Déroulé des cours du trimestre (Info Comm – ML – S4) – janvier-mars 2018

IUT info comm option métiers du livre

Année 2017-2018

Semestre 4 (étudiants seconde année)

 

séance 1 (4h) | lundi 15 janvier 2018

Présentation du travail à venir /

des travaux rendus l’an passé

des trois auteurs-éditeurs autour desquels nous travaillerons :

Camille de Toledo / publie.net / Les éditions de l’observatoire (Lisa Liautaud, éditrice)

 

Retrouvailles avec elles et eux en qui en S1 avaient écrit une note de lecture mise en ligne, ici :

https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-iut-info-comm-lrsy/2016-17-info-comm-option-ml-semestre-1/2016-17-info-comm-option-ml-semestre-1-note-de-lecture/

« Nous aurons plus d’heures ensemble ce semestre, pour vous présenter un panorama non exhaustif mais représentatif de plusieurs tendances et œuvres de la littérature contemporaine. Rencontrant des auteurs, lors de 2 présentations (lectures, débats, spectacle) au grand R, puis à la Maison de la poésie de Nantes, et vous mettant en relation avec deux maisons d’édition, nous nous questionnerons ensemble sur la médiation de la littérature contemporaine — Comment lire et en parler, comment commenter ce qu’on ne connaît pas encore bien, comment « accorder ses violons », que faire de sa subjectivité propre ?

Au fur et à mesure de nos séances, vous constituerez un article, qui sera un de dossier documentaire multimedia, sur le support web de votre choix (j’en ai à disposition, l’université aussi, les réseaux sociaux peuvent être utilisés, bien sûr). . »

« Cette année nous prenons trois axes d’étude et de découverte : Un auteur prolixe et multiformes, Camille de toledo, à l’occasion de sa présence au Grand R ; un éditeur transmedia, publie.net ; et une jeune éditrice. Lisa Liautaud (responsable littérature aux éditions de l’Observatoire) ; vous pratirez à leur rencontre lors de rencontres publiques, ou en construisant collectivement un entretien ; mais surtout, en les lisant. »

 

.

Exemples des productions des étudiants de S4 l’an passé :

1 ARBERT Naomi  https://doublebahiducondor.tumblr.com/
2 BERNIER Morgane  https://morganebernier.wixsite.com/etautrescosmonautes
3 CERVEAU Savannah
4 CHOLOUX Camille  https://ecriturewebsite.wordpress.com/
5 DEBARRE Lucas
6 ESNAULT Constance  https://auteurscontemporains.wordpress.com/
7 FOUGERAIS Chloé https://des-mots-sur-des-bouts-de-papier.tumblr.com
8 GAUTIER Charline https://listesratures2017.wordpress.com/
9 JOSSE Lucille https://duvousaumoi.wordpress.com/
10 LE COM Caroline https://carolinelecom.wixsite.com/365pages
11 LE LU Pierre-Marie
12 LEMAITRE Charlotte https://rencontrescontemporainesblog.wordpress.com/
13 LOUVEAU Chloé https://mybooksroad.wordpress.com/
14 MADELAINE Laure https://lauremadelaine2.wixsite.com/surlefil
15 MARTEAU Solène https://mot-cha-dick.tumblr.com/
16 MAZ-LOUMIDES Julia http://www.urban-radio.com/content/nota-bene
17 PAGNOUX Enora https://intimitesfictionnelles.wordpress.com/
18 PAYEN-GALLEN Ambre https://www.instagram.com/ambrepg.dossierlitteraire/?hl=fr
-->Si vous avez un compte personnel vous pouvez y accéder directement. Si
vous n'en avez pas, vous pouvez vous connecter avec le compte principal du
dossier dont les codes sont les suivants:
ID: ambrepg.dossierlitteraire
PWD: dossierlitteraire
19 POUPIN Jessyca http://www.entre-les-lignes-40.webself.net/accueil
20 POUTIER Clara https://clarapoutier.wixsite.com/monsite
21 RAOUX Ysé http://www.urban-radio.com/content/nota-bene
22 ROBIN Alexis
Présentation : 
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=cJ7OSHfa0d0
Les deux auteurs : https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=KIEv3qsicD8
Hélène Gaudy, une île, une forteresse : https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=JWAOTGHwCTc
Rencontre au grand R : https://youtu.be/jF6vi-d3spM
23 ROCHELET Fanny https://lesindiensdunord.tumblr.com/
24 SURLEAU Florentine https://fsurleau.tumblr.com

Le programme des sorties – lectures gratuites, présence obligatoire

Camille de Toledo (lecture-vidéo) au grand R / jeudi

http://www.legrandr.com/programmation/temps-forts/article/grand-format-1-camille-de-toledo

Soirée publie.net et publie.papier à Nantes, lieu unique / mercredi 7 février 2018

http://maisondelapoesie-nantes.com/editions-publie-net/

 

 

 

Séance 2 – lecture vidéo de toledo, au grand R, jeudi 18 janvier 2018

http://www.legrandr.com/programmation/temps-forts/article/grand-format-1-camille-de-toledo

 

Présentation

 

« This is my attempt to change reality
Jeudi 18 janvier à 19h – Le Manège
This is my attempt to change reality est intimement lié à la réflexion de Camille de Toledo sur le vertige, comme un mode d’habitation du monde. Trois écrans, trois séquences, qui nous emportent dans un mouvement de plus en plus rapide jusqu’à transformer la réalité de ce qui nous entoure et à interroger notre manière d’être au monde.
Camille de Toledo accompagnera cette installation vidéo d’une rencontre autour du langage, de la fiction et de la technique. Comment ces trois instances nous éloignent-elles du monde et rendent-elles nos vies vertigineuses ?
Entrée libre, réservation conseillée »

 

Séance 3 (4h)

Après avoir présenté Camille de Toledo, ses livres, son trajet, son travail, dans la séance 1,

après avoir assisté à une lecture avec vidéos au grand R,

nous déplions « en arbre » ce que les étudiants en ont perçu.

Via des outils de cartographie mentale

Débrief de Toledo, production d’un relevé (choses vues/entendues), pour produire des cartes mentales.

b. Présentation publie.net, son histoire, son rapport au web, son collectif d’auteurs.

Nous ouvrons le site, les livres, les blogs de certains auteurs (comme Joachim Séné) et commentons ensemble.

Séance 4 (8h), vendredi 26 janvier 2018

a-

a. débrief « cartes mentales »

Ressources additionnelles autour de Camille deToledo :

 

il y a le mot vertige, qui prime, et pour lequel je vous donnerai ce lien, texte éclairant sur la question telle que camille de toledo la voit

http://remue.net/spip.php?article6946

et reviennent ou se répondent et relancent, les mots

babel / traduction /

langues que je réunis et pointe vers l’entre-des-langues qu’il a théorisée

http://remue.net/spip.php?article6921

séries, scénarii, fictions / théories de l’attention

sur ces questions, ce texte (en anglais, mais complété de sa courte introduction), ouvre des portes

http://remue.net/spip.php?article7028

pour

borgès cervantès don quichotte melville moby dick (genres)

il y a les conférences du vertige en vidéo

l’ensemble est ici

http://remue.net/spip.php?rubrique995

et cervantès

http://remue.net/spip.php?article8446

melville et moby dick

http://remue.net/spip.php?article8637

borgès

http://remue.net/spip.php?article8489

verticalité

perte

genres

images

voix

plasticien

poésie

chercheur

pères

deuils

chats

arbres

littératures

religions

il y a aussi ce dossier du matricule des anges que je vous confie – à scanner

à quoi j’ajouterai le mot « potentiel »

http://remue.net/spip.php?article7235

b – A propos des éditions L’observatoire

 

Quelques articles en pièce jointe et quelques liens ci-dessous :

http://www.livreshebdo.fr/article/lisa-liautaud-pilote-les-romans-francais

http://lesnouveauxtalents.fr/a-la-une/voyage-au-bout-du-livre-5-lisa-liautaud/

https://insatiablecharlotte.wordpress.com/2016/01/27/dis-lisa-liautaud-cest-quoi-un-editeur/

https://www.lecteurs.com/article/interview-lisa-liautaud-la-nouvelle-voix-de-plon/2442528

https://o.nouvelobs.com/art-design/20160420.OBS8913/qui-est-lisa-liautaud-la-nouvelle-editrice-punk-de-la-maison-plon.html

http://www.nicolashouguet.com/2017/05/rencontrer-lisa-liautaud-observer-les.html

http://www.europe1.fr/emissions/linterview-decouverte/lisa-liautaud-rien-ne-remplace-la-qualite-dun-texte-2726587

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-7h30/le-journal-de-7h30-25-aout-2017 (à 9’48’’)

https://www.lecteurs.com/article/toute-toute-premiere-fois-la-premiere-rentree-litteraire-dune-maison-dedition/2443065

 

Parcours –

 

2001                     Bac L mention bien (Marseille)

2001-2004          Classes préparatoires aux grandes écoles (Hypôkhagne, Khâgne classique spécialité Arts plastiques ; Paris, Condorcet)

2004-2005          Maîtrise de Lettres modernes mention Très bien

2005-2006          Préparation de l’agrégation de Lettres modernes

Avril 2006           Stage au service éditorial des éditions Plon http://www.plon.fr/

2006-2011          Assistante éditoriale aux éditions Plon

2011-2014          Responsable de la communication de la Fondation Jean-Jaurès https://jean-jaures.org/

2014-2016          Editrice chargée de la littérature française aux éditions Plon http://www.rentree-litteraire-plon.fr/

2017-                     Directrice littéraire aux éditions de l’Observatoire, chargée de la littérature française et étrangère http://www.editions-observatoire.com/

 

 

c -Production collective d’un questionnaire d’entretien à Lisa Liautaud.

L’entretien sera à lire en ligne (mars 2018)

 

d – écriture, aspects théoriques

1 – Introduction sur ces objectifs à court et moyen terme. Et quant à la production du dossier documentaire, idée maitresse  : la recherche des informations, le travail de «  brouillon  » (écriture de recherche) et les essais de mode de publication sont menés de front (de la même manière qu’on fait plusieurs choses à la fois lorsqu’on écrit), cette simultanéité sera observée, encouragée – et maîtrisée, par des rapports réguliers, collectifs et individuels.

Cf la spirale de Claudette Oriol-Boyer http://tsoubrie.free.fr/La%20spirale.htm

 

 

e – écriture, mise en situation -ateliers.

 

(Se référant à l’infra-ordinaire de Perec,

Extrait de Georges Perec : l?nfra-ordinaire : http://remue.net/cont/perecinfraord.html

«  Ce qui nous parle, me semble-t-il, c’est toujours l’événement, l’insolite, l’extra-ordinaire : cinq colonnes à la une, grosses manchettes. Les trains ne se mettent à exister que lorsqu’ils déraillent, et plus il y a de voyageurs morts, plus les trains existent; les avions n’accèdent à l’existence que lorsqu’ils sont détournés; les voitures ont pour unique destin de percuter les platanes: cinquante-deux week-ends par an, cinquante-deux bilans: tant de morts et tant mieux pour l’information si les chiffres ne cessent d’augmenter ! Il faut qu’il y ait derrière l’événement un scandale, une fissure, un danger, comme si la vie ne devait se révéler qu’à travers le spectaculaire, comme si le parlant, le significatif était toujours anormal: cataclysmes naturels ou bouleversements historiques, conflits sociaux, scandales politiques…

Dans notre précipitation à mesurer l’historique, le significatif, le révélateur, ne laissons pas de côté l’essentiel: le véritablement intolérable, le vraiment inadmissible: le scandale, ce n’est pas le grisou, c’est le travail dans les mines. Les   » malaises sociaux   » ne sont pas   » préoccupants   » en période de grève, ils sont intolérables vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an.

Les raz-de-marée, les éruptions volcaniques, les tours qui s’écroulent, les incendies de forêts, les tunnels qui s’effondrent, Publicis qui brûle et Aranda qui parle! Horrible ! Terrible ! Monstrueux ! Scandaleux ! Mais où est le scandale ? Le vrai scandale ? Le journal nous a-t-il dit autre chose que: soyez rassurés, vous voyez bien que la vie existe, avec ses hauts et ses bas, vous voyez bien qu’il se passe des choses.

Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien; ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.

Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, I’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, I’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ?

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?

Comment parler de ces   » choses communes «  , comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes.

Peut-être s’agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie: celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l’exotique, mais l’endotique.

Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l’origine. Retrouver quelque chose de l’étonnement que pouvaient éprouver Jules Verne ou ses lecteurs en face d’un appareil capable de reproduire et de transporter les sons. Car il a existé, cet étonnement, et des milliers d’autres, et ce sont eux qui nous ont modelés.

Ce qu’il s’agit d’interroger, c’est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes. Interroger ce qui semble avoir cessé à jamais de nous étonner. Nous vivons, certes, nous respirons, certes; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez.

Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.

Questionnez vos petites cuillers.

Qu’y a-t-il sous votre papier peint ?

Combien de gestes faut-il pour composer un numéro de téléphone ? Pourquoi ?

Pourquoi ne trouve-t-on pas de cigarettes dans les épiceries ? Pourquoi pas ?

Il m’importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d’une méthode, tout au plus d’un projet. Il m’importe beaucoup qu’elles semblent triviales et futiles: c’est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d’autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité. »

voir ici http://jb.guinot.pagesperso-orange.fr/pages/objets.html

Cet extrait de Penser classer « Il y a dans toute énumération deux tentations contradictoires ; la première est de TOUT recenser, la seconde d’oublier tout de même quelque chose ; la première voudrait clôturer définitivement la question, la seconde la laisser ouverte ; entre l’exhaustif et l’inachevé, l’énumération me semble ainsi être, avant toute pensée (et avant tout classement), la marque même de ce besoin de nommer et de réunir sans lequel le monde («  la vie  ») resterait pour nous sans repères (…) Il y a dans l’idée que rien au monde n’est assez unique pour ne pas pouvoir entrer dans une liste quelque chose d’exaltant et de terrifiant à la fois. »

voir aussi : http://remue.net/cont/perecpensercl.html

Ecriture

Production de deux textes à la première personne, écrits simultanément, lus à haute voix ensuite.

 

1 – Faites le récit d’une situation professionnelle rééllement advenue ou fictive, particulière ou générique, en démarrant chaque phrase par « je » (il est fait mention de « elle regarde passer le gens » de Anne-James Chaton, également).

2 – Faire l’inventaire de tout ce que vous avez déclaré, sur une période donnée, à propos de lecture(s) / en remontant vos fils de réseaux sociaux, en utilisant votre mémoire de conversations orales ; en démarrant ici aussi chaque phrase par « je ».

 

L’idée est celle de se lancer en écriture, en même temps que d’appliquer le même traitement formel à deux modes de récit extrêmement différents.

 

Les deux textes sont à lire ici

 

f – Choix du modèle éditorial

 

 

Après passage en revue d’exemples des années précédentes, le temps suivant de td est consacré à la recherche de l’outil éditorial qu’ils/elles choisiront pour construire le dossier.

 

Séance 5 – lecture discussion autour de publie.net

 

http://maisondelapoesie-nantes.com/editions-publie-net/

Séance 6 – débriefing publie.net et point sur le dossier

 

 

 

 

IUT info comm option métiers du livre

Année 2017-2018

Semestre 4 (étudiants seconde année)

 

séance 1 (4h) | lundi 15 janvier 2018

Présentation du travail à venir /

des travaux rendus l’an passé

des trois auteurs-éditeurs autour desquels nous travaillerons :

Camille de Toledo / publie.net / Les éditions de l’observatoire (Lisa Liautaud, éditrice)

 

Retrouvailles avec elles et eux en qui en S1 avaient écrit une note de lecture mise en ligne, ici :

https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-iut-info-comm-lrsy/2016-17-info-comm-option-ml-semestre-1/2016-17-info-comm-option-ml-semestre-1-note-de-lecture/

« Nous aurons plus d’heures ensemble ce semestre, pour vous présenter un panorama non exhaustif mais représentatif de plusieurs tendances et œuvres de la littérature contemporaine. Rencontrant des auteurs, lors de 2 présentations (lectures, débats, spectacle) au grand R, puis à la Maison de la poésie de Nantes, et vous mettant en relation avec deux maisons d’édition, nous nous questionnerons ensemble sur la médiation de la littérature contemporaine — Comment lire et en parler, comment commenter ce qu’on ne connaît pas encore bien, comment « accorder ses violons », que faire de sa subjectivité propre ?

Au fur et à mesure de nos séances, vous constituerez un article, qui sera un de dossier documentaire multimedia, sur le support web de votre choix (j’en ai à disposition, l’université aussi, les réseaux sociaux peuvent être utilisés, bien sûr). . »

« Cette année nous prenons trois axes d’étude et de découverte : Un auteur prolixe et multiformes, Camille de toledo, à l’occasion de sa présence au Grand R ; un éditeur transmedia, publie.net ; et une jeune éditrice. Lisa Liautaud (responsable littérature aux éditions de l’Observatoire) ; vous pratirez à leur rencontre lors de rencontres publiques, ou en construisant collectivement un entretien ; mais surtout, en les lisant. »

 

.

Exemples des productions des étudiants de S4 l’an passé :

1 ARBERT Naomi  https://doublebahiducondor.tumblr.com/
2 BERNIER Morgane  https://morganebernier.wixsite.com/etautrescosmonautes
3 CERVEAU Savannah
4 CHOLOUX Camille  https://ecriturewebsite.wordpress.com/
5 DEBARRE Lucas
6 ESNAULT Constance  https://auteurscontemporains.wordpress.com/
7 FOUGERAIS Chloé https://des-mots-sur-des-bouts-de-papier.tumblr.com
8 GAUTIER Charline https://listesratures2017.wordpress.com/
9 JOSSE Lucille https://duvousaumoi.wordpress.com/
10 LE COM Caroline https://carolinelecom.wixsite.com/365pages
11 LE LU Pierre-Marie
12 LEMAITRE Charlotte https://rencontrescontemporainesblog.wordpress.com/
13 LOUVEAU Chloé https://mybooksroad.wordpress.com/
14 MADELAINE Laure https://lauremadelaine2.wixsite.com/surlefil
15 MARTEAU Solène https://mot-cha-dick.tumblr.com/
16 MAZ-LOUMIDES Julia http://www.urban-radio.com/content/nota-bene
17 PAGNOUX Enora https://intimitesfictionnelles.wordpress.com/
18 PAYEN-GALLEN Ambre https://www.instagram.com/ambrepg.dossierlitteraire/?hl=fr
-->Si vous avez un compte personnel vous pouvez y accéder directement. Si
vous n'en avez pas, vous pouvez vous connecter avec le compte principal du
dossier dont les codes sont les suivants:
ID: ambrepg.dossierlitteraire
PWD: dossierlitteraire
19 POUPIN Jessyca http://www.entre-les-lignes-40.webself.net/accueil
20 POUTIER Clara https://clarapoutier.wixsite.com/monsite
21 RAOUX Ysé http://www.urban-radio.com/content/nota-bene
22 ROBIN Alexis
Présentation : 
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=cJ7OSHfa0d0
Les deux auteurs : https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=KIEv3qsicD8
Hélène Gaudy, une île, une forteresse : https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=JWAOTGHwCTc
Rencontre au grand R : https://youtu.be/jF6vi-d3spM
23 ROCHELET Fanny https://lesindiensdunord.tumblr.com/
24 SURLEAU Florentine https://fsurleau.tumblr.com

Le programme des sorties – lectures gratuites, présence obligatoire

Camille de Toledo (lecture-vidéo) au grand R / jeudi

http://www.legrandr.com/programmation/temps-forts/article/grand-format-1-camille-de-toledo

Soirée publie.net et publie.papier à Nantes, lieu unique / mercredi 7 février 2018

http://maisondelapoesie-nantes.com/editions-publie-net/

 

 

 

Séance 2 – lecture vidéo de toledo, au grand R, jeudi 18 janvier 2018

http://www.legrandr.com/programmation/temps-forts/article/grand-format-1-camille-de-toledo

 

Présentation

 

« This is my attempt to change reality
Jeudi 18 janvier à 19h – Le Manège
This is my attempt to change reality est intimement lié à la réflexion de Camille de Toledo sur le vertige, comme un mode d’habitation du monde. Trois écrans, trois séquences, qui nous emportent dans un mouvement de plus en plus rapide jusqu’à transformer la réalité de ce qui nous entoure et à interroger notre manière d’être au monde.
Camille de Toledo accompagnera cette installation vidéo d’une rencontre autour du langage, de la fiction et de la technique. Comment ces trois instances nous éloignent-elles du monde et rendent-elles nos vies vertigineuses ?
Entrée libre, réservation conseillée »

 

Séance 3 (4h)

Après avoir présenté Camille de Toledo, ses livres, son trajet, son travail, dans la séance 1,

après avoir assisté à une lecture avec vidéos au grand R,

nous déplions « en arbre » ce que les étudiants en ont perçu.

Via des outils de cartographie mentale

Débrief de Toledo, production d’un relevé (choses vues/entendues), pour produire des cartes mentales.

b. Présentation publie.net, son histoire, son rapport au web, son collectif d’auteurs.

Nous ouvrons le site, les livres, les blogs de certains auteurs (comme Joachim Séné) et commentons ensemble.

Séance 4 (8h), vendredi 26 janvier 2018

a-

a. débrief « cartes mentales »

Ressources additionnelles autour de Camille deToledo :

 

il y a le mot vertige, qui prime, et pour lequel je vous donnerai ce lien, texte éclairant sur la question telle que camille de toledo la voit

http://remue.net/spip.php?article6946

et reviennent ou se répondent et relancent, les mots

babel / traduction /

langues que je réunis et pointe vers l’entre-des-langues qu’il a théorisée

http://remue.net/spip.php?article6921

séries, scénarii, fictions / théories de l’attention

sur ces questions, ce texte (en anglais, mais complété de sa courte introduction), ouvre des portes

http://remue.net/spip.php?article7028

pour

borgès cervantès don quichotte melville moby dick (genres)

il y a les conférences du vertige en vidéo

l’ensemble est ici

http://remue.net/spip.php?rubrique995

et cervantès

http://remue.net/spip.php?article8446

melville et moby dick

http://remue.net/spip.php?article8637

borgès

http://remue.net/spip.php?article8489

verticalité

perte

genres

images

voix

plasticien

poésie

chercheur

pères

deuils

chats

arbres

littératures

religions

il y a aussi ce dossier du matricule des anges que je vous confie – à scanner

à quoi j’ajouterai le mot « potentiel »

http://remue.net/spip.php?article7235

b – A propos des éditions L’observatoire

 

Quelques articles en pièce jointe et quelques liens ci-dessous :

http://www.livreshebdo.fr/article/lisa-liautaud-pilote-les-romans-francais

http://lesnouveauxtalents.fr/a-la-une/voyage-au-bout-du-livre-5-lisa-liautaud/

https://insatiablecharlotte.wordpress.com/2016/01/27/dis-lisa-liautaud-cest-quoi-un-editeur/

https://www.lecteurs.com/article/interview-lisa-liautaud-la-nouvelle-voix-de-plon/2442528

https://o.nouvelobs.com/art-design/20160420.OBS8913/qui-est-lisa-liautaud-la-nouvelle-editrice-punk-de-la-maison-plon.html

http://www.nicolashouguet.com/2017/05/rencontrer-lisa-liautaud-observer-les.html

http://www.europe1.fr/emissions/linterview-decouverte/lisa-liautaud-rien-ne-remplace-la-qualite-dun-texte-2726587

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-7h30/le-journal-de-7h30-25-aout-2017 (à 9’48’’)

https://www.lecteurs.com/article/toute-toute-premiere-fois-la-premiere-rentree-litteraire-dune-maison-dedition/2443065

 

Parcours –

 

2001                     Bac L mention bien (Marseille)

2001-2004          Classes préparatoires aux grandes écoles (Hypôkhagne, Khâgne classique spécialité Arts plastiques ; Paris, Condorcet)

2004-2005          Maîtrise de Lettres modernes mention Très bien

2005-2006          Préparation de l’agrégation de Lettres modernes

Avril 2006           Stage au service éditorial des éditions Plon http://www.plon.fr/

2006-2011          Assistante éditoriale aux éditions Plon

2011-2014          Responsable de la communication de la Fondation Jean-Jaurès https://jean-jaures.org/

2014-2016          Editrice chargée de la littérature française aux éditions Plon http://www.rentree-litteraire-plon.fr/

2017-                     Directrice littéraire aux éditions de l’Observatoire, chargée de la littérature française et étrangère http://www.editions-observatoire.com/

 

 

c -Production collective d’un questionnaire d’entretien à Lisa Liautaud.

L’entretien sera à lire en ligne (mars 2018)

 

d – écriture, aspects théoriques

1 – Introduction sur ces objectifs à court et moyen terme. Et quant à la production du dossier documentaire, idée maitresse  : la recherche des informations, le travail de «  brouillon  » (écriture de recherche) et les essais de mode de publication sont menés de front (de la même manière qu’on fait plusieurs choses à la fois lorsqu’on écrit), cette simultanéité sera observée, encouragée – et maîtrisée, par des rapports réguliers, collectifs et individuels.

Cf la spirale de Claudette Oriol-Boyer http://tsoubrie.free.fr/La%20spirale.htm

 

 

e – écriture, mise en situation -ateliers.

 

(Se référant à l’infra-ordinaire de Perec,

Extrait de Georges Perec : l?nfra-ordinaire : http://remue.net/cont/perecinfraord.html

«  Ce qui nous parle, me semble-t-il, c’est toujours l’événement, l’insolite, l’extra-ordinaire : cinq colonnes à la une, grosses manchettes. Les trains ne se mettent à exister que lorsqu’ils déraillent, et plus il y a de voyageurs morts, plus les trains existent; les avions n’accèdent à l’existence que lorsqu’ils sont détournés; les voitures ont pour unique destin de percuter les platanes: cinquante-deux week-ends par an, cinquante-deux bilans: tant de morts et tant mieux pour l’information si les chiffres ne cessent d’augmenter ! Il faut qu’il y ait derrière l’événement un scandale, une fissure, un danger, comme si la vie ne devait se révéler qu’à travers le spectaculaire, comme si le parlant, le significatif était toujours anormal: cataclysmes naturels ou bouleversements historiques, conflits sociaux, scandales politiques…

Dans notre précipitation à mesurer l’historique, le significatif, le révélateur, ne laissons pas de côté l’essentiel: le véritablement intolérable, le vraiment inadmissible: le scandale, ce n’est pas le grisou, c’est le travail dans les mines. Les   » malaises sociaux   » ne sont pas   » préoccupants   » en période de grève, ils sont intolérables vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an.

Les raz-de-marée, les éruptions volcaniques, les tours qui s’écroulent, les incendies de forêts, les tunnels qui s’effondrent, Publicis qui brûle et Aranda qui parle! Horrible ! Terrible ! Monstrueux ! Scandaleux ! Mais où est le scandale ? Le vrai scandale ? Le journal nous a-t-il dit autre chose que: soyez rassurés, vous voyez bien que la vie existe, avec ses hauts et ses bas, vous voyez bien qu’il se passe des choses.

Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien; ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.

Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, I’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, I’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ?

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?

Comment parler de ces   » choses communes «  , comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes.

Peut-être s’agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie: celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l’exotique, mais l’endotique.

Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l’origine. Retrouver quelque chose de l’étonnement que pouvaient éprouver Jules Verne ou ses lecteurs en face d’un appareil capable de reproduire et de transporter les sons. Car il a existé, cet étonnement, et des milliers d’autres, et ce sont eux qui nous ont modelés.

Ce qu’il s’agit d’interroger, c’est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes. Interroger ce qui semble avoir cessé à jamais de nous étonner. Nous vivons, certes, nous respirons, certes; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez.

Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.

Questionnez vos petites cuillers.

Qu’y a-t-il sous votre papier peint ?

Combien de gestes faut-il pour composer un numéro de téléphone ? Pourquoi ?

Pourquoi ne trouve-t-on pas de cigarettes dans les épiceries ? Pourquoi pas ?

Il m’importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d’une méthode, tout au plus d’un projet. Il m’importe beaucoup qu’elles semblent triviales et futiles: c’est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d’autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité. »

voir ici http://jb.guinot.pagesperso-orange.fr/pages/objets.html

Cet extrait de Penser classer « Il y a dans toute énumération deux tentations contradictoires ; la première est de TOUT recenser, la seconde d’oublier tout de même quelque chose ; la première voudrait clôturer définitivement la question, la seconde la laisser ouverte ; entre l’exhaustif et l’inachevé, l’énumération me semble ainsi être, avant toute pensée (et avant tout classement), la marque même de ce besoin de nommer et de réunir sans lequel le monde («  la vie  ») resterait pour nous sans repères (…) Il y a dans l’idée que rien au monde n’est assez unique pour ne pas pouvoir entrer dans une liste quelque chose d’exaltant et de terrifiant à la fois. »

voir aussi : http://remue.net/cont/perecpensercl.html

Ecriture

Production de deux textes à la première personne, écrits simultanément, lus à haute voix ensuite.

 

1 – Faites le récit d’une situation professionnelle rééllement advenue ou fictive, particulière ou générique, en démarrant chaque phrase par « je » (il est fait mention de « elle regarde passer le gens » de Anne-James Chaton, également).

2 – Faire l’inventaire de tout ce que vous avez déclaré, sur une période donnée, à propos de lecture(s) / en remontant vos fils de réseaux sociaux, en utilisant votre mémoire de conversations orales ; en démarrant ici aussi chaque phrase par « je ».

 

L’idée est celle de se lancer en écriture, en même temps que d’appliquer le même traitement formel à deux modes de récit extrêmement différents.

 

Les deux textes sont à lire ici

 

f – Choix du modèle éditorial

 

 

Après passage en revue d’exemples des années précédentes, le temps suivant de td est consacré à la recherche de l’outil éditorial qu’ils/elles choisiront pour construire le dossier.

 

Séance 5 – lecture discussion autour de publie.net

http://maisondelapoesie-nantes.com/editions-publie-net/

 

Séance 6 – débriefing publie.net et point sur le dossier

L’enregistrement de la discussion avec Guillaume Vissac est mis en circulation (interne) – où il fut question de l’Histoire de publie.net, qui a dix ans cette année 2018 ; de ses particularités techniques (les différents formats successivement et simultanément utilisés pour produire les livres, et faire circuler du texte) ; organisationnelles (la maison d’édition est coopérative, collaborative, ce qui implique une autre division des taches que dans l’organisation habituelle (verticale) de l’édition ; poétiques et plastiques.

Séance 7 – Montage du dossier

Après un tour de table général, où chacun.e dit en quelques mots de quoi parlera son dossier et dans quel CMS il sera développé ; les heures qui suivent sont de td, avec point d’étape sur les difficultés, questions, aspects à ne pas négliger, etc.

L’entretien avec Lisa Liautaud est ajouté au pot commun ; il a été réalisé collectivement et l’éditrice y a répondu au cours du mois de février – il suit


Interview Lisa Liautaud (directrice littéraire à l’Observatoire)

1 – Un parcours

– Après des études littéraires, vous avez préparé l’agrégation – mais ne l’avez pas passée ? Qu’est-ce qui motive cette décision, cette bifurcation vers les métiers de l’édition ? Quel cheminement entre ces deux étapes ?

La préparation de l’agrégation de lettres modernes était la suite logique de mes études littéraires très classiques. J’avais le goût de la transmission mais pourtant pas de vocation pour l’enseignement, ni pour la recherche. Ma passion pour la littérature s’était, elle, confirmée. Je cherchais donc un aboutissement professionnel différent, mais qui ne s’en éloigne pas. C’est une de mes professeures de Lettres modernes à l’université qui m’a parlé pour la première fois de l’édition et m’a encouragée à faire un stage, et à m’intéresser aux masters professionnels.

– Vous faites alors un stage chez Plon. Pourquoi cette maison (et pas une autre) ? Qu’en connaissiez-vous ? Qu’avez-vous découvert de cette maison en la fréquentant de l’intérieur ?

Une ancienne camarade de classe préparatoire faisait un stage chez Plon au moment où je commençais à me renseigner et m’a indiqué qu’un poste de stagiaire se libérait au service éditorial. J’ai candidaté, dans cette grande maison très légitime, qui publiait des essais, des romans, des témoignages, et qui me semblait la plus intéressante car la plus généraliste. J’ai été retenue et ai commencé à travailler aux côtés de Muriel Beyer, qui m’a rapidement embauchée. J’y ai tout appris, sur le tas, l’ensemble du fonctionnement d’une maison d’édition, de l’administratif au commercial, de la création à la production, les techniques éditoriales, les relations avec les auteurs, tout.

– Chez Plon, vous avez fait deux passages successifs, à deux postes différents – lors du deuxième, à un poste d’éditrice de littérature contemporaine, vous affirmez un objectif de changement (source  : interview dans lesnouveauxtalents.fr) : quel changement ? Quelle vision préalable en aviez-vous ? Comment s’est-il mis en place, déroulé ?
Après votre départ, regardant derrière vous, comment voyez-vous ce changement, ses résultats  ?

-Cette (cf. lesnouveauxtalents.fr) mise en place progressive d’une politique éditoriale et de communication (cf. notamment, une attention portée aux bloggeurs, booktubeurs) ? Comment avez-vous établi ce plan de rénovation progressif ? Seule, ou accompagnée, en équipe ? Quelle organisation ?

J’ai été recrutée à ce poste d’éditrice après quatre années passées hors de l’édition, pendant lesquelles je m’étais occupée de la communication d’une fondation politique. En revenant chez Plon, j’ai eu pour feuille de route de reconstruire une identité – à la fois en termes de ligne éditoriale et de communication – en littérature française, pour faire progresser Plon dans ce domaine. J’ai donc établi un constat des points à améliorer et ai fait des propositions pour gagner d’une part en cohérence (sur les auteurs, les thèmes abordés, les types de romans publiés), et d’autre part en modernité (le ton, la charte graphique). Avec le soutien de la directrice éditoriale, Muriel Beyer, j’ai d’abord construit mon programme éditorial (définition de la ligne, choix des textes, programmation), puis travaillé avec la directrice artistique à la création d’une nouvelle charte graphique pour affirmer cette identité (notamment par l’utilisation de pantone fluos) et avec le service de fabrication à la finalisation des objets (choix des papiers, des finitions…). Ensuite a démarré la phase de communication et de commercialisation, avec l’attachée de presse, la directrice commerciale et toute l’équipe de diffusion. Il me semblait important de bâtir une stratégie de communication globale, tous supports, en ne prenant pas en compte uniquement les médias traditionnels, mais en englobant également les nouveaux médias, le web, les réseaux sociaux. Je reste persuadée que le succès d’un livre ne peut se construire aujourd’hui qu’en touchant l’ensemble des canaux de communication.

– « On ne nait pas éditeur, on le devient ? » Comment le devient-on ? Par formation, par expérience (laquelle, lesquelles), par un mélange des deux ? Quelles expériences ont été déterminantes dans ce « devenir » ?

Par passion, d’abord – une passion pour la littérature née très tôt et jamais démentie. Par formation, ensuite – mes études littéraires m’ont forgé une culture solide, et m’ont sans doute donné une curiosité pour la fabrique des textes, le processus de création. Par expérience, enfin – la découverte chez Plon des rouages d’une maison d’édition, des étapes très concrètes de la production d’un livre, de sa commercialisation, des relations avec les auteurs, qui sont au cœur d’un métier qui reste profondément humain. Mais aussi par expérience en négatif, au sens photographique du terme : tout en étant extrêmement formatrices sur un pan que je n’avais encore pas abordé, les questions de communication, mes quatre années d’expérience loin de l’édition ont également été importantes pour moi : elles m’ont permis de vérifier ce que je voulais vraiment faire, en prenant conscience que l’édition, et singulièrement l’édition de fiction, me manquait.

2 – L’Observatoire

Les éditions de l’Observatoire sont une maison d’édition assez jeune – mais déjà dotée d’un catalogue général prestigieux. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette maison (son organisation, son organigramme), et la création de ce pôle littérature en son sein ?

L’Observatoire a été créé fin 2016, au sein du groupe Humensis, lui aussi tout nouveau et né du rapprochement entre les éditions Belin et les Presses Universitaires de France. L’Observatoire est une maison généraliste, qui publie des essais, des documents, des romans français et étrangers. Elle est dirigée par Muriel Beyer, qui a notamment dirigé les éditions Plon. L’équipe est aujourd’hui constituée de 9 personnes (3 éditeurs, 1 assistante éditoriale, 2 attachées de presse, 1 responsable commerciale, 1 apprentie communication web, 1 assistante de direction) et s’appuie également sur les services transverses du groupe Humensis et la diffusion Flammarion. C’est une jeune maison aux grandes ambitions. Nous doublerons la production en 2018, pour arriver à une soixantaine de titres, dont une quinzaine en littérature. Il était évident dès la création de la maison que la littérature y aurait toute sa place et il était évident pour moi, quand Muriel Beyer m’a proposé d’en prendre la responsabilité, qu’il était enthousiasmant de rejoindre une telle aventure, qui alliait liberté – en me laissant développer mon projet éditorial – et ambition – dans une structure solide.

L’édition, un métier

– Votre politique éditoriale : y-a-t-il une « ligne », une « charte », plus ou moins stricte ? Qu’est-ce qui vous décide à publier un livre ? A le refuser ? (Exemples ?)

La création d’une nouvelle maison d’édition permet cet immense luxe de ne pas avoir à s’enfermer dans une ligne éditoriale trop contraignante et de s’aventurer sur des terrains moins balisés. Une tendance traverse sans doute les livres que je publie : une attention particulière à une littérature qui interroge la réalité, le monde tel qu’il va – ou ne va pas –, notre époque contemporaine ou notre passé. On retrouve cette préoccupation dans des romans aussi différents que ceux de Manuel Blanc, Les Corps électriques (les questions d’identité, de genre…), d’Odile d’Oultremont, Les Déraisons (le rapport au travail, l’individu face à l’entreprise, la maladie…), ou de Christian Guay-Poliquin, Le Poids de la neige (le progrès vs la nature, la capacité à faire société, la solidarité…). Bien entendu, au-delà de cette tendance de fond, chacun de ces romans témoigne aussi d’une singularité de la langue, d’une narration maîtrisée et d’une coïncidence formelle avec son sujet, qui lui permet de porter un univers de caractère ; de nouvelles voix qui nous racontent des histoires inouïes.

Je suis seule chargée de la littérature à L’Observatoire et ai une réelle liberté de choix. Comment s’opère ce choix ? Outre les tendances que j’évoquais, cette recherche de voix singulières, et les critères objectifs de qualité, ma subjectivité est le critère décisif, à la fin. J’ai la chance de pouvoir ne publier que des livres qui m’enthousiasment. Bien entendu, il ne s’agit pas d’une subjectivité égoïste, autocentrée : être éditeur, c’est avoir un cerveau schizophrène ; être à l’affût du texte qui emporte sa sensibilité propre tout en tentant de discerner si ce texte a la capacité d’emporter le plus grand nombre.

– Et l’Histoire éditoriale ? En tant que « jeune éditrice », apportant de nouvelles méthodes et approches, quel rapport entretenez-vous avec l’Histoire de ce métier, avec vos pair(e)s et vos aîné(e)s ?

Il me semble qu’un mouvement positif est à l’œuvre dans l’édition depuis quelques années, qui voit l’accession de plus en plus de femmes à des postes à responsabilité au sein de grandes maisons ou de grands groupes. L’édition est un milieu assez particulier sur ce point, une profession très féminisée, peut-être parce que les formations littéraires ont été historiquement féminisées. Mais les postes à responsabilités, comme dans l’ensemble de la société, ont longtemps été occupés davantage par des hommes. Malgré tout, des personnalités féminines ont pu accéder à la direction de maisons – en les créant (on pense à Sabine Wespieser, Viviane Hamy ou plus récemment Nadège Agullo…), ou en étant nommées à la tête de maisons ou de départements, notamment ces dernières années (on peut citer Véronique Cardi, Sophie de Closets ou Marie-Christine Conchon). Plus encore, j’ai le sentiment que non seulement cette évolution est un reflet d’une progression des femmes qui traverse (enfin !) l’ensemble de la société, mais qu’elle est favorisée par des solidarités féminines, dans l’édition, entre des générations – dont j’ai évidemment moi-même bénéficié avec Muriel Beyer – ou au sein de la même génération – nous entretenons des relations d’entraide voire d’amitié avec plusieurs de mes consœurs.

– Le métier d’éditrice : quel est votre degré d’intervention sur le texte ? Votre place d’éditrice implique-t-elle accompagnement, correction, commande affinée (ou les trois) ? Et ensuite, lors de la parution, l’accompagnement des auteurs continue, qu’il y ait succès ou insuccès – quel devient alors votre rôle ?

Je n’hésite pas à couvrir les manuscrits de post-its ou les fichiers Word de commentaires, même si c’est bien évidemment toujours l’auteur qui a le premier et le dernier mot. Après avoir passé plusieurs mois, voire plusieurs années, seul avec son texte, face à ses mots, tout auteur a, je crois, besoin d’un regard extérieur, qui le rassure, l’encourage et le critique de façon constructive. Mon rôle tel que je le conçois est d’amener, avec mon regard de lectrice professionnelle, un texte à sa meilleure version possible. Il m’arrive aussi de suggérer des titres, d’écrire ou de remanier les éléments du paratexte, argumentaires, quatrièmes de couverture, etc., de choisir les visuels de couverture : un auteur ne me paraît pas forcément le mieux placé pour savoir comment mettre en valeur, faire comprendre au mieux sa création. C’est aussi mon rôle de l’épauler sur ces aspects. Après la parution, l’accompagnement continue bien entendu, en lien avec les équipes de communication et de commercialisation. J’essaie de porter le plus possible les livres que je publie auprès des libraires, des journalistes, sur les réseaux sociaux, et d’accompagner mes auteurs sans cesse. En réalité, la relation avec l’auteur ne se distend jamais, c’est une conversation ininterrompue, pendant la séquence proprement dite de travail éditorial, en amont de la parution, pour discuter de différents projets de livres, par exemple, ou en aval, pour l’entourer lors du moment de la parution.

– À L’Observatoire : qu’avez-vous mis en place comme stratégie de communication ? Par exemple, cette rentrée de janvier – quand commence-t-elle réellement ? Quand la promotion des livres se met-elle en place et comment ? Quelle part de prospection ? Vers qui ? Et comment ? Le travail est-il spécifique et différencié selon les titres, les auteurs ?

La grande nouveauté pour moi à L’Observatoire est le travail de dentellières fait auprès des libraires avec Virginie Migeotte, qui est spécialement chargée des relations avec les libraires, ce qu’on appelle dans le jargon la « surdiffusion ». Nous avons développé une politique de communication ciblée auprès des libraires, qui nous permet de leur faire lire les textes très en amont, et qui a porté ses fruits dès les premières parutions, avec notamment le succès du roman de Sébastien Spitzer, Ces rêves qu’on piétine, qu’on trouve encore aujourd’hui mis en avant sur les tables des librairies, orné de leurs coups de cœur, 6 mois après sa sortie – une rareté.

Avant même la communication auprès des libraires, qui a démarré pour les parutions de janvier dès le mois d’octobre, la première étape est la présentation des livres à la diffusion : premières réunions commerciales dès début septembre ; réunion avec les représentants fin septembre.

La communication presse débute elle au mois de novembre, après la remise des grands prix littéraires.

Tous les livres bénéficient de cette stratégie globale, que nous adaptons au positionnement spécifique de chacun : nous ne nous adressons pas aux mêmes journalistes, libraires ou blogueurs, nous les ciblons en fonction de leurs sensibilités. Chaque livre est défendu avec une même énergie personnalisée.

– Cette rentrée de janvier, encore : vous faites paraître trois titres, fort différents. Quelle complémentarité (littéraire, avant tout, mais également « commerciale ») voyez-vous entre eux ? Qu’est-ce qui les relie, qu’est-ce qui les distingue ?

Publier trois romans très différents en même temps était une volonté ; c’était déjà le cas en août, avec les quatre toutes premières parutions littéraires de L’Observatoire, ce sera encore le cas pour la rentrée littéraire d’août 2018.

D’abord, la diversité de ces romans, la variété de cet éventail, répond à ma volonté de porter des voix singulières – donc, par définition, différentes. Elle raconte aussi quelque chose de mes goûts littéraires, qui vont des œuvres les plus formelles aux œuvres les plus classiquement romanesques – je cite volontiers À rebours, de Huysmans, dans la première veine, et La Promesse de l’aube, de Gary, dans la seconde. C’est bien entendu également une réflexion stratégique : dans un marché très concurrentiel, où plus de 500 titres paraissent à chaque rentrée, il est impensable pour moi de créer une concurrence au sein même de la maison, entre les titres que je publie. Publier peu, et publier chaque fois des livres aux positionnements affirmés et très différents est la meilleure façon que j’aie trouvée de défendre au mieux chacun d’entre eux.

Si en apparence tout distingue ces trois romans – leurs sujets, leurs genres, leurs styles, on peut leur trouver, je crois, un air de famille dans les préoccupations sociales – d’autres diraient politiques – qui les traversent (je les ai évoquées plus haut) ; on peut relever aussi leur maîtrise narrative – les trois récits obéissent à une construction remarquablement tenue ; ils sont liés enfin, à mon sens, en ce qu’ils appartiennent à une littérature « de caractère », à forte personnalité. Ils se ressemblent dans leur singularité affirmée.

Le Poids de la neige. Comment tombe-t-on, trouve-t-on un livre tel que celui-là ? Qu’est-ce qui vous a plu, qu’est-ce qui vous a décidée, convaincue, d’en acheter les droits ?

C’est l’agent littéraire de ce livre qui me l’a proposé l’an passé, à l’issue de notre tout premier rendez-vous, au mois de mars. Elle avait pressenti qu’il pouvait me plaire, elle ne s’est pas trompée. Je l’ai lu sans tarder, d’une traite, au cours d’une après-midi de printemps qui ne m’a pas empêchée de me laisser emporter dans l’univers glacé, net et hypnotique bâti par Christian Guay-Poliquin. Une telle maîtrise dans la sobriété est rare. J’ai été captivée par la capacité de Christian à conjuguer un roman d’une redoutable efficacité, presque un thriller psychologique post-apocalyptique, et un texte d’une telle densité littéraire, qui accumule les strates de références et de sens. Tout en s’inscrivant dans une tradition littéraire déjà balisée, ce texte dégageait un sentiment de parfaite nouveauté. Quand l’ensemble de ces qualités m’a décidée à acheter les droits de ce roman, il avait eu un succès critique au Québec, mais représentait une certaine prise de risque – peu nombreux sont les auteurs québécois qui parviennent à émerger en France. A l’automne 2017, au moment où nous préparions la parution, Le Poids de la neige a remporté de nombreux prix littéraires au Québec et est devenu un véritable phénomène, nous aidant à attiser la curiosité des libraires et des journalistes ici. Depuis sa parution début janvier, l’engouement ne se dément pas et nous espérons le faire durer longtemps – Christian est déjà invité en septembre au prestigieux Festival America. Je suis ravie que mon coup de cœur initial semble se transformer en succès !

Les Déraisons. La dernière phrase du livre est très étrange (« Louise était le mystère absolu, y avoir accès eût été la plus grande des déceptions. »), s’ajoute à une fin ouverte… Vous rappelez-vous de votre réaction initiale face à l’étrange beauté de ce texte ? Quel travail avez-vous effectué avec l’auteure (qui est une primo-romancière) ?

La première fois que j’ai lu ce qui allait devenir Les Déraisons, il s’agissait d’un synopsis de quelques pages, écrit comme une nouvelle, qui contenait déjà tout le roman en germe : le récit, les personnages, et surtout cette langue qui explosait d’inventions et d’images. J’ai encouragé Odile d’Oultremont à développer ce court texte pour en faire un roman, dont elle m’a d’abord envoyé quelques chapitres, dans le désordre, puis une structure très détaillée. Nous avons alors discuté de la construction – et elle a opté, à raison, pour cette double narration, en deux temps, ce présent du procès et ce passé de l’histoire de Louise et Adrien. La compétence de scénariste d’Odile l’a sans doute aidée à séquencer ainsi son roman. Elle a écrit assez vite le premier jet, en quelques mois, puis nous l’avons retravaillé. Il me semblait notamment important, pour conserver la force de sa langue, qui fait à mon sens la force de ce roman (et de ses prochains), qu’elle apporte à certains moments des inflexions à ses belles bizarreries, qu’elle baisse leur intensité, pour qu’elles ressortent davantage ailleurs par contraste. Je lui ai aussi proposé de passer au présent les chapitres du procès, pour mieux les distinguer, leur donner plus d’allant. Dans l’ensemble, nous avons fait un travail de perfectionnement, d’orfèvre, sur le joyau brut qu’était le premier jet.

Les Corps électriques. Un texte aussi étrange et séduisant vous est-il arrivé « terminé » ? Ce personnage de femme à la fois brute, fière, et troublée par des fantasmes et par ce jumeau imaginaire était-elle déjà telle ? Là encore, quel travail avez-vous effectué avec l’auteur, quel accompagnement ?

Dans la première version que j’ai lue, l’histoire de ce personnage de femme si marquant, Virginie, hantée par son jumeau, ne constituait qu’une partie du roman, l’autre étant consacrée à un personnage masculin, qui n’avait aucun lien. J’étais très séduite par l’écriture charnelle, sensuelle de Manuel Blanc, par cet univers aux accents fantastiques, mais j’avais le sentiment qu’il y avait deux romans en un, que Manuel n’était pas parvenu à faire un choix entre ses deux personnages, ses deux fils narratifs. L’histoire de cette danseuse de pole dance, de sa quête quasi initiatique et de son affirmation me touchait davantage. Il se trouve que c’était le projet initial de Manuel, le premier personnage qu’il avait souhaité développer, pour travailler sur le corps et la façon dont il porte l’empreinte de traumatismes familiaux. Manuel est donc revenu, conforté, à sa première idée, pour la mener au bout. Il a développé certains pans de l’histoire de Virginie, qu’il avait passés sous silence, lui a donné un corps, une voix, un souffle même. Nous avons également retravaillé ensemble la fin ; une première version me semblait trop s’éloigner du sujet, verser trop dans le fantastique voire le fantasmagorique, alors que je trouvais important que le roman se termine sur le duo formé par l’héroïne avec ce frère – dont on ne sait plus très bien s’il existe réellement ou non –, sur ce couple qui constitue à mon sens le cœur du roman. J’aime beaucoup la façon dont Manuel Blanc interroge par l’écriture du corps, de la porosité fantastique entre rêve et réalité, les notions d’identité et de genre.

L’édition, un commerce

– « Le numérique » n’a pas pour l’instant eu l’impact (imaginé, parfois redouté) sur les métiers du livre, avez-vous affirmé. (cf. lecteurs.com). Il change assurément certains aspects de la lecture comme des métiers appariés… À quels endroits de la chaine ressentez-vous plus ou moins fortement ces changements et leurs effets ?

– Vous travaillez depuis à peu près 10 ans dans l’édition… quels changements notables, et prospective : quels sont les plus importants changements à venir, selon vous ?

La part du livre numérique progresse mais lentement par rapport aux annonces qui avaient été faites il y a une dizaine d’années. La « révolution numérique » est bien moins rapide et violente que dans d’autres domaines culturels, la musique, la télévision ou la presse écrite par exemple. L’impact le plus fort aujourd’hui se ressent dans la commercialisation du livre : la stratégie agressive d’Amazon porte ses fruits et fragilise énormément le tissu de libraires. Elle cristallise (ou provoque ?) de véritables transformations des modes de consommation, en faisant du livre un produit comme les autres. C’est là le grand enjeu de demain, sauvegarder la singularité du livre – qu’il soit papier ou dématérialisé – qui passe aussi par ses modes de commercialisation. Il me semble aussi important de réfléchir déjà à après-demain  : le livre numérique progresse notamment chez les plus jeunes, parmi lesquelles la part de lecteurs diminue, et dont les habitudes de lecture se transforment – à la faveur des nouveaux modes de narration à l’œuvre des séries aux jeux vidéos. Comment amener ces générations aux livres ? Quelles seront, au-delà du livre numérique homothétique, les métamorphoses du livre issues des potentialités numériques ? Qu’appellerons-nous livres, après-demain ? Des questions passionnantes et vertigineuses.

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Déroulé des cours du trimestre

Cours Info comm option ML année 1 (2017-2018)

(En deux séances, et deux rencontres extérieures – pour cause d’empêchement médical de GB)

(séance 0 – Nos rentrées buissonnières », journée pro à Saint-Philbert de Grandlieu, organisée et animée par GB, à laquelle les étudiants assistèrent.

https://www.mobilis-paysdelaloire.fr/agenda/nos-rentrees-buissonnieres)

Séance 1

I / Présentation d’une action par son rayonnement réseau – un médiateur du livre (GB) ouvre son mur facebook et son fil twitter ; pour constater et mesurer une activité. Le médiateur lit, écrit, prescrit, organise, édite, interviewe, publie, communique – et le web, puis le réseau social en sont le réceptacle et un des lieux de production de cette action de lecture-écriture.

Questions, principes, contenus : Qu’est-ce que la médiation littéraire. Qu’est-ce qu’une identité numérique professionnelle – question sous-tendue : qu’est-ce que les étudiants vont en faire, de leur usage de lecture et publication réseau, dans les années à venir et dès maintenant ? Comment fabriquer cette identité mouvante, perso et pro, qui sera nécessairement au cœur de leur action prè-professionnelle ?

II / Ecriture connectée.

Le constat premier est que chacun ou presque « est » sur un/des réseaux social/aux. Chacun donc y lit et publie. L’écriture en tant que geste réflexif est ici le premier pivot d’une réflexion-action quant à sa présence numérique et aux rapports qu’elle entretient à sa pratique de lecture-écriture. Quelles affinités, quels écarts – et que faire de cet écart, comment le réduire et en quel sens, sont des question ouvertes vers lesquelles cette démarche doit aiguiller.

Exercice simple, un classique d’atelier, en version privée et libre : L’hyperportrait.

(Sur des sites d’auteur, la page bio de l’auteur = où comment, en quoi, faire sa bio sur son site, est un positionnement d’auteur, implique de s’énoncer soi et de s’énoncer en tant auteur, implique que la forme soit sienne – faire sa bio c’est aussi faire une fiction (une fiction crédible une fiction admissible dans le contexte éditorial envisagé). / Les bios des auteurs : http://jsene.net/spip.php?article85 Joachim Séné, bios de Fred Griot, de François Bon, sont exemplaires de ce tissage.

écriture – Contrainte formelle : entre 50 et 80 mots, un lien hypertexte tous les 10 mots.

« Écrivez votre biographie en cinquante mots dont au moins dix soient des liens hypertextes.»)

 

Les textes sont envoyés par courriel.

 

III/ Présentation littéraire : Etude de cas : la rentrée littéraire

 

Cette séance commence par une interrogation, orale, non notée en deux temps. Comme nous sommes en septembre, c’est-à-dire, pour le « monde du livre », en pleine « rentrée littéraire »,
jusqu’à la « semaine des prix début novembre) : un phénomène à la fois éditorial, médiatique et économique : tentons de l’observer ensemble.

Question :
(sans documentation extérieure, non connectée) : « Pouvez-vous citer des titres de la
« rentrée littéraire » dont vous avez eu connaissance, et combien ?

 

Exemple d’une parole informée et improvisée : ma sélection rentrez !

Présentation du projet et du blog rentrez.wordpress.com

 

(séance 2)

IV/ Lecture-rencontre avec Christine Jeanney (au Grand R, novembre 2017)

http://www.legrandr.com/programmation/litterature/article/christine-jeanney

 

(séance 3)

 

V/ Devoir sur table :

Récit d’expérience / rapport d’étonnement : « Vous avez assisté à la lecture de Christine Jeanney au Grand R et/ou à la journée pro « Rentrées buissonnières » à St Philbert. De l’une des deux au choix, faites un récit informatif et subjectif. Détaillé, éclairant pour qui n’y était pas, mais au plus près de vos sensations »

(noté sur 5)

 

VI/ Travail pour l’évaluation : la note de lecture en ligne.

(noté sur 15)

 

Version condensée de ce qui peut s’étirer sur une ou deux journées (à Poitiers, par exemple)/

Le travail se fait dans le brouillon de l’interface wordpress – open office ou autre traitement de texte ne doivent servir que d’instrument de mesure (du nombre de signes) et de copie de sauvegarde.

(noté sur 15)
Version condensée – voir les textes ici https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-iut-info-comm-lrsy/2017-2018-info-comm-option-metiers-du-livre-annee-1-semestre-1/evaluation-s1-2017-2018-notes-de-lecture-en-ligne/
écrire une note de lecture d’un livre choisi et lu, la publier en ligne, enrichie de façon pertinente. Ce travail étant noté depuis la publication, les fautes d’orthographe sont laissées…

 

1/ Avec le livre – travail de notation exhaustive de tous les éléments de paratexte, essentiels (titre auteur éditeur etc), et secondaires.

 

2/Avec soi-même – relevé de sensations remémoration des impressions produites par le livre – que les sensations précédent les idées.

 

3/Avec le livre, au plus près du texte – Recopiez un ou des extraits importants, utiles, éclairants sur ce que vous aurez à dire du livre, de ce qu’il vous aura fait. (Ils n’auront pas tous vocation à être repris dans l’article final, du fait du format : 2000/3000 signes).

 

4/Développement – répondez en plusieurs points (au moins deux) à cette question : Qu’est-ce que produit ce livre (sur vous-même, et par extension, potentiellement, « en général ») ? Et comment le produit-il ?

 

5/ Faites une copie du brouillon en word ou open office – par sécurité et pour mesurer le nombre de signes. Faites tenir en 2000 à 3000 signes.

 

6/ Finalisez et mettez « en attente » de publication dans le blog wordpress – deadline 9 janvier 2018

 

 

 

 

 

Métro 2033, Dmitri Glukoviski

Métro 2033 (si vous aimer lire en musique)

 

Dans les entrailles d’une Moscou désormais gelée, l’humanité tente péniblement de survivre dans les décombres de sa gloire passée. Dans la pénombre des stations du métro moscovite, elle se réorganise, reconstruisant sous les ruines des anciens gouvernements, des similis de villes et de pâles copies d’état. Le Métro est désormais le monde des quelques centaines de survivants de la terrible guerre qui détruisit Moscou comme la plupart des autres grandes ville Russes, voir peut être même comme le reste de la terre. La surface est désormais inhabitable pour l’homme, pollué de radiation mortel et habité de mutants monstrueux, et seul quelques courageux Stalkers osent s’y aventurer lors de courtes excursions, mais nombreux sont ceux à ne jamais finirent leurs voyages . Si les humains ne sont pas mort, et que l’espèce comme les rats survivra peut-être, c’est la civilisation qui sous les cendres des bibliothèques et des musées meurt peu à peu. Or comment les hommes pourrais t’il préserver leurs connaissances et leurs cultures alors qu’il peinent déjà à garder leurs vies dans ce monde qui n’est plus le leurs?

C’est dans cet univers meurtri, que se déroule l’histoire de Métro 2033, elle raconte la quête d’un jeune homme orphelin ; Artyom, qui bien que né à la surface ne connaît que le métro, et moins encore, que la station où il habite avec son père adoptif. Il va être contraint de partir en voyage à travers le labyrinthe du métro moscovite pour trouver de l’aide afin de défendre sa station ainsi que tout le reste du métro d’une menace d’un genre nouveau, les Sombres (ou les Noirs, selon les traductions). Ces créatures peu connues et à la nature incertaine, sont bien plus adapté à ce nouveau monde que ce qui reste de l’humanité et ne semble pas décider à se contenter de la surface pourrissante de Moscou. Artyom part donc dans une quête qui se rapproche des légende épiques de la mythologie, avec ses créatures, ses mystères, ses dieux, ses héros, ses sages…

Mais si la quête d’Artyom est captivante, peuplée de personnages marquants, cette histoire est véritablement exceptionnelle pour son univers sombre qui happe le lecteur qui ose s’ enfoncer trop profondément dans ses tunnels. Car plus que cette quête centrale, Métro 2033 raconte de nombreuses histoires secondaires, soulève malgré son univers fictif de vrais problèmes de société et interroge sur la nature humaine, avec en plus, dans les dernières lignes une perturbante morale sur la différence et le rapport à l’autre. 

Si le monde à changer, les hommes eux sont restés des hommes, et dans cette situation qui pourrait signer la fin de leur espèce, ils peinent à s’unir, et le métro, comme la terre en ses dernières heures, est lui aussi victime de guerres intestines, de cruelles conquêtes, de massacres aveugles et de drames de toutes sortes. Artyom découvrira durant son périples les nombreux visages de cette sombre comédie humaine. Il croisera des racistes, des néo-nazis, des communistes, des fanatiques en tout genre, des illuminés, des âmes perdus, des criminelles, des fous, des hommes qui tentent de le rester… Tout ce que l’humanité à de pire et de beau condensé dans un monde petit, restreint, étroit. Un monde qui pourtant drapé de légendes et rumeurs parait, sous la plume de Dmitri Glukoviski, immense et inexploré.

Cet univers réussit, de plus, le tour de force d’être très réaliste malgré des éléments de fantastique et de science-fiction. En effet, le métro de Moscou est bien réel, et Dimitri Glukoviski plus que de s’en inspirer le recopie en y appliquant le filtre de son monde détruit. Malgré les dégradations dues à la guerre, ce sont les mêmes stations et tunnels que ceux que traverse tous les jours des centaine de Russes (le lecteur peut d’ailleurs s’y repérer grâce aux plans contenus dans le livre), quant aux rumeurs qui peuplent le métro de Glukoviski, nombre d’entre elles cours déjà dans les rues de Moscou comme le légendaire métro 2.

Plus que le récit, c’est finalement ce monde que l’on dévore, si ce n’est l’inverse. Un monde sombre, oppressant et incroyablement immersif dans lequel on plonge sans être sur de pouvoir ressortir. Cette sensation doit beaucoup au fait que le lecteur ne sait que ce que les habitants et voyageurs du métro racontent, que les rumeurs qui circulent, que ce que le héros croit voir… rien n’est donc jamais sure. Le problème n’est donc pas que de nombreuses questions restent sans réponse, mais qu’au contraire il y a trop d’explication. C’est au lecteur de choisir à ce en quoi il veut croire et à qui il peut faire confiance. Car à chaque nouveau mystère qui apparaît dans les sombres tunnels du métro, correspond une multitude d’explications. Ainsi des scientifiques, des chamanes, des colporteurs, des militaires, des croyants, des sectaires, des illuminés, des complotistes donnerons des centaines d’explications au métro, amenant parfois le lecteurs jusqu’à s’interroger sur son propre monde. Transformant ainsi ce labyrinthe de tunnels en un monde perturbant et effrayant ou se mêlent anciens et nouveaux dieux, anomalies, êtres fantastiques, fantôme, créatures occultes, monstres de toutes sortes, armes oublié, stations réssucités, complots enterrés… les illusions et la folie prennent peu à peu le pas dans réalité. Chaque nouveau pas dans l’obscurité suintante du métro est un pas dans l’inconnu jusqu’à la prochaine station habitée, si encore, les hommes, là-bas, savent encore ce qu’est qu’être humain.

Metro 2033, est donc une distopie post-apocalyptique (un univers qui fait suite à la destruction de la société moderne) écrite en 2002 par Dmitri Glukhovski et publier en 2005 en Russie. C’est aujourd’hui un succès mondial qui s’impose comme une œuvre majeur du genre post apocalyptique. Il s’agit du premier opus d’une collection de 3 romans tout aussi réussis, respectivement Metro 2033, Metro 2034 et Metro 2035.

Mais si vous voulez poursuivre encore plus loin, l’oppressante exploration du métro moscovite, Métro 2033 est aussi le point de départ d’un labyrinthique univers étendu qui n’en finit plus de grandir. Ainsi depuis décembre 2009, plus de 41 livres et nouvelles ont été officiellement écrits autour de cet univers, comme Piter de Shimun Vrochek pour cité un des plus connus. Hélas, aucun de ces ouvrages n’a encore été publié en français, cependant plusieurs sont disponible en anglais.Un film pourrait peut-être même voir le jour (si j’ose dire) puisque en 2012 les droit de la licence ont été acheté par les studios MGN, cependant aucune date n’a encore été annoncé
En plus de cela, si vous voulez explorer vous-même ces tunnels glaçant, 2 jeux-vidéos très réussit et brillamment adaptés sont sortie et un 3eme est annoncé pour fin 2018. L’histoire n’est pas exactement la même que dans les livres afin de laisser plus de place au gameplay, cependant le scénarios bien que simplifié reste très bon. L’univers par contre, est lui très fidèle a celui de Glukovisky, oppressant, triste et beau. Ces jeux sont donc comme les livres à déconseillés à ceux qui ont peur du noir, car il est omniprésent, dans les tunnels, sur les murs calcinés, dans le cœur des hommes et ils pourraient même remplacer l’humanité.

Enfin je vous laisse sur cette musique qui pour moi représente le mieux cette univers.

 

Raphaëlle Giordano, Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une, Eyrolles (Marjolaine Poulain)

Site Raphaëlle Giordano : Cette auteur au succès récent sort actuellement son deuxième roman « Le jour où les lions mangeront de la salade verte ». Elle est d’abord écrivain, mais aussi artiste et spécialiste en créativité et développement personnel. Dans ses premiers ouvrages, elle a d’ailleurs écrit une collection de quatre titres, « Mon carnet de coaching 100 % bonheur ». Je vais porter mon attention sur son premier roman.

Ce livre s’appelle « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une ». Il traite d’un thème contemporain qui concerne à mon avis une large partie de la population : la routine. C’est l’histoire de Camille, une femme qui n’est pas à l’aise dans son travail et qui n’arrive plus a communiquer avec son mari et son fils. Mal dans sa peau, elle ne vit pas son quotidien pleinement. Tout change le jour où elle rencontre Claude, « routinologue ». Grâce à cet homme, la chenille se transforme tout doucement et sort de son cocon pour renaître en papillon.

Ce livre peut être lue comme une thérapie. Je l’ai lu sur conseil d’un membre de ma famille. Pour moi, il s’est lu en deux étapes : J’ai ressentis d’une part de l’agacement, et d’autre part, il a su colorer mon été.

Premièrement, l’agacement. La première partie de mon été fut chaotique. Je travaillais et  je m’ennuyais la plupart du temps.  Dans ma lecture j’ai été confronté à la réussite de cette femme : cela me mettait en colère. J’avais la sensation d’être dans Joséphine Ange Gardien où tous les problèmes d’une vie sont résolus comme par enchantement. Cette sensation a bloquée ma lecture et j’ai un peu laissé le livre de côté. Peut-être que me reconnaissais-je dans l’héroïne et n’arrivais-je pas à faire face à mes propres problèmes. Je me suis sentie en compétition avec cette héroïne. Comme toujours, j’ai fais une comparaison. C’est mon mode de fonctionnement.

Ensuite, les vacances en Espagne sont arrivées. Le livre s’est donc retrouvé dans mes bagages et est parti à la plage avec moi. Ma vision sur ce livre s’est alors éclairée : ne voyant plus les choses de façon péjoratives, j’ai constaté à quel point ce livre était lumineux, comme le temps ensoleillé au bord de la Méditerranée. Certains des passages du livre ont été marquants : Par exemple, lorsque Claude enseigne à Camille « la méthode SMART » pour atteindre facilement un objectif. Cela signifie « S pour Spécifique, M pour Mesurable, A pour Atteignable, R pour Réaliste, T pour temps ». Ou encore lorsque Camille commence son « Cahier des engagements » : « Cahier des engagements : encore une idée de Claude pour m’impliquer davantage dans mes résolutions et éviter que je flanche ! ». Elle commence ensuite son « Carnet du positif », et Claude lui explique ce que c’est : « Achetez-vous un petit répertoire téléphonique et notez-y, par ordre alphabétique, vos petits et grands succès, vos petites et grandes joies ».

On peut même retrouver à la fin du livre un « Petit vade-mecum de routinologie » qui nous explique comment sortir du cercle-vicieux de la pensée négative pour atteindre le cercle-vertueux de la pensée positive. Pour moi ce livre à finalement été un mode d’emploi pour voir la vie en rose. Il est d’une grande positivité et est un bon moyen de se motiver à faire plus de choses. Peut être faut-il le lire dans un environnement positif pour en apprécier toute la gaieté.

POULAIN Marjolaine.

Un Jeu interdit, L. J. SMITH – Mélanie Ricard–Hautecoeur

« Mystère, […] Danger. Séduction. Peur. […] Secrets révélés, […] Désirs divulgués. Tentation. […]
C’est ce que vous recherchez, non ? Quelque chose de vraiment… spécial. […]
Nous avons quelque chose de ce genre en stock. […]
Je crois, […] que c’est ce que vous cherchiez. »

 

Jenny, une adolescente, cherche un jeu de société original pour l’anniversaire de son petit copain, Tom, qu’ils vont fêter avec tout leur groupe d’amis.
Alors qu’elle marche dans une rue, on la suit, elle entre dans un magasin pour plus de sûreté. Elle se rend compte alors qu’elle est un dans un magasin étrange, où un garçon étrange, et terriblement beau, lui vend un jeu étrange.
Une fois rentrée pour la fête, ils commencent le Jeu, ils montent une sorte de maison qui fera office de plateau, puis dessinent en secret leurs pires cauchemars. Ils doivent jurer de jouer au Jeu jusqu’au bout, et ils le font…
C’est alors qu’ils se réveillent dans le Jeu, où ils vont vraiment devoir affronter leurs pires cauchemars, au véritable péril de leurs vies…  en plus d’être poursuivis par cet étrange vendeur, qui n’était celui qui prétendait être… Et si tout cela n’était qu’un piège ?

Ce livre, Un Jeu interdit est un roman de 633 pages, écrit par Lisa Jane Smith. Il est destiné aux jeunes adultes, et peut regrouper les genres de l’horreur, de la science-fiction, du fantastique, ainsi que de la romance. Il est constitué de la trilogie : « Le Chasseur », « La Poursuite », et « L’Affrontement ». Il a été publié par les éditions Michel Lafon en un seul ouvrage, en 2011, pour la traduction française. Le regroupement de la trilogie, à l’époque, coûtait 22,50€. L’œuvre originale est The Forbidden Game Trilogy (The Hunter, The Chase, et The Kill, sortis en 1994)

 

Ce livre m’a passionné, et je l’ai lu tant de fois, les impressions sont toujours aussi fortes. Il me fait vibrer toujours aussi intensément aux mêmes passages, et me fait pleurer à chaque fois que je le termine. J’adore la façon d’écrire de L. J. Smith, elle décrit parfaitement les émotions et les peurs des personnages, on est vraiment dans le Jeu.
« – […] Que le Jeu commence. Au fait, si vous êtes blessée dans ces cauchemars, vous êtes vraiment blessée. Si vous mourez, vous mourez. Et je peux d’ores et déjà vous révéler que l’un d’entre vous ne s’en tirera sans doute pas. »
Je sors de chaque Jeu presque comme essoufflée.

Je me suis fortement entichée du personnage de Julian, principalement le méchant de l’histoire, grâce à cette description aux dimensions magiques, et à son caractère si particulier. Je me surprends parfois à être en colère contre l’héroïne, que Julian l’ait choisi, et qu’elle ne réponde pas à ses sentiments.
« Ces yeux. Bleus. Sauf qu’ils n’étaient pas juste bleus mais d’une nuance indescriptible qui lui rappela un éveil au point du jour, quand elle avait aperçu, par la fente entre les rideaux, cette incroyable lueur de l’aube qui n’avait duré qu’une seconde avant de se fondre dans les couleurs habituelles du ciel au petit matin.
    Ce n’était pas possible, un garçon avec de tels yeux, d’autant qu’ils étaient bordés de cils presque trop lourds pour ses paupières. Et puis ses cheveux étaient si blonds… non, carrément blancs, comme givrés. Il était trop beau, incroyablement beau, à croire qu’il débarquait d’une autre planète. […] Ces yeux bleus comme le cœur d’une flamme. Non – comme un lac profond au cœur d’un glacier. Non… »
De plus, cet ouvrage peut sortir un peu du cadre classique des histoires, un sujet, une quête, un anti-sujet. Car celui que l’on prend pour l’ennemi ne l’est pas tant que cela au final…

Et j’ai été totalement conquise par la mythologie nordique qui y est abordée. Ce fut d’ailleurs mon point de départ pour ma passion pour cette mythologie, ce qui m’a incité à me documenter davantage. Je parviens même à repérer, à présent, des erreurs dans des films, ou autres, dans les inspirations prises dans la mythologie nordique (comme dans les films Thor pour donner un exemple). J’ai appris la théorie d’utilisation des principales runes.
« – Il semblerait que, lorsqu’on trace ces runes, on mette en œuvre leurs fonctions, […]. C’est comme quand on a dessiné nos cauchemars pour le premier Jeu. On a représenté ce qui nous faisait le plus peur et ces scènes sont devenues réelles. Pareil pour les runes. On crée une… une représentation d’une chose qui se matérialise. On change la réalité en créant cette représentation. »

 

Comme derniers mots, je prends cette phrase qui est mise en valeur sur la quatrième de couverture : « Rester maître du jeu ou perdre la vie… »

Losing Hope – Colleen Hoover – YGORRA Maëva

Losing Hope est le tome deux de la série Hopeless de Colleen Hoover, célèbre auteur primée meilleure auteur de New Romance, sorti en Janvier 2017, qui se base du point de vue d’un personnage différent du tome 1 permettant de mieux comprendre les subtilités de l’histoire. Si l’on pense que ce livre va faire partie de la collection New Romance de la maison d’édition Hugo & Cie, ce n’est pas le cas. Bien que Colleen Hoover soit une auteur reconnue pour les romances adultes ou jeunes adultes, ici nous sommes bien en présence d’un roman pour adolescent puisqu’il fait parti de la collection « 15 ans et plus » des éditions Pocket Jeunesse. Le livre nous raconte donc l’histoire de Holder, jeune adolescent de 17 ans qui n’a pas vécu que des choses facile dans la vie. En effet, après avoir assisté impuissant à l’enlèvement de sa meilleure amie et voisine Hope, à l’âge de six ans, il se voit, dix ans plus tard, confronté à la perte de sa sœur jumelle.

Après une année difficile pour sa famille, il envisage de quitter le lycée et d’abandonner ses études jusqu’à ce qu’il croise une fille, Sky, qui le trouble particulièrement de part sa ressemblance avec Hope. Apprenant que Sky va dans le même lycée que lui, il redécouvre un intérêt pour les cours. Nous suivons alors l’aventure de Sky et Holder et le développement de leur relation. Cependant, Holder se pose de plus en plus de question sur la véritable identité de Sky, les coïncidences de l’histoire de Sky et de celle de Hope, sont presque trop frappantes. On suit Holder dans ses doutes, son désespoir, ses joies… Ce livre nous fait vraiment ressentir tout ce que ressent Holder en lisant les lettres que sa sœur lui a laissé dans son journal intime:

« Je suis exténuée, fatiguée et malade de vivre une vie que je n’ai plus vraiment envie de vivre. Je suis fatiguée de prétendre être heureuse pour toi, parce que je ne suis pas heureuse. A chaque fois que je te souris, j’ai l’impression de te mentir, mais je ne sais pas comment vivre autrement. Et je sais que quand je le ferais, ça brisera ton cœur. »

« J’espère que tu n’iras jamais croire que, si je suis allée au bout de mes intentions, c’est parce que tu n’as pas été à la hauteur avec moi. Toutes ces soirées où tu m’as tenue dans tes bras en me laissant pleurer…. Tu n’as pas idée du nombre de fois où tu m’as déjà sauvée.  »

Ce livre nous fait passé du rire aux larmes d’un chapitre à l’autre. Il nous transporte totalement. Ce n’est pas juste un livre à lire en option, c’est un véritable complément à l’histoire de Sky et de Holder. Un livre qu’il est difficile de lâché avant la fin. J’ai même préféré ce tome au premier. Ce livre est une pépite qui à mon sens devrait être lu par tout le monde.

Maëva Y.

Les Âmes vagabondes – Marine PETIT

Les Âmes vagabondes, Stephenie Meyer, Éditions Jean-Claude Lattès, Collection Le Livre de Poche, 2008.

 

Ce roman mêle la dystopie, la science-fiction et le fantastique. Il raconte la bataille intérieure que livre une âme contre la conscience de l’humaine dont elle occupe le corps.

La Terre est envahie par une espèce extraterrestre que les humains nomment « âmes » et qui prennent possession de leurs corps. Les humains dans lesquels on implante des âmes disparaissent, leur conscience effacée. Mais le corps dans lequel on insert Vagabonde lui résiste. L’esprit de Mélanie Stryder refuse de la laisser tranquille dans ce corps qui lui appartient désormais. Mais Mélanie n’est pas la seule à s’en prendre à Vagabonde : en effet, une traqueuse la suit où qu’elle aille, attendant de l’âme qu’elle lui livre des informations sur un groupe de résistance humain qui attaque et vol la communauté des âmes. Et malgré toute sa bonne volonté, Mélanie peine à cacher ses secrets et dévoile à Vagabonde que quelque part se cache l’homme qu’elle aime. Au fil des jours, Vagabonde découvre la vie que menait Mélanie avant qu’on ne la capture. Elle se prend d’affection pour Jared, l’homme qu’aime Mélanie, et Jamie, le petit frère de son hôte. Alors lorsqu’elle apprend que la traqueuse, perdant patience, souhaite prendre sa place dans le corps de Mélanie pour y rechercher les informations qu’elle lui réclame, elle prend la fuite. Commence alors un combat intérieur qui les mènera dans le désert, aux portes de la mort

 

 

Stephenie Meyer n’en est pas à son premier roman mais, avec ce dernier, elle a frappé fort.

Comme le dit Nathalie Lacube, de La Croix, « Plus mature et plus fort que ses quatre volumes, ce romance thriller de Stephenie Meyer abolit la frontière entre littérature jeunesse et adulte. » En effet, le style de cette auteure est simple d’accès même si elle traite de sujets assez sensibles comme la discrimination ou la nature destructrice de l’homme, entre autres. Le point de vu étranger du personnage principal nous fait nous poser des questions sur nous, en tant qu’humain, et à ce que nous faisons jour après jour, à savoir détruire la Terre et se détruire nous même. Mais Stephenie Meyer réussi à nous démontrer que malgré sa barbarie, l’homme peut être doux, compatissant et qu’il n’est pas une cause perdue.

 

Ce roman est prenant et magnifiquement bien écrit. Il décrit à merveille les émotions ressenties par les deux protagonistes, bien mieux que dans le film du même nom sortit en 2013. Ce que j’apprécie dans ce roman est le fait que nous suivions toute l’adaptation et l’évolution de Vagabonde dans ce nouveau monde. Nous découvrons en même temps qu’elle la vie de Mélanie Stryder, son hôte, et leur cohabitation, entre haine et amitié, partageant leurs joies et leurs peines.