Séance 2 – se repérer dans un environnement mouvant : jouer & se jouer des prescriptions.

1 – retour sur expérience

Lecture collective, critique, réflexive, des textes publiés lors de la séance 1 – discussion sur ces textes, leur contenu, la publication, le processus d’écriture.

Qu’observons-nous ? Que nous disent-ils ces textes ? Que les livres tombent du ciel, sur un mode de compulsion heureuse ; qu’ils sont parfois commencés par la fin (et qu’il y a des raisons pour cela, et qu’elles varient selon les individus) ; que la couverture compte, qu’elle compte beaucoup, qu’elle compte parfois bien plus que l’auteur ; que tout parfois commence avant de lire une ligne, dans le geste de transmission d’autrui qui vous offre un livre ; que tout cela change selon la prescription, les supports, et le contexte de la dite lecture

Un des constats est celui de l’importance de la prescription, des prescriptions, implicites et explicites.

2 – exercice enquête sur l’influence de la prescription sur nos usages individuels

« Choisir un livre récemment lu, un de ceux par exemple dont vous aurez parlé dans le texte de la séance précédente.

Poser vos idées, dans un brouillon, à propos de ce livre. Sans connection, sans apport extérieur – 10 minutes.

Chercher sur le web, méthodiquement, des traces de ce livre, d’autres avis exprimés. »

Ecrivez un texte sur ce mode, depuis ces avis :

Oui, xxxxx, ce livre est xxxxx (avec lien vers la citation dans son contexte web)

Non, xxxxx, ce livre est xxxxx (avec lien vers la citation dans son contexte web),

avec au moins cinq arguments extérieurs confirmés/ ou infirmés, et au moins un oui et un non.

 Les textes sont à lire ici.

L’étranger

L’étranger de Jacques Ferrandez, d’après l’ouvre d’Albert Camus

 

Oui, LydiaB, cette bande dessinée est un hommage à Albert Camus. Jacques Ferrandez reste fidèle au texte, fidèle à la narration, tout en illuminant les mots par des illustrations solaires. Comme vous-dites, un véritable challenge de représenter Meursault en image. Là où Camus s’est contenté de nous dépeindre un personnage uniquement au travers de sa psychologie et de ses comportements en société, Ferrandez a fait le choix de nous présenter ce personnage physiquement. La difficulté étant de dessiner les silences, le vide, l’absurde…

Non, Nadège Lajoie, vous n’êtes pas la seule à penser que cette bande dessinée n’est pas indispensable. Ce que j’ai aimé c’est découvrir l’interprétation d’une oeuvre, que j’ai adoré et qui figure au panthéon de la littérature française, par une autre personne. Loin d’être indispensable, c’est une oeuvre complémentaire au texte initiale, qui, une foie lu, devient presque indissociable de L’étranger tel qu’on le connait.

 

Oui, CB VAR « petit lecteur », je comprend que l’interprétation d’un chef d’œuvre par un illustrateur peut vous déranger. Cette adaptation n’a pas été réalisé pour essayer de découvrir ce qu’Albert Camus voyait à travers ses personnages, ni une quelconque vérité. Ferrandez, par l’illustration, à choisi de faire part de sa vision du roman. Chaque lecteurs a justement une vision propre de ce roman. La volonté de ce roman est de montrer que l’étranger peut être n’importe qui, en chacun de nous.

Oui, Le Point, c’est une véritable deuxième jeunesse à ce roman. Un nouveau souffle, une vision neuve, illustrée et solaire de ce texte sombre.

 

Une bonne solution pour les lycéens qui ont cette oeuvre au BAC !!

 

Clémence Guihard

Valentina d’Urbano, Acquanera

Non, Stefano Palombri, le village réussit à contenir l’histoire de ces trois femmes. Le village n’évolue pas, reste dans son jus, dans ses craintes, dans ses jugements sur ces femmes, cette famille.

Non, Stefano Palombri, les trois cents pages ne sont pas fatigantes. Elles nous tiennent en haleine sur l’amitié, sur l’amour et sur un drame.

Non, Stefano Palombri, le lecteur ne reste pas sur sa faim. Il détient à la fin du roman, toutes les clés pour comprendre la personnalité de Fortuna. Il apprend et comprend le désamour de sa mère.

Oui Sylire, l’écriture est fluide et la traduction sonne juste. La syntaxe est correcte, le vocabulaire est correctement choisi.

Oui, Valérie, peut-être que les mères qui ne tiennent pas leur rôle vous rebutent mais pourtant, ce livre nous fait comprendre ce désamour, cette haine que la mère a pour sa fille.

Non, Blablamia, le livre n’est pas doté d’une certaine lenteur et il n’est pas dur ou macabre. Le vocabulaire est correctement choisi avec d’expliquer au lecteur chaque détail. Ce vocabulaire est poétique, la traduction est exacte afin de satisfaire le lecteur.

Oui, comme le dit l’éditeur, « Acquanera aborde avec force et sensibilité les thèmes des relations maternelles et filiales, de la transmission, de la mort, de la différence et de l’amitié ». C’est un roman qui touche toutes les générations. C’est un « roman symbolique et poétique » qui nous transporte dans une réalité oubliée.

Oui Laeticia Tillier, cette histoire met en avant la vie difficile de ces femmes. C’est une histoire d’amitié, d’amours, de famille qui nous plonge dans un village où les différences sont mal vues et rejetées. Mais qui une fois la nuit arrivée, sont nécessaires à la vie de chacun.

Finalement, ce livre est une ode à l’amour, à la vie, à l’amitié. Il souhaite détourner chaque personne de ses préjugés.

Caroline Ménoury

Continuer à vivre, réellement, dans un camp

Oui, les-8-plumes, ce livre est un hymne à la vie. Les femmes essayent de vivre le plus normalement possible, elle continuent de chanter, de manger (ce qu’elles ont), de se brosser les dents, de rire (quand elles y arrivent). Le bébé aussi, est un hymne à la vie. Mila accouche, son bébé meurt, elle en « adopte » un autre. Elle l’aime, le renomme et il survit, alors que tout pousse à croire le contraire : un morceau de charbon par jour pour chauffer toute la Kinderzimmer (chambre des enfants). Elle lui raconte son histoire beaucoup plus tard, alors qu’il est adolescent.

Oui, Stéphane Bret, ce livre dévoile un aspect peu connu de la vie des camps. Moi-même, je n’avais jamais imaginé, pensé que des bébés pouvaient être nés dans les camps de concentration avant ce livre.

Oui, cicou45, ce livre est une claque. On y apprend tellement d’éléments sur la vie quotidienne dans les camps. Parce que, même si c’est une fiction, Valentine Goby connait énormément de choses sur la seconde guerre mondiale et s’est beaucoup documentée auprès d’une ancienne détenue d’un camp pour femmes.

Oui, Eve-Yeshe, ce livre est dur, très dur. On a dû mal à lire certains passages, tellement ils sont bouleversants, et ce, même s’il s’agit d’une fiction. On s’attache à Mila, qui elle-même s’attache à la vie. Ca, c’est dur, au début, mais bouleversant ensuite : alors que tout est mort autour, elle donne la vie. Alors que sa cousine meurt, elle et ses amies continuent à chanter. Il est d’autant plus dur qu’il est basé sur une histoire vraie.

Non, La critiquante, ce livre est très bien introduit. Il a été important pour moi, dans la suite de ma lecture, de savoir que Mila avait survécu à ce camp. Je me suis, grâce à cela, davantage attachée au personnage, qui représentait alors encore mieux l’espoir pendant ma lecture.

Carole

La première leçon du sorcier… Et peut-être une pour Goodking

Depuis le Seigneur des anneaux de Tolkien et Les chevaliers d’émeraude d’Anne Robillard en passant par les Chroniques des mondes immergés de Licia Troisi, on a découvert bon nombre d’ouvrages ayant pour sujet la Fantasy. Le maître incontestable reste bien évidemment Tolkien qui a ouvert la voie à tous ceux que nous connaissons aujourd’hui. Mais les petits nouveaux sont-ils seulement dignes de l’homme auteur de Frodon, Sauron et Legolas ? Terry Goodking tente de relever le défi. Il sort le premier tome de la sage L’épée de vérité sans se douter qu’il sera bientôt directement comparé au mentor. Qu’en pensent donc les fans ?

OUI Mendou, l’univers reprend les bases de l’heroic fantasy et oui, c’est tout ce qu’il y a de plus classique. On retrouve ainsi un héros tout ce qu’il y a de plus banal. Son cœur est même si pur qu’il en vient à sauver une demoiselle en détresse qui s’avère être son élément déclencheur, la « tu es l’élu » qui est souvent repris partout et à tout bout de champ même dans Matrix. Plus tard, il suit même le schéma selon lequel il doit trouver des compagnons pour sa quête qui est la plus noble de toute : la lutte contre le mal ! On commence même à regretter le nouveau genre qui commence à faire sa place dans la littérature fantasy : oui Monsieur George R. R. Martin, c’est de vous qu’on parle !

NON Amnezik, il ne s’agit pas entièrement d’une lutte sempiternelle entre le Bien et le Mal. Du moins, spoiler… Nous n’en sommes qu’au tome 1, merci à la série TV de nous avoir délivré un mal de tête épouvantable quant à l’identité du héros !

OUI Erudia, les personnages sont très profonds… L’histoire nous plonge rapidement dans la psychologie du personnage féminin qui n’hésite pas à se livrer au héros et qui lui prête même une épaule pour pleurer. Là réside la grande différence avec Tolkien. A-t-il seulement pensé à pousser sur la psychologie du personnage ? On serait plus tenté de dire oui avec cette longue description sur la vie des hobbits au début du roman éponyme. Trouver l’équilibre entre les deux éléments suivants : quête et sentiments est un défi de taille. OUI, Pazuzu, on risque de tomber dans une niaiserie incroyable.

Pour finir, OUI Prose-Cafe, l’écriture est bonne… Mais de là à dire qu’elle est parfaite, c’est un peu trop, sinon Pazuzu serait totalement d’accord. Or, on n’hésite pas à dire que le style est épouvantable. Petite mise au point donc sur cet aspect. Un style d’écriture n’est pas « bon » ou « mauvais », il est personnel. Il reflète la façon de penser et d’imaginer d’un auteur. Des lecteurs peuvent suivre sa pensée ou ne pas suivre sa pensée. En lisant ce billet, vous allez sans doute être ou bien dans le camp des « je suis d’accord », ou bien dans celui des « qu’est-ce qu’elle me chante… » Soit. Le style d’écriture ici collerait cependant plus à une certaine tranche d’âge mais attention. OUI Erudia, âmes sensibles s’abstenir car certaines scènes sont assez difficiles…

Elodie.

Absolument dé-bor-dée! de Zoé Shépard

Oui, Le petit-père COMBES, Zoé Shepard a écrit « un livre avec beaucoup d’humour ». Grâce à elle, on découvre un monde absurde dans lequel les secrétaires ne savent pas photocopier un document correctement et où les employés oscillent entre les toilettes et la machine à café. Les situations sont extrêmement drôles et on se réjouit des bourde de Coconne et de tous les autres.
Oui, La Livrophile, comme vous le dite si bien, « Malheureusement, pour avoir été victime de l’incompétence de certains, (…), je ne peux que croire ce que raconte l’auteur », tout est absolument véridique dans ce roman ! En cela, ce témoignage est encore plus drôle et remarquable. Des employés du service de l’auteur travaillent bien 35 heures… par mois et lisent des magazines people pendant leur temps de travail : c’est absolument déconcertant !
Non, Kricelsy, le style de l’auteur n’est pas « lourd, prétentieux (et) caricatural ». Son écriture est juste, drôle et recherchée. Elle a retranscrit de manière hilarantes les anecdotes les plus absurdes de son service. Elle n’est aucunement prétentieuse et se pose seulement en témoin des « bêtises » de ses collègues.
Non, Mickaël Moglia, ce roman-témoignage n’ « accélère (pas) la diffusion d’une idéologie anti-fonctionnariste » : l ‘auteur décrit seulement sa propre expérience et n’englobe pas toute la fonction publique. Tous lecteur garde évidemment son esprit critique lorsqu’il lit. Il serait déplacé voire condescendant de votre part de prétendre que les acheteurs du livre feront l’amalgame.
Oui, je suis totalement d’accord avec vous, Gaby, « c’est en définitive ce qu’on appelle un pamphlet. » L’auteur a souhaité dénoncer une situation qu’elle juge inadmissible et révoltante et, sous une forme humoristique, nous ouvre les yeux sur certains services de la fonction publique dans lesquels une passe avec une prostituée est passée en note de frais.

Audrey

 

Les morts ont tous la même peau de Boris Vian

Le pdf du texte est disponible gratuitement : bonne lecture !

 

Oui, Patrizio Fiorilli, ce livre est « un classique Boris Vian/Vernon Sullivan: violent, drôle, du Quentin Tarantino avant Quentin… « . En effet l’univers d’extrême violence que l’on retrouve dans ce livre pourrais s’illustrer dans un film de Tarrantino. L’on imagine bien cette violence sur-représentée et exagérée. Lorsque Dan le principal protagoniste de l’histoire se bat et casse des mâchoires, il nous est facile d’imaginer des grandes trainées sanglantes, une musique forte et anxiogène ainsi que des bruitages des plus violents orchestrés par Quentin Tarrantino.

 

Non, anonymeyer, ce livre n’est pas une pâle copie de J’irai cracher sur vos tombes, le thème du racisme est en effet similaire mais dans Les morts ont tous la même peau Boris Vian met en scène un personnage principal qui a des origines noires mais qui est raciste. Contrairement au protagoniste de J’irai cracher sur vos tombes qui lui assume et revendique ses origines. Cela change évidemment tout et apporte la folie propre à cet ouvrage.

 

Oui, AnGee , le passage de la première à la troisième personne est très intéressant dans l’écriture de Boris Vian, car elle suit les états du personnage principal. Ce changement de personne donne une information narrative sur le récit. Par exemple pour rentrer dans le récit, la narration est faite par Dan, il nous expose ses sentiments, sa situation et son quotidien. Lorsque le personnage commence à être pris de folie et que le récit s’accélère la narration se fait à la troisième personne. Et enfin lorsque la folie de Dan est à son paroxysme, la narration revient à la première personne pour être en immersion totale dans la folie, la violence, le racisme et la relation malsaine au sexe qu’a le personnage.

Maël