déroulé de la séance

Ecrire avec Internet
Des outils numériques comme possibles renouvelés de l’atelier d’écriture — exemples et expérimentation

1. Un parcours, une action – présentation illustrée
Deux modes de récit – Temps court & temps long

a. Temps long — le récit à la première personne : 15 minutes.

Passage par le site (reprendre pied, s’éditorialiser spatialement).

Mon récit passe donc par (notamment) :

maison gueffier
remue.net
la maison de la poésie de nantes
les résidences ile-de-France (sur remue.net)
poieo numérique
faire(800)signes, mon récent tumblr (journal quotidien de lectures)
ma chaine mixcloud
(Et on peut en le refaire antéchronologiquement depuis cet endroit : https://materiaucomposite.wordpress.com/a-propos/

 

b. Temps court — Médiation littéraire ? – Présentation d’un itinéraire, depuis le site

materiaucomposite.wordpress.com

Les fils réseaux sociaux

Me posant la question des contenus de ces séances, tentant de faire le tri dans mes activités constellées et liées pour tenir un propos clair, je choisis le contre-pied à cette idée de clarté (ou de linéarité) et prends le parti de partir de l’?il de mon cyclone, de dire un peu de cette réalité d’actions qui
est la mienne, depuis un de ses lieux de sédimentation, de traces – à savoir, le réseau social. Je choisis twitter, où je constate privilégier les infos strictement littéraires (alors que facebook se mêle pour ma part d’une autre forme de sociabilité : de ceci je parle également).

Les actus toute récente : une semaine de réseaux sociaux (défilement du fil twitter de la semaine précédente, sur https://twitter.com/GuenaelB)
– pour faire le récit au jour le jour d’un « métier » : médiateur littéraire
connecté.

Cela signifie : plein de choses, dont le fil rouge demeure le lirécrire, le lien entre écriture et lecture : écrire et lire sont liés et ce lien est sans cesse relancé dans notre interface de travail, le terminal (qu’il soit ordinateur ou téléphone) : au-delà de la question de la connection (excessive, intempestive), réelle mais majorée symboliquement, c’est celle de cette intrication entre la table de travail et celle de lecture, entre le téléphone et le carnet de notes, qui relance et questionne ce rapport entre lire et écrire.

idées maîtresse :

DIY
les engagements personnels s’ils sont fondés, effectifs, en rapport, génèrent, à long terme, un gain, symbolique et de connaissance – mais pas seulement, ce gain se convertit parfois en emploi(s) rémunéré(s).

Identité numérique

j’évoque les recherches d’Olivier Ertzscheid et son site affordance, je fais le récit de cet exercice « classique » d’atelier d’écriture (que j’ai nommé « hyperportrait », contrainte de récit de soi / curriculum fondée sur les traces qu’on laisse de soi sur le web).

écrire
l’écriture est au centre, qu’il s’agisse d’être écrivain (tous ceux que je connais vivent aussi d’autre chose, notamment de médiations, résidences, ateliers, etc / à précarisation grandissante, diversification
grandissante) ou « seulement » auteur – la médiation en sera améliorée, l’animation d’ateliers d’écriture en sera bonifiée.

atelier et web – le numérique et la présence réseaux, la publication, sont des endroits de coopération), sont des extensions de l’atelier – et il y a un enjeu à cet endroit : lier les deux, le numérique et la littérature, selon des modalités variables : nous sommes si peu à animer des ateliers d’écriture dans cet environnement, c’est trop peu.

2. Ecriture et connection

exercice d’écriture qui fera office de présentation, de tour de table en formation-action.- 1- Mes usages du web – inventaire de l’ordinaire : une journée de connection.

Consigne d’écriture « Regards sur votre usage : Faites l’inventaire d’un jour de web, pour vous : narrez-le de la façon qui vous conviendra, en allant au plus précis : dans l’ordre de déroulement d’une journée : quels sites, pour quel usage, depuis et avec quelle machine, combien de temps. »

Mais surtout, cet extrait de Georges Perec : l’infra-ordinaire : http://remue.net/cont/perecinfraord.html

« (…)

 

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?

Comment parler de ces  » choses communes « , comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes.

Peut-être s’agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie: celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l’exotique, mais l’endotique.

Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l’origine. Retrouver quelque chose de l’étonnement que pouvaient éprouver Jules Verne ou ses lecteurs en face d’un appareil capable de reproduire et de transporter les sons. Car il a existé, cet étonnement, et des milliers d’autres, et ce sont eux qui nous ont modelés.

Ce qu’il s’agit d’interroger, c’est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes. Interroger ce qui semble avoir cessé à jamais de nous étonner. Nous vivons, certes, nous respirons, certes; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez.

Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.

Questionnez vos petites cuillers.

Qu’y a-t-il sous votre papier peint ?

Combien de gestes faut-il pour composer un numéro de téléphone ? Pourquoi ?

Pourquoi ne trouve-t-on pas de cigarettes dans les épiceries ? Pourquoi pas ?

Il m’importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d’une méthode, tout au plus d’un projet. Il m’importe beaucoup qu’elles semblent triviales et futiles: c’est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d’autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité. »

(voir ici http://jb.guinot.pagesperso-orange.fr/pages/objets.html)

Les textes produits sont ici

3. La question de l’écriture en atelier et de ses rapports au numérique

a . Mon récit d’une bascule

  1. historique ateliers d’écriture, quatre grands principes, avec lesquels j’ai travaillé sous la férule de Cathie Barreau
  2. -de l’intérêt du contexte numérique, de sa difficulté de mise en place, du changement des dits «
    principes
    »

Droit à l’erreur
– Droit de ne pas écrire & droit de ne pas publier (ou « lire à voix haute » tel quel défini dans la version non numérique d’un atelier) – droit au repentir et à l’auto-correction
– Droit à la parole et au silence
– Droit à la confidentialité – entendre en ce contexte comme une question fil rouge, comme une autorisation à la fiction littéraire et au pseudonymat (identité littéraire et numérique) : rappel des notions d’identité numérique, référence à
Olivier Ertszcheid et à son livre).

  1. -de la littérature comme ressource et moyen (autant que comme objectif – i.e : objectif de la découvrir plus que d’en écrire).

    Voir ce long développement, article de synthèse (publié chez CF editions et sur mon site)

    b. Le numérique en atelier d’écriture : un espace neuf où refonder des pratiques

    (…)

Dans tous les cas, cet apport est une mutation nécessaire de l’atelier d’écriture. Il doit devenir, envisagé avec les outils du numérique, un « atelier d’écriture et d’édition » : pour ne rien perdre ainsi de sa qualité de libération d’une parole, tout en garantissant les moyens de la tenir, de la porter, de la mettre en voix, page, scène, ligne : pour n’en pas rougir. Pour ne pas l’envisager comme une finalité mais une progression, en continuité, un processus d’émancipation renouvelé.

(Guénaël Boutouillet, matériaucomposite).

 

 

c. La résidence à Saint Brieuc (et autres exemples) – du numérique comme outil polyvalent d’intervention lecture et écriture

https://deconstruireconstruire.wordpress.com/

la carte postale,le framapad, l’exploration, la cartographie

« Ce blog est le lieu de production et de publication des textes produits durant la résidence, qu’il s’agisse de journaux personnels de Guénaël Boutouillet, des productions d’atelier d’écriture, des entretiens avec des écrivains invités. »

Autre exemples d’ateliers

  • atelier framapad / le film d’une écriture, pas l’écriture d’un film (un atelier framapad avec des jeunes)


Un basic : Hyperportrait mon identité numérique. (écrire web signifie écrire dans et avec : s’écrire web le signifie plus encore).
Sur des sites d’auteur, la page bio de l’auteur = où comment, en quoi, faire sa bio sur son site, est un positionnement d’auteur, implique de s’énoncer soi et de s’énoncer en tant auteur, implique que la forme soit sienne – faire sa bio c’est aussi faire une fiction (une fiction crédible une fiction admissible dans le contexte éditorial envisagé).
Les sources littéraires sont des CVs et bios d’auteur devenues faits d’écriture sur leur site :
présentation de joachim séné  / bios de fred griot, de françois bon  sur leur site respectif…

La consigne donnée est :

« Écrivez votre micro-autobio en cinquante mots dont au moins dix soient des liens hypertextes »

(Cet exercice permet de se présenter au groupe et à l’animateur, en même temps que de présenter un peu de son rapport au web). (ils sont signés guenaelboutouillethotmail ou guenaelboutouilletgmail par défaut, laissant les auteurs libres de garder leur anonymat ou d’ajouter un paraphe en fin de texte).

 

Internet : en tant que lieu d’identité, d’énonciation, de publication de soi. / : etÉcriture II (seulement évoqué, en tant que contrepoint et prolongement possible – car un exercice d’atelier, aussi riche en potentialités exploratoires soit-il, n’est jamais une méthode, ni même une manière-de, il n’est qu’une piste).

Vies

L’exercice est basé sur deux exemples de livre très distincts, tous deux parus en 2012, Peste et Choléra de Patrick Deville et Ma dernière création est un piège à taupes de Oliver Rohe, deux livres fondés sur l’exercice biographique, documenté et distancié (dans un subtil échange entre la documentation et la distance (et la présence, fantôme, de la fiction)), mais citant aussi deux exemples originels (Les Vies des douze Césars de Suétone, Les Vies Minuscules de Pierre Michon). Nous opérons une manière de dépliement puis repliement, dans la foulée du temps d’écriture hypertextuelle de la séance 2 , et observons comment le lien hypertexte documente de l’intérieur et comment la littérature fabrique du lien sans ce recours.

Écrire le même autrement

« Vous choisissez un texte (une Vie) dont vous n’êtes pas l’auteur(e) : vous êtes en position de scribe.

Considérant que ces liens insérés dans les phrases du texte sont (notamment) de la documentation, procédez à la digestion de cette documentation, à sa reformulation  : tenter d’écrire cette vie, cette approche de biographie  –  à la troisième personne du singulier, et sans aucun lien hypertexte.

Cet exemple permet de revenir aux rapports temps court / temps long évoqués dans les propos liminaires – et jouer de complémentarités plutôt que d’oppositions

  1. Notes sur l’encombrement et le paysage du & des bureaux

Changeons d’angle, et spatialisonsobservons notre espace (de vie, de travail) quand nous nous concentrions sur le défilement du temps.

Lecture introductive du texte de Perec dans Penser classer, « note sur les objets qui sont sur ma table de travail »

  1. « Qu’en est-il de votre bureau ? où est-il ? dans votre appartement ? sur l’ordinateur portable ? sur l’ordinateur fixe ? Mais le bureau de l’ordinateur, il est également dématérialisé, de plus en plus, via nuages et externalisations ? Tentative d’appréhension globale, exhaustive, et actualisée de votre table de travail, de ce que vous considérez comme tel, de votre, de vos bureaux. »

Tentative d’usage de mapping et outils dédiés – Pour une écriture heuristique.
Nous utiliserons :
https://www.mindmup.com/#m:a13c092f804715013241313a9923a4dcd2

  1. « sur ce modèle : dessiner deux bureaux – au moins. Et peut-être d’autres divisions.
    Ecrire, sauvegarder, exporter – et poser dans un article wordpress. »

(autre logiciel de ce calibre :  http://framindmap.org/framindmap.html#)

Les textes, graphes (dessins, cartes…) sont à lire ci-dessous :

(Cliquer sur l’image pour l’agrandir, et sur la mention pdf pour en télécharger le pdf)

 

POUR FINIR : PROPOSITION D’ATELIERS IMAGINAIRES :

 

Répondre à cette question : « Qu’en faire ? (ou pas » (du numérique en atelier d’écriture, par un texte incluant au moins deux liens hypertexte)

Les textes sont ici

 

 

 

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Du petit au grand

7h mon portable se réveille et me cueille déjà réveillée encore endormie

Il ouvre son oeil très lumineux comme si c’était dur de se relier à nouveau à tout un champ de forces qu’il avait délaissé pour se renfermer dans sa boîte. Il prend son temps et s’en suit le carillon ou pas des sms reçus dans la nuit. Affolé, il vomit tout ça sur ma table de chevet. Tendre ou pas le bras pour voir ce qui m’est dit. Peur de générer dès le début l’émotion la dispersion à travers les voix lues les injonctions, les demandes, les adresses, peur de les ignorer aussi, temps à rattraper sur le temps de la nuit.

Petit déjeuner  je suis seule avec l’ Ipad et France Culture : Messagerie.  Urgence sans urgence réelle . Je déroule  les mails que je préfère voir s’afficher sur un écran plus large que celui de mon téléphone.  L’habitude est prise. Mais peut changer. Je m’accroche à l’idée qu’un téléphone reste encore surtout un téléphone même s’il me crie que c’est faux. Liste de mails à ouvrir ou glisser dans la corbeille . Je mange en même temps et l’écran s’en ressent, plus ou moins poisseux entre les miettes et le pot de confiture. Les mails m’entrainent vers des sites, des liens. » Théophile voudrait séjourner chez vous du 16 ou 22 juin ». Cliquer sur l’icône  Airbnb rentrer dans le processus répétitifs des étapes. Accepter ou pas, justifier son refus, envoyer un message à Théophile que je ne connais pas.Désolée.  Rester léger malgré tout le plus longtemps possible petits supports: téléphone, Ipad en mouvement. Pour affaire plus sérieuse Mac avec bureau grand écran lourd pas mobile.La taille de la machine suit les étapes de la journée,  appuyer sur le bouton à ce stade c’est s’atteler pour 2 heures minimum .  Page d’accueil c’est Télérama , même si je veux aller vite , passer pour aller vers ce que j’ai à faire sans me perdre en route , elle me tient captive quelques minutes, minutes  parfois fatales qui vont m’obliger à aller voir là , puis là , puis dessous, plus loin, en travers, dans un jeu de pistes qui m’égare souvent. Fatiguée de voir qu’au bout d’1/4 d’heure, 20 minutes je n’ai toujours pas commencé ce que je voulais faire. Mieux ou pire j’ai oublié le truc à faire ou ne vois plus bien son intérêt , son urgence qui m’apparaissait si clairement il y a encore quelques minutes.

Naviguer au hasard…

 

 

Kenferre

Utiliser les outils web les plus populaires. Observer comment ils sont détournés et pervertis pour en faire des outils de poétique.

Partir smartphone en poche et traquer la poésie, non pas où elle se cache, mais partout où elle se montre.

Sur Instagram, la poésie s’écrit sur des feuilles arrachées, se tatoue et se calligraphie. Le livre se met en scène et se chorégraphie.

Prendre de la graine là où la graine est semée.

Faire feu de tout bois et écriture de tout emoji.

 

 

 

Pouce

7h. Tendre le bras engourdi vers le chevet – un amoncellement de magazines hétéroclite mais stable bâti au gré des lectures et dont le smartphone forme l’immuable dernière strate – déplier le cache de la housse comme la couverture d’un livre, glisser le doigt sur l’écran du haut vers le bas, presser l’excroissance plastique et sous les paupières à demi-closes, faire jaillir un éclair de lumière vive. Le smartphone, batterie chargée sans fermer l’œil, déploie les notifications des événements de la nuit d’une simple pression du pouce sur le bouton central. Papillon de nuit pris dans les filets de la lumière artificiel, le regard balaie l’écran, de haut en bas, toujours :

  • un oiseau blanc sur fond bleu. Tiens, de nouveaux abonnés !
  • 4 e-mails dans la boîte à tout-venant. De la pub, sûrement !
  • 2 e-mails dans la boîte personnelle. A lire plus tard. Savourer l’attente. Faire des suppositions sur leurs auteur et leurs contenus. Une fois sur deux être déçu. Mais plus tard.
  • 15 e-mails dans la boîte pro. A lire très très très tard. Et le droit à la déconnexion alors, tout le monde l’oublie dans cette foutue boîte ?
  • 1 F majuscule sur fond bleu foncé. J’ai publié quelque chose hier soir ? Ah non, merde, c’est un rappel d’anniversaire.

7h05. Les WC. Le caleçon sur les chevilles, la main gauche qui soutient le menton, le pouce droit qui déplie les notifications. Twitter et Facebook seulement. Il fait défiler l’objet des mails pros. Que des emmerdes ! Il supprime les mails promotionnels de la boîte tout-venant et patiente encore pour les mails persos.

7h30. Le café dans la main gauche qui vise la bouche sans l’aide des yeux, trop occupés qu’ils sont par son fil instagram. La télé ronronne sur des informations matinales qu’il a déjà lu en 140 caractères 5 minutes avant.

8h05. Arrivé au bureau. Il ouvre un à un les mails pros sur son PC. S’attarde sur certains, en ferme d’autres d’un clic – les plus pénibles – et répond à quelques-uns d’un OK, ASAP. Il les signes de ses initiales.

9h00. Bâillement. Le pouce qui presse le bouton magique. Notifications Twitter. 6 RT. Pas peu fier de sa puchline en 140 caractères.

9h15. Pouce. Coup d’oeil rapide. Plus de RT. La twittosphère est passée à autre chose.

10h00. Pouce. 1 RT orphelin, la queue de peloton.

10h30. Mails pros. Les traiter : lire/répondre/épingler (rouge pour urgent, orange pour à faire)/archiver

10h45. Pouce. Pouce. Pouce. Toujours 2 mails perso non lus. Il est temps de lire. Sa mère. Un ami. Il leur répondra plus tard. Ce soir, tiens.

11h50. Pouce. Son estomac gargouille. Zero notifications.

12h45. Pouce. Il déjeune sur le pouce. Déroule le fil Facebook. ça ne publie plus beaucoup ici.

12h56. Pouce. Café. Twitter s’agite. Il se passe quoi, là ?

13h06. Pouce. Fausse alerte. Il saute de compte en compte et s’abonne à tout va.

13h30. Mails pro. Rouge, rouge, rouge.

15h00. Étirements. Pouce. 2 notifications messenger, 15 Facebook. L’anniversaire, c’est le sien. Il avait oublié.

16h00. Pouce. Déjà 16h00.

17h00. Rouge, rouge, rouge, rouge. Il éteint le PC. On verra demain.

17h05. Pouce. Alterner coup d’oeil à l’écran et au pavé. Monter dans la voiture. Jeter le smartphone sur le siège passager.

17h10. Embouteillages. Pouce. Des notifications facebook en pagaille. Anniversaire. Anniversaire. Anniversaire.

18h30. Préparer le repas. Ouvrir marmiton. Pouce. Éplucher. Pouce. 2 pincées de sel. Pouce. Faire mijoter 15 minutes. Foutu écran qui se verrouille.

 

 

 

 

Consigne d’exostivité

Voix éraillée pt’it bout en bas de l’escalier  « Man’Jess!… » Silence… ça sens bon le début d’ journée,  j’attrape l’iphone 5C bleu azur  reconditionné … loin du 7hoo du mat’ j’ôte le mode avion, actionne le wifi, en widget les actu’ du jour, coup d’œil rapide sur les gros titres, descente d’escalier…pieds nus et connecté. P’tit bout a son rituel « Zootopie Man’Jess s’teuu p’ait » , manette de la play station dans une main et biberon dans l’autre, je lance la lecture du DVD sans oublier de choisir le chapitre préféré du microbe à peine réveillé, rapidement nouvelle demande « Man’Jess l’autre zouzou  » signification,  Mon fils veut finalement l’ipad, Clic rapide, appli’ des ZouZou dessins animés destinés aux gnomes  en bas âges, pour finalement le voir  quitter l’appli, quelques minutes seulement… pour Youtube  évidement! où le jeune homme trouve instantanément ce qu’il convoite  dans l’historique, à droite. J’l’observe, Lui autonome, Moi café et mobile en main, j’enchaine ; consultation des mails, passage sur l’actu,  la météo du jour, je me laisse distraire, virée sur Facebook, débrif’ de la soirée passée les potes ont encore tagué, sourire aux lèvres la plus part du temps, un Bip… 1er message de la journée, forfait comprenant les sms illimités j’réponds, je ne me fais pas prier!…et ce pour toute la journée.

Jess.

Flash trop plein

7h vibration, un téléphone s’agite, tu tâtonnes attrape l’appareil, appuies sur arrêt

Tu le reposes sur le côté du lit, toujours en monde avion, tu files sous la douche

7h15 casseroles sur le feu, France inter en fond sonore, 7h30 réveil de p’tits lou, biberons, câlins

8h30 départ, ah zut ton téléphone où l’as tu posé? Un à charger dans la cuisine, l’autre resté sur le coin du lit. Tiens ils sont toujours en mode avion, tu le quittes, Romain a peut être essayé de te joindre…

Bip un message sur le répondeur, tu le lances avec le haut parleur et attrape ton sac.  Sur l’autre un sms s’affiche, une copine, tu liras ça après vous allez être en retard.

8h55 julie t’as-t-elle répondu? Un coup d’œil rapide à la boîte mail sur le parking de l’école, rien…

9h10 tu fais coulé un café, jettes un œil à ton téléphone personnel, l’icône messenger s’affiche Anna t’a renvoyé un message, tu l’ouvres et réponds

9h15 tu allumes ton ordinateur, ouvre ta boîte mail pro puis ta perso, toujours pas de message de julie, quelques infos sur le pro, Catherine partage sur un atelier tu suis le lien vers le site internet

9h30 déjà tu ouvres un nouveau doc pour préparer un nouvel atelier

10h l’écran de ton téléphone en haut à droite de ton clavier s’allume, tiens un appel j’ai oublié de rallumer la sonnerie. Un nouveau message sur Messenger s’affiche. Tu ouvres et bascules sur ton fils d’actualité Facebook, tu fais défiler, clique sur un ou deux articles que tu parcoures, partage une citation.

10h20 tu reposes le téléphone, le temps file, te recentrer, reprendre le travail que tu avais engagé

Tu regarde l’heure sur ton téléphone : 11h30 il va falloir que tu files

13h15 déjeuner terminé tu prends ton téléphone et actualise ta boîte mail. Rien que de la pub, tu fermes et ouvres Facebook

13h30 bip message sur messenger quelqu’un que tu ne connais pas, simple invité à un même anniversaire et même groupe pour cadeau. 13h35 encore messenger une réaction d’un autre. 13h40 encore… Tu es agacée, tu te demande l’initiatrice du groupe va se vexer si tu le quittes. Tu poses le téléphone, sorts de la maison, une course à faire.

14h tu te remets devant l’ordi, tu jette un œil au téléphone rester sur la table pour voir si tu as reçu un appel, encore 3 nouveaux messages sur messenger. L’agacement prend le dessus, tu cherches l’option quitter le groupe.

16h pause café, tu jettes un œil à ton agenda sur le téléphone, tu résiste à la tentation d’un check à Facebook trop chronophage et retournes à ton ordi

16h15 un  bip te signale l’arrivée sur l’ordi d’un nouveau mail, tu ouvres, rien d’important, tu reprends mon travail

17h trop plein d’écran, couper, faire un tour de vélo

19h devant les casseroles coup d’œil sur ton téléphone aux messages et mails toujours avec inter en fond sonore

21h30 je m’asseois sur le canapé, ouvre le fils d’actualité Facebook, clique sur quelques vidéos

Mal à la tête je coupe. Je me glisse dans le lit, règle le réveil, envoie un dernier message à Romain et passe en mode avion.

J’ouvre un livre, 10 min, mes paupières papillonnent, je ferme la lumière

 

 

 

 

J’ai un message ( Géraldine)

Tout commence par mon réveil. Non par une musique.  Laquelle ? « Au fur et à mesure » de Liane Foly. Ça parle d’écriture. J’ai déjà un message le matin en me levant.

J’ai un autre message le matin en me levant. Il est 7H45 et  c’est Macha pour la Fête des Colibris du pays angevin qui m’interroge sur le titre du film   pour  ce  17 juin   » Est ce que ce serait pas plutôt « être et avoir » le film ? »La réponse est simple c’est « non non non ».  Parfois,  je ne réponds pas. Ça dépend si j’ai la réponse. Je finis de me préparer…Ce matin, le maître mot c’est efficacité. C’est  » être et devenir » efficace pour moi ce matin. Efficace au moment de partir….pOser un cadre personnel. Je veux vérifier sur le net le titre du film. Non, c’est le bon titre. Je clique. Je regarde l’heure. Je ferme la page. Je pars récupérer le thermos d’eau chaude.  J’ai un message.  Je suis prête à partir. Je regarde. J’ai bien un message.  » Coucou Géraldine, excuse moi de te déranger si tôt. Je viens de me rendre compte que j’avais oublié mes couverts pour ce midi. Peux tu m’en prêter. »  Je regarde l’heure du message. Tôt : 7h : 09. Ah oui c’est un message que je n’avais pas vu. Réponse : « ok dac. » Super. Mon objectif depuis une semaine c’est la synthèse, le court le rapide, l’essentiel. Si cela n’est pas de la pratique, de » l’expérientiel » ! Et ce dès le matin. Avec l’organisationnel plus simple. Je pars. Je mets mon tel en mode avion. Je partirai bien dans un avion. je pars dans un autre univers.  PAUSE.  Il est 10h. Je rallume mon tel. J’ai un message. « Voilà le jésus dans sa crèche. » Un photo du petit dernier qui a 6 mois dans son cocon. Je souris. Je ne répond pas.  J’allume mon tel, j’ appuie sur données pour avoir internet. C’est toujours le matin il est 11h40, j’écris. Je vérifie. J’ai un message. J’ai des messages. C’est dans ma boite mail cet fois.