Mail leboncoin.fr répondant à ma demande de location (« l’appartement est déjà loué, désolé! »)

– Mail à Adèle, future colocataire via gmail

8h05 : Consultation leboncoin.fr

8h20 : Envoi de mails à Adèle via Gmail

8h25 : Envoi de mails aux annonceurs leboncoin.fr

8h28 : Mail reçu d’Adèle

8h30 : Envoi de mail à la caf

8h45 : Envoi de mails à mes copines parties loin : Bastia, Montréal, Singapour via Gmail ou Skype

9h00 : Consultation facebook.com pour me moquer des photos et statuts des gens

9h10 : Consultation twitter.com pour les actualités des maisons d’éditions ou auteurs que je suis

9h15 : Consultation blogger.com pour mettre à jour mon blog

9h20 : Consultation viedemerde.fr pour accompagner le thé

9h30 : Consultation du blog de ma copine Singapourienne pour rêver et être jalouse

9h30 : Envoi de mail à Adèle

9h40 : Ouverture de Photoshop et ouverture du site 8tracks.com pour écouter des chants de Noël bien kitch en travaillant

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Internet, Tête de livre et moi

.

Aux premières lueurs du jour

J’allume mon PC sans détour

Et même avant de revoir mon look

Me voilà sur Facebook

Deux messages et quatre notifications

Une journée qui commence sans pression

« Miam », je commente un statut

Puis dans le mien je me mets à nu

.

Soudain mon téléphone se met à vibrer

Me prévenant qu’un message est arrivé

On me raconte les événements de la soirée

Certains se sont bien amusés

Ici l’alcool a coulé à flots

Provoquant des situations sans mots

Là certains draps ont ouvert leurs plis

Sur une nuit de folies

.

Et encore Tête de livre

Car c’est bien ce qui me fait vivre

.

Allons à présent sur VDM

Parce que c’est tout ce que j’aime

Rire sans méchanceté

De ces tranches de vie salées

En laissant quelques commentaires

Avec de grands airs

Bien sûr, n’oublions pas DTC

Ce site un peu névrosé

.

C’est l’heure d’aller lire mes mails

Ceux qui sont importants

Sont en fait les moins voyants

Noyés dans les pubs et leur fiel

La Fnac, Bouygues ou Amazon

Ces gros pontes dans la vie

Ont installé leurs immenses trônes

Dans mon petit espace Free

.

Retour sur Tête de livre

Qui ne cesse de me poursuivre

.

Maintenant Youtube m’appelle

De son chant de sirène lépreuse

Remplissant ma tête creuse

De stupidités à la pelle

Mais j’en ai besoin

Pour ma dose de « pipe en bois »

Cette vidéo qui m’a prise en main

En faisant de moi sa proie

.

La journée passe vite

Rythmée par tous ces sites

Qui corrompent ma vie

En grignotant mon temps avec envie

Et même avec de la compagnie

Autour d’un verre entre amis

Dans ma têtes ils sont là, avides

La remplissant de vide

.

Attention à Tête de livre,

Ne jamais y aller ivre

.

MDY