Atelier d’analyse expérimentale des pratiques (M2 limès, janvier 201)

 

Master Limès M2, 2017-2018

Dans le sillon de ce qui fut fait, tenté, en première et deuxième année les années précédentes, je tente de joindre l’atelier d’écriture d’analyse de pratiques et l’expérimentation littéraire.

Nous passons huit heures ensemble et procédons en plusieurs phases.

1/Paysages de lectures

L’exercice fut déjà fait ici

https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-limes-poitiers/201509-11-cours-au-limes-poitiers/limes-2015-2016-seance-1/

d’après l’infra-ordinaire de Georges Perec et Tanganika Project de Sylvain Prudhomme

http://remue.net/cont/perecinfraord.html

Cf.
(Consigne d’écriture préalablement donnée durant mon atelier poeio numérique –
dont est fait un récit explicatif « Regards sur votre usage : Faites
l’inventaire d’un jour de web, pour vous : narrez-le
de la façon qui vous conviendra, en allant au plus précis :
dans l’ordre de
déroulement d’une journée
: quels sites, pour quel usage, depuis et avec
quelle machine, combien de temps.
»)

Ici,

partant du projet fou de Prudhomme en Afrique – écrire la ville par ce qui s’écrit sur ses murs, par une recension exhaustive des affiches, publicités, graffs…
la consigne d ‘écriture est : Une journée, deux journées de lecture – qu’est-ce que je
lis ? Comment ? Pour quoi ? Ne pas expliquer, faire l’inventaire de ce qui est lu (physiologiquement, c’est-à-dire de façon volontaire ou non, sans distinction qualitative).

Je parle beaucoup de Perec, d’infra-ordinaire, d’inventaires, lors de ce qui se doit d’être une tentative d’épuisement, d’hypermnésie impossible.

Il y a du dérisoire (un mélange improbable), mais aussi la production d’une attention aux choses (à l’ordinaire) et d’une re-matérialisation de ce qui se lit par nous / à travers nous.

Les textes produits sont à lire là : https://formationslirecrire.wordpress.com/2018/02/02/1-paysages-de-lectures-les-textes/

2/ Déclaration de lectures

L’exercice fut déjà fait ici ou là

(https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-iut-info-comm-lrsy/2015-03-ecriture-en-environnement-numerique-iut-info-comm-lrsy/seance-3-lire-les-reseaux-sociaux/) ou là https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-limes-poitiers/session-m2-janvier-2017/lirecrire-le-reseau-social/

il est ici étendu IRL – aux déclaration en ligne on ajoute celles tenues ailleurs, oralement, par écrit…

« Faire l’inventaire de tout ce que vous avez déclaré, sur une période donnée, à propos de lecture(s) / en remontant vos fils de réseaux sociaux, en utilisant votre mémoire de conversations orales ; en démarrant ici aussi chaque phrase par « je ». « 

3/ Assembler l’impossible – le lirecrire comme paysage de fiction

Depuis l’observation de l’objet-livre (texte-paysage) de Roubaud, « Ode à la ligne 29 des autobus parisiens » (au Tripode)

Les deux textes d’inventaire produits sont appelés à converser, en hiérarchisant typographiquement (par enrichissement choisi : gras, ital, tailles de polices, types de polices, couleurs…)

Le texte produit prend un aspect plastique, variable, selon les choix de hiérarchisation effectuées par son auteure.

4/ L’écriture du projet

Nous changeons radicalement de cap et de modalité. Retour aux préoccupations professionnelles : interrogation du projet personnel (quel qu’en soit l’échelle et le terme : de l’organisation d’un atelier à l’animation d’une rencontre, de l’ouverture d’une librairie à la création d’un festival). Le texte produit doit être descriptif (commençant par « c’est »), court et à la première personne.

Nous lisons et discutons ces textes et projets (leur faisabilité, leur contexte, leur échelle), ensemble à voix haute).

5/Le grand mix

Comment insérer le texte 5 en remarques, annotations, commentaires – et surtout nouvelle voix, piste, nouveau pattern dans le texte-image précédemment tissé. Quel dialogue cela produit-il, quelle formes apparaissent ?

Retour- projection, on regarde les textes autant qu’on les lit.

6/ Digressions (avec Yargekov et Saer) – Retour à la phrase, exercice de traduction en syntaxe ordinaire –

Le texte produit par agrégations successives est une superposition de registres différenciés graphiquement. On passe par des écritures digressives (de la digression dans l’espace seul de la phrase, avec les moyens seuls de la syntaxe et de la ponctuation), celle de Nina Yargekov (« Double nationalité », chez P.O.L, 2016) et celle du regretté Saer (« Glose », traduction Laure Bataillon, réédité au Tripode, 2015).

Il faut convertir ces différents registres de texte en voix, cette traduction implique une invention de narratrice/s.

Les textes sont ici (en cours d’édition)

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1/ Paysages de lectures – les textes

(Exercice 1 de la séance – lire l’ensemble https://formationslirecrire.wordpress.com/2018/02/02/atelier-danalyse-expe-des-pratiques-m2-limes-janvier-201/)

 

En partant du projet fou de  Sylvain Prudhomme en Afrique – écrire la ville par ce qui s’écrit sur ses murs, par une recension exhaustive des affiches, publicités, graffs…
la consigne d ‘écriture est : Une journée, deux journées de lecture – qu’est-ce que je
lis ? Comment ? Pour quoi ? Ne pas expliquer, faire l’inventaire de ce qui est lu (physiologiquement, c’est-à-dire de façon volontaire ou non, sans distinction qualitative).

Je parle beaucoup de Perec, d’infra-ordinaire, d’inventaires, lors de ce qui se doit d’être une tentative d’épuisement, d’hypermnésie impossible.

 

Les textes

Liste des machins que j’ai lu depuis 24h

  • mes mails
  • mes mails indésirables dont madame Stang qui souhaitait me donner 4,5 milliards de dollars par pure sympathie
  • l’organisation de bruits de langue
  • le blog de bruits de langue
  • la petite histoire de l’event spécial d’une appli de mon téléphone
  • le numéro de la salle A323
  • la feuille affichant le programme de rencontres et conférences sur le panneau à coté de la salle
  • les titres des chansons que j’écoutais dans le bus
  • le numéro du bus que j’ai pris
  • le numéro de l’autre bus que j’ai pris
  • d’autres numéros de bus qui sont passés
  • différents posts de tumblr
  • les sous titres des animes que j’ai regardé
  • différents posts de facebook
  • l’heure, plusieurs fois, sur mon ordinateur
  • l’heure, plusieurs fois, sur mon téléphone
  • l’arrière de mon après shampoing pendant que je végétais sous la douche
  • l’arrière de mon shampoing pendant que je végétais sous la douche
  • l’arrière de mon gel douche pendant que je végétais sous la douche
  • mon réveil
  • les sous titres d’animes que j’ai regardé avant de me coucher
  • un manga que j’ai lu avant d’aller dormir
  • plusieurs autres mangas qui n’ont pas réussi à retenir mon attention
  • des messages discord d’amis
  • toutes les informations à lire pendant une partie de league of legends
  • différentes informations sur les profils de mes adversaires dans mes parties de league of legends
  • différentes informations sur les profils d’items à build dans mes parties de league of legends
  • différentes informations sur les winrates des personnages jouables dans mes parties de league of legends
  • des messages de mes amis sur le client de league of legends
  • différents profils et pages de kickstarters et crowfunding
  • une page de notes pour la journée pro
  • ma page de notes pour mon mémoire
  • toutes les informations à lire lors d’une session de dragon age inquisition
  • des articles sur des sites d’information
  • des listes d’animes de la saison hiver 2017-2018
  • des posts twitter, facebook et autres réseaux sociaux
  • les messages que j’ai pu recevoir sur mon portable

  • « bien sûr que si les jeunes lisent, pas tous c’est sûr et alors, c’est dans l’air du temps de déclarer le contraire, et chaque génération pense toujours avoir été meilleure que la suivante »
  • « la lecture participe à l’éveil des enfants mais le sport et les amis aussi, que je préferais avoir un gosse qui ne lisait pas mais qui sortait dehors qu’un gosse qui dévore les livres et reste seul chez lui »
  • « je suis contente de lire les Misérables, je l’ai jamais lu, j’ai toujours eu peur des classiques, mais apparemment il y a là tout ce qui peut être dit sur l’humanité »
  • « tu as lu les Misérables ? J’ai trouvé la version abrégée pour les lycéens dans un vide-grenier car j’avais la flemme de lire les 1800 pages de la version originale, tu sais on avait la même version pour l’Odyssée au collège, je crois que c’est l’école des loisirs qui fait ça »
  • « tu savais qu’on disait fille publique pour dire pute ? À l’époque de Victor Hugo »
  • « Regarde cette vidéo, la nana fait un super montage sur tous les livres qui ont marqué son enfance et sa vie d’adulte, c’est super émouvant »
  • « lis ça, t’as vu la coupe mulet revient à la mode »
  • « lis ça, c’est un article sur l’excision, ça me choque que tu en aies jamais entendu parler »
  • « j’ai lu la météo c’est cata il fait 16degrès à Biarritz pendant que je crève dans ma Vienne »
  • « lis le résumé des Nouveaux Sauvages, regarde c’est des gens hyper stressés qui pètent un boulon à un moment donné, ça vole en escadrille, c’est hyper marrant »
  •  » tu peux ramener les livres de lydie salvayre demain stp ? »

Le tome deux de Mercy Thompson est sur le bureau, là où il a été laissé après avoir été fini la veille. Le prochain est posé à côté du lit, entamé de quelques pages à peine.

L’envie d’un thé se fait sentir, sur la boîte, ils sont classés en trois catégories « thé blanc », « thé vert », « thé noir ». A l’intérieur il y a encore une dizaine de sachets, seules les couleurs sont visibles jusqu’à ce qu’une tisane fleur d’oranger soit extraite de la boîte. L’eau est mise à chauffer, les graduations sur la bouilloire apparaissent plus clairement, 0,5L. Pendant que l’eau chauffe le regard se promène, la tasse dans laquelle est mis le sachet de thé porte une inscription mignonne, le temps que les yeux se relèvent elle a déjà été lue et relue.

Un fois le thé chaud, le tricot est repris et les yeux parcourent les instructions, à la recherche de l’endroit où ils se sont arrêtés quelques instants plus tôt. La ligne est retrouvée, l’ouvrage peut continuer.

Quentin arrive, il toque à la porte. Sur son pull il y a le nom d’une équipe de hockey du Canada. Comme d’habitude on ouvre une boîte de chocolat et aussitôt les différentes sortes et noms sont scrutés pour choisir le meilleur. Une première fois puis une deuxième, par gourmandise. Il n’est pas encore tard, le réveil indique 21h15, pourtant la journée se termine déjà. Avant de se coucher, regarder une dernière fois le portable (qui sera encore regardé trois ou quatre fois par la suite), des messages envoyés dans la journée s’affichent à l’écran et le clavier apparaît pour en taper un nouveau. Un simple bonne nuit, ça suffit et le portable est reposé sur le coin du lit.

Le portable s’allume, les différentes catégories des applications s’affichent, pas besoin de les lire, « livre », « organisation », « allemand », « bien-être », ils sont connus par cœur. L’icône d’un nouveau message apparaît, un nom s’affiche, Valentin, juste un message de deux lignes pour dire qu’il attendra à la BU demain.

Un nouveau message apparaît, les yeux sont directement attirés par la lumière et le parcourent rapidement avant que la lumière ne s’éteigne de nouveau.


Inventaire de tout ce qui a été lu sur les dernières 24/48h

 

  • La fiche incendie sur la porte d’entrée de ma chambre universitaire
  • Annonces de voiture sur le bon coin
  • Les étiquettes de mon shampooing et gel douche
  • Ma liste de course
  • Les étiquettes de produits chez Géant
  • Réseaux sociaux
  • SMS
  • Recherches internet pour les cours/mémoire
  • Des quatrièmes de couverture pour prochain livre à lire
  • Justificatif de domicile
  • Carte grise
  • Les horaires de bus
  • Les séances de cinéma
  • Le livre du moment
  • Les mails
  • Des recettes de gaufres et pancakes
  • L’heure
  • Le score du dernier match de foot de Poitiers

 

INVENTAIRE DE TOUT CE QUI A ETE LU DEPUIS SAMEDI JUSQU’A CE LUNDI

Au travail :

-la nouvelle fiche de poste

-les produits, les numéros de commande, les emplacements sur le log

-les noms des clients

-la feuille des congés

-le planning de la semaine suivante

-les actualités sur le portable lors de la pause

Sur la route :

-les panneaux publicitaires

-les enseignes de magasins

-les autocollants sur certains coffres de voiture

-les chiffres des plaques d’immatriculation

A l’appartement :

-les publicités reçues

-le livre sur les GI’s et les viols de femmes

-les mails

-les notes pour le mémoire

-les sous-titres des épisodes de série

-fiche diplôme pour l’année prochaine


  • panneaux Routiers
  • réseaux sociaux (Instagram, FB, Twitter Snapchat)
  • applications (L’Express, BuzzFeed, 9Gags ) via mon smartphone
  • mails
  • SMS
  • noms sur les produits alimentaires, produits de beautés
  • sous titres série + film
  • 6 premières pages de Libres de Diglee et Ovidie
  • notice d’utilisation d’un produit électroménager
  • magazine dans les toilettes
  • 4ème de couvertures
  • composition & ingrédients d’un pot de pâte à tartiner
  • écran horaires de train SNCF
  • le dos d’une ancienne carte postale reçue
  • factures Gaz
  • nom de radios
  • publicités panneaux dans la ville (Burger King)
  • pages Web (Wikipédia, blog, etc …)
  • emploi du temps de la semaine
  • informations à la télé

 


inventaire de tous ce qui s’est présenté à  notre œil durant ces derniers jours

jeudi

réveil 7h15

emploi du temps

un panneau publicitaire de la foir’ fouille

panneau lidl

super U saint-éloi et buxerolles

d’indication d’un lieu

  • une école maternelle Andersen
  • restaurant de l’Éveil
  • auto-école poitevine
  • fjt Kennedy
  • centre d’animation des couronnerie
  • idiome
  • géant casino et 70 autres boutiques
  • programmes BDL
  • domaine universitaire

indication de direction Nantes/ Tours

les noms de 4 arrêts de bus

corep

maison des étudiants

a 323

affiche  pour se renseigner sur son orientation

un album le loup qui voulait changer de couleur

samedi

pot de yaourt danone fruits et  fraise  danone nature sucré

 

articles sur la montée des eaux

la victoires des parisiens

*histoire de la bibliothèque

*livres animés du papier au numérique

*une bibliothécaire jeunesse une intervenante culturelle

*jeux vidéo en bibliothèque

*notes de stage

écran de téléphone marque Samsung

message smeco

 


Lundi

 

j’ai lu

 

ce qu’il y a d’écrit sur le paquet de papier toilette

toutes les affiches et cartes postales de mes toilettes – C A D beaucoup – And Then you stay there and let your shadow cross the bordeline

fluide glacial

mon écran de téléphone

mon demaquillant

la marque de mes cotons

mon crayon à yeux gemey maibeline

mon mascara gemey maibeline

mon dentifrice colgate

le nom de ma brosse à dent

ce qu’il y a d’écrit sur le tee-shirt de mon copain – truc en anglais

mon affiche pulp fiction AVEC UMA THURMAN – JOHN TRAVOLTA – SAMUEL L JACKSON

mon papier de recap baby sitting – lundi 17h – 17h30 – 18h15- 19h- 20h30 ; lundi 17h – 17h30 – 18h45 ; mardi -17h 20h30 – jeudi 17h

mes cadrans de voiture (km, vitesse, etc)

des panneaux de signalisation

des panneaux publicitaires

des panneaux de direction

des plaques de voiture

les autocollants droles derrière les voitures

mes boite de cd pour ma voiture

les panneaux d’entrée dans la fac

le nom des bâtiments de la fac

l’étiquette de mon pot de creme

l’etiquette du pot de café soluble

l’emballage du sucre

mes autocollants sur mon pc

FUMER TUE – pot de tabac

mon paquet de filtre de cigarette

mon paquet de feuillle de cigarette

facebook – défilé de conneries + de pub de conneries

twitter – Le Monde ; et autres actualités + news status de gens

J’ai lancé un stream – nom du stream ; chat du stream ; liste de gens connectés

toute lecture interne à mon pc : documents ; image ; menu windows , etc

Google

steam : lecture de tous mes jeux +  des nouveautés steam + des propositions d’achat + des personnes connectés + des différents menus

origin : lecture de tous les jeux + des propositions d’achats + des différents menus

lancement du jeu : les sims : lecture de tous les textes de chargement + du menu ; puis lecture de toute l’interface en jeu

reveil : cours

quitter – sauvegarder et quitter – fermer origin – oui – windows – arreter – arreter

déodorant dove – effet fraicheur longue durée

parfum twilly d’hermes

telephone – marque samsung – écran de tel

application youtube (avec lecture de tout que qui est en mise en premiere page youtube, suggestions, chaines, etc) – justice – Cross full album 3min 22

chaussure : étiquette air wair

porte-clef : la Biere du Sorcier

sac à main : étiquette Julie D

verification porte feuille : lecture de tout type de cartes

nom de la cafetaria

noms des différents sandwich proposés

noms des différentes boissons proposés

menus de la cafétaria + prix

affiches dans la fac

affiche à coté de l’ascenceur : que faire en cas d’explosion de gaz dans votre bâtiment

interface ascenceur

panneaux en liege dans les couloirs du 3eme etage de la fac

inscriptions sur mon emballage de sandwich

inscriptions sur mon étiquette de sprite

mails

ent – empli du temps

adresse mail notée au tableau

écran de ma voisine

projection au mur – voulez vous faire de firefox votre navigateur par défaut ?


 

Lectures des dernières 24h, depuis dimanche matin

  • Messages facebook
  • Mails
  • Code wifi
  • Etiquette bouteille de vin
  • Groupes facebook
  • Articles sur les violences policières
  • Partition musique
  • Budgets Campus en festival
  • Biographies autrices BD
  • Plan mémoire
  • Mails
  • Bibliographie mémoire
  • Panneaux de signalisation
  • Notice bouillotte
  • Les ancêtres ne prennent pas l’avion, Pascale Ruffel
  • Introduction aux études sur le genre,
  • Notes que j’ai prises pour mon mémoire
  • titres de livres de ma bibliothèque : Pas pleurer, La Compagnie des spectres, 7 femmes de Lydie Salvayre, L’Académie contre la langue française, Eliane Viennot, Les culottées, Pénélope Bagieu, Nana, Emile Zola
  • Slogan d’un de mes totebag : L’histoire fait mal au rire
  • devanture MSHS
  • panneau bureau de la licorne
  • mails
  • panneau cafétéria
  • emploi du temps
  • affiche radio pulsar
  • livret Bruits de Langues
  • liste des sandwichs cafétéria
  • graffiti toilettes
  • Biographie Léonora Miano
  • Messages
  • panneau de la salle A323

Inventaire de tout ce qui s’est présenté à notre « lecture » durant les derniers jours.

Samedi 27 janvier 2018

Le réveil qui sonne à 7h40 et puis s’arrête par une simple pression d’un bouton.

Le téléphone portable s’allume laissant apparaître sur son écran quelques notifications : rappel de l’horaire de train à prendre, des messages facebook, les dernières informations…

Puis il est temps d’ouvrir les volets pour voir la lumière du jour, enfin celle qui va arriver dans quelques temps, le temps semble grisâtre mais pas de gouttes de pluie à l’horizon.

L’appartement est encore plongé dans le pénombre et l’ampoule s’éclaire.

Je marche en direction de la gare SNCF, j’aperçois quelques voitures roulant sur la route, quelques personnes allant dans la même direction que moi ou d’autres partant vers le centre-ville de Poitiers. La fréquentation du quartier est à la baisse si l’on compare à un jour normal de la semaine.


Samsung, 11H05, Facebook, Tokyo Vice, Aline Coulon a réagit à une de vos publications, Marie Gréaut vous a envoyé un message, messenger, les Fabulations, Framapad, Bruits de Langues, festival bruits de langues, Les Fabulations, votre publication a obtenu tant de participations, Cocuou Noémie este-ce que j’utilises une de tes photos ou j’utilise ce que j’ai ? Attends je viens de me réveiller, déjà tu pensais à quelle photo, Lucille Michou groupe comBDL[…] gif, trop bien on utilise ça, framapad, vert,bon dimanche les festivalier.ère.s, on vous laisse on va lire, Héloïse Coulon a aimé votre page Festival Bruits de Langues, Bonobo profité… soldes, Salle de bain, t-shirt baratineuse, kenzo, gmail, nouveau message, boite de réception, messages suivis, spam (1), nouveau partez à Lyon Intercités, festival bruits de langue, texte Maria Skalova, les fabulations, vous avez un nouveau message, 14h36, stabilo point 88, Al message, #bdl2018, #écritures ; mmémoire 26 janvier, excel online, tableau compratif crl région occitanie ciclic Sandrine, relance mail, Justine Fou ok, vermicelles A D  E G , Nouans les Fontaines, chatillon sur indre, le blanc poitiers 52, jadres, campus universitaire, pense a payé le loyer, bisous Papa, 20h quelque chose,


Inventaire de tout ce qui a été lu ces dernières 24h : 13:45

 

Hier, dimanche 28 janvier 2018, aux alentours de 13h:45, lecture du site de la caf, pour des allocations. Un code et des identifiants à entrer, un opremier niveau avec lieu, date de naissance et nom. Une deuxième page qui demande ensuite un code, oublié depuis quelques mois. Message alors sur le portable, sms où un nouveau code est inscrit, et une invitation à se réapproprier une nouvelle suite de chiffres personnels. Enfin l’accès à une ramification dans laquelle se perdre un peu, toutes les situations sont possibles ; changment d’adresse, changement de situation familiale, déclaration de grossesse, déclaration de revenus. Le document alloué par la cité universitaire aussi est lu, des nombres comme le numéro de siret, ou le code attribué au locataire, mélage étrange de chiffres et de lettres.

  • les messages de Paul
  • les recettes à faire avec ce qu’il y a dans le frigo
  • les joies d’en bas
  • l’heure, les lettres écrites dans la cuisine
  • les messages de Quentin, Paul et de la famille
  • les sites de cadeaux
  • pinterest
  • Romane et ent
  • agenda 2018 et 2017 pour les saints à recopier
  • plus d’internet affiché
  • la suite des joies d’en bas à finir, et le marque-page fait d’étiquettes avec le nom de Paul écrit encore dessus
  • les sms de Paul
  • la musique à chercher
  • les premiers textes de La première gorgée de bière
  • tous les messages de Paul avant de s’endormir
  • le réveil, voir la date et si il y a bien une nouvelle alarme
  • la salle de bain avec les gels douche
  • le sachet de café, les graduations de la cafetière
  • le texte écris sur la lettre, et les eveloppes de celles à poster
  • le livre des bonnes manières, et la lettre de Bertille à Mathilde dedans, emplacé par la journée professionnelle des M2 de l’an dernier
  • internet qui ne marche pas encore
  • les numéros sur les portes dans le couloir, et sur les boïtes aux lettres dans le hall
  • bus dehors qui passent et leurs numéros
  • liste des endroits où aller portes les programmes de Buits de Langues et les lire eux aussi en les mettant dans son sac
  • le numéro du bus
  • les pièces de monnaies
  • le nom des magasins
  • les articles soldés et à combien
  • les horaires d’ouverture de la médiathèque
  • les titres de dvd et de livres à gibert
  • les articles soldés encore dans les rue, et les autres horaires d’ouvertures, les choses qu’on peut trouver dans les magasins.

Samedi 27 janvier

Quelle heure il est ? Il est où mon portable ? Ah 11h17 ! Je me lève, j’ai plus sommeil. Il y a énormément de brouillard dehors. Je me vais me faire un thé, je fais chauffer l’eau au micro onde pendant 2min.

Qu’est-ce qu’il y a sur facebook ? Je fais défiler les infos du monde, les conseils beauté de Mademoizelle et Confidentielle, les vidéos de chats et de cuisine.

Tiens une amie a publié des photos de sortie à la plage, elles sont jolies.

Je continue mon jeu, je veux passer ce niveau ! J’allume mon ordi, tape mon mot de passe et ouvre internet, je vais regarder une série. Ah les sous titres sont en anglais, tant pis ! Un puis deux puis dix épisodes plus tard, il est quelle heure ? 18H ! je reviens sur Facebook ! Un article sur ça, j’ai envie de le regarder, je le trouve enfin et c’est parti pour 2h de flippe.

Boh il fait pas si peur que ça finalement. J’ai envie de regarder un autre film mais je vais me préparer quelque chose à manger avant. Le crime de l’orient express me fait envie. J’ai eu raison de le lancer, il est vraiment bien.

Encore une fois, j’ai pas travaillé sur mon mémoire, ce sera demain !

Je recontinue ma série, 117ème épisode !

Dimanche 28 Janvier

il est 12h, je me lève enfin ! Quelles nouvelles sur Facebook ? Oh des chatons ! Ah cette recette a l’air délicieux !

15h30, je vais me mettre à travailler peut-être, je reprends ce que j’ai lu déjà, petit bilan historique !

Mon portable vibre, une amie a lancé une conversation sur sa récente rupture, elle nous demande conseil, nous envoie sa conversation avec son ex. on essaye de la faire rire, lui changer les idées,

je cherche une conférence de Bréal, je trouve pas ce que je veux ! Je cherche l’historique de l’enseignement des langues anciennes en france, la conversation continue, chut ! J’ai besoin de bosser !

20h ! faire cuire 14-15min dans de l’eau bouillante salée.

Papa vous a envoyé un message

facebook + d’articles, pubs, vidéos

 

2/ Déclaration de lectures

 

(Exercice 2 de la séance – lire l’ensemble https://formationslirecrire.wordpress.com/2018/02/02/atelier-danalyse-expe-des-pratiques-m2-limes-janvier-201/)

L’exercice fut déjà fait ici ou là

(https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-iut-info-comm-lrsy/2015-03-ecriture-en-environnement-numerique-iut-info-comm-lrsy/seance-3-lire-les-reseaux-sociaux/) ou là https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-limes-poitiers/session-m2-janvier-2017/lirecrire-le-reseau-social/

il est ici étendu IRL – aux déclaration en ligne on ajoute celles tenues ailleurs, oralement, par écrit…

« Faire l’inventaire de tout ce que vous avez déclaré, sur une période donnée, à propos de lecture(s) / en remontant vos fils de réseaux sociaux, en utilisant votre mémoire de conversations orales ; en démarrant ici aussi chaque phrase par « je ».

Les textes produits (une partie seulement pour respecter ici la clause de confidentialité via anonymat ou pseudonymat de ces premiers exercices)


Le tome deux de Mercy Thompson – les liens du sang, le tome trois aussi – le baiser de fer, facebook, un message sur le portable, la boîte de thé, le sachet de thé, la graduation sur la bouilloire, l’inscription sur la tasse lue plusieurs fois, les instructions pour le tricot, un nouveau message et puis encore un autre. Le tee-shirt de mon copain, la boîte de chocolat, le nom et la description des chocolats, le réveil, l’écran d’accueil du portable, les différentes catégories, un message, un deuxième, un troisième.

(liste de l’exercice 1)

« Même si Mercy Thompson est cliché comme série, c’est quand même sympa. »

« Le tome trois est long à démarrer ou alors c’est juste moi qui ai du mal à rentrer dedans. »

« Je vais commencer Rouge Rubis, ça comptera dans le challenge lecture pour « un livre dont le titre comporte une couleur », tu en as tellement parlé que je me suis dit que j’allais le lire, c’est le premier livre que j’ai emprunté à la médiathèque. »

« Merci pour la liste des livres, je vais la regarder, il y en a pas mal qui m’intéressent après c’est pas dit que j’ai envie de relire du Stephen King. »

« L’an dernier j’avais lu un bouquin sympa pour le cours qu’on a demain, Marjorie l’a acheté, elle m’a proposé de me le passer. »

Message d’un ami qui mène à une discussion.

« Je me suis tapé une discussion avec la prof sur Madame Bovary haha les gens sont fous dès que je dis que je lis ça POUR LE PLAISIR »

« Tu me donnes envie de le lire… »

« Personne n’a jamais réussi à me donner envie de lire des classiques, je me suis toujours braquée alors que toi tu me donnes envie d’en lire plein, je sais pas comment tu fais »


  • Donner le titre et l’auteur du livre : « Une prière pour Owen de John Irving, j’adore mais je n’arrive pas à avancer, il me prend aux tripes et parfois ça me bloque. »
  • « Alors t’en es où ? » « 4 mois pour lire une BD, t’es vraiment nul »
  • Explication de pourquoi j’ai acheté cette BD (Libres de Diglee et Ovidie), « Je suis la dessinatrice depuis le lycée, et j’ai l’impression d’avoir grandit et évolué avec elle. L’autrice, c’est une ancienne actrice porno, elles parlent de la libération sexuelle des femmes, j’avais trèèès envie de le lire, en plus Diglee était là donc j’en ai profité pour me le faire dédicacer. »
  • Lire à voix haute la notice d’utilisation d’un produit électroménager pour que la personne qui m’écoute le mette en marche : « il y a pas 23 boutons, non plus, t’appuie et ça chauffe. »
  • Après avoir lu une facture Gaz :  « Ils ont bloqué le compte donc c’est normal, il faut que je l’envoie au notaire pour qu’il paye à ma place »
  • Lire un article sur le festival d’Angoulême et raconter comment moi je l’ai ressenti « Il y avait un monde de dingue, laisse tomber. Impossible de vraiment pouvoir flâner et feuilleter. »
  • Lire les horaires de train : « Il faut qu’on parte de l’appart à cette heure-là du coup »

  • Budgets Campus en festival, conversation avec Sara  : point sur les budgets accordés
  • Plan mémoire : modification de la 1ère partie
  • Bibliographie mémoire : ajout de Pierre Bourdieu, La domination masculine, Judith Butler, Trouble dans le genre, Introduction aux études de genre…
  • Panneaux de signalisation : j’ai parlé avec mon copain de la manifestation des motards à Poitiers contre la limitation des départementales à 80km/h, pendant laquelle je trouvais hypocrite qu’ils ne se mobilisent que pour ça
  • Les ancêtres ne prennent pas l’avion : conversation avec Lucile dans laquelle je disais que le livre était court et qu’on aurait le temps de le lire avant la conférence de Bruits de Langues
  • Notes mémoire : Etudes sur le genre :- le genre est une construction sociale

    -approche relationnelle des sexes

    – le genre est un rapport de pouvoir

    – le genre est imbriqué dans d’autres rapports de pouvoir

    – références ajoutées : Françoise Héritier, Masculin-Féminin, I, op. Cit. + Christine Bard « Jalons pour une histoire des études féministes en France », dans Nouvelles questions féministes


Samedi 27 janvier 2018 au FIBD

  • Essai de vente d’un numéro de la revue Planches lors du FIBD : « Bonjour, voici un livret qui contient des extraits d’histoire que l’on a pris des différents numéros que l’on propose à la vente »
  • Explication de Planches : « C’est une revue de bande dessinée franco-québécoise, basée à Montréal. Chaque histoires sont complètes et inédites pour chacun des numéros, il n’y a donc pas besoin d’acheter les numéros précédents pour débuter »
  • Discussion avec Alex Nikolavitch sur son stand : « … Jack Kirby est un des fondateurs des comics moderne avec les Challengers de l’inconnu, Le Quatrième Monde dans lequel il à réussi à développer une gigantesque mythologie et c’est ce que j’essaye d’expliquer dans mon livre »
  • FLBLB et les romans photos
  • Hécatombe édition : « La collection RVB propose dans Bds numériques que l’on lance, c’est uniquement disponibles sur le web et il possible d’y accéder à partir d’un code qui est inclus dans ce livret.

 

 

4/ L’écriture du projet

(Exercice 4 de la séance – lire l’ensemble https://formationslirecrire.wordpress.com/2018/02/02/atelier-danalyse-expe-des-pratiques-m2-limes-janvier-201/)

4/ L’écriture du projet

Nous changeons radicalement de cap et de modalité. Retour aux préoccupations professionnelles : interrogation du projet personnel (quel qu’en soit l’échelle et le terme : de l’organisation d’un atelier à l’animation d’une rencontre, de l’ouverture d’une librairie à la création d’un festival). Le texte produit doit être descriptif (commençant par « c’est »), court et à la première personne.

Nous lisons et discutons ces textes et projets (leur faisabilité, leur contexte, leur échelle), ensemble à voix haute).


C’est le projet de trouver un projet.

Je sais rarement quoi faire, que faire, encore moins me motiver à faire. C’est donc un projet lancé pour trouver un vrai projet, projeter ce projet dans un futur plus accessible qu’une simple idée. Un projet pour enfin trouver la motivation perdue depuis l’age du bronze, faire de 2018 l’année où on peut enfin faire des choses. Ou alors simplement le projet d’arriver à la fin de l’année en ayant réussi à en faire, sans trop les rater. Le projet de terminer l’année un peu mieux qu’on l’avait commencée.


C’est une table ronde littéraire ouverte à tous les publics, dans le cadre de Campus en Festival 2018. Il s’agit de manifestations culturelles à l’initiative étudiante, ayant lieu sur les campus de Niort, Châtellerault, Poitiers et Angoulême, et dont la thématique porte sur les femmes.
J’ai dans l’idée, avec Violaine Piquet, de donner la parole à des femmes autrices ou éditrices qui ont choisi de raconter les femmes et leur condition créatrice en tant que professionnelles.

C’est une réflexion écrite que j’entends mener et approfondir pendant quelques mois, sur la médiation culturelle auprès des jeunes, appliquée aux festivals littéraires. J’aimerais démontrer les apports pédagogiques et personnels d’une telle manifestation, quand elle collabore ou non avec l’Education Nationale. J’accorderais une part importante à une réflexion sociologique et psychologique, en me demandant si le livre doit impérativement être au centre de l’apprentissage et de l’éveil de l’enfant, et s’il est réellement pertinent de multiplier les écrans lorsqu’on s’essaie à la médiation culturelle destinée à un jeune public.
J’entends par ce mémoire proposer des pistes pédagogiques pour introduire ou réintroduire le livre dans le parcours du jeune, inspirées de pégagogies nouvelles ou alternatives.

C’est un projet à petite échelle et personnel, étant donné qu’il ne concerne que moi. Je voudrais tenter cette année de réaliser un défi de lecture, que j’ai préparé en janvier. Il s’agit là de se donner par une « contrainte » initiale, l’envie de découvrir de nouveaux horizons littéraires. Je me suis imposée la lecture de 50 livres qui à prime abord sortent de mes habitudes de lectrices, et compte faire un bilan rétrospectif à la fin de l’année, non pas sur des bases quantitatives, mais sur des remarques que je me saurais faites sur ces douze mois.


C’est mon projet : C’est de revenir à ma passion première, l’histoire et devenir égyptologue. Passer mes journées à fouiller sous le soleil égyptien au milieu des temples et des pyramides. Peut-être découvrir par hasard où se cache la tombe de Nefertiti.


C’est devenir officier en brigade de recherche.

Je serais chargée de missions d’investigation, de renseignement ou de maintien de l’ordre.

J’assurais aussi la protection des biens et des personnes.

Je travaillerais en section de recherches et je serais amener à enquêter et à analyser des faits allant du meurtre au suicide, en passant par les disparitions. Les pires vicissitudes du genre humain seront mon quotidien. Je serais au plus près des criminels et des victimes. Avec les années, je me spécialiserais dans les crimes sexuels concernant les femmes et les enfants.

J’aurais ainsi fait de ma passion, la criminologie, mon métier.


C’est une envie de changer de vie et de m’éloigner de ce qui pourrait me rappeler quotidiennement les derniers mois. Je voudrais quitter Poitiers, cette ville qui m’a vu et qui m’a faite grandir pour trouver un travail dans l’édition jeunesse, dans la communication, les relations publiques, qui me permette de m’épanouir encore et encore et de rencontrer constamment de nouvelles personnes. J’ai un besoin viscérales de changer d’air, de routine et d’environnement.

C’est une étude professionnelle sur la manière dont certaines maisons d’éditions éditent et commercialisent les livres destinés aux jeunes public en passant par les établissements scolaires, l’éducation nationale, en pensant avant tout rentabilité et chiffre plutôt que pédagogie et évolution de l’enfant. Suite à mes différents stages, j’ai pu avoir une vraie approche de la façon dont fonctionnait un service éditorial jeunesse mais également le marketing tout autour, et la manière qu’ont certains professionnels du livre à mentir et à manipuler. Mon mémoire n’est pas encore bien avancé mais je sais où je vais et comment je veux en parler.


C’est réussir à monter une librairie café dans quelques années. Je sais exactement ce que je veux comme style de librairie : je veux une petite libraire simple et dans laquelle on se sent bien avec un coin café dans lequel on se sent comme à la maison. Je veux créer à la fois un espace de culture et de bien-être centré autour du livre.


C’est une thèse en linguistique, encadrée par Stéphane Bikialo et Yannick Chevallier que je vais mener l’année prochaine. J’aimerais me pencher sur le marquage du genre dans l’histoire de la langue, de la langue latine jusqu’au français contemporain et aux débats sur l’écriture inclusive. J’aimerais repérer quelles sont les évolutions en phonétique historique du latin vers l’ancien français, étudier les réformes de masculinisation de la langue de l’Académie française au XVIII° siècle jusqu’aux volontés de réequilibrage à travers l’écriture inclusive.

C’est un projet dans le cadre de campus en festival 2018, dont la thématique est : les femmes. Je vais co-organiser un événement sportif autour du roller derby avec plusieurs membres du collectif ELIGe. Nous proposerons un match de roller derby le dimanche 11 mars avec l’équipe des Broyeuses du Poitou opposées à d’autres joueuses du grand Ouest et, en fin d’après-midi, un « roller disco » : le public pourra essayer les patins à roulettes en dansant, avec la présence d’une Djette pour animer ce moment.

C’est un projet dans lequel Carole Dumond et moi réalisons une plaquette présentant les chiffres sur l’égalité au sein de l’Université de Poitiers. En récupérant les données des services statistiques de l’Université, nous souhaitons étudier dans quels domaines, quels niveaux, quels postes au sein de l’Université de Poitiers les femmes sont représentées ou sous-représentées. Nous comparerons ces résultats avec les chiffres nationaux fournis par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

C’est un projet d’animation d’une conférence pendant le festival Bruits de Langues 2018. Avec Lucile Pain, M2 Livres et Médiations, nous présenterons l’oeuvre de l’autrice Nina Yargekov et plus particulièrement son dernier ouvrage, Double nationalité qui présente une vision singulière d’une traductrice entre deux nations, amnésique, qui cherche son identité, de façon humoristique et questionnant sans cesse nos représentations de l’altérité.


C’est de pouvoir travailler dans l’édition de la bande dessinée, surtout dans la partie gestion éditoriale des publications. Je souhaite viser les petites maisons d’édition indépendantes puis essayer de faire du télétravail si cela est possible. La BD alternative est le genre qui m’intéresse le plus car c’est un domaine qui offre beaucoup de créativité même si le risque est toujours présent. Je souhaite explorer la dimension numérique de ces œuvres car j’y voie beaucoup de possibilités. Je m’intéresse aussi à la médiation de la bande dessinée et aimerais en tant professionnel de l’édition m’y impliquer.


C’est un projet professionnel brumeux. Je suis un peu dans un lieu incertain. Je souhaite depuis longtemps travailler dans une maison d’édition, être éditrice de livres jeunesse, « faire » le livre tout ça, mais en fait je ne pense pas que je puisse atteindre mon but pour le moment, pas assez d’expérience et de connaissances vu le milieu très compétitif. Je pense peut-être me réorienter. Mais en même temps ce qui m’a intéressé dans mes expérience professionnelles c’est de pouvoir défendre, et faire découvrir des livres donc pourquoi pas me réorienter vers la communication, chargé de »s relations presse, les réseaux sociaux. Parce que ce qui compte dans les livres,dans les textes c’est qu’ils soient lus et partagés. Mais en fait, tout peut encore changer donc qui vivra verra.


C’est un projet que veux créer bientôt peut-être ; une librairie-café, à Paris ou en Ecosse qui sait, ouverte du lundi au samedi, vendant des livres neufs et d’occasion, des boissons, à manger, avec des cafés et livres suspendus, des fauteuils confortables, des lectures pour tous, clubs de lecture enfants, adolescents et adultes, sans bornes, du littéraire, du bricolage peut-être, un endroit cosy grâce auquel où on se sent chez soi partout et ailleurs.

C’est un livre que j’aimerais enfin terminer, que ce soit un commencé il y a plusieurs année, ou celui commencé en Novembre et non achevé, par manque de temps, et à écrire en même temps que Paul. Une sorte de Harlequin qui n’en serait pas un, un roman à rebondissements, et plein d’amour, pas niais, mais douillet, et qui fait rire et s’inspire de tout ce que je peux trouver autours de moi.


C’est l’histoire d’une petite fille qui a un projet, un projet fou mais un projet !

Cette petite fille, c’est moi et mon projet est d’ouvrir une librairie-café.

Je voudrais accueillir des gens, les faire entrer dans un monde différent, les faire lire, sourire, pleurer, rire, les faire se rencontrer, échanger, discuter, débattre. Leur ouvrir l’esprit à de nouvelles cultures, nouvelles visions, nouvelles philosophies de vie. Écouter leurs envies, y répondre au mieux. Proposer des mets et boissons variés se mariant parfaitement avec leur lecture du moment.

En résumé, un cadre agréable, un accueil chaleureux, des conseils pertinents, un échange d’idées, une nourriture qui comble à la fois l’esprit et l’estomac, voilà ce je voudrais proposer dans ma librairie-café.


Je souhaiterais arriver un jour à monter ou participer au projet d’un festival culturel au sens large, ou la culture dite populaire et élitiste seraient équitablement représenté ; où la découverte, le partage et l’échange entre les différents secteurs serait central. Où le livre et l’Art contemporain coïteraient le jeu vidéo et les séries TV(net). Où les gens ne ressentiraient plus la « barrière culturelle » d’un secteur, d’un type de public qui leur semblerait trop étranger, différent.

Sinon, dans un futur plus proche : faire un master web design pour être plus polyvalente et trouver du travail pour un jour monter mon PROJET ?


C’est de diffuser et partager la culture en la rendant plus accessible  à tous. C’est de travailler en médiathèque « en tant que agent patrimonial » avec comme secteur de prédilection « le secteur jeunesse ».

J’aimerais rejoindre l’équipe de la médiathèque alpha de la grand agglomération d’Angoulême qui a ouvert en décembre 2015. Elle présente une grande équipe pour ce secteur et divers actions culturelles pour promouvoir la littérature jeunesse et cherche cependant à proposer des animations au plus jeunesse an utilisant le livre et la tablette numérique avec différentes applications spécifiques pour « les livre animés ». Dans ce lieu divisé en 5 mondes le secteur jeunesse accueille le plus grand public. Cette expérience me permettre de suggérer peut-être au dirigeant de « Mayotte » d’ouvrir les yeux sur le monde de demander à l’État de faire construire une médiathèque jeunesse pour rendre plus accessible l’objet livre et la culture à la jeunesse mahoraise.


 

Déroulé des cours du trimestre (Info Comm – ML – S4) – janvier-mars 2018

IUT info comm option métiers du livre

Année 2017-2018

Semestre 4 (étudiants seconde année)

 

séance 1 (4h) | lundi 15 janvier 2018

Présentation du travail à venir /

des travaux rendus l’an passé

des trois auteurs-éditeurs autour desquels nous travaillerons :

Camille de Toledo / publie.net / Les éditions de l’observatoire (Lisa Liautaud, éditrice)

 

Retrouvailles avec elles et eux en qui en S1 avaient écrit une note de lecture mise en ligne, ici :

https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-iut-info-comm-lrsy/2016-17-info-comm-option-ml-semestre-1/2016-17-info-comm-option-ml-semestre-1-note-de-lecture/

« Nous aurons plus d’heures ensemble ce semestre, pour vous présenter un panorama non exhaustif mais représentatif de plusieurs tendances et œuvres de la littérature contemporaine. Rencontrant des auteurs, lors de 2 présentations (lectures, débats, spectacle) au grand R, puis à la Maison de la poésie de Nantes, et vous mettant en relation avec deux maisons d’édition, nous nous questionnerons ensemble sur la médiation de la littérature contemporaine — Comment lire et en parler, comment commenter ce qu’on ne connaît pas encore bien, comment « accorder ses violons », que faire de sa subjectivité propre ?

Au fur et à mesure de nos séances, vous constituerez un article, qui sera un de dossier documentaire multimedia, sur le support web de votre choix (j’en ai à disposition, l’université aussi, les réseaux sociaux peuvent être utilisés, bien sûr). . »

« Cette année nous prenons trois axes d’étude et de découverte : Un auteur prolixe et multiformes, Camille de toledo, à l’occasion de sa présence au Grand R ; un éditeur transmedia, publie.net ; et une jeune éditrice. Lisa Liautaud (responsable littérature aux éditions de l’Observatoire) ; vous pratirez à leur rencontre lors de rencontres publiques, ou en construisant collectivement un entretien ; mais surtout, en les lisant. »

 

.

Exemples des productions des étudiants de S4 l’an passé :

1 ARBERT Naomi  https://doublebahiducondor.tumblr.com/
2 BERNIER Morgane  https://morganebernier.wixsite.com/etautrescosmonautes
3 CERVEAU Savannah
4 CHOLOUX Camille  https://ecriturewebsite.wordpress.com/
5 DEBARRE Lucas
6 ESNAULT Constance  https://auteurscontemporains.wordpress.com/
7 FOUGERAIS Chloé https://des-mots-sur-des-bouts-de-papier.tumblr.com
8 GAUTIER Charline https://listesratures2017.wordpress.com/
9 JOSSE Lucille https://duvousaumoi.wordpress.com/
10 LE COM Caroline https://carolinelecom.wixsite.com/365pages
11 LE LU Pierre-Marie
12 LEMAITRE Charlotte https://rencontrescontemporainesblog.wordpress.com/
13 LOUVEAU Chloé https://mybooksroad.wordpress.com/
14 MADELAINE Laure https://lauremadelaine2.wixsite.com/surlefil
15 MARTEAU Solène https://mot-cha-dick.tumblr.com/
16 MAZ-LOUMIDES Julia http://www.urban-radio.com/content/nota-bene
17 PAGNOUX Enora https://intimitesfictionnelles.wordpress.com/
18 PAYEN-GALLEN Ambre https://www.instagram.com/ambrepg.dossierlitteraire/?hl=fr
-->Si vous avez un compte personnel vous pouvez y accéder directement. Si
vous n'en avez pas, vous pouvez vous connecter avec le compte principal du
dossier dont les codes sont les suivants:
ID: ambrepg.dossierlitteraire
PWD: dossierlitteraire
19 POUPIN Jessyca http://www.entre-les-lignes-40.webself.net/accueil
20 POUTIER Clara https://clarapoutier.wixsite.com/monsite
21 RAOUX Ysé http://www.urban-radio.com/content/nota-bene
22 ROBIN Alexis
Présentation : 
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=cJ7OSHfa0d0
Les deux auteurs : https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=KIEv3qsicD8
Hélène Gaudy, une île, une forteresse : https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=JWAOTGHwCTc
Rencontre au grand R : https://youtu.be/jF6vi-d3spM
23 ROCHELET Fanny https://lesindiensdunord.tumblr.com/
24 SURLEAU Florentine https://fsurleau.tumblr.com

Le programme des sorties – lectures gratuites, présence obligatoire

Camille de Toledo (lecture-vidéo) au grand R / jeudi

http://www.legrandr.com/programmation/temps-forts/article/grand-format-1-camille-de-toledo

Soirée publie.net et publie.papier à Nantes, lieu unique / mercredi 7 février 2018

http://maisondelapoesie-nantes.com/editions-publie-net/

 

 

 

Séance 2 – lecture vidéo de toledo, au grand R, jeudi 18 janvier 2018

http://www.legrandr.com/programmation/temps-forts/article/grand-format-1-camille-de-toledo

 

Présentation

 

« This is my attempt to change reality
Jeudi 18 janvier à 19h – Le Manège
This is my attempt to change reality est intimement lié à la réflexion de Camille de Toledo sur le vertige, comme un mode d’habitation du monde. Trois écrans, trois séquences, qui nous emportent dans un mouvement de plus en plus rapide jusqu’à transformer la réalité de ce qui nous entoure et à interroger notre manière d’être au monde.
Camille de Toledo accompagnera cette installation vidéo d’une rencontre autour du langage, de la fiction et de la technique. Comment ces trois instances nous éloignent-elles du monde et rendent-elles nos vies vertigineuses ?
Entrée libre, réservation conseillée »

 

Séance 3 (4h)

Après avoir présenté Camille de Toledo, ses livres, son trajet, son travail, dans la séance 1,

après avoir assisté à une lecture avec vidéos au grand R,

nous déplions « en arbre » ce que les étudiants en ont perçu.

Via des outils de cartographie mentale

Débrief de Toledo, production d’un relevé (choses vues/entendues), pour produire des cartes mentales.

b. Présentation publie.net, son histoire, son rapport au web, son collectif d’auteurs.

Nous ouvrons le site, les livres, les blogs de certains auteurs (comme Joachim Séné) et commentons ensemble.

Séance 4 (8h), vendredi 26 janvier 2018

a-

a. débrief « cartes mentales »

Ressources additionnelles autour de Camille deToledo :

 

il y a le mot vertige, qui prime, et pour lequel je vous donnerai ce lien, texte éclairant sur la question telle que camille de toledo la voit

http://remue.net/spip.php?article6946

et reviennent ou se répondent et relancent, les mots

babel / traduction /

langues que je réunis et pointe vers l’entre-des-langues qu’il a théorisée

http://remue.net/spip.php?article6921

séries, scénarii, fictions / théories de l’attention

sur ces questions, ce texte (en anglais, mais complété de sa courte introduction), ouvre des portes

http://remue.net/spip.php?article7028

pour

borgès cervantès don quichotte melville moby dick (genres)

il y a les conférences du vertige en vidéo

l’ensemble est ici

http://remue.net/spip.php?rubrique995

et cervantès

http://remue.net/spip.php?article8446

melville et moby dick

http://remue.net/spip.php?article8637

borgès

http://remue.net/spip.php?article8489

verticalité

perte

genres

images

voix

plasticien

poésie

chercheur

pères

deuils

chats

arbres

littératures

religions

il y a aussi ce dossier du matricule des anges que je vous confie – à scanner

à quoi j’ajouterai le mot « potentiel »

http://remue.net/spip.php?article7235

b – A propos des éditions L’observatoire

 

Quelques articles en pièce jointe et quelques liens ci-dessous :

http://www.livreshebdo.fr/article/lisa-liautaud-pilote-les-romans-francais

http://lesnouveauxtalents.fr/a-la-une/voyage-au-bout-du-livre-5-lisa-liautaud/

https://insatiablecharlotte.wordpress.com/2016/01/27/dis-lisa-liautaud-cest-quoi-un-editeur/

https://www.lecteurs.com/article/interview-lisa-liautaud-la-nouvelle-voix-de-plon/2442528

https://o.nouvelobs.com/art-design/20160420.OBS8913/qui-est-lisa-liautaud-la-nouvelle-editrice-punk-de-la-maison-plon.html

http://www.nicolashouguet.com/2017/05/rencontrer-lisa-liautaud-observer-les.html

http://www.europe1.fr/emissions/linterview-decouverte/lisa-liautaud-rien-ne-remplace-la-qualite-dun-texte-2726587

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-7h30/le-journal-de-7h30-25-aout-2017 (à 9’48’’)

https://www.lecteurs.com/article/toute-toute-premiere-fois-la-premiere-rentree-litteraire-dune-maison-dedition/2443065

 

Parcours –

 

2001                     Bac L mention bien (Marseille)

2001-2004          Classes préparatoires aux grandes écoles (Hypôkhagne, Khâgne classique spécialité Arts plastiques ; Paris, Condorcet)

2004-2005          Maîtrise de Lettres modernes mention Très bien

2005-2006          Préparation de l’agrégation de Lettres modernes

Avril 2006           Stage au service éditorial des éditions Plon http://www.plon.fr/

2006-2011          Assistante éditoriale aux éditions Plon

2011-2014          Responsable de la communication de la Fondation Jean-Jaurès https://jean-jaures.org/

2014-2016          Editrice chargée de la littérature française aux éditions Plon http://www.rentree-litteraire-plon.fr/

2017-                     Directrice littéraire aux éditions de l’Observatoire, chargée de la littérature française et étrangère http://www.editions-observatoire.com/

 

 

c -Production collective d’un questionnaire d’entretien à Lisa Liautaud.

L’entretien sera à lire en ligne (mars 2018)

 

d – écriture, aspects théoriques

1 – Introduction sur ces objectifs à court et moyen terme. Et quant à la production du dossier documentaire, idée maitresse  : la recherche des informations, le travail de «  brouillon  » (écriture de recherche) et les essais de mode de publication sont menés de front (de la même manière qu’on fait plusieurs choses à la fois lorsqu’on écrit), cette simultanéité sera observée, encouragée – et maîtrisée, par des rapports réguliers, collectifs et individuels.

Cf la spirale de Claudette Oriol-Boyer http://tsoubrie.free.fr/La%20spirale.htm

 

 

e – écriture, mise en situation -ateliers.

 

(Se référant à l’infra-ordinaire de Perec,

Extrait de Georges Perec : l?nfra-ordinaire : http://remue.net/cont/perecinfraord.html

«  Ce qui nous parle, me semble-t-il, c’est toujours l’événement, l’insolite, l’extra-ordinaire : cinq colonnes à la une, grosses manchettes. Les trains ne se mettent à exister que lorsqu’ils déraillent, et plus il y a de voyageurs morts, plus les trains existent; les avions n’accèdent à l’existence que lorsqu’ils sont détournés; les voitures ont pour unique destin de percuter les platanes: cinquante-deux week-ends par an, cinquante-deux bilans: tant de morts et tant mieux pour l’information si les chiffres ne cessent d’augmenter ! Il faut qu’il y ait derrière l’événement un scandale, une fissure, un danger, comme si la vie ne devait se révéler qu’à travers le spectaculaire, comme si le parlant, le significatif était toujours anormal: cataclysmes naturels ou bouleversements historiques, conflits sociaux, scandales politiques…

Dans notre précipitation à mesurer l’historique, le significatif, le révélateur, ne laissons pas de côté l’essentiel: le véritablement intolérable, le vraiment inadmissible: le scandale, ce n’est pas le grisou, c’est le travail dans les mines. Les   » malaises sociaux   » ne sont pas   » préoccupants   » en période de grève, ils sont intolérables vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an.

Les raz-de-marée, les éruptions volcaniques, les tours qui s’écroulent, les incendies de forêts, les tunnels qui s’effondrent, Publicis qui brûle et Aranda qui parle! Horrible ! Terrible ! Monstrueux ! Scandaleux ! Mais où est le scandale ? Le vrai scandale ? Le journal nous a-t-il dit autre chose que: soyez rassurés, vous voyez bien que la vie existe, avec ses hauts et ses bas, vous voyez bien qu’il se passe des choses.

Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien; ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.

Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, I’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, I’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ?

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?

Comment parler de ces   » choses communes «  , comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes.

Peut-être s’agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie: celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l’exotique, mais l’endotique.

Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l’origine. Retrouver quelque chose de l’étonnement que pouvaient éprouver Jules Verne ou ses lecteurs en face d’un appareil capable de reproduire et de transporter les sons. Car il a existé, cet étonnement, et des milliers d’autres, et ce sont eux qui nous ont modelés.

Ce qu’il s’agit d’interroger, c’est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes. Interroger ce qui semble avoir cessé à jamais de nous étonner. Nous vivons, certes, nous respirons, certes; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez.

Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.

Questionnez vos petites cuillers.

Qu’y a-t-il sous votre papier peint ?

Combien de gestes faut-il pour composer un numéro de téléphone ? Pourquoi ?

Pourquoi ne trouve-t-on pas de cigarettes dans les épiceries ? Pourquoi pas ?

Il m’importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d’une méthode, tout au plus d’un projet. Il m’importe beaucoup qu’elles semblent triviales et futiles: c’est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d’autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité. »

voir ici http://jb.guinot.pagesperso-orange.fr/pages/objets.html

Cet extrait de Penser classer « Il y a dans toute énumération deux tentations contradictoires ; la première est de TOUT recenser, la seconde d’oublier tout de même quelque chose ; la première voudrait clôturer définitivement la question, la seconde la laisser ouverte ; entre l’exhaustif et l’inachevé, l’énumération me semble ainsi être, avant toute pensée (et avant tout classement), la marque même de ce besoin de nommer et de réunir sans lequel le monde («  la vie  ») resterait pour nous sans repères (…) Il y a dans l’idée que rien au monde n’est assez unique pour ne pas pouvoir entrer dans une liste quelque chose d’exaltant et de terrifiant à la fois. »

voir aussi : http://remue.net/cont/perecpensercl.html

Ecriture

Production de deux textes à la première personne, écrits simultanément, lus à haute voix ensuite.

 

1 – Faites le récit d’une situation professionnelle rééllement advenue ou fictive, particulière ou générique, en démarrant chaque phrase par « je » (il est fait mention de « elle regarde passer le gens » de Anne-James Chaton, également).

2 – Faire l’inventaire de tout ce que vous avez déclaré, sur une période donnée, à propos de lecture(s) / en remontant vos fils de réseaux sociaux, en utilisant votre mémoire de conversations orales ; en démarrant ici aussi chaque phrase par « je ».

 

L’idée est celle de se lancer en écriture, en même temps que d’appliquer le même traitement formel à deux modes de récit extrêmement différents.

 

Les deux textes sont à lire ici

 

f – Choix du modèle éditorial

 

 

Après passage en revue d’exemples des années précédentes, le temps suivant de td est consacré à la recherche de l’outil éditorial qu’ils/elles choisiront pour construire le dossier.

 

Séance 5 – lecture discussion autour de publie.net

 

http://maisondelapoesie-nantes.com/editions-publie-net/

Séance 6 – débriefing publie.net et point sur le dossier

 

 

 

 

IUT info comm option métiers du livre

Année 2017-2018

Semestre 4 (étudiants seconde année)

 

séance 1 (4h) | lundi 15 janvier 2018

Présentation du travail à venir /

des travaux rendus l’an passé

des trois auteurs-éditeurs autour desquels nous travaillerons :

Camille de Toledo / publie.net / Les éditions de l’observatoire (Lisa Liautaud, éditrice)

 

Retrouvailles avec elles et eux en qui en S1 avaient écrit une note de lecture mise en ligne, ici :

https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-iut-info-comm-lrsy/2016-17-info-comm-option-ml-semestre-1/2016-17-info-comm-option-ml-semestre-1-note-de-lecture/

« Nous aurons plus d’heures ensemble ce semestre, pour vous présenter un panorama non exhaustif mais représentatif de plusieurs tendances et œuvres de la littérature contemporaine. Rencontrant des auteurs, lors de 2 présentations (lectures, débats, spectacle) au grand R, puis à la Maison de la poésie de Nantes, et vous mettant en relation avec deux maisons d’édition, nous nous questionnerons ensemble sur la médiation de la littérature contemporaine — Comment lire et en parler, comment commenter ce qu’on ne connaît pas encore bien, comment « accorder ses violons », que faire de sa subjectivité propre ?

Au fur et à mesure de nos séances, vous constituerez un article, qui sera un de dossier documentaire multimedia, sur le support web de votre choix (j’en ai à disposition, l’université aussi, les réseaux sociaux peuvent être utilisés, bien sûr). . »

« Cette année nous prenons trois axes d’étude et de découverte : Un auteur prolixe et multiformes, Camille de toledo, à l’occasion de sa présence au Grand R ; un éditeur transmedia, publie.net ; et une jeune éditrice. Lisa Liautaud (responsable littérature aux éditions de l’Observatoire) ; vous pratirez à leur rencontre lors de rencontres publiques, ou en construisant collectivement un entretien ; mais surtout, en les lisant. »

 

.

Exemples des productions des étudiants de S4 l’an passé :

1 ARBERT Naomi  https://doublebahiducondor.tumblr.com/
2 BERNIER Morgane  https://morganebernier.wixsite.com/etautrescosmonautes
3 CERVEAU Savannah
4 CHOLOUX Camille  https://ecriturewebsite.wordpress.com/
5 DEBARRE Lucas
6 ESNAULT Constance  https://auteurscontemporains.wordpress.com/
7 FOUGERAIS Chloé https://des-mots-sur-des-bouts-de-papier.tumblr.com
8 GAUTIER Charline https://listesratures2017.wordpress.com/
9 JOSSE Lucille https://duvousaumoi.wordpress.com/
10 LE COM Caroline https://carolinelecom.wixsite.com/365pages
11 LE LU Pierre-Marie
12 LEMAITRE Charlotte https://rencontrescontemporainesblog.wordpress.com/
13 LOUVEAU Chloé https://mybooksroad.wordpress.com/
14 MADELAINE Laure https://lauremadelaine2.wixsite.com/surlefil
15 MARTEAU Solène https://mot-cha-dick.tumblr.com/
16 MAZ-LOUMIDES Julia http://www.urban-radio.com/content/nota-bene
17 PAGNOUX Enora https://intimitesfictionnelles.wordpress.com/
18 PAYEN-GALLEN Ambre https://www.instagram.com/ambrepg.dossierlitteraire/?hl=fr
-->Si vous avez un compte personnel vous pouvez y accéder directement. Si
vous n'en avez pas, vous pouvez vous connecter avec le compte principal du
dossier dont les codes sont les suivants:
ID: ambrepg.dossierlitteraire
PWD: dossierlitteraire
19 POUPIN Jessyca http://www.entre-les-lignes-40.webself.net/accueil
20 POUTIER Clara https://clarapoutier.wixsite.com/monsite
21 RAOUX Ysé http://www.urban-radio.com/content/nota-bene
22 ROBIN Alexis
Présentation : 
https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=cJ7OSHfa0d0
Les deux auteurs : https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=KIEv3qsicD8
Hélène Gaudy, une île, une forteresse : https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=JWAOTGHwCTc
Rencontre au grand R : https://youtu.be/jF6vi-d3spM
23 ROCHELET Fanny https://lesindiensdunord.tumblr.com/
24 SURLEAU Florentine https://fsurleau.tumblr.com

Le programme des sorties – lectures gratuites, présence obligatoire

Camille de Toledo (lecture-vidéo) au grand R / jeudi

http://www.legrandr.com/programmation/temps-forts/article/grand-format-1-camille-de-toledo

Soirée publie.net et publie.papier à Nantes, lieu unique / mercredi 7 février 2018

http://maisondelapoesie-nantes.com/editions-publie-net/

 

 

 

Séance 2 – lecture vidéo de toledo, au grand R, jeudi 18 janvier 2018

http://www.legrandr.com/programmation/temps-forts/article/grand-format-1-camille-de-toledo

 

Présentation

 

« This is my attempt to change reality
Jeudi 18 janvier à 19h – Le Manège
This is my attempt to change reality est intimement lié à la réflexion de Camille de Toledo sur le vertige, comme un mode d’habitation du monde. Trois écrans, trois séquences, qui nous emportent dans un mouvement de plus en plus rapide jusqu’à transformer la réalité de ce qui nous entoure et à interroger notre manière d’être au monde.
Camille de Toledo accompagnera cette installation vidéo d’une rencontre autour du langage, de la fiction et de la technique. Comment ces trois instances nous éloignent-elles du monde et rendent-elles nos vies vertigineuses ?
Entrée libre, réservation conseillée »

 

Séance 3 (4h)

Après avoir présenté Camille de Toledo, ses livres, son trajet, son travail, dans la séance 1,

après avoir assisté à une lecture avec vidéos au grand R,

nous déplions « en arbre » ce que les étudiants en ont perçu.

Via des outils de cartographie mentale

Débrief de Toledo, production d’un relevé (choses vues/entendues), pour produire des cartes mentales.

b. Présentation publie.net, son histoire, son rapport au web, son collectif d’auteurs.

Nous ouvrons le site, les livres, les blogs de certains auteurs (comme Joachim Séné) et commentons ensemble.

Séance 4 (8h), vendredi 26 janvier 2018

a-

a. débrief « cartes mentales »

Ressources additionnelles autour de Camille deToledo :

 

il y a le mot vertige, qui prime, et pour lequel je vous donnerai ce lien, texte éclairant sur la question telle que camille de toledo la voit

http://remue.net/spip.php?article6946

et reviennent ou se répondent et relancent, les mots

babel / traduction /

langues que je réunis et pointe vers l’entre-des-langues qu’il a théorisée

http://remue.net/spip.php?article6921

séries, scénarii, fictions / théories de l’attention

sur ces questions, ce texte (en anglais, mais complété de sa courte introduction), ouvre des portes

http://remue.net/spip.php?article7028

pour

borgès cervantès don quichotte melville moby dick (genres)

il y a les conférences du vertige en vidéo

l’ensemble est ici

http://remue.net/spip.php?rubrique995

et cervantès

http://remue.net/spip.php?article8446

melville et moby dick

http://remue.net/spip.php?article8637

borgès

http://remue.net/spip.php?article8489

verticalité

perte

genres

images

voix

plasticien

poésie

chercheur

pères

deuils

chats

arbres

littératures

religions

il y a aussi ce dossier du matricule des anges que je vous confie – à scanner

à quoi j’ajouterai le mot « potentiel »

http://remue.net/spip.php?article7235

b – A propos des éditions L’observatoire

 

Quelques articles en pièce jointe et quelques liens ci-dessous :

http://www.livreshebdo.fr/article/lisa-liautaud-pilote-les-romans-francais

http://lesnouveauxtalents.fr/a-la-une/voyage-au-bout-du-livre-5-lisa-liautaud/

https://insatiablecharlotte.wordpress.com/2016/01/27/dis-lisa-liautaud-cest-quoi-un-editeur/

https://www.lecteurs.com/article/interview-lisa-liautaud-la-nouvelle-voix-de-plon/2442528

https://o.nouvelobs.com/art-design/20160420.OBS8913/qui-est-lisa-liautaud-la-nouvelle-editrice-punk-de-la-maison-plon.html

http://www.nicolashouguet.com/2017/05/rencontrer-lisa-liautaud-observer-les.html

http://www.europe1.fr/emissions/linterview-decouverte/lisa-liautaud-rien-ne-remplace-la-qualite-dun-texte-2726587

https://www.franceinter.fr/emissions/le-journal-de-7h30/le-journal-de-7h30-25-aout-2017 (à 9’48’’)

https://www.lecteurs.com/article/toute-toute-premiere-fois-la-premiere-rentree-litteraire-dune-maison-dedition/2443065

 

Parcours –

 

2001                     Bac L mention bien (Marseille)

2001-2004          Classes préparatoires aux grandes écoles (Hypôkhagne, Khâgne classique spécialité Arts plastiques ; Paris, Condorcet)

2004-2005          Maîtrise de Lettres modernes mention Très bien

2005-2006          Préparation de l’agrégation de Lettres modernes

Avril 2006           Stage au service éditorial des éditions Plon http://www.plon.fr/

2006-2011          Assistante éditoriale aux éditions Plon

2011-2014          Responsable de la communication de la Fondation Jean-Jaurès https://jean-jaures.org/

2014-2016          Editrice chargée de la littérature française aux éditions Plon http://www.rentree-litteraire-plon.fr/

2017-                     Directrice littéraire aux éditions de l’Observatoire, chargée de la littérature française et étrangère http://www.editions-observatoire.com/

 

 

c -Production collective d’un questionnaire d’entretien à Lisa Liautaud.

L’entretien sera à lire en ligne (mars 2018)

 

d – écriture, aspects théoriques

1 – Introduction sur ces objectifs à court et moyen terme. Et quant à la production du dossier documentaire, idée maitresse  : la recherche des informations, le travail de «  brouillon  » (écriture de recherche) et les essais de mode de publication sont menés de front (de la même manière qu’on fait plusieurs choses à la fois lorsqu’on écrit), cette simultanéité sera observée, encouragée – et maîtrisée, par des rapports réguliers, collectifs et individuels.

Cf la spirale de Claudette Oriol-Boyer http://tsoubrie.free.fr/La%20spirale.htm

 

 

e – écriture, mise en situation -ateliers.

 

(Se référant à l’infra-ordinaire de Perec,

Extrait de Georges Perec : l?nfra-ordinaire : http://remue.net/cont/perecinfraord.html

«  Ce qui nous parle, me semble-t-il, c’est toujours l’événement, l’insolite, l’extra-ordinaire : cinq colonnes à la une, grosses manchettes. Les trains ne se mettent à exister que lorsqu’ils déraillent, et plus il y a de voyageurs morts, plus les trains existent; les avions n’accèdent à l’existence que lorsqu’ils sont détournés; les voitures ont pour unique destin de percuter les platanes: cinquante-deux week-ends par an, cinquante-deux bilans: tant de morts et tant mieux pour l’information si les chiffres ne cessent d’augmenter ! Il faut qu’il y ait derrière l’événement un scandale, une fissure, un danger, comme si la vie ne devait se révéler qu’à travers le spectaculaire, comme si le parlant, le significatif était toujours anormal: cataclysmes naturels ou bouleversements historiques, conflits sociaux, scandales politiques…

Dans notre précipitation à mesurer l’historique, le significatif, le révélateur, ne laissons pas de côté l’essentiel: le véritablement intolérable, le vraiment inadmissible: le scandale, ce n’est pas le grisou, c’est le travail dans les mines. Les   » malaises sociaux   » ne sont pas   » préoccupants   » en période de grève, ils sont intolérables vingt-quatre heures sur vingt-quatre, trois cent soixante-cinq jours par an.

Les raz-de-marée, les éruptions volcaniques, les tours qui s’écroulent, les incendies de forêts, les tunnels qui s’effondrent, Publicis qui brûle et Aranda qui parle! Horrible ! Terrible ! Monstrueux ! Scandaleux ! Mais où est le scandale ? Le vrai scandale ? Le journal nous a-t-il dit autre chose que: soyez rassurés, vous voyez bien que la vie existe, avec ses hauts et ses bas, vous voyez bien qu’il se passe des choses.

Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien; ce qu’ils racontent ne me concerne pas, ne m’interroge pas et ne répond pas davantage aux questions que je pose ou que je voudrais poser.

Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, I’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, I’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ?

Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il semble ne pas faire problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ?

Comment parler de ces   » choses communes «  , comment les traquer plutôt, comment les débusquer, les arracher à la gangue dans laquelle elles restent engluées, comment leur donner un sens, une langue : qu’elles parlent enfin de ce qui est, de ce que nous sommes.

Peut-être s’agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie: celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l’exotique, mais l’endotique.

Interroger ce qui semble tellement aller de soi que nous en avons oublié l’origine. Retrouver quelque chose de l’étonnement que pouvaient éprouver Jules Verne ou ses lecteurs en face d’un appareil capable de reproduire et de transporter les sons. Car il a existé, cet étonnement, et des milliers d’autres, et ce sont eux qui nous ont modelés.

Ce qu’il s’agit d’interroger, c’est la brique, le béton, le verre, nos manières de table, nos ustensiles, nos outils, nos emplois du temps, nos rythmes. Interroger ce qui semble avoir cessé à jamais de nous étonner. Nous vivons, certes, nous respirons, certes; nous marchons, nous ouvrons des portes, nous descendons des escaliers, nous nous asseyons à une table pour manger, nous nous couchons dans un lit pour dormir. Comment ? Où ? Quand ? Pourquoi ?

Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez.

Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez.

Questionnez vos petites cuillers.

Qu’y a-t-il sous votre papier peint ?

Combien de gestes faut-il pour composer un numéro de téléphone ? Pourquoi ?

Pourquoi ne trouve-t-on pas de cigarettes dans les épiceries ? Pourquoi pas ?

Il m’importe peu que ces questions soient, ici, fragmentaires, à peine indicatives d’une méthode, tout au plus d’un projet. Il m’importe beaucoup qu’elles semblent triviales et futiles: c’est précisément ce qui les rend tout aussi, sinon plus, essentielles que tant d’autres au travers desquelles nous avons vainement tenté de capter notre vérité. »

voir ici http://jb.guinot.pagesperso-orange.fr/pages/objets.html

Cet extrait de Penser classer « Il y a dans toute énumération deux tentations contradictoires ; la première est de TOUT recenser, la seconde d’oublier tout de même quelque chose ; la première voudrait clôturer définitivement la question, la seconde la laisser ouverte ; entre l’exhaustif et l’inachevé, l’énumération me semble ainsi être, avant toute pensée (et avant tout classement), la marque même de ce besoin de nommer et de réunir sans lequel le monde («  la vie  ») resterait pour nous sans repères (…) Il y a dans l’idée que rien au monde n’est assez unique pour ne pas pouvoir entrer dans une liste quelque chose d’exaltant et de terrifiant à la fois. »

voir aussi : http://remue.net/cont/perecpensercl.html

Ecriture

Production de deux textes à la première personne, écrits simultanément, lus à haute voix ensuite.

 

1 – Faites le récit d’une situation professionnelle rééllement advenue ou fictive, particulière ou générique, en démarrant chaque phrase par « je » (il est fait mention de « elle regarde passer le gens » de Anne-James Chaton, également).

2 – Faire l’inventaire de tout ce que vous avez déclaré, sur une période donnée, à propos de lecture(s) / en remontant vos fils de réseaux sociaux, en utilisant votre mémoire de conversations orales ; en démarrant ici aussi chaque phrase par « je ».

 

L’idée est celle de se lancer en écriture, en même temps que d’appliquer le même traitement formel à deux modes de récit extrêmement différents.

 

Les deux textes sont à lire ici

 

f – Choix du modèle éditorial

 

 

Après passage en revue d’exemples des années précédentes, le temps suivant de td est consacré à la recherche de l’outil éditorial qu’ils/elles choisiront pour construire le dossier.

 

Séance 5 – lecture discussion autour de publie.net

http://maisondelapoesie-nantes.com/editions-publie-net/

 

Séance 6 – débriefing publie.net et point sur le dossier

L’enregistrement de la discussion avec Guillaume Vissac est mis en circulation (interne) – où il fut question de l’Histoire de publie.net, qui a dix ans cette année 2018 ; de ses particularités techniques (les différents formats successivement et simultanément utilisés pour produire les livres, et faire circuler du texte) ; organisationnelles (la maison d’édition est coopérative, collaborative, ce qui implique une autre division des taches que dans l’organisation habituelle (verticale) de l’édition ; poétiques et plastiques.

Séance 7 – Montage du dossier

Après un tour de table général, où chacun.e dit en quelques mots de quoi parlera son dossier et dans quel CMS il sera développé ; les heures qui suivent sont de td, avec point d’étape sur les difficultés, questions, aspects à ne pas négliger, etc.

L’entretien avec Lisa Liautaud est ajouté au pot commun ; il a été réalisé collectivement et l’éditrice y a répondu au cours du mois de février – il suit


Interview Lisa Liautaud (directrice littéraire à l’Observatoire)

1 – Un parcours

– Après des études littéraires, vous avez préparé l’agrégation – mais ne l’avez pas passée ? Qu’est-ce qui motive cette décision, cette bifurcation vers les métiers de l’édition ? Quel cheminement entre ces deux étapes ?

La préparation de l’agrégation de lettres modernes était la suite logique de mes études littéraires très classiques. J’avais le goût de la transmission mais pourtant pas de vocation pour l’enseignement, ni pour la recherche. Ma passion pour la littérature s’était, elle, confirmée. Je cherchais donc un aboutissement professionnel différent, mais qui ne s’en éloigne pas. C’est une de mes professeures de Lettres modernes à l’université qui m’a parlé pour la première fois de l’édition et m’a encouragée à faire un stage, et à m’intéresser aux masters professionnels.

– Vous faites alors un stage chez Plon. Pourquoi cette maison (et pas une autre) ? Qu’en connaissiez-vous ? Qu’avez-vous découvert de cette maison en la fréquentant de l’intérieur ?

Une ancienne camarade de classe préparatoire faisait un stage chez Plon au moment où je commençais à me renseigner et m’a indiqué qu’un poste de stagiaire se libérait au service éditorial. J’ai candidaté, dans cette grande maison très légitime, qui publiait des essais, des romans, des témoignages, et qui me semblait la plus intéressante car la plus généraliste. J’ai été retenue et ai commencé à travailler aux côtés de Muriel Beyer, qui m’a rapidement embauchée. J’y ai tout appris, sur le tas, l’ensemble du fonctionnement d’une maison d’édition, de l’administratif au commercial, de la création à la production, les techniques éditoriales, les relations avec les auteurs, tout.

– Chez Plon, vous avez fait deux passages successifs, à deux postes différents – lors du deuxième, à un poste d’éditrice de littérature contemporaine, vous affirmez un objectif de changement (source  : interview dans lesnouveauxtalents.fr) : quel changement ? Quelle vision préalable en aviez-vous ? Comment s’est-il mis en place, déroulé ?
Après votre départ, regardant derrière vous, comment voyez-vous ce changement, ses résultats  ?

-Cette (cf. lesnouveauxtalents.fr) mise en place progressive d’une politique éditoriale et de communication (cf. notamment, une attention portée aux bloggeurs, booktubeurs) ? Comment avez-vous établi ce plan de rénovation progressif ? Seule, ou accompagnée, en équipe ? Quelle organisation ?

J’ai été recrutée à ce poste d’éditrice après quatre années passées hors de l’édition, pendant lesquelles je m’étais occupée de la communication d’une fondation politique. En revenant chez Plon, j’ai eu pour feuille de route de reconstruire une identité – à la fois en termes de ligne éditoriale et de communication – en littérature française, pour faire progresser Plon dans ce domaine. J’ai donc établi un constat des points à améliorer et ai fait des propositions pour gagner d’une part en cohérence (sur les auteurs, les thèmes abordés, les types de romans publiés), et d’autre part en modernité (le ton, la charte graphique). Avec le soutien de la directrice éditoriale, Muriel Beyer, j’ai d’abord construit mon programme éditorial (définition de la ligne, choix des textes, programmation), puis travaillé avec la directrice artistique à la création d’une nouvelle charte graphique pour affirmer cette identité (notamment par l’utilisation de pantone fluos) et avec le service de fabrication à la finalisation des objets (choix des papiers, des finitions…). Ensuite a démarré la phase de communication et de commercialisation, avec l’attachée de presse, la directrice commerciale et toute l’équipe de diffusion. Il me semblait important de bâtir une stratégie de communication globale, tous supports, en ne prenant pas en compte uniquement les médias traditionnels, mais en englobant également les nouveaux médias, le web, les réseaux sociaux. Je reste persuadée que le succès d’un livre ne peut se construire aujourd’hui qu’en touchant l’ensemble des canaux de communication.

– « On ne nait pas éditeur, on le devient ? » Comment le devient-on ? Par formation, par expérience (laquelle, lesquelles), par un mélange des deux ? Quelles expériences ont été déterminantes dans ce « devenir » ?

Par passion, d’abord – une passion pour la littérature née très tôt et jamais démentie. Par formation, ensuite – mes études littéraires m’ont forgé une culture solide, et m’ont sans doute donné une curiosité pour la fabrique des textes, le processus de création. Par expérience, enfin – la découverte chez Plon des rouages d’une maison d’édition, des étapes très concrètes de la production d’un livre, de sa commercialisation, des relations avec les auteurs, qui sont au cœur d’un métier qui reste profondément humain. Mais aussi par expérience en négatif, au sens photographique du terme : tout en étant extrêmement formatrices sur un pan que je n’avais encore pas abordé, les questions de communication, mes quatre années d’expérience loin de l’édition ont également été importantes pour moi : elles m’ont permis de vérifier ce que je voulais vraiment faire, en prenant conscience que l’édition, et singulièrement l’édition de fiction, me manquait.

2 – L’Observatoire

Les éditions de l’Observatoire sont une maison d’édition assez jeune – mais déjà dotée d’un catalogue général prestigieux. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette maison (son organisation, son organigramme), et la création de ce pôle littérature en son sein ?

L’Observatoire a été créé fin 2016, au sein du groupe Humensis, lui aussi tout nouveau et né du rapprochement entre les éditions Belin et les Presses Universitaires de France. L’Observatoire est une maison généraliste, qui publie des essais, des documents, des romans français et étrangers. Elle est dirigée par Muriel Beyer, qui a notamment dirigé les éditions Plon. L’équipe est aujourd’hui constituée de 9 personnes (3 éditeurs, 1 assistante éditoriale, 2 attachées de presse, 1 responsable commerciale, 1 apprentie communication web, 1 assistante de direction) et s’appuie également sur les services transverses du groupe Humensis et la diffusion Flammarion. C’est une jeune maison aux grandes ambitions. Nous doublerons la production en 2018, pour arriver à une soixantaine de titres, dont une quinzaine en littérature. Il était évident dès la création de la maison que la littérature y aurait toute sa place et il était évident pour moi, quand Muriel Beyer m’a proposé d’en prendre la responsabilité, qu’il était enthousiasmant de rejoindre une telle aventure, qui alliait liberté – en me laissant développer mon projet éditorial – et ambition – dans une structure solide.

L’édition, un métier

– Votre politique éditoriale : y-a-t-il une « ligne », une « charte », plus ou moins stricte ? Qu’est-ce qui vous décide à publier un livre ? A le refuser ? (Exemples ?)

La création d’une nouvelle maison d’édition permet cet immense luxe de ne pas avoir à s’enfermer dans une ligne éditoriale trop contraignante et de s’aventurer sur des terrains moins balisés. Une tendance traverse sans doute les livres que je publie : une attention particulière à une littérature qui interroge la réalité, le monde tel qu’il va – ou ne va pas –, notre époque contemporaine ou notre passé. On retrouve cette préoccupation dans des romans aussi différents que ceux de Manuel Blanc, Les Corps électriques (les questions d’identité, de genre…), d’Odile d’Oultremont, Les Déraisons (le rapport au travail, l’individu face à l’entreprise, la maladie…), ou de Christian Guay-Poliquin, Le Poids de la neige (le progrès vs la nature, la capacité à faire société, la solidarité…). Bien entendu, au-delà de cette tendance de fond, chacun de ces romans témoigne aussi d’une singularité de la langue, d’une narration maîtrisée et d’une coïncidence formelle avec son sujet, qui lui permet de porter un univers de caractère ; de nouvelles voix qui nous racontent des histoires inouïes.

Je suis seule chargée de la littérature à L’Observatoire et ai une réelle liberté de choix. Comment s’opère ce choix ? Outre les tendances que j’évoquais, cette recherche de voix singulières, et les critères objectifs de qualité, ma subjectivité est le critère décisif, à la fin. J’ai la chance de pouvoir ne publier que des livres qui m’enthousiasment. Bien entendu, il ne s’agit pas d’une subjectivité égoïste, autocentrée : être éditeur, c’est avoir un cerveau schizophrène ; être à l’affût du texte qui emporte sa sensibilité propre tout en tentant de discerner si ce texte a la capacité d’emporter le plus grand nombre.

– Et l’Histoire éditoriale ? En tant que « jeune éditrice », apportant de nouvelles méthodes et approches, quel rapport entretenez-vous avec l’Histoire de ce métier, avec vos pair(e)s et vos aîné(e)s ?

Il me semble qu’un mouvement positif est à l’œuvre dans l’édition depuis quelques années, qui voit l’accession de plus en plus de femmes à des postes à responsabilité au sein de grandes maisons ou de grands groupes. L’édition est un milieu assez particulier sur ce point, une profession très féminisée, peut-être parce que les formations littéraires ont été historiquement féminisées. Mais les postes à responsabilités, comme dans l’ensemble de la société, ont longtemps été occupés davantage par des hommes. Malgré tout, des personnalités féminines ont pu accéder à la direction de maisons – en les créant (on pense à Sabine Wespieser, Viviane Hamy ou plus récemment Nadège Agullo…), ou en étant nommées à la tête de maisons ou de départements, notamment ces dernières années (on peut citer Véronique Cardi, Sophie de Closets ou Marie-Christine Conchon). Plus encore, j’ai le sentiment que non seulement cette évolution est un reflet d’une progression des femmes qui traverse (enfin !) l’ensemble de la société, mais qu’elle est favorisée par des solidarités féminines, dans l’édition, entre des générations – dont j’ai évidemment moi-même bénéficié avec Muriel Beyer – ou au sein de la même génération – nous entretenons des relations d’entraide voire d’amitié avec plusieurs de mes consœurs.

– Le métier d’éditrice : quel est votre degré d’intervention sur le texte ? Votre place d’éditrice implique-t-elle accompagnement, correction, commande affinée (ou les trois) ? Et ensuite, lors de la parution, l’accompagnement des auteurs continue, qu’il y ait succès ou insuccès – quel devient alors votre rôle ?

Je n’hésite pas à couvrir les manuscrits de post-its ou les fichiers Word de commentaires, même si c’est bien évidemment toujours l’auteur qui a le premier et le dernier mot. Après avoir passé plusieurs mois, voire plusieurs années, seul avec son texte, face à ses mots, tout auteur a, je crois, besoin d’un regard extérieur, qui le rassure, l’encourage et le critique de façon constructive. Mon rôle tel que je le conçois est d’amener, avec mon regard de lectrice professionnelle, un texte à sa meilleure version possible. Il m’arrive aussi de suggérer des titres, d’écrire ou de remanier les éléments du paratexte, argumentaires, quatrièmes de couverture, etc., de choisir les visuels de couverture : un auteur ne me paraît pas forcément le mieux placé pour savoir comment mettre en valeur, faire comprendre au mieux sa création. C’est aussi mon rôle de l’épauler sur ces aspects. Après la parution, l’accompagnement continue bien entendu, en lien avec les équipes de communication et de commercialisation. J’essaie de porter le plus possible les livres que je publie auprès des libraires, des journalistes, sur les réseaux sociaux, et d’accompagner mes auteurs sans cesse. En réalité, la relation avec l’auteur ne se distend jamais, c’est une conversation ininterrompue, pendant la séquence proprement dite de travail éditorial, en amont de la parution, pour discuter de différents projets de livres, par exemple, ou en aval, pour l’entourer lors du moment de la parution.

– À L’Observatoire : qu’avez-vous mis en place comme stratégie de communication ? Par exemple, cette rentrée de janvier – quand commence-t-elle réellement ? Quand la promotion des livres se met-elle en place et comment ? Quelle part de prospection ? Vers qui ? Et comment ? Le travail est-il spécifique et différencié selon les titres, les auteurs ?

La grande nouveauté pour moi à L’Observatoire est le travail de dentellières fait auprès des libraires avec Virginie Migeotte, qui est spécialement chargée des relations avec les libraires, ce qu’on appelle dans le jargon la « surdiffusion ». Nous avons développé une politique de communication ciblée auprès des libraires, qui nous permet de leur faire lire les textes très en amont, et qui a porté ses fruits dès les premières parutions, avec notamment le succès du roman de Sébastien Spitzer, Ces rêves qu’on piétine, qu’on trouve encore aujourd’hui mis en avant sur les tables des librairies, orné de leurs coups de cœur, 6 mois après sa sortie – une rareté.

Avant même la communication auprès des libraires, qui a démarré pour les parutions de janvier dès le mois d’octobre, la première étape est la présentation des livres à la diffusion : premières réunions commerciales dès début septembre ; réunion avec les représentants fin septembre.

La communication presse débute elle au mois de novembre, après la remise des grands prix littéraires.

Tous les livres bénéficient de cette stratégie globale, que nous adaptons au positionnement spécifique de chacun : nous ne nous adressons pas aux mêmes journalistes, libraires ou blogueurs, nous les ciblons en fonction de leurs sensibilités. Chaque livre est défendu avec une même énergie personnalisée.

– Cette rentrée de janvier, encore : vous faites paraître trois titres, fort différents. Quelle complémentarité (littéraire, avant tout, mais également « commerciale ») voyez-vous entre eux ? Qu’est-ce qui les relie, qu’est-ce qui les distingue ?

Publier trois romans très différents en même temps était une volonté ; c’était déjà le cas en août, avec les quatre toutes premières parutions littéraires de L’Observatoire, ce sera encore le cas pour la rentrée littéraire d’août 2018.

D’abord, la diversité de ces romans, la variété de cet éventail, répond à ma volonté de porter des voix singulières – donc, par définition, différentes. Elle raconte aussi quelque chose de mes goûts littéraires, qui vont des œuvres les plus formelles aux œuvres les plus classiquement romanesques – je cite volontiers À rebours, de Huysmans, dans la première veine, et La Promesse de l’aube, de Gary, dans la seconde. C’est bien entendu également une réflexion stratégique : dans un marché très concurrentiel, où plus de 500 titres paraissent à chaque rentrée, il est impensable pour moi de créer une concurrence au sein même de la maison, entre les titres que je publie. Publier peu, et publier chaque fois des livres aux positionnements affirmés et très différents est la meilleure façon que j’aie trouvée de défendre au mieux chacun d’entre eux.

Si en apparence tout distingue ces trois romans – leurs sujets, leurs genres, leurs styles, on peut leur trouver, je crois, un air de famille dans les préoccupations sociales – d’autres diraient politiques – qui les traversent (je les ai évoquées plus haut) ; on peut relever aussi leur maîtrise narrative – les trois récits obéissent à une construction remarquablement tenue ; ils sont liés enfin, à mon sens, en ce qu’ils appartiennent à une littérature « de caractère », à forte personnalité. Ils se ressemblent dans leur singularité affirmée.

Le Poids de la neige. Comment tombe-t-on, trouve-t-on un livre tel que celui-là ? Qu’est-ce qui vous a plu, qu’est-ce qui vous a décidée, convaincue, d’en acheter les droits ?

C’est l’agent littéraire de ce livre qui me l’a proposé l’an passé, à l’issue de notre tout premier rendez-vous, au mois de mars. Elle avait pressenti qu’il pouvait me plaire, elle ne s’est pas trompée. Je l’ai lu sans tarder, d’une traite, au cours d’une après-midi de printemps qui ne m’a pas empêchée de me laisser emporter dans l’univers glacé, net et hypnotique bâti par Christian Guay-Poliquin. Une telle maîtrise dans la sobriété est rare. J’ai été captivée par la capacité de Christian à conjuguer un roman d’une redoutable efficacité, presque un thriller psychologique post-apocalyptique, et un texte d’une telle densité littéraire, qui accumule les strates de références et de sens. Tout en s’inscrivant dans une tradition littéraire déjà balisée, ce texte dégageait un sentiment de parfaite nouveauté. Quand l’ensemble de ces qualités m’a décidée à acheter les droits de ce roman, il avait eu un succès critique au Québec, mais représentait une certaine prise de risque – peu nombreux sont les auteurs québécois qui parviennent à émerger en France. A l’automne 2017, au moment où nous préparions la parution, Le Poids de la neige a remporté de nombreux prix littéraires au Québec et est devenu un véritable phénomène, nous aidant à attiser la curiosité des libraires et des journalistes ici. Depuis sa parution début janvier, l’engouement ne se dément pas et nous espérons le faire durer longtemps – Christian est déjà invité en septembre au prestigieux Festival America. Je suis ravie que mon coup de cœur initial semble se transformer en succès !

Les Déraisons. La dernière phrase du livre est très étrange (« Louise était le mystère absolu, y avoir accès eût été la plus grande des déceptions. »), s’ajoute à une fin ouverte… Vous rappelez-vous de votre réaction initiale face à l’étrange beauté de ce texte ? Quel travail avez-vous effectué avec l’auteure (qui est une primo-romancière) ?

La première fois que j’ai lu ce qui allait devenir Les Déraisons, il s’agissait d’un synopsis de quelques pages, écrit comme une nouvelle, qui contenait déjà tout le roman en germe : le récit, les personnages, et surtout cette langue qui explosait d’inventions et d’images. J’ai encouragé Odile d’Oultremont à développer ce court texte pour en faire un roman, dont elle m’a d’abord envoyé quelques chapitres, dans le désordre, puis une structure très détaillée. Nous avons alors discuté de la construction – et elle a opté, à raison, pour cette double narration, en deux temps, ce présent du procès et ce passé de l’histoire de Louise et Adrien. La compétence de scénariste d’Odile l’a sans doute aidée à séquencer ainsi son roman. Elle a écrit assez vite le premier jet, en quelques mois, puis nous l’avons retravaillé. Il me semblait notamment important, pour conserver la force de sa langue, qui fait à mon sens la force de ce roman (et de ses prochains), qu’elle apporte à certains moments des inflexions à ses belles bizarreries, qu’elle baisse leur intensité, pour qu’elles ressortent davantage ailleurs par contraste. Je lui ai aussi proposé de passer au présent les chapitres du procès, pour mieux les distinguer, leur donner plus d’allant. Dans l’ensemble, nous avons fait un travail de perfectionnement, d’orfèvre, sur le joyau brut qu’était le premier jet.

Les Corps électriques. Un texte aussi étrange et séduisant vous est-il arrivé « terminé » ? Ce personnage de femme à la fois brute, fière, et troublée par des fantasmes et par ce jumeau imaginaire était-elle déjà telle ? Là encore, quel travail avez-vous effectué avec l’auteur, quel accompagnement ?

Dans la première version que j’ai lue, l’histoire de ce personnage de femme si marquant, Virginie, hantée par son jumeau, ne constituait qu’une partie du roman, l’autre étant consacrée à un personnage masculin, qui n’avait aucun lien. J’étais très séduite par l’écriture charnelle, sensuelle de Manuel Blanc, par cet univers aux accents fantastiques, mais j’avais le sentiment qu’il y avait deux romans en un, que Manuel n’était pas parvenu à faire un choix entre ses deux personnages, ses deux fils narratifs. L’histoire de cette danseuse de pole dance, de sa quête quasi initiatique et de son affirmation me touchait davantage. Il se trouve que c’était le projet initial de Manuel, le premier personnage qu’il avait souhaité développer, pour travailler sur le corps et la façon dont il porte l’empreinte de traumatismes familiaux. Manuel est donc revenu, conforté, à sa première idée, pour la mener au bout. Il a développé certains pans de l’histoire de Virginie, qu’il avait passés sous silence, lui a donné un corps, une voix, un souffle même. Nous avons également retravaillé ensemble la fin ; une première version me semblait trop s’éloigner du sujet, verser trop dans le fantastique voire le fantasmagorique, alors que je trouvais important que le roman se termine sur le duo formé par l’héroïne avec ce frère – dont on ne sait plus très bien s’il existe réellement ou non –, sur ce couple qui constitue à mon sens le cœur du roman. J’aime beaucoup la façon dont Manuel Blanc interroge par l’écriture du corps, de la porosité fantastique entre rêve et réalité, les notions d’identité et de genre.

L’édition, un commerce

– « Le numérique » n’a pas pour l’instant eu l’impact (imaginé, parfois redouté) sur les métiers du livre, avez-vous affirmé. (cf. lecteurs.com). Il change assurément certains aspects de la lecture comme des métiers appariés… À quels endroits de la chaine ressentez-vous plus ou moins fortement ces changements et leurs effets ?

– Vous travaillez depuis à peu près 10 ans dans l’édition… quels changements notables, et prospective : quels sont les plus importants changements à venir, selon vous ?

La part du livre numérique progresse mais lentement par rapport aux annonces qui avaient été faites il y a une dizaine d’années. La « révolution numérique » est bien moins rapide et violente que dans d’autres domaines culturels, la musique, la télévision ou la presse écrite par exemple. L’impact le plus fort aujourd’hui se ressent dans la commercialisation du livre : la stratégie agressive d’Amazon porte ses fruits et fragilise énormément le tissu de libraires. Elle cristallise (ou provoque ?) de véritables transformations des modes de consommation, en faisant du livre un produit comme les autres. C’est là le grand enjeu de demain, sauvegarder la singularité du livre – qu’il soit papier ou dématérialisé – qui passe aussi par ses modes de commercialisation. Il me semble aussi important de réfléchir déjà à après-demain  : le livre numérique progresse notamment chez les plus jeunes, parmi lesquelles la part de lecteurs diminue, et dont les habitudes de lecture se transforment – à la faveur des nouveaux modes de narration à l’œuvre des séries aux jeux vidéos. Comment amener ces générations aux livres ? Quelles seront, au-delà du livre numérique homothétique, les métamorphoses du livre issues des potentialités numériques ? Qu’appellerons-nous livres, après-demain ? Des questions passionnantes et vertigineuses.

Déroulé des cours du trimestre

Cours Info comm option ML année 1 (2017-2018)

(En deux séances, et deux rencontres extérieures – pour cause d’empêchement médical de GB)

(séance 0 – Nos rentrées buissonnières », journée pro à Saint-Philbert de Grandlieu, organisée et animée par GB, à laquelle les étudiants assistèrent.

https://www.mobilis-paysdelaloire.fr/agenda/nos-rentrees-buissonnieres)

Séance 1

I / Présentation d’une action par son rayonnement réseau – un médiateur du livre (GB) ouvre son mur facebook et son fil twitter ; pour constater et mesurer une activité. Le médiateur lit, écrit, prescrit, organise, édite, interviewe, publie, communique – et le web, puis le réseau social en sont le réceptacle et un des lieux de production de cette action de lecture-écriture.

Questions, principes, contenus : Qu’est-ce que la médiation littéraire. Qu’est-ce qu’une identité numérique professionnelle – question sous-tendue : qu’est-ce que les étudiants vont en faire, de leur usage de lecture et publication réseau, dans les années à venir et dès maintenant ? Comment fabriquer cette identité mouvante, perso et pro, qui sera nécessairement au cœur de leur action prè-professionnelle ?

II / Ecriture connectée.

Le constat premier est que chacun ou presque « est » sur un/des réseaux social/aux. Chacun donc y lit et publie. L’écriture en tant que geste réflexif est ici le premier pivot d’une réflexion-action quant à sa présence numérique et aux rapports qu’elle entretient à sa pratique de lecture-écriture. Quelles affinités, quels écarts – et que faire de cet écart, comment le réduire et en quel sens, sont des question ouvertes vers lesquelles cette démarche doit aiguiller.

Exercice simple, un classique d’atelier, en version privée et libre : L’hyperportrait.

(Sur des sites d’auteur, la page bio de l’auteur = où comment, en quoi, faire sa bio sur son site, est un positionnement d’auteur, implique de s’énoncer soi et de s’énoncer en tant auteur, implique que la forme soit sienne – faire sa bio c’est aussi faire une fiction (une fiction crédible une fiction admissible dans le contexte éditorial envisagé). / Les bios des auteurs : http://jsene.net/spip.php?article85 Joachim Séné, bios de Fred Griot, de François Bon, sont exemplaires de ce tissage.

écriture – Contrainte formelle : entre 50 et 80 mots, un lien hypertexte tous les 10 mots.

« Écrivez votre biographie en cinquante mots dont au moins dix soient des liens hypertextes.»)

 

Les textes sont envoyés par courriel.

 

III/ Présentation littéraire : Etude de cas : la rentrée littéraire

 

Cette séance commence par une interrogation, orale, non notée en deux temps. Comme nous sommes en septembre, c’est-à-dire, pour le « monde du livre », en pleine « rentrée littéraire »,
jusqu’à la « semaine des prix début novembre) : un phénomène à la fois éditorial, médiatique et économique : tentons de l’observer ensemble.

Question :
(sans documentation extérieure, non connectée) : « Pouvez-vous citer des titres de la
« rentrée littéraire » dont vous avez eu connaissance, et combien ?

 

Exemple d’une parole informée et improvisée : ma sélection rentrez !

Présentation du projet et du blog rentrez.wordpress.com

 

(séance 2)

IV/ Lecture-rencontre avec Christine Jeanney (au Grand R, novembre 2017)

http://www.legrandr.com/programmation/litterature/article/christine-jeanney

 

(séance 3)

 

V/ Devoir sur table :

Récit d’expérience / rapport d’étonnement : « Vous avez assisté à la lecture de Christine Jeanney au Grand R et/ou à la journée pro « Rentrées buissonnières » à St Philbert. De l’une des deux au choix, faites un récit informatif et subjectif. Détaillé, éclairant pour qui n’y était pas, mais au plus près de vos sensations »

(noté sur 5)

 

VI/ Travail pour l’évaluation : la note de lecture en ligne.

(noté sur 15)

 

Version condensée de ce qui peut s’étirer sur une ou deux journées (à Poitiers, par exemple)/

Le travail se fait dans le brouillon de l’interface wordpress – open office ou autre traitement de texte ne doivent servir que d’instrument de mesure (du nombre de signes) et de copie de sauvegarde.

(noté sur 15)
Version condensée – voir les textes ici https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-iut-info-comm-lrsy/2017-2018-info-comm-option-metiers-du-livre-annee-1-semestre-1/evaluation-s1-2017-2018-notes-de-lecture-en-ligne/
écrire une note de lecture d’un livre choisi et lu, la publier en ligne, enrichie de façon pertinente. Ce travail étant noté depuis la publication, les fautes d’orthographe sont laissées…

 

1/ Avec le livre – travail de notation exhaustive de tous les éléments de paratexte, essentiels (titre auteur éditeur etc), et secondaires.

 

2/Avec soi-même – relevé de sensations remémoration des impressions produites par le livre – que les sensations précédent les idées.

 

3/Avec le livre, au plus près du texte – Recopiez un ou des extraits importants, utiles, éclairants sur ce que vous aurez à dire du livre, de ce qu’il vous aura fait. (Ils n’auront pas tous vocation à être repris dans l’article final, du fait du format : 2000/3000 signes).

 

4/Développement – répondez en plusieurs points (au moins deux) à cette question : Qu’est-ce que produit ce livre (sur vous-même, et par extension, potentiellement, « en général ») ? Et comment le produit-il ?

 

5/ Faites une copie du brouillon en word ou open office – par sécurité et pour mesurer le nombre de signes. Faites tenir en 2000 à 3000 signes.

 

6/ Finalisez et mettez « en attente » de publication dans le blog wordpress – deadline 9 janvier 2018

 

 

 

 

 

Métro 2033, Dmitri Glukoviski

Métro 2033 (si vous aimer lire en musique)

 

Dans les entrailles d’une Moscou désormais gelée, l’humanité tente péniblement de survivre dans les décombres de sa gloire passée. Dans la pénombre des stations du métro moscovite, elle se réorganise, reconstruisant sous les ruines des anciens gouvernements, des similis de villes et de pâles copies d’état. Le Métro est désormais le monde des quelques centaines de survivants de la terrible guerre qui détruisit Moscou comme la plupart des autres grandes ville Russes, voir peut être même comme le reste de la terre. La surface est désormais inhabitable pour l’homme, pollué de radiation mortel et habité de mutants monstrueux, et seul quelques courageux Stalkers osent s’y aventurer lors de courtes excursions, mais nombreux sont ceux à ne jamais finirent leurs voyages . Si les humains ne sont pas mort, et que l’espèce comme les rats survivra peut-être, c’est la civilisation qui sous les cendres des bibliothèques et des musées meurt peu à peu. Or comment les hommes pourrais t’il préserver leurs connaissances et leurs cultures alors qu’il peinent déjà à garder leurs vies dans ce monde qui n’est plus le leurs?

C’est dans cet univers meurtri, que se déroule l’histoire de Métro 2033, elle raconte la quête d’un jeune homme orphelin ; Artyom, qui bien que né à la surface ne connaît que le métro, et moins encore, que la station où il habite avec son père adoptif. Il va être contraint de partir en voyage à travers le labyrinthe du métro moscovite pour trouver de l’aide afin de défendre sa station ainsi que tout le reste du métro d’une menace d’un genre nouveau, les Sombres (ou les Noirs, selon les traductions). Ces créatures peu connues et à la nature incertaine, sont bien plus adapté à ce nouveau monde que ce qui reste de l’humanité et ne semble pas décider à se contenter de la surface pourrissante de Moscou. Artyom part donc dans une quête qui se rapproche des légende épiques de la mythologie, avec ses créatures, ses mystères, ses dieux, ses héros, ses sages…

Mais si la quête d’Artyom est captivante, peuplée de personnages marquants, cette histoire est véritablement exceptionnelle pour son univers sombre qui happe le lecteur qui ose s’ enfoncer trop profondément dans ses tunnels. Car plus que cette quête centrale, Métro 2033 raconte de nombreuses histoires secondaires, soulève malgré son univers fictif de vrais problèmes de société et interroge sur la nature humaine, avec en plus, dans les dernières lignes une perturbante morale sur la différence et le rapport à l’autre. 

Si le monde à changer, les hommes eux sont restés des hommes, et dans cette situation qui pourrait signer la fin de leur espèce, ils peinent à s’unir, et le métro, comme la terre en ses dernières heures, est lui aussi victime de guerres intestines, de cruelles conquêtes, de massacres aveugles et de drames de toutes sortes. Artyom découvrira durant son périples les nombreux visages de cette sombre comédie humaine. Il croisera des racistes, des néo-nazis, des communistes, des fanatiques en tout genre, des illuminés, des âmes perdus, des criminelles, des fous, des hommes qui tentent de le rester… Tout ce que l’humanité à de pire et de beau condensé dans un monde petit, restreint, étroit. Un monde qui pourtant drapé de légendes et rumeurs parait, sous la plume de Dmitri Glukoviski, immense et inexploré.

Cet univers réussit, de plus, le tour de force d’être très réaliste malgré des éléments de fantastique et de science-fiction. En effet, le métro de Moscou est bien réel, et Dimitri Glukoviski plus que de s’en inspirer le recopie en y appliquant le filtre de son monde détruit. Malgré les dégradations dues à la guerre, ce sont les mêmes stations et tunnels que ceux que traverse tous les jours des centaine de Russes (le lecteur peut d’ailleurs s’y repérer grâce aux plans contenus dans le livre), quant aux rumeurs qui peuplent le métro de Glukoviski, nombre d’entre elles cours déjà dans les rues de Moscou comme le légendaire métro 2.

Plus que le récit, c’est finalement ce monde que l’on dévore, si ce n’est l’inverse. Un monde sombre, oppressant et incroyablement immersif dans lequel on plonge sans être sur de pouvoir ressortir. Cette sensation doit beaucoup au fait que le lecteur ne sait que ce que les habitants et voyageurs du métro racontent, que les rumeurs qui circulent, que ce que le héros croit voir… rien n’est donc jamais sure. Le problème n’est donc pas que de nombreuses questions restent sans réponse, mais qu’au contraire il y a trop d’explication. C’est au lecteur de choisir à ce en quoi il veut croire et à qui il peut faire confiance. Car à chaque nouveau mystère qui apparaît dans les sombres tunnels du métro, correspond une multitude d’explications. Ainsi des scientifiques, des chamanes, des colporteurs, des militaires, des croyants, des sectaires, des illuminés, des complotistes donnerons des centaines d’explications au métro, amenant parfois le lecteurs jusqu’à s’interroger sur son propre monde. Transformant ainsi ce labyrinthe de tunnels en un monde perturbant et effrayant ou se mêlent anciens et nouveaux dieux, anomalies, êtres fantastiques, fantôme, créatures occultes, monstres de toutes sortes, armes oublié, stations réssucités, complots enterrés… les illusions et la folie prennent peu à peu le pas dans réalité. Chaque nouveau pas dans l’obscurité suintante du métro est un pas dans l’inconnu jusqu’à la prochaine station habitée, si encore, les hommes, là-bas, savent encore ce qu’est qu’être humain.

Metro 2033, est donc une distopie post-apocalyptique (un univers qui fait suite à la destruction de la société moderne) écrite en 2002 par Dmitri Glukhovski et publier en 2005 en Russie. C’est aujourd’hui un succès mondial qui s’impose comme une œuvre majeur du genre post apocalyptique. Il s’agit du premier opus d’une collection de 3 romans tout aussi réussis, respectivement Metro 2033, Metro 2034 et Metro 2035.

Mais si vous voulez poursuivre encore plus loin, l’oppressante exploration du métro moscovite, Métro 2033 est aussi le point de départ d’un labyrinthique univers étendu qui n’en finit plus de grandir. Ainsi depuis décembre 2009, plus de 41 livres et nouvelles ont été officiellement écrits autour de cet univers, comme Piter de Shimun Vrochek pour cité un des plus connus. Hélas, aucun de ces ouvrages n’a encore été publié en français, cependant plusieurs sont disponible en anglais.Un film pourrait peut-être même voir le jour (si j’ose dire) puisque en 2012 les droit de la licence ont été acheté par les studios MGN, cependant aucune date n’a encore été annoncé
En plus de cela, si vous voulez explorer vous-même ces tunnels glaçant, 2 jeux-vidéos très réussit et brillamment adaptés sont sortie et un 3eme est annoncé pour fin 2018. L’histoire n’est pas exactement la même que dans les livres afin de laisser plus de place au gameplay, cependant le scénarios bien que simplifié reste très bon. L’univers par contre, est lui très fidèle a celui de Glukovisky, oppressant, triste et beau. Ces jeux sont donc comme les livres à déconseillés à ceux qui ont peur du noir, car il est omniprésent, dans les tunnels, sur les murs calcinés, dans le cœur des hommes et ils pourraient même remplacer l’humanité.

Enfin je vous laisse sur cette musique qui pour moi représente le mieux cette univers.