Séance finale (décembre 2015) | Ecriture d’une note de lecture (travail individuel, noté)

Que lire d’un livre, qu’écrire de ce Lire ?

Principe annoncé

Se documenter, et documenter en retour. Venez avec un livre. Nous tenterons, ensemble, d’en écrire quelque chose qui soit : documenté, tissé du Monde, du réseau, et des autres ; et qui soit en même temps : de vous, pleinement personnel (et verrons comme c’est, sans doute, indissociable).

Déroulement de l’atelier

Il ne s’agit pas de procéder comme pour un cours de journalisme, d’un guide de « bien-écrire », d’un manuel d’usage de communication (tout ceci se trouve aisément sur le web, chartes éditoriales de site)  : il s’agit, se penchant sur un livre qu’on a lu,  de traverser cette expérience fondamentale et nécessairement productrice, de la relecture, attentive, scrutative, réflexive. Et de passer, pour ce faire, par l’écriture.

1/ Tout est en vous, tout est dans le livre.

Première consigne donnée :

« Isolez-vous et posez vous des questions durant 3 minutes, yeux fermés, sans rien écrire manuellement :
Quel souvenir vous vient de ce livre ? Quelle phrase, même imparfaitement ? Quelles images ? Quels dialogues ? Quelles idées ? Quelles sensations ? Ne notez rien. »

Seconde consigne donnée :

« Tout ce qu´il y a à dire du livre est d’abord, déjà, là. Posez des questions au livre, dépliez l’objet, questionnez-le :
qu’est-ce qu’il y a dedans ? Structurellement : organisation, titre, sous-titres, exergue, dédicaces, parties sous-parties, quelle mode d’énonciation, quelle structure ? Quelles phrases, quelles accroches, quels incipits, quels excipits ? Quelles phrases vous ont marqué ? Quelles phrases sous restent, quelles phrases vous semblent déterminantes ? Notez, recopier. Une phrase, deux, trois. »

Troisième consigne donnée :

« Relisez et reposez-vous les question d’origine, 5 minutes, avec ce matériel sous les yeux. Faites des rapports, mentaux puis écrits. »


2/ Tout est ailleurs, rien n’est pareil.

Première consigne :

« La documentation – Cherchez, maintenant que vous disposez de vos souvenirs et d’éléments objectivement tirés du livre, cherchez tout ce que vous pouvez trouver sur ce livre sur le web, avec et sans méthode. Ramassez des citations, usez du copier-coller (en insérant un lien à chaque fois, pour ne pas perdre vos sources de vue, et pour citer en bonne et due forme.  //
N’intervenez pas autrement qu’en redisposant, et laisser des blancs. »

On constate, ensemble, lors du retour collectif, que dès lors un point de vue se constitue, on se positionne face à l’information reçue, abondante, on peut la citer ou la compléter ou contredire, depuis ses propres observations. Le but est, échappant au tout-venant, au marketing, à l’air du temps, de reprendre position d’énonciation, d’auteur de sa propre lecture (et de ses propres lectures documentaires, ensuite), car chaque lecture est unique et permet d’énoncer un propos singulier.  Les matières s’affrontent, se frottent : le su et le lu, le vu et le lu, l’objet documente mon point de vue qui le documente et re-documente avec et contre et depuis les informations autres, une spirale est en marche, l’écriture est lancée.

Le reste est affaire de temps, de sédimentation puis percolation, de tri, d’allers et retours vers le texte… et de contrainte de format, selon l’espace de publication où publier cette notice.

3. quel format – vers une rédaction orientée publication

La troisième partie de l’exercice, celle qui mène au travail de rédaction puis de publication (qui sera évalué), est de tri, de calibrage : il s’agit de faire 2000 / 2500 signes pour une publication  en ligne (incluant des liens, publiée sur ce blog).

Les textes seront déposés ici.

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On a tiré sur le Président de Phillipe Labro

« Où étiez-vous le jour où l’on a tiré sur Kennedy ? » comme nous le demande Philippe Labro.
Toute une génération se souvient de l’endroit précis où elle se trouvait en ce 22 novembre 1963. Cette question est, encore aujourd’hui, l’une des plus posée en Amérique. Un moment, un instant dans une vie, qui fascine encore de nos jours.
Philippe Labro, lui, ne l’oubliera jamais. Il fut l’un des seuls journalistes étrangers présents ce jour-là, pour raconter au reste du monde ces quelques jours sombres de l’histoire américaine. De l’assassinat du Président au meurtre de Lee Harvey Oswald, par l’étrange Jack Ruby.
Sur place, il va vivre ces événements à l’intérieur même du quartier général de la police de Dallas. Il verra Oswald, mais également Jack Ruby, la veille où il assassinera le meurtrier du Président. Autant d’événements qui ont marqué un peuple, un pays, le monde.
Grâce aux notes prises, à ces articles pour France-Soir, et ses souvenirs, Philippe Labro nous retranscrit, avec un style sobre, la réaction consternée de nombreux américains, mais également celle de certains Texans qui n’ont pas hésité à applaudir cet assassinat. Il nous fait part de cette cohue dans les couloirs du quartier général, mais aussi les allées et venues en toute tranquillité de Ruby.
Il permet au lecteur de se rendre compte de la dimension incroyable de l’événement, de ces texans qui souhaitaient à tout prix réussir leur enquête pour montrer leur domination.
Il donne son propre avis quand à toutes ces théories conspirationnistes : pour lui il n’y a qu’un seul assassin, Lee Harvey Oswald, et il l’a croisé dans les couloirs du quartier général de la police. Malgré cela, son honnêteté narrative pousse le lecteur à s’interroger, à chercher lui-même une explication.
Son récit nous imprègne de l’ambiance des rues de Dallas, de l’odeur du sang, de tous ces rebondissements.
Néanmoins, ce n’est pas dans ce livre que l’on apprend de nouveaux faits, de nouveaux éléments d’enquête. Philippe Labro s’en tient à ce qu’il a vécu, à son ressenti, à son histoire, à « son » Kennedy, et son destin fauché en plein mandat présidentiel alors qu’il prenait pleinement conscience de son rôle, qu’il « devenait un vrai président ».
Le livre est plus une comparaison entre ces deux personnages que le destin a réuni. On peut le définir avec cette phrase, issu de son livre : « Oswald était la nuit. Kennedy était le jour. Seule la mort pouvait se charger de faire rencontrer ces deux éléments, en principe irréconciliables ».

L’homme qui voulait vivre sa vie, Douglas Kennedy

Éditions Pocket, Belfond

« Nous ne cessons pas de rêver d’une existence plus libre tout en nous enferrant de plus en plus dans les obligations, dans les pièges domestiques. »

Ben Bradford a une vie qui fait rêver : la trentaine, avocat compétent, une femme, deux enfants. Mais Ben ne supporte plus cette vie. Elle l’emprisonne. Son plus grand regret est de ne pas être devenu photographe. Son regret s’accroît lorsqu’il découvre que l’amant de sa femme est son idéal, celui qu’il devait être, celui qu’elle voulait qu’il soit. Jusqu’au jour où, par un concours de circonstances, le destin lui offre la chance de repartir à zéro.

Ce roman peut-être divisible en deux parties, Kassad, du blog Krinein, perçoit d’ailleurs ce récit comme « celui d’une mort suivie d’une renaissance ».
La première partie du roman résonne comme une dénonciation du rêve américain. Une manière de dire que non, l’argent ne fait pas le bonheur, la preuve. Bolcho, de Critiques Libres voit cet épisode comme une « description de l’écart entre les rêves de l’adolescence et les réalités de l’âge adulte ». Cette partie est à la fois fascinante et effrayante. On voit le héros sombrer dans son mal-être et on ne peut s’empêcher de vouloir savoir jusqu’où il ira. Mais, paradoxalement, on est terrorisé à l’idée de finir comme lui.
La seconde partie sonne davantage comme une rébellion. Nous ne devons pas nous soustraire aux obligations imposées par la vie. Selon Douglas Kennedy, il n’est jamais trop tard pour réaliser ses rêves. Cependant, cette partie tient plus d’un scénario de film que d’un récit s’inspirant de la vie réelle. Alors, bien que cela nous tienne en haleine, pendant plus de la moitié du livre, cet extrait semble irréaliste.

Pour la qualité de son écriture, Douglas Kennedy est fidèle à lui-même. Comme dans ses autres œuvres, on découvre un style simple qui permet une concentration totale sur le fond. Le récit est constitué de trois rythmes différents, un par partie : la première montre la lassitude du personnage, son envie de s’enfuir. L’écriture est lente, répétitive, à l’image du quotidien du héros. La rupture est rapide, digne d’un thriller, tout est calculé. La troisième partie est plus lente, mais cette fois-ci, elle fait écho à une respiration, comme un « je suis libre, enfin ». Cette liberté se ressent d’autant plus lorsque l’auteur nous décrit la pureté des paysages du Montana. La neige s’impose alors comme une page blanche, comme si le héros avait enfin le droit d’écrire sa propre histoire. « Un pays esseulé, qui renforçait l’impression d’avoir atteint à la géographie incommensurable, où les termes de limites, de frontières n’avaient plus de sens. »

Lucille Josse

Sources :
Critiques Libres : http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/2529
Krinein : http://livres.krinein.com/homme-voulait-vivre-vie-l-/

Amélie Nothomb, Hygiène de l’assassin

Hygiène de l’assassin est un roman presque exclusivement composé de phases de dialogue. La version poche fait 222 pages constituées d’une écriture moyenne.

Pas de chapitre, le livre est morcelé suivant les différents dialogues que sont les quatre interviews. La partie la plus essentielle de ce roman est la rhétorique, celui-ci interroge également la façon dont la parole peut influencer le sens critique.

Le texte est créé de telle façon qu’il devient proche de la pièce de théâtre, avec, au début, une mise en contexte, puis le premier dialogue, suivi d’un deuxième dialogue, puis d’un troisième et ce n’est qu’après le quatrième dialogue qu’une dernière description du contexte est envisagée.

Prétextat Tach apprend qu’il ne lui reste que deux mois à vivre : s’ensuit une période durant laquelle il va rencontrer quatre journalistes, trois hommes et une femme, Nina. Son prénom sera d’ailleurs le seul connu parmi les journalistes, car c’est la seule qui réussira à marquer des points dans cet exercice de rhétorique.

Même si la description est relativement absente, la temporalité reste présente, ainsi, à chaque visite d’un journaliste, Amélie Nothomb nous rappelle la date, comme un double compte à rebours. Double ? Nous sommes plongés au coeur de la fin de vie de Prétextat Tach, mais aussi dans l’annonce d’une guerre imminente. Cela renforce l’attente de la fin, sera-t-elle celle du monde ou de Prétextat Tach ? Nous avons vu que ce roman traitait également de la manipulation, et, Prétextat Tach, dans cet « art », excelle : il n’est presque jamais sorti de chez lui et pourtant son aura est énorme. Tellement énorme qu’à chaque fois qu’un journaliste sort de chez lui, complètement abattu, ses collègues ne le soutiennent pas et se rangent du côté de Prétextat. Le lecteur lui-même n’arrive pas à cerner ce personnage qui oscille entre misogynie, méchanceté, réalisme presque fataliste, mépris et innocence.

Très peu de description dans ce roman, ce qui est habituel dans les œuvres d’Amélie Nothomb, et flagrant ici : la dialogue prend toute la place, même lorsque la narration par la description semblait inévitable. « Écrivain, assassin : deux aspects d’un même métier, deux conjugaisons d’un même verbe. » (p.142)

Livre composé d’une joute verbale vacillant entre manipulation, mauvaise foi et enquête policière.

Le titre de ce roman est également le titre du seul livre autobiographique et inachevé du personnage principal.

Ysé RAOUX

Liens externes :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hygi%C3%A8ne_de_l’assassin#Adaptation_au_cin.C3.A9ma

Diverses critiques :

http://www.senscritique.com/livre/Hygiene_de_l_assassin/critique/2447389

http://www.senscritique.com/livre/Hygiene_de_l_assassin/critique/42021534

http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/1021

Au coeur de l’Alaska

« Le véritable sens réside dans les expériences, les souvenirs, la grande joie de vivre pleinement ». Avril 1992 : Chris McCandless part pour l’Alaska en auto-stop. Il y trouvera la mort quatre mois plus tard à l’âge de vingt-quatre ans, dans un autobus abandonné où il avait élu domicile.
C’est son histoire que le journaliste Jon Krakauer décide de nous narrer dans son roman Into The Wild : Voyage au bout de la solitude. Qu’est ce qui a poussé ce jeune homme tout juste diplômé, issu d’une famille aisé de Washington à tout quitter pour une nouvelle vie d’errance sur les routes ? Qu’était-il parti chercher au cœur des forêts d’Alaska ? Construit comme un reportage, l’auteur nous invite à enquêter avec lui sur la vie tragique et hors du commun du mystérieux Christopher McCandless. Était-il un génie incompris ? Un idéaliste naïf ? Un complet inconscient ? Le roman ne porte pas de jugement et, dans la pure tradition de l’écriture journalistique, se veut le plus objectif possible. À travers des témoignages de sa famille ou de ceux qui l’ont croisé pendant son périple vers le Grand Nord, et d’extraits de son journal, Krakauer cherche à dresser le portrait le plus fidèle possible de celui qui s’était rebaptisé lui-même « Alexandre Supertramp », ce « voyageur esthète dont le domicile est la route ».
Into The Wild emmène le lecteur dans un voyage magique à travers l’Amérique sauvage et les paysages glacés impitoyables de l’Alaska. Le récit est ponctué de citations, d’extraits d’œuvres que Chris a lu lors de son périple et qui l’ont marqué, comme celles de Jack London ou de Tolstoï. Quelque soit l’opinion que l’on ait sur McCandless, il n’empêche que ce personnage fascine et impressionne, par sa détermination et même une certaine forme de courage. Son expérience dramatique nous appelle à remettre en cause notre propre vie et nos convictions : seriez vous, comme lui, prêt à tout quitter pour vivre votre vie pleinement, jusqu’au bout ? Et qui vous en empêche ?

Into The Wild : Voyage au bout de la solitude, Jon Krakauer, éditions 10/18

Solène MARTEAU

Différentes saisons de Stephen King

Quatre saisons, quatre histoires, quatre ambiances. Le maître de l’horreur et du fantastique nous livre ici un recueil de nouvelles très différentes les unes des autres. À chaque histoire correspond une atmosphère. Espoir, éternel printemps ; Été de corruption ; L’automne de l’innocence ; Un conte d’hiver.
Si l’auteur a laissé de côté le fantastique pour les trois premières histoires, l’horreur et le suspens sont présents tout au long du roman. La réalité dans laquelle se déroule ces nouvelles est effrayante et n’est pourtant pas inconnue. Dans Rita Hayworth et la rédemption de Shawshank Stephen King s’attaque à la justice américaine et dénonce, plus particulièrement, le système carcéral de son pays.
La nouvelle Un élève doué nous ramène 25 ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale. L’histoire d’un ancien soldat nazi y est racontée très crûment. Si le jeune adolescent à qui est destiné le récit écoute attentivement tous ses propos, le lecteur peut vite être choqué par ce qu’il lit. Mais n’en attendions-nous pas moins du maître de l’horreur ?
Après un été étouffant, l’automne nous semble bien innocent. Le corps est l’histoire de quatre garçons qui partent à l’aventure pour voir un cadavre. Le trajet sera synonyme d’apprentissage (de soi et des autres) pour les garçons et signe également le passage de l’enfance à l’âge adulte.
Le quatrième et dernier récit a valu à son auteur le prix British Fantasy de la meilleure nouvelle en 1983. Stephen King écrit sur un étrange club de lecture dont les membres aiment se raconter des histoires souvent macabres. L’un d’eux, ancien médecin, décrit sa rencontre avec une jeune patiente prête à accoucher dans n’importe quelles circonstances. Le côté surnaturel de La méthode respiratoire ne représente qu’une petite partie de l’histoire. Le reste se concentre sur le récit du personnage principal et du mystérieux club.
Plusieurs de ces nouvelles ont été adaptées au cinéma. Frank Darabont, grand fan du travail de King, a adapté la première histoire au cinéma sous le titre Les évadés (1994). Le malaise éprouvé en lisant Un élève doué se ressent également dans le film éponyme de Bryan Singer sorti en 1998. Le voyage initiatique de la troisième nouvelle a été retranscrit au cinéma par Rob Reiner sous le nom de Stand by Me en 1986.
La différence entre les histoires, très éloignées les unes des autres, peut parfois décontenancer le lecteur qui préférera, peut-être, la douceur du printemps à la chaleur pesante de l’été, ou encore la naïveté de l’automne à la froideur de l’hiver.
Comme dans la plupart de ses romans, Stephen King arrive à nous horrifier. Mais ce que j’apprécie dans Différentes saisons, c’est que l’auteur nous ramène également à nos propres peurs avec des histoires psychologiques ainsi que des personnes ordinaires aux aventures réalistes.

Camille Choloux

Sitographie
https://fr.wikipedia.org/wiki/Diff%C3%A9rentes_Saisons
http://livre.fnac.com/a1590648/Stephen-King-Differentes-saisons
http://www.amazon.fr/Diff%C3%A9rentes-saisons-Stephen-King/dp/2253151491/ref=cm_cr_pr_product_top?ie=UTF8
http://www.babelio.com/livres/King-Differentes-saisons/7031
http://stephenking.com/library/story_collection/different_seasons.html
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=2495.html
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=11736.html
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=15561.html

Le cercle des menteurs

Le cercle des menteurs c’est l’histoire de la sagesse. La sagesse du temps, des cultures, de l’histoire. A travers une multitude de contes du monde entier, Jean Claude Carrière retrace l’évolution du questionnement humain. Plus simplement, ce sont une multitude de contes, souvent drôles, parfois émouvants mais jamais pessimistes. Une bouffée d’air frais !

L’avantage de ce livre est qu’il convient à tous les types de lecteurs, les passionnés comme les réticents. Les contes excèdent rarement 3 pages et la plupart sont longs de quelques lignes. La lecture ne se fait pas d’une seule traite, mais petit à petit. On peut le prendre, le poser et recommencer à le lire 3 mois plus tard. Le cercle des menteurs se laisse découvrir à notre rythme. Il est divisé en 21 parties qui portent toutes des titres plus ou moins énigmatiques tels que «  le pouvoir est fragile, donc inquiet, donc hésitant, donc incohérent, donc contesté, donc fragile. » Ces contes donnent une réponse aux questions que l’on s’est tous posées un jour, « ils disent des vérités que seuls les menteurs connaissent » car comme l’exprime la maison d’édition Plon : « les conteurs sont arrivés et ont inventé les histoires. Ils furent les premiers menteurs, suivis de beaucoup d’autres. ». Ces histoires permettent de répondre aux interrogations des hommes et sont « pareilles à des vers de terre qui, dit-on, fécondent la terre qu’ils traversent aveuglément, les histoires passent de bouche à oreille et disent, depuis longtemps, ce que rien d’autre ne peut dire » exprime Jean Claude Carrière dans son œuvre.

Ce livre au titre intrigant révèle des histoires philosophiques pleines de tolérance et d’humour. C’est un livre qui fait du bien à soi et au monde. Et rien que pour le plaisir, voici un conte extrait de l’œuvre de Jean-Claude Carrière :

« Un rabbin demande à ses étudiants :
– Comment sait-on que la nuit s’est achevée et que le jour se lève ?
– Au fait qu’on peut reconnaître un mouton d’un chien, dit un étudiant.
– Non, ce n’est pas la bonne réponse, dit le rabbin.
– Au fait , dit un autre, qu’on peut reconnaître un figuier d’un olivier.
– Non, dit le rabbin. Ce n’est pas la bonne réponse.
– Alors comment le sait-on ?
– Quand nous regardons un visage inconnu, un étranger, et que nous voyons qu’il est notre frère, à ce moment-là le jour s’est levé »

Poutier Clara