déroulé de la séance

Ecrire avec Internet
Des outils numériques comme possibles renouvelés de l’atelier d’écriture — exemples et expérimentation

1. Un parcours, une action – présentation illustrée
Deux modes de récit – Temps court & temps long

a. Temps long — le récit à la première personne : 15 minutes.

Passage par le site (reprendre pied, s’éditorialiser spatialement).

Mon récit passe donc par (notamment) :

maison gueffier
remue.net
la maison de la poésie de nantes
les résidences ile-de-France (sur remue.net)
poieo numérique
faire(800)signes, mon récent tumblr (journal quotidien de lectures)
ma chaine mixcloud
(Et on peut en le refaire antéchronologiquement depuis cet endroit : https://materiaucomposite.wordpress.com/a-propos/

 

b. Temps court — Médiation littéraire ? – Présentation d’un itinéraire, depuis le site

materiaucomposite.wordpress.com

Les fils réseaux sociaux

Me posant la question des contenus de ces séances, tentant de faire le tri dans mes activités constellées et liées pour tenir un propos clair, je choisis le contre-pied à cette idée de clarté (ou de linéarité) et prends le parti de partir de l’?il de mon cyclone, de dire un peu de cette réalité d’actions qui
est la mienne, depuis un de ses lieux de sédimentation, de traces – à savoir, le réseau social. Je choisis twitter, où je constate privilégier les infos strictement littéraires (alors que facebook se mêle pour ma part d’une autre forme de sociabilité : de ceci je parle également).

Les actus toute récente : une semaine de réseaux sociaux (défilement du fil twitter de la semaine précédente, sur https://twitter.com/GuenaelB)
– pour faire le récit au jour le jour d’un « métier » : médiateur littéraire
connecté.

Cela signifie : plein de choses, dont le fil rouge demeure le lirécrire, le lien entre écriture et lecture : écrire et lire sont liés et ce lien est sans cesse relancé dans notre interface de travail, le terminal (qu’il soit ordinateur ou téléphone) : au-delà de la question de la connection (excessive, intempestive), réelle mais majorée symboliquement, c’est celle de cette intrication entre la table de travail et celle de lecture, entre le téléphone et le carnet de notes, qui relance et questionne ce rapport entre lire et écrire.

idées maîtresse :

DIY
les engagements personnels s’ils sont fondés, effectifs, en rapport, génèrent, à long terme, un gain, symbolique et de connaissance – mais pas seulement, ce gain se convertit parfois en emploi(s) rémunéré(s).

Identité numérique

j’évoque les recherches d’Olivier Ertzscheid et son site affordance, je fais le récit de cet exercice « classique » d’atelier d’écriture (que j’ai nommé « hyperportrait », contrainte de récit de soi / curriculum fondée sur les traces qu’on laisse de soi sur le web).

écrire
l’écriture est au centre, qu’il s’agisse d’être écrivain (tous ceux que je connais vivent aussi d’autre chose, notamment de médiations, résidences, ateliers, etc / à précarisation grandissante, diversification
grandissante) ou « seulement » auteur – la médiation en sera améliorée, l’animation d’ateliers d’écriture en sera bonifiée.

atelier et web – le numérique et la présence réseaux, la publication, sont des endroits de coopération), sont des extensions de l’atelier – et il y a un enjeu à cet endroit : lier les deux, le numérique et la littérature, selon des modalités variables : nous sommes si peu à animer des ateliers d’écriture dans cet environnement, c’est trop peu.

2. Ecriture et connection

exercice d’écriture qui fera office de présentation, de tour de table en formation-action.- 1- Mes usages du web – inventaire de l’ordinaire : une journée de connection.

Consigne d’écriture « Regards sur votre usage : Faites l’inventaire d’un jour de web, pour vous : narrez-le de la façon qui vous conviendra, en allant au plus précis : dans l’ordre de déroulement d’une journée : quels sites, pour quel usage, depuis et avec quelle machine, combien de temps. »

Mais surtout, cet extrait de Georges Perec : l’infra-ordinaire : http://remue.net/cont/perecinfraord.html

« (…)

 

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?

Comment parler de ces  » choses communes « , comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes.

Peut-être s’agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie: celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l’exotique, mais l’endotique.

Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l’origine. Retrouver quelque chose de l’étonnement que pouvaient éprouver Jules Verne ou ses lecteurs en face d’un appareil capable de reproduire et de transporter les sons. Car il a existé, cet étonnement, et des milliers d’autres, et ce sont eux qui nous ont modelés.

Ce qu’il s’agit d’interroger, c’est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes. Interroger ce qui semble avoir cessé à jamais de nous étonner. Nous vivons, certes, nous respirons, certes; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez.

Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.

Questionnez vos petites cuillers.

Qu’y a-t-il sous votre papier peint ?

Combien de gestes faut-il pour composer un numéro de téléphone ? Pourquoi ?

Pourquoi ne trouve-t-on pas de cigarettes dans les épiceries ? Pourquoi pas ?

Il m’importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d’une méthode, tout au plus d’un projet. Il m’importe beaucoup qu’elles semblent triviales et futiles: c’est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d’autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité. »

(voir ici http://jb.guinot.pagesperso-orange.fr/pages/objets.html)

Les textes produits sont ici

3. La question de l’écriture en atelier et de ses rapports au numérique

a . Mon récit d’une bascule

  1. historique ateliers d’écriture, quatre grands principes, avec lesquels j’ai travaillé sous la férule de Cathie Barreau
  2. -de l’intérêt du contexte numérique, de sa difficulté de mise en place, du changement des dits «
    principes
    »

Droit à l’erreur
– Droit de ne pas écrire & droit de ne pas publier (ou « lire à voix haute » tel quel défini dans la version non numérique d’un atelier) – droit au repentir et à l’auto-correction
– Droit à la parole et au silence
– Droit à la confidentialité – entendre en ce contexte comme une question fil rouge, comme une autorisation à la fiction littéraire et au pseudonymat (identité littéraire et numérique) : rappel des notions d’identité numérique, référence à
Olivier Ertszcheid et à son livre).

  1. -de la littérature comme ressource et moyen (autant que comme objectif – i.e : objectif de la découvrir plus que d’en écrire).

    Voir ce long développement, article de synthèse (publié chez CF editions et sur mon site)

    b. Le numérique en atelier d’écriture : un espace neuf où refonder des pratiques

    (…)

Dans tous les cas, cet apport est une mutation nécessaire de l’atelier d’écriture. Il doit devenir, envisagé avec les outils du numérique, un « atelier d’écriture et d’édition » : pour ne rien perdre ainsi de sa qualité de libération d’une parole, tout en garantissant les moyens de la tenir, de la porter, de la mettre en voix, page, scène, ligne : pour n’en pas rougir. Pour ne pas l’envisager comme une finalité mais une progression, en continuité, un processus d’émancipation renouvelé.

(Guénaël Boutouillet, matériaucomposite).

 

 

c. La résidence à Saint Brieuc (et autres exemples) – du numérique comme outil polyvalent d’intervention lecture et écriture

https://deconstruireconstruire.wordpress.com/

la carte postale,le framapad, l’exploration, la cartographie

« Ce blog est le lieu de production et de publication des textes produits durant la résidence, qu’il s’agisse de journaux personnels de Guénaël Boutouillet, des productions d’atelier d’écriture, des entretiens avec des écrivains invités. »

Autre exemples d’ateliers

  • atelier framapad / le film d’une écriture, pas l’écriture d’un film (un atelier framapad avec des jeunes)


Un basic : Hyperportrait mon identité numérique. (écrire web signifie écrire dans et avec : s’écrire web le signifie plus encore).
Sur des sites d’auteur, la page bio de l’auteur = où comment, en quoi, faire sa bio sur son site, est un positionnement d’auteur, implique de s’énoncer soi et de s’énoncer en tant auteur, implique que la forme soit sienne – faire sa bio c’est aussi faire une fiction (une fiction crédible une fiction admissible dans le contexte éditorial envisagé).
Les sources littéraires sont des CVs et bios d’auteur devenues faits d’écriture sur leur site :
présentation de joachim séné  / bios de fred griot, de françois bon  sur leur site respectif…

La consigne donnée est :

« Écrivez votre micro-autobio en cinquante mots dont au moins dix soient des liens hypertextes »

(Cet exercice permet de se présenter au groupe et à l’animateur, en même temps que de présenter un peu de son rapport au web). (ils sont signés guenaelboutouillethotmail ou guenaelboutouilletgmail par défaut, laissant les auteurs libres de garder leur anonymat ou d’ajouter un paraphe en fin de texte).

 

Internet : en tant que lieu d’identité, d’énonciation, de publication de soi. / : etÉcriture II (seulement évoqué, en tant que contrepoint et prolongement possible – car un exercice d’atelier, aussi riche en potentialités exploratoires soit-il, n’est jamais une méthode, ni même une manière-de, il n’est qu’une piste).

Vies

L’exercice est basé sur deux exemples de livre très distincts, tous deux parus en 2012, Peste et Choléra de Patrick Deville et Ma dernière création est un piège à taupes de Oliver Rohe, deux livres fondés sur l’exercice biographique, documenté et distancié (dans un subtil échange entre la documentation et la distance (et la présence, fantôme, de la fiction)), mais citant aussi deux exemples originels (Les Vies des douze Césars de Suétone, Les Vies Minuscules de Pierre Michon). Nous opérons une manière de dépliement puis repliement, dans la foulée du temps d’écriture hypertextuelle de la séance 2 , et observons comment le lien hypertexte documente de l’intérieur et comment la littérature fabrique du lien sans ce recours.

Écrire le même autrement

« Vous choisissez un texte (une Vie) dont vous n’êtes pas l’auteur(e) : vous êtes en position de scribe.

Considérant que ces liens insérés dans les phrases du texte sont (notamment) de la documentation, procédez à la digestion de cette documentation, à sa reformulation  : tenter d’écrire cette vie, cette approche de biographie  –  à la troisième personne du singulier, et sans aucun lien hypertexte.

Cet exemple permet de revenir aux rapports temps court / temps long évoqués dans les propos liminaires – et jouer de complémentarités plutôt que d’oppositions

  1. Notes sur l’encombrement et le paysage du & des bureaux

Changeons d’angle, et spatialisonsobservons notre espace (de vie, de travail) quand nous nous concentrions sur le défilement du temps.

Lecture introductive du texte de Perec dans Penser classer, « note sur les objets qui sont sur ma table de travail »

  1. « Qu’en est-il de votre bureau ? où est-il ? dans votre appartement ? sur l’ordinateur portable ? sur l’ordinateur fixe ? Mais le bureau de l’ordinateur, il est également dématérialisé, de plus en plus, via nuages et externalisations ? Tentative d’appréhension globale, exhaustive, et actualisée de votre table de travail, de ce que vous considérez comme tel, de votre, de vos bureaux. »

Tentative d’usage de mapping et outils dédiés – Pour une écriture heuristique.
Nous utiliserons :
https://www.mindmup.com/#m:a13c092f804715013241313a9923a4dcd2

  1. « sur ce modèle : dessiner deux bureaux – au moins. Et peut-être d’autres divisions.
    Ecrire, sauvegarder, exporter – et poser dans un article wordpress. »

(autre logiciel de ce calibre :  http://framindmap.org/framindmap.html#)

Les textes, graphes (dessins, cartes…) sont à lire ci-dessous :

(Cliquer sur l’image pour l’agrandir, et sur la mention pdf pour en télécharger le pdf)

 

POUR FINIR : PROPOSITION D’ATELIERS IMAGINAIRES :

 

Répondre à cette question : « Qu’en faire ? (ou pas » (du numérique en atelier d’écriture, par un texte incluant au moins deux liens hypertexte)

Les textes sont ici

 

 

 

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Du petit au grand

7h mon portable se réveille et me cueille déjà réveillée encore endormie

Il ouvre son oeil très lumineux comme si c’était dur de se relier à nouveau à tout un champ de forces qu’il avait délaissé pour se renfermer dans sa boîte. Il prend son temps et s’en suit le carillon ou pas des sms reçus dans la nuit. Affolé, il vomit tout ça sur ma table de chevet. Tendre ou pas le bras pour voir ce qui m’est dit. Peur de générer dès le début l’émotion la dispersion à travers les voix lues les injonctions, les demandes, les adresses, peur de les ignorer aussi, temps à rattraper sur le temps de la nuit.

Petit déjeuner  je suis seule avec l’ Ipad et France Culture : Messagerie.  Urgence sans urgence réelle . Je déroule  les mails que je préfère voir s’afficher sur un écran plus large que celui de mon téléphone.  L’habitude est prise. Mais peut changer. Je m’accroche à l’idée qu’un téléphone reste encore surtout un téléphone même s’il me crie que c’est faux. Liste de mails à ouvrir ou glisser dans la corbeille . Je mange en même temps et l’écran s’en ressent, plus ou moins poisseux entre les miettes et le pot de confiture. Les mails m’entrainent vers des sites, des liens. » Théophile voudrait séjourner chez vous du 16 ou 22 juin ». Cliquer sur l’icône  Airbnb rentrer dans le processus répétitifs des étapes. Accepter ou pas, justifier son refus, envoyer un message à Théophile que je ne connais pas.Désolée.  Rester léger malgré tout le plus longtemps possible petits supports: téléphone, Ipad en mouvement. Pour affaire plus sérieuse Mac avec bureau grand écran lourd pas mobile.La taille de la machine suit les étapes de la journée,  appuyer sur le bouton à ce stade c’est s’atteler pour 2 heures minimum .  Page d’accueil c’est Télérama , même si je veux aller vite , passer pour aller vers ce que j’ai à faire sans me perdre en route , elle me tient captive quelques minutes, minutes  parfois fatales qui vont m’obliger à aller voir là , puis là , puis dessous, plus loin, en travers, dans un jeu de pistes qui m’égare souvent. Fatiguée de voir qu’au bout d’1/4 d’heure, 20 minutes je n’ai toujours pas commencé ce que je voulais faire. Mieux ou pire j’ai oublié le truc à faire ou ne vois plus bien son intérêt , son urgence qui m’apparaissait si clairement il y a encore quelques minutes.

Naviguer au hasard…

 

 

Se donner à regarder – à partager

 

Drôle d’affaire que celle-ci. Mais les ponts se fabriquent dans ma tête qui se transforme en vraie toile d’araignée (oui. 27 ans pour en arriver à percuter le jeu de mot.)

Des outils connus,  d’autres méconnus et parfois des nouvelles utilisations se dessinent et s’affinent. Le tout sur une chaise plutôt vindicative qui malmène mon dos et me fais gesticuler comme une môme de six ans à l’idée de la récré imminente.

Alors,

un public addict aux nouvelles technologies. J’AI.

un public éloigné et réfractaire à l’écriture. J’AI.

une envie et un réel besoin de partager et surtout d’être écouter. J’AI !

 

J’imagine, mon fidèle kangoo se garer sur l’emplacement de M.T qui va surement m’avalancher à mon arrivée, pas si rustre, juste sa manière à elle de dire bonjour. J’imagine, l’installation de la table, mes fidèles pancartes passées patiemment à la plastifieuse, des crayons et surtout du thé et un thermos de café. J’imagine, le tour du terrain, l’annonce de ma venue. J’imagine la tablette, L. qui me raconte ses années de vendanges, et moi à côté qui écrit comme elle parle. Premier pas. J’imagine des bouts ramassés au fur et mesure.

J’imagine, un tumblr (beurp), des jeunes (faut bien trouver quelque chose pour les hameçonner), un partage, des mots écrits par d’autres, une histoire commune, des doigts qui ricochent, un lien construit de temps, de confiance. Regarder autrement la vie ordinaire, la débusquer, et puis pas seulement en parler quand c’est pire. « les trains n’existent que s’ils déraillent … ».

Fiona.

atelier d’écriture modernisé

Le numérique c’est magique quand tu maîtrises l’outil.

En animation c’est l’explosion on le voit avec Framapad.

Je pense à toutes ces chères petites têtes blondes qui m’attendent à la Maison de Quartier avec lesquelles je vais mettre en application cet outil collaboratif. Je l’utiliserai comme une mise en bouche pour gagner en confiance dans ce que peut représenter pour les minots l’écriture et sa complexité. Puis je repasserai par un moment d’expression orale pour préparer la séance suivante : les faire parler de leurs lieux habités ou imaginaires et passage à l’écrit en prenant appui sur l’expérimentation  de Guenaël Boutouiller    autoportraits croisés    

Numérique ou pas?

Les outils… Quels outils?… Je connais les outils de jardinage, les outils des mécaniciens… mais là de quels outils parle-t-on? Les outils numériques quézako? Je voudrais bien faire ma crâneuse, montrer mes compétences, faire celle qui « s’y connait »… raté, c’est raté, c’est un fiasco! Alors comment faire pour animer une séance d’atelier d’écriture quand on ne sent pas l’affaire?

Help, au secours, aiuto, aiudo… Comment vous le dire? La co-animation pourrait éventuellement me sortir de cette souricière, qui sait? Mais non, je ne fais pas ma victime ça ne marchera pas.

Je devine vos réponses: Oui, yes, c’est intéressant, à la pointe du du progrès, c’est être dans le move, c’est vivre avec son temps. J’avoue, je suis coupable: je fais de la résistance.

Ce matin dans le bus un jeune étudiant m’a laissé sa place.

C’est pas bon signe ma bonne dame.

Nadine

 

 

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Un matin

Au petit matin, le 1er réflexe conditionné, c’est la radio. Attraper l’heure du journal au bon moment. Si je me rase ce jour là, j’écouterai le journal en même temps. Sinon, je l’allume après la douche car ma voisine m’a dit que la radio pendant la douche ce n’était pas une bonne idée. C’est elle qui se réveille. Nous vivons dans un immeuble d’après guerre construit très rapidement avec des matériaux de mauvaises qualités. A vrai dire, sous la flotte, je n’entendait pas très bien la radio.  J’aimais bien malgré tout avoir ce son en plus. Par moment, j’entendais des bribes, ça m’amusait. Les habitudes m’ennuient terriblement et j’ai conscience de l’aliénation qu’elles produisent. Donc, je dis merci à ma voisine pour sa franchise. On s’entend très bien. Retour au chronos. J’allume l’ordi et le téléphone portable en même temps après m’être habillé, juste à la fin du petit déjeuner, avant de servir le thé. Je bois mon thé en dernier et j’emmène ma tasse à mon bureau. C’est un petit confort, quand le thé est servi, je consulte ma boîte mail. En écoutant des chroniques politiques et sociologiques sur les faits du jour, du moment. L’époque qui roule. Et l’actualité immédiate intérieur qui ressurgit chaque matin avec son lot de petits bruits électroniques. Comme l’enfant fait son rot, est-ce que l’ordi fait bien son Bip au démarrage ? J’ai un ordinateur qui fonctionne sur XP. Bientôt ce système d’exploitation sera rejeté par toutes les applications d’Internet. Même le navigateur web Firefox n’en voudra plus en septembre prochain. Le site « le bon coin » m’a signalé il y a 6 mois environ que je représentais une menace pour eux avec mon vieux système d’exploitation. Ma machine a pourtant une puissance nettement suffisante pour travailler. Mais les ingénieurs de Microsoft ont reçu l’ordre d’arrêter les mises à jour d’XP. Avec l’évolution des usages en cours, surtout depuis 2007, (l’essor du Web 2.0), les ordinateurs doivent être mieux protégés puisqu’ils sont hyper interconnectés. Ces choses là me font réfléchir. Le premier logiciel à réagir sur mon ordi, avant le message du Bon coin, c’est l’anti virus – gratuit – (j’ai oublié son nom). Depuis bientôt 2 ans, mon ordinateur n’a plus d’antivirus et il fonctionne très bien.

Les logiciels comme Word (de Microsoft) par exemple, sont aujourd’hui accessibles par téléchargement. Ils ne s’achètent plus sur un disque physique. On paye un service entièrement en ligne, il faut se localiser, s’identifier et peut-être lire les conditions de vente. De cette manière, les crackers sont progressivement éliminés. Et puis, chaque fournisseur de logiciel a les moyens de comprendre ce que chacun bricole, ses usages cognitifs, son état d’esprit, etc. Les profils sont bien recensés pour mieux cernés nos futurs désirs d’achat.

« Écrire dépend de ses conditions de production« …

Au travail !

Qu’en faire ?

Réflexion libre sur ce qui s’est passé ce matin, sur l’ensemble des outils visités, butinés. Sur les développements entendus, perçus. Et les commentaires directs et indirects échangés pendant la cession et dans les temps informels. Écrire en même temps, au même endroit, sur un support numérique soulève la question d’être ensemble et ailleurs simultanément. Pourquoi se réunir au même endroit pour déposer des textes en ligne ? L’aménagement de l’espace me pose d’emblée une question technique à réfléchir. Se retrouver dans une même salle pour se tourner le dos ne facilite pas l’écoute et le respect. Les temps d’écriture et les temps de parole doivent être bien distincts. Que l’on soit très discipliné n’empêche pas d’avoir toujours un brin de curiosité qui click pour voir si l’idée qui passe dans la tête n’a pas un aboutissement rigolo ailleurs.

Le premier qu’en faire, avant de démarrer quoi que ce soit, à mon avis, c’est de bien préciser ce que l’on a à faire ensemble. l’écriture reste, quel que soit le support, un moyen de relier un locuteur et un destinataire. Quel niveau, quel type, quelle qualité de socialisation sommes nous en train de véhiculer, d’entretenir, de désirer transmettre, partager ? Si l’atelier doit demeurer dans un cadre d’éducation populaire, il s’agit de se demander ce que l’on fait ensemble, ce que l’on souhaite transformer, sommes nous dans un cadre socio éducatif de distraction, de développement ?

Etre ensemble, faire ensemble, pour quoi faire ?

Il est question d’écriture et de lecture en lien avec des outils numérique, d’Internet, devant (ou derrière) des écrans, d’intelligence spatiale, intuitive, d’arborescence hyper texte. Il va être question également de rester assis plusieurs heures. Evoquer ses habitudes, des liens, des tags, des réseaux populaires d’échange, des auto routes de blabla, des espaces communs actuels pour « liker » les cancans du moment ou soulever des questions sociales et politiques ? Il me semble essentiel de fixer un cadre pour penser une pratique d’écriture et de lecture qui reste un moyen d’émancipation.

Kenferre

Utiliser les outils web les plus populaires. Observer comment ils sont détournés et pervertis pour en faire des outils de poétique.

Partir smartphone en poche et traquer la poésie, non pas où elle se cache, mais partout où elle se montre.

Sur Instagram, la poésie s’écrit sur des feuilles arrachées, se tatoue et se calligraphie. Le livre se met en scène et se chorégraphie.

Prendre de la graine là où la graine est semée.

Faire feu de tout bois et écriture de tout emoji.