Atelier d’analyse expérimentale des pratiques (M2 limès, janvier 201)

 

Master Limès M2, 2017-2018

Dans le sillon de ce qui fut fait, tenté, en première et deuxième année les années précédentes, je tente de joindre l’atelier d’écriture d’analyse de pratiques et l’expérimentation littéraire.

Nous passons huit heures ensemble et procédons en plusieurs phases.

1/Paysages de lectures

L’exercice fut déjà fait ici

https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-limes-poitiers/201509-11-cours-au-limes-poitiers/limes-2015-2016-seance-1/

d’après l’infra-ordinaire de Georges Perec et Tanganika Project de Sylvain Prudhomme

http://remue.net/cont/perecinfraord.html

Cf.
(Consigne d’écriture préalablement donnée durant mon atelier poeio numérique –
dont est fait un récit explicatif « Regards sur votre usage : Faites
l’inventaire d’un jour de web, pour vous : narrez-le
de la façon qui vous conviendra, en allant au plus précis :
dans l’ordre de
déroulement d’une journée
: quels sites, pour quel usage, depuis et avec
quelle machine, combien de temps.
»)

Ici,

partant du projet fou de Prudhomme en Afrique – écrire la ville par ce qui s’écrit sur ses murs, par une recension exhaustive des affiches, publicités, graffs…
la consigne d ‘écriture est : Une journée, deux journées de lecture – qu’est-ce que je
lis ? Comment ? Pour quoi ? Ne pas expliquer, faire l’inventaire de ce qui est lu (physiologiquement, c’est-à-dire de façon volontaire ou non, sans distinction qualitative).

Je parle beaucoup de Perec, d’infra-ordinaire, d’inventaires, lors de ce qui se doit d’être une tentative d’épuisement, d’hypermnésie impossible.

Il y a du dérisoire (un mélange improbable), mais aussi la production d’une attention aux choses (à l’ordinaire) et d’une re-matérialisation de ce qui se lit par nous / à travers nous.

Les textes produits sont à lire là : https://formationslirecrire.wordpress.com/2018/02/02/1-paysages-de-lectures-les-textes/

2/ Déclaration de lectures

L’exercice fut déjà fait ici ou là

(https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-iut-info-comm-lrsy/2015-03-ecriture-en-environnement-numerique-iut-info-comm-lrsy/seance-3-lire-les-reseaux-sociaux/) ou là https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-limes-poitiers/session-m2-janvier-2017/lirecrire-le-reseau-social/

il est ici étendu IRL – aux déclaration en ligne on ajoute celles tenues ailleurs, oralement, par écrit…

« Faire l’inventaire de tout ce que vous avez déclaré, sur une période donnée, à propos de lecture(s) / en remontant vos fils de réseaux sociaux, en utilisant votre mémoire de conversations orales ; en démarrant ici aussi chaque phrase par « je ». « 

3/ Assembler l’impossible – le lirecrire comme paysage de fiction

Depuis l’observation de l’objet-livre (texte-paysage) de Roubaud, « Ode à la ligne 29 des autobus parisiens » (au Tripode)

Les deux textes d’inventaire produits sont appelés à converser, en hiérarchisant typographiquement (par enrichissement choisi : gras, ital, tailles de polices, types de polices, couleurs…)

Le texte produit prend un aspect plastique, variable, selon les choix de hiérarchisation effectuées par son auteure.

4/ L’écriture du projet

Nous changeons radicalement de cap et de modalité. Retour aux préoccupations professionnelles : interrogation du projet personnel (quel qu’en soit l’échelle et le terme : de l’organisation d’un atelier à l’animation d’une rencontre, de l’ouverture d’une librairie à la création d’un festival). Le texte produit doit être descriptif (commençant par « c’est »), court et à la première personne.

Nous lisons et discutons ces textes et projets (leur faisabilité, leur contexte, leur échelle), ensemble à voix haute).

5/Le grand mix

Comment insérer le texte 5 en remarques, annotations, commentaires – et surtout nouvelle voix, piste, nouveau pattern dans le texte-image précédemment tissé. Quel dialogue cela produit-il, quelle formes apparaissent ?

Retour- projection, on regarde les textes autant qu’on les lit.

6/ Digressions (avec Yargekov et Saer) – Retour à la phrase, exercice de traduction en syntaxe ordinaire –

Le texte produit par agrégations successives est une superposition de registres différenciés graphiquement. On passe par des écritures digressives (de la digression dans l’espace seul de la phrase, avec les moyens seuls de la syntaxe et de la ponctuation), celle de Nina Yargekov (« Double nationalité », chez P.O.L, 2016) et celle du regretté Saer (« Glose », traduction Laure Bataillon, réédité au Tripode, 2015).

Il faut convertir ces différents registres de texte en voix, cette traduction implique une invention de narratrice/s.

Les textes sont ici (en cours d’édition)

Publicités

1/ Paysages de lectures – les textes

(Exercice 1 de la séance – lire l’ensemble https://formationslirecrire.wordpress.com/2018/02/02/atelier-danalyse-expe-des-pratiques-m2-limes-janvier-201/)

 

En partant du projet fou de  Sylvain Prudhomme en Afrique – écrire la ville par ce qui s’écrit sur ses murs, par une recension exhaustive des affiches, publicités, graffs…
la consigne d ‘écriture est : Une journée, deux journées de lecture – qu’est-ce que je
lis ? Comment ? Pour quoi ? Ne pas expliquer, faire l’inventaire de ce qui est lu (physiologiquement, c’est-à-dire de façon volontaire ou non, sans distinction qualitative).

Je parle beaucoup de Perec, d’infra-ordinaire, d’inventaires, lors de ce qui se doit d’être une tentative d’épuisement, d’hypermnésie impossible.

 

Les textes

Liste des machins que j’ai lu depuis 24h

  • mes mails
  • mes mails indésirables dont madame Stang qui souhaitait me donner 4,5 milliards de dollars par pure sympathie
  • l’organisation de bruits de langue
  • le blog de bruits de langue
  • la petite histoire de l’event spécial d’une appli de mon téléphone
  • le numéro de la salle A323
  • la feuille affichant le programme de rencontres et conférences sur le panneau à coté de la salle
  • les titres des chansons que j’écoutais dans le bus
  • le numéro du bus que j’ai pris
  • le numéro de l’autre bus que j’ai pris
  • d’autres numéros de bus qui sont passés
  • différents posts de tumblr
  • les sous titres des animes que j’ai regardé
  • différents posts de facebook
  • l’heure, plusieurs fois, sur mon ordinateur
  • l’heure, plusieurs fois, sur mon téléphone
  • l’arrière de mon après shampoing pendant que je végétais sous la douche
  • l’arrière de mon shampoing pendant que je végétais sous la douche
  • l’arrière de mon gel douche pendant que je végétais sous la douche
  • mon réveil
  • les sous titres d’animes que j’ai regardé avant de me coucher
  • un manga que j’ai lu avant d’aller dormir
  • plusieurs autres mangas qui n’ont pas réussi à retenir mon attention
  • des messages discord d’amis
  • toutes les informations à lire pendant une partie de league of legends
  • différentes informations sur les profils de mes adversaires dans mes parties de league of legends
  • différentes informations sur les profils d’items à build dans mes parties de league of legends
  • différentes informations sur les winrates des personnages jouables dans mes parties de league of legends
  • des messages de mes amis sur le client de league of legends
  • différents profils et pages de kickstarters et crowfunding
  • une page de notes pour la journée pro
  • ma page de notes pour mon mémoire
  • toutes les informations à lire lors d’une session de dragon age inquisition
  • des articles sur des sites d’information
  • des listes d’animes de la saison hiver 2017-2018
  • des posts twitter, facebook et autres réseaux sociaux
  • les messages que j’ai pu recevoir sur mon portable

  • « bien sûr que si les jeunes lisent, pas tous c’est sûr et alors, c’est dans l’air du temps de déclarer le contraire, et chaque génération pense toujours avoir été meilleure que la suivante »
  • « la lecture participe à l’éveil des enfants mais le sport et les amis aussi, que je préferais avoir un gosse qui ne lisait pas mais qui sortait dehors qu’un gosse qui dévore les livres et reste seul chez lui »
  • « je suis contente de lire les Misérables, je l’ai jamais lu, j’ai toujours eu peur des classiques, mais apparemment il y a là tout ce qui peut être dit sur l’humanité »
  • « tu as lu les Misérables ? J’ai trouvé la version abrégée pour les lycéens dans un vide-grenier car j’avais la flemme de lire les 1800 pages de la version originale, tu sais on avait la même version pour l’Odyssée au collège, je crois que c’est l’école des loisirs qui fait ça »
  • « tu savais qu’on disait fille publique pour dire pute ? À l’époque de Victor Hugo »
  • « Regarde cette vidéo, la nana fait un super montage sur tous les livres qui ont marqué son enfance et sa vie d’adulte, c’est super émouvant »
  • « lis ça, t’as vu la coupe mulet revient à la mode »
  • « lis ça, c’est un article sur l’excision, ça me choque que tu en aies jamais entendu parler »
  • « j’ai lu la météo c’est cata il fait 16degrès à Biarritz pendant que je crève dans ma Vienne »
  • « lis le résumé des Nouveaux Sauvages, regarde c’est des gens hyper stressés qui pètent un boulon à un moment donné, ça vole en escadrille, c’est hyper marrant »
  •  » tu peux ramener les livres de lydie salvayre demain stp ? »

Le tome deux de Mercy Thompson est sur le bureau, là où il a été laissé après avoir été fini la veille. Le prochain est posé à côté du lit, entamé de quelques pages à peine.

L’envie d’un thé se fait sentir, sur la boîte, ils sont classés en trois catégories « thé blanc », « thé vert », « thé noir ». A l’intérieur il y a encore une dizaine de sachets, seules les couleurs sont visibles jusqu’à ce qu’une tisane fleur d’oranger soit extraite de la boîte. L’eau est mise à chauffer, les graduations sur la bouilloire apparaissent plus clairement, 0,5L. Pendant que l’eau chauffe le regard se promène, la tasse dans laquelle est mis le sachet de thé porte une inscription mignonne, le temps que les yeux se relèvent elle a déjà été lue et relue.

Un fois le thé chaud, le tricot est repris et les yeux parcourent les instructions, à la recherche de l’endroit où ils se sont arrêtés quelques instants plus tôt. La ligne est retrouvée, l’ouvrage peut continuer.

Quentin arrive, il toque à la porte. Sur son pull il y a le nom d’une équipe de hockey du Canada. Comme d’habitude on ouvre une boîte de chocolat et aussitôt les différentes sortes et noms sont scrutés pour choisir le meilleur. Une première fois puis une deuxième, par gourmandise. Il n’est pas encore tard, le réveil indique 21h15, pourtant la journée se termine déjà. Avant de se coucher, regarder une dernière fois le portable (qui sera encore regardé trois ou quatre fois par la suite), des messages envoyés dans la journée s’affichent à l’écran et le clavier apparaît pour en taper un nouveau. Un simple bonne nuit, ça suffit et le portable est reposé sur le coin du lit.

Le portable s’allume, les différentes catégories des applications s’affichent, pas besoin de les lire, « livre », « organisation », « allemand », « bien-être », ils sont connus par cœur. L’icône d’un nouveau message apparaît, un nom s’affiche, Valentin, juste un message de deux lignes pour dire qu’il attendra à la BU demain.

Un nouveau message apparaît, les yeux sont directement attirés par la lumière et le parcourent rapidement avant que la lumière ne s’éteigne de nouveau.


Inventaire de tout ce qui a été lu sur les dernières 24/48h

 

  • La fiche incendie sur la porte d’entrée de ma chambre universitaire
  • Annonces de voiture sur le bon coin
  • Les étiquettes de mon shampooing et gel douche
  • Ma liste de course
  • Les étiquettes de produits chez Géant
  • Réseaux sociaux
  • SMS
  • Recherches internet pour les cours/mémoire
  • Des quatrièmes de couverture pour prochain livre à lire
  • Justificatif de domicile
  • Carte grise
  • Les horaires de bus
  • Les séances de cinéma
  • Le livre du moment
  • Les mails
  • Des recettes de gaufres et pancakes
  • L’heure
  • Le score du dernier match de foot de Poitiers

 

INVENTAIRE DE TOUT CE QUI A ETE LU DEPUIS SAMEDI JUSQU’A CE LUNDI

Au travail :

-la nouvelle fiche de poste

-les produits, les numéros de commande, les emplacements sur le log

-les noms des clients

-la feuille des congés

-le planning de la semaine suivante

-les actualités sur le portable lors de la pause

Sur la route :

-les panneaux publicitaires

-les enseignes de magasins

-les autocollants sur certains coffres de voiture

-les chiffres des plaques d’immatriculation

A l’appartement :

-les publicités reçues

-le livre sur les GI’s et les viols de femmes

-les mails

-les notes pour le mémoire

-les sous-titres des épisodes de série

-fiche diplôme pour l’année prochaine


  • panneaux Routiers
  • réseaux sociaux (Instagram, FB, Twitter Snapchat)
  • applications (L’Express, BuzzFeed, 9Gags ) via mon smartphone
  • mails
  • SMS
  • noms sur les produits alimentaires, produits de beautés
  • sous titres série + film
  • 6 premières pages de Libres de Diglee et Ovidie
  • notice d’utilisation d’un produit électroménager
  • magazine dans les toilettes
  • 4ème de couvertures
  • composition & ingrédients d’un pot de pâte à tartiner
  • écran horaires de train SNCF
  • le dos d’une ancienne carte postale reçue
  • factures Gaz
  • nom de radios
  • publicités panneaux dans la ville (Burger King)
  • pages Web (Wikipédia, blog, etc …)
  • emploi du temps de la semaine
  • informations à la télé

 


inventaire de tous ce qui s’est présenté à  notre œil durant ces derniers jours

jeudi

réveil 7h15

emploi du temps

un panneau publicitaire de la foir’ fouille

panneau lidl

super U saint-éloi et buxerolles

d’indication d’un lieu

  • une école maternelle Andersen
  • restaurant de l’Éveil
  • auto-école poitevine
  • fjt Kennedy
  • centre d’animation des couronnerie
  • idiome
  • géant casino et 70 autres boutiques
  • programmes BDL
  • domaine universitaire

indication de direction Nantes/ Tours

les noms de 4 arrêts de bus

corep

maison des étudiants

a 323

affiche  pour se renseigner sur son orientation

un album le loup qui voulait changer de couleur

samedi

pot de yaourt danone fruits et  fraise  danone nature sucré

 

articles sur la montée des eaux

la victoires des parisiens

*histoire de la bibliothèque

*livres animés du papier au numérique

*une bibliothécaire jeunesse une intervenante culturelle

*jeux vidéo en bibliothèque

*notes de stage

écran de téléphone marque Samsung

message smeco

 


Lundi

 

j’ai lu

 

ce qu’il y a d’écrit sur le paquet de papier toilette

toutes les affiches et cartes postales de mes toilettes – C A D beaucoup – And Then you stay there and let your shadow cross the bordeline

fluide glacial

mon écran de téléphone

mon demaquillant

la marque de mes cotons

mon crayon à yeux gemey maibeline

mon mascara gemey maibeline

mon dentifrice colgate

le nom de ma brosse à dent

ce qu’il y a d’écrit sur le tee-shirt de mon copain – truc en anglais

mon affiche pulp fiction AVEC UMA THURMAN – JOHN TRAVOLTA – SAMUEL L JACKSON

mon papier de recap baby sitting – lundi 17h – 17h30 – 18h15- 19h- 20h30 ; lundi 17h – 17h30 – 18h45 ; mardi -17h 20h30 – jeudi 17h

mes cadrans de voiture (km, vitesse, etc)

des panneaux de signalisation

des panneaux publicitaires

des panneaux de direction

des plaques de voiture

les autocollants droles derrière les voitures

mes boite de cd pour ma voiture

les panneaux d’entrée dans la fac

le nom des bâtiments de la fac

l’étiquette de mon pot de creme

l’etiquette du pot de café soluble

l’emballage du sucre

mes autocollants sur mon pc

FUMER TUE – pot de tabac

mon paquet de filtre de cigarette

mon paquet de feuillle de cigarette

facebook – défilé de conneries + de pub de conneries

twitter – Le Monde ; et autres actualités + news status de gens

J’ai lancé un stream – nom du stream ; chat du stream ; liste de gens connectés

toute lecture interne à mon pc : documents ; image ; menu windows , etc

Google

steam : lecture de tous mes jeux +  des nouveautés steam + des propositions d’achat + des personnes connectés + des différents menus

origin : lecture de tous les jeux + des propositions d’achats + des différents menus

lancement du jeu : les sims : lecture de tous les textes de chargement + du menu ; puis lecture de toute l’interface en jeu

reveil : cours

quitter – sauvegarder et quitter – fermer origin – oui – windows – arreter – arreter

déodorant dove – effet fraicheur longue durée

parfum twilly d’hermes

telephone – marque samsung – écran de tel

application youtube (avec lecture de tout que qui est en mise en premiere page youtube, suggestions, chaines, etc) – justice – Cross full album 3min 22

chaussure : étiquette air wair

porte-clef : la Biere du Sorcier

sac à main : étiquette Julie D

verification porte feuille : lecture de tout type de cartes

nom de la cafetaria

noms des différents sandwich proposés

noms des différentes boissons proposés

menus de la cafétaria + prix

affiches dans la fac

affiche à coté de l’ascenceur : que faire en cas d’explosion de gaz dans votre bâtiment

interface ascenceur

panneaux en liege dans les couloirs du 3eme etage de la fac

inscriptions sur mon emballage de sandwich

inscriptions sur mon étiquette de sprite

mails

ent – empli du temps

adresse mail notée au tableau

écran de ma voisine

projection au mur – voulez vous faire de firefox votre navigateur par défaut ?


 

Lectures des dernières 24h, depuis dimanche matin

  • Messages facebook
  • Mails
  • Code wifi
  • Etiquette bouteille de vin
  • Groupes facebook
  • Articles sur les violences policières
  • Partition musique
  • Budgets Campus en festival
  • Biographies autrices BD
  • Plan mémoire
  • Mails
  • Bibliographie mémoire
  • Panneaux de signalisation
  • Notice bouillotte
  • Les ancêtres ne prennent pas l’avion, Pascale Ruffel
  • Introduction aux études sur le genre,
  • Notes que j’ai prises pour mon mémoire
  • titres de livres de ma bibliothèque : Pas pleurer, La Compagnie des spectres, 7 femmes de Lydie Salvayre, L’Académie contre la langue française, Eliane Viennot, Les culottées, Pénélope Bagieu, Nana, Emile Zola
  • Slogan d’un de mes totebag : L’histoire fait mal au rire
  • devanture MSHS
  • panneau bureau de la licorne
  • mails
  • panneau cafétéria
  • emploi du temps
  • affiche radio pulsar
  • livret Bruits de Langues
  • liste des sandwichs cafétéria
  • graffiti toilettes
  • Biographie Léonora Miano
  • Messages
  • panneau de la salle A323

Inventaire de tout ce qui s’est présenté à notre « lecture » durant les derniers jours.

Samedi 27 janvier 2018

Le réveil qui sonne à 7h40 et puis s’arrête par une simple pression d’un bouton.

Le téléphone portable s’allume laissant apparaître sur son écran quelques notifications : rappel de l’horaire de train à prendre, des messages facebook, les dernières informations…

Puis il est temps d’ouvrir les volets pour voir la lumière du jour, enfin celle qui va arriver dans quelques temps, le temps semble grisâtre mais pas de gouttes de pluie à l’horizon.

L’appartement est encore plongé dans le pénombre et l’ampoule s’éclaire.

Je marche en direction de la gare SNCF, j’aperçois quelques voitures roulant sur la route, quelques personnes allant dans la même direction que moi ou d’autres partant vers le centre-ville de Poitiers. La fréquentation du quartier est à la baisse si l’on compare à un jour normal de la semaine.


Samsung, 11H05, Facebook, Tokyo Vice, Aline Coulon a réagit à une de vos publications, Marie Gréaut vous a envoyé un message, messenger, les Fabulations, Framapad, Bruits de Langues, festival bruits de langues, Les Fabulations, votre publication a obtenu tant de participations, Cocuou Noémie este-ce que j’utilises une de tes photos ou j’utilise ce que j’ai ? Attends je viens de me réveiller, déjà tu pensais à quelle photo, Lucille Michou groupe comBDL[…] gif, trop bien on utilise ça, framapad, vert,bon dimanche les festivalier.ère.s, on vous laisse on va lire, Héloïse Coulon a aimé votre page Festival Bruits de Langues, Bonobo profité… soldes, Salle de bain, t-shirt baratineuse, kenzo, gmail, nouveau message, boite de réception, messages suivis, spam (1), nouveau partez à Lyon Intercités, festival bruits de langue, texte Maria Skalova, les fabulations, vous avez un nouveau message, 14h36, stabilo point 88, Al message, #bdl2018, #écritures ; mmémoire 26 janvier, excel online, tableau compratif crl région occitanie ciclic Sandrine, relance mail, Justine Fou ok, vermicelles A D  E G , Nouans les Fontaines, chatillon sur indre, le blanc poitiers 52, jadres, campus universitaire, pense a payé le loyer, bisous Papa, 20h quelque chose,


Inventaire de tout ce qui a été lu ces dernières 24h : 13:45

 

Hier, dimanche 28 janvier 2018, aux alentours de 13h:45, lecture du site de la caf, pour des allocations. Un code et des identifiants à entrer, un opremier niveau avec lieu, date de naissance et nom. Une deuxième page qui demande ensuite un code, oublié depuis quelques mois. Message alors sur le portable, sms où un nouveau code est inscrit, et une invitation à se réapproprier une nouvelle suite de chiffres personnels. Enfin l’accès à une ramification dans laquelle se perdre un peu, toutes les situations sont possibles ; changment d’adresse, changement de situation familiale, déclaration de grossesse, déclaration de revenus. Le document alloué par la cité universitaire aussi est lu, des nombres comme le numéro de siret, ou le code attribué au locataire, mélage étrange de chiffres et de lettres.

  • les messages de Paul
  • les recettes à faire avec ce qu’il y a dans le frigo
  • les joies d’en bas
  • l’heure, les lettres écrites dans la cuisine
  • les messages de Quentin, Paul et de la famille
  • les sites de cadeaux
  • pinterest
  • Romane et ent
  • agenda 2018 et 2017 pour les saints à recopier
  • plus d’internet affiché
  • la suite des joies d’en bas à finir, et le marque-page fait d’étiquettes avec le nom de Paul écrit encore dessus
  • les sms de Paul
  • la musique à chercher
  • les premiers textes de La première gorgée de bière
  • tous les messages de Paul avant de s’endormir
  • le réveil, voir la date et si il y a bien une nouvelle alarme
  • la salle de bain avec les gels douche
  • le sachet de café, les graduations de la cafetière
  • le texte écris sur la lettre, et les eveloppes de celles à poster
  • le livre des bonnes manières, et la lettre de Bertille à Mathilde dedans, emplacé par la journée professionnelle des M2 de l’an dernier
  • internet qui ne marche pas encore
  • les numéros sur les portes dans le couloir, et sur les boïtes aux lettres dans le hall
  • bus dehors qui passent et leurs numéros
  • liste des endroits où aller portes les programmes de Buits de Langues et les lire eux aussi en les mettant dans son sac
  • le numéro du bus
  • les pièces de monnaies
  • le nom des magasins
  • les articles soldés et à combien
  • les horaires d’ouverture de la médiathèque
  • les titres de dvd et de livres à gibert
  • les articles soldés encore dans les rue, et les autres horaires d’ouvertures, les choses qu’on peut trouver dans les magasins.

Samedi 27 janvier

Quelle heure il est ? Il est où mon portable ? Ah 11h17 ! Je me lève, j’ai plus sommeil. Il y a énormément de brouillard dehors. Je me vais me faire un thé, je fais chauffer l’eau au micro onde pendant 2min.

Qu’est-ce qu’il y a sur facebook ? Je fais défiler les infos du monde, les conseils beauté de Mademoizelle et Confidentielle, les vidéos de chats et de cuisine.

Tiens une amie a publié des photos de sortie à la plage, elles sont jolies.

Je continue mon jeu, je veux passer ce niveau ! J’allume mon ordi, tape mon mot de passe et ouvre internet, je vais regarder une série. Ah les sous titres sont en anglais, tant pis ! Un puis deux puis dix épisodes plus tard, il est quelle heure ? 18H ! je reviens sur Facebook ! Un article sur ça, j’ai envie de le regarder, je le trouve enfin et c’est parti pour 2h de flippe.

Boh il fait pas si peur que ça finalement. J’ai envie de regarder un autre film mais je vais me préparer quelque chose à manger avant. Le crime de l’orient express me fait envie. J’ai eu raison de le lancer, il est vraiment bien.

Encore une fois, j’ai pas travaillé sur mon mémoire, ce sera demain !

Je recontinue ma série, 117ème épisode !

Dimanche 28 Janvier

il est 12h, je me lève enfin ! Quelles nouvelles sur Facebook ? Oh des chatons ! Ah cette recette a l’air délicieux !

15h30, je vais me mettre à travailler peut-être, je reprends ce que j’ai lu déjà, petit bilan historique !

Mon portable vibre, une amie a lancé une conversation sur sa récente rupture, elle nous demande conseil, nous envoie sa conversation avec son ex. on essaye de la faire rire, lui changer les idées,

je cherche une conférence de Bréal, je trouve pas ce que je veux ! Je cherche l’historique de l’enseignement des langues anciennes en france, la conversation continue, chut ! J’ai besoin de bosser !

20h ! faire cuire 14-15min dans de l’eau bouillante salée.

Papa vous a envoyé un message

facebook + d’articles, pubs, vidéos

 

2/ Déclaration de lectures

 

(Exercice 2 de la séance – lire l’ensemble https://formationslirecrire.wordpress.com/2018/02/02/atelier-danalyse-expe-des-pratiques-m2-limes-janvier-201/)

L’exercice fut déjà fait ici ou là

(https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-iut-info-comm-lrsy/2015-03-ecriture-en-environnement-numerique-iut-info-comm-lrsy/seance-3-lire-les-reseaux-sociaux/) ou là https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-limes-poitiers/session-m2-janvier-2017/lirecrire-le-reseau-social/

il est ici étendu IRL – aux déclaration en ligne on ajoute celles tenues ailleurs, oralement, par écrit…

« Faire l’inventaire de tout ce que vous avez déclaré, sur une période donnée, à propos de lecture(s) / en remontant vos fils de réseaux sociaux, en utilisant votre mémoire de conversations orales ; en démarrant ici aussi chaque phrase par « je ».

Les textes produits (une partie seulement pour respecter ici la clause de confidentialité via anonymat ou pseudonymat de ces premiers exercices)


Le tome deux de Mercy Thompson – les liens du sang, le tome trois aussi – le baiser de fer, facebook, un message sur le portable, la boîte de thé, le sachet de thé, la graduation sur la bouilloire, l’inscription sur la tasse lue plusieurs fois, les instructions pour le tricot, un nouveau message et puis encore un autre. Le tee-shirt de mon copain, la boîte de chocolat, le nom et la description des chocolats, le réveil, l’écran d’accueil du portable, les différentes catégories, un message, un deuxième, un troisième.

(liste de l’exercice 1)

« Même si Mercy Thompson est cliché comme série, c’est quand même sympa. »

« Le tome trois est long à démarrer ou alors c’est juste moi qui ai du mal à rentrer dedans. »

« Je vais commencer Rouge Rubis, ça comptera dans le challenge lecture pour « un livre dont le titre comporte une couleur », tu en as tellement parlé que je me suis dit que j’allais le lire, c’est le premier livre que j’ai emprunté à la médiathèque. »

« Merci pour la liste des livres, je vais la regarder, il y en a pas mal qui m’intéressent après c’est pas dit que j’ai envie de relire du Stephen King. »

« L’an dernier j’avais lu un bouquin sympa pour le cours qu’on a demain, Marjorie l’a acheté, elle m’a proposé de me le passer. »

Message d’un ami qui mène à une discussion.

« Je me suis tapé une discussion avec la prof sur Madame Bovary haha les gens sont fous dès que je dis que je lis ça POUR LE PLAISIR »

« Tu me donnes envie de le lire… »

« Personne n’a jamais réussi à me donner envie de lire des classiques, je me suis toujours braquée alors que toi tu me donnes envie d’en lire plein, je sais pas comment tu fais »


  • Donner le titre et l’auteur du livre : « Une prière pour Owen de John Irving, j’adore mais je n’arrive pas à avancer, il me prend aux tripes et parfois ça me bloque. »
  • « Alors t’en es où ? » « 4 mois pour lire une BD, t’es vraiment nul »
  • Explication de pourquoi j’ai acheté cette BD (Libres de Diglee et Ovidie), « Je suis la dessinatrice depuis le lycée, et j’ai l’impression d’avoir grandit et évolué avec elle. L’autrice, c’est une ancienne actrice porno, elles parlent de la libération sexuelle des femmes, j’avais trèèès envie de le lire, en plus Diglee était là donc j’en ai profité pour me le faire dédicacer. »
  • Lire à voix haute la notice d’utilisation d’un produit électroménager pour que la personne qui m’écoute le mette en marche : « il y a pas 23 boutons, non plus, t’appuie et ça chauffe. »
  • Après avoir lu une facture Gaz :  « Ils ont bloqué le compte donc c’est normal, il faut que je l’envoie au notaire pour qu’il paye à ma place »
  • Lire un article sur le festival d’Angoulême et raconter comment moi je l’ai ressenti « Il y avait un monde de dingue, laisse tomber. Impossible de vraiment pouvoir flâner et feuilleter. »
  • Lire les horaires de train : « Il faut qu’on parte de l’appart à cette heure-là du coup »

  • Budgets Campus en festival, conversation avec Sara  : point sur les budgets accordés
  • Plan mémoire : modification de la 1ère partie
  • Bibliographie mémoire : ajout de Pierre Bourdieu, La domination masculine, Judith Butler, Trouble dans le genre, Introduction aux études de genre…
  • Panneaux de signalisation : j’ai parlé avec mon copain de la manifestation des motards à Poitiers contre la limitation des départementales à 80km/h, pendant laquelle je trouvais hypocrite qu’ils ne se mobilisent que pour ça
  • Les ancêtres ne prennent pas l’avion : conversation avec Lucile dans laquelle je disais que le livre était court et qu’on aurait le temps de le lire avant la conférence de Bruits de Langues
  • Notes mémoire : Etudes sur le genre :- le genre est une construction sociale

    -approche relationnelle des sexes

    – le genre est un rapport de pouvoir

    – le genre est imbriqué dans d’autres rapports de pouvoir

    – références ajoutées : Françoise Héritier, Masculin-Féminin, I, op. Cit. + Christine Bard « Jalons pour une histoire des études féministes en France », dans Nouvelles questions féministes


Samedi 27 janvier 2018 au FIBD

  • Essai de vente d’un numéro de la revue Planches lors du FIBD : « Bonjour, voici un livret qui contient des extraits d’histoire que l’on a pris des différents numéros que l’on propose à la vente »
  • Explication de Planches : « C’est une revue de bande dessinée franco-québécoise, basée à Montréal. Chaque histoires sont complètes et inédites pour chacun des numéros, il n’y a donc pas besoin d’acheter les numéros précédents pour débuter »
  • Discussion avec Alex Nikolavitch sur son stand : « … Jack Kirby est un des fondateurs des comics moderne avec les Challengers de l’inconnu, Le Quatrième Monde dans lequel il à réussi à développer une gigantesque mythologie et c’est ce que j’essaye d’expliquer dans mon livre »
  • FLBLB et les romans photos
  • Hécatombe édition : « La collection RVB propose dans Bds numériques que l’on lance, c’est uniquement disponibles sur le web et il possible d’y accéder à partir d’un code qui est inclus dans ce livret.

 

 

4/ L’écriture du projet

(Exercice 4 de la séance – lire l’ensemble https://formationslirecrire.wordpress.com/2018/02/02/atelier-danalyse-expe-des-pratiques-m2-limes-janvier-201/)

4/ L’écriture du projet

Nous changeons radicalement de cap et de modalité. Retour aux préoccupations professionnelles : interrogation du projet personnel (quel qu’en soit l’échelle et le terme : de l’organisation d’un atelier à l’animation d’une rencontre, de l’ouverture d’une librairie à la création d’un festival). Le texte produit doit être descriptif (commençant par « c’est »), court et à la première personne.

Nous lisons et discutons ces textes et projets (leur faisabilité, leur contexte, leur échelle), ensemble à voix haute).


C’est le projet de trouver un projet.

Je sais rarement quoi faire, que faire, encore moins me motiver à faire. C’est donc un projet lancé pour trouver un vrai projet, projeter ce projet dans un futur plus accessible qu’une simple idée. Un projet pour enfin trouver la motivation perdue depuis l’age du bronze, faire de 2018 l’année où on peut enfin faire des choses. Ou alors simplement le projet d’arriver à la fin de l’année en ayant réussi à en faire, sans trop les rater. Le projet de terminer l’année un peu mieux qu’on l’avait commencée.


C’est une table ronde littéraire ouverte à tous les publics, dans le cadre de Campus en Festival 2018. Il s’agit de manifestations culturelles à l’initiative étudiante, ayant lieu sur les campus de Niort, Châtellerault, Poitiers et Angoulême, et dont la thématique porte sur les femmes.
J’ai dans l’idée, avec Violaine Piquet, de donner la parole à des femmes autrices ou éditrices qui ont choisi de raconter les femmes et leur condition créatrice en tant que professionnelles.

C’est une réflexion écrite que j’entends mener et approfondir pendant quelques mois, sur la médiation culturelle auprès des jeunes, appliquée aux festivals littéraires. J’aimerais démontrer les apports pédagogiques et personnels d’une telle manifestation, quand elle collabore ou non avec l’Education Nationale. J’accorderais une part importante à une réflexion sociologique et psychologique, en me demandant si le livre doit impérativement être au centre de l’apprentissage et de l’éveil de l’enfant, et s’il est réellement pertinent de multiplier les écrans lorsqu’on s’essaie à la médiation culturelle destinée à un jeune public.
J’entends par ce mémoire proposer des pistes pédagogiques pour introduire ou réintroduire le livre dans le parcours du jeune, inspirées de pégagogies nouvelles ou alternatives.

C’est un projet à petite échelle et personnel, étant donné qu’il ne concerne que moi. Je voudrais tenter cette année de réaliser un défi de lecture, que j’ai préparé en janvier. Il s’agit là de se donner par une « contrainte » initiale, l’envie de découvrir de nouveaux horizons littéraires. Je me suis imposée la lecture de 50 livres qui à prime abord sortent de mes habitudes de lectrices, et compte faire un bilan rétrospectif à la fin de l’année, non pas sur des bases quantitatives, mais sur des remarques que je me saurais faites sur ces douze mois.


C’est mon projet : C’est de revenir à ma passion première, l’histoire et devenir égyptologue. Passer mes journées à fouiller sous le soleil égyptien au milieu des temples et des pyramides. Peut-être découvrir par hasard où se cache la tombe de Nefertiti.


C’est devenir officier en brigade de recherche.

Je serais chargée de missions d’investigation, de renseignement ou de maintien de l’ordre.

J’assurais aussi la protection des biens et des personnes.

Je travaillerais en section de recherches et je serais amener à enquêter et à analyser des faits allant du meurtre au suicide, en passant par les disparitions. Les pires vicissitudes du genre humain seront mon quotidien. Je serais au plus près des criminels et des victimes. Avec les années, je me spécialiserais dans les crimes sexuels concernant les femmes et les enfants.

J’aurais ainsi fait de ma passion, la criminologie, mon métier.


C’est une envie de changer de vie et de m’éloigner de ce qui pourrait me rappeler quotidiennement les derniers mois. Je voudrais quitter Poitiers, cette ville qui m’a vu et qui m’a faite grandir pour trouver un travail dans l’édition jeunesse, dans la communication, les relations publiques, qui me permette de m’épanouir encore et encore et de rencontrer constamment de nouvelles personnes. J’ai un besoin viscérales de changer d’air, de routine et d’environnement.

C’est une étude professionnelle sur la manière dont certaines maisons d’éditions éditent et commercialisent les livres destinés aux jeunes public en passant par les établissements scolaires, l’éducation nationale, en pensant avant tout rentabilité et chiffre plutôt que pédagogie et évolution de l’enfant. Suite à mes différents stages, j’ai pu avoir une vraie approche de la façon dont fonctionnait un service éditorial jeunesse mais également le marketing tout autour, et la manière qu’ont certains professionnels du livre à mentir et à manipuler. Mon mémoire n’est pas encore bien avancé mais je sais où je vais et comment je veux en parler.


C’est réussir à monter une librairie café dans quelques années. Je sais exactement ce que je veux comme style de librairie : je veux une petite libraire simple et dans laquelle on se sent bien avec un coin café dans lequel on se sent comme à la maison. Je veux créer à la fois un espace de culture et de bien-être centré autour du livre.


C’est une thèse en linguistique, encadrée par Stéphane Bikialo et Yannick Chevallier que je vais mener l’année prochaine. J’aimerais me pencher sur le marquage du genre dans l’histoire de la langue, de la langue latine jusqu’au français contemporain et aux débats sur l’écriture inclusive. J’aimerais repérer quelles sont les évolutions en phonétique historique du latin vers l’ancien français, étudier les réformes de masculinisation de la langue de l’Académie française au XVIII° siècle jusqu’aux volontés de réequilibrage à travers l’écriture inclusive.

C’est un projet dans le cadre de campus en festival 2018, dont la thématique est : les femmes. Je vais co-organiser un événement sportif autour du roller derby avec plusieurs membres du collectif ELIGe. Nous proposerons un match de roller derby le dimanche 11 mars avec l’équipe des Broyeuses du Poitou opposées à d’autres joueuses du grand Ouest et, en fin d’après-midi, un « roller disco » : le public pourra essayer les patins à roulettes en dansant, avec la présence d’une Djette pour animer ce moment.

C’est un projet dans lequel Carole Dumond et moi réalisons une plaquette présentant les chiffres sur l’égalité au sein de l’Université de Poitiers. En récupérant les données des services statistiques de l’Université, nous souhaitons étudier dans quels domaines, quels niveaux, quels postes au sein de l’Université de Poitiers les femmes sont représentées ou sous-représentées. Nous comparerons ces résultats avec les chiffres nationaux fournis par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

C’est un projet d’animation d’une conférence pendant le festival Bruits de Langues 2018. Avec Lucile Pain, M2 Livres et Médiations, nous présenterons l’oeuvre de l’autrice Nina Yargekov et plus particulièrement son dernier ouvrage, Double nationalité qui présente une vision singulière d’une traductrice entre deux nations, amnésique, qui cherche son identité, de façon humoristique et questionnant sans cesse nos représentations de l’altérité.


C’est de pouvoir travailler dans l’édition de la bande dessinée, surtout dans la partie gestion éditoriale des publications. Je souhaite viser les petites maisons d’édition indépendantes puis essayer de faire du télétravail si cela est possible. La BD alternative est le genre qui m’intéresse le plus car c’est un domaine qui offre beaucoup de créativité même si le risque est toujours présent. Je souhaite explorer la dimension numérique de ces œuvres car j’y voie beaucoup de possibilités. Je m’intéresse aussi à la médiation de la bande dessinée et aimerais en tant professionnel de l’édition m’y impliquer.


C’est un projet professionnel brumeux. Je suis un peu dans un lieu incertain. Je souhaite depuis longtemps travailler dans une maison d’édition, être éditrice de livres jeunesse, « faire » le livre tout ça, mais en fait je ne pense pas que je puisse atteindre mon but pour le moment, pas assez d’expérience et de connaissances vu le milieu très compétitif. Je pense peut-être me réorienter. Mais en même temps ce qui m’a intéressé dans mes expérience professionnelles c’est de pouvoir défendre, et faire découvrir des livres donc pourquoi pas me réorienter vers la communication, chargé de »s relations presse, les réseaux sociaux. Parce que ce qui compte dans les livres,dans les textes c’est qu’ils soient lus et partagés. Mais en fait, tout peut encore changer donc qui vivra verra.


C’est un projet que veux créer bientôt peut-être ; une librairie-café, à Paris ou en Ecosse qui sait, ouverte du lundi au samedi, vendant des livres neufs et d’occasion, des boissons, à manger, avec des cafés et livres suspendus, des fauteuils confortables, des lectures pour tous, clubs de lecture enfants, adolescents et adultes, sans bornes, du littéraire, du bricolage peut-être, un endroit cosy grâce auquel où on se sent chez soi partout et ailleurs.

C’est un livre que j’aimerais enfin terminer, que ce soit un commencé il y a plusieurs année, ou celui commencé en Novembre et non achevé, par manque de temps, et à écrire en même temps que Paul. Une sorte de Harlequin qui n’en serait pas un, un roman à rebondissements, et plein d’amour, pas niais, mais douillet, et qui fait rire et s’inspire de tout ce que je peux trouver autours de moi.


C’est l’histoire d’une petite fille qui a un projet, un projet fou mais un projet !

Cette petite fille, c’est moi et mon projet est d’ouvrir une librairie-café.

Je voudrais accueillir des gens, les faire entrer dans un monde différent, les faire lire, sourire, pleurer, rire, les faire se rencontrer, échanger, discuter, débattre. Leur ouvrir l’esprit à de nouvelles cultures, nouvelles visions, nouvelles philosophies de vie. Écouter leurs envies, y répondre au mieux. Proposer des mets et boissons variés se mariant parfaitement avec leur lecture du moment.

En résumé, un cadre agréable, un accueil chaleureux, des conseils pertinents, un échange d’idées, une nourriture qui comble à la fois l’esprit et l’estomac, voilà ce je voudrais proposer dans ma librairie-café.


Je souhaiterais arriver un jour à monter ou participer au projet d’un festival culturel au sens large, ou la culture dite populaire et élitiste seraient équitablement représenté ; où la découverte, le partage et l’échange entre les différents secteurs serait central. Où le livre et l’Art contemporain coïteraient le jeu vidéo et les séries TV(net). Où les gens ne ressentiraient plus la « barrière culturelle » d’un secteur, d’un type de public qui leur semblerait trop étranger, différent.

Sinon, dans un futur plus proche : faire un master web design pour être plus polyvalente et trouver du travail pour un jour monter mon PROJET ?


C’est de diffuser et partager la culture en la rendant plus accessible  à tous. C’est de travailler en médiathèque « en tant que agent patrimonial » avec comme secteur de prédilection « le secteur jeunesse ».

J’aimerais rejoindre l’équipe de la médiathèque alpha de la grand agglomération d’Angoulême qui a ouvert en décembre 2015. Elle présente une grande équipe pour ce secteur et divers actions culturelles pour promouvoir la littérature jeunesse et cherche cependant à proposer des animations au plus jeunesse an utilisant le livre et la tablette numérique avec différentes applications spécifiques pour « les livre animés ». Dans ce lieu divisé en 5 mondes le secteur jeunesse accueille le plus grand public. Cette expérience me permettre de suggérer peut-être au dirigeant de « Mayotte » d’ouvrir les yeux sur le monde de demander à l’État de faire construire une médiathèque jeunesse pour rendre plus accessible l’objet livre et la culture à la jeunesse mahoraise.


 

Wonder Woman : Warbringer, Leigh Bardugo

Wonder Woman : Warbringer, écrit par Leigh Bardugo, est un livre sorti le 6 septembre 2017 aux éditions Bayard Jeunesse.

À première vue, le roman semble être un pur produit marketing. Il est sorti fin août en version originale aux Etats-Unis, c’est-à-dire trois mois après la sortie du film, qui a eu un immense succès. Il est donc logique de penser que le livre surfe sur la vague du phénomène Wonder Woman, mais ce n’est pas totalement le cas. Wonder Woman : Warbringer est un préquel et non une suite ou la même histoire que le film, on suit la vie de Diana (alias Wonder Woman) avant qu’elle ne devienne une super-héroïne, ses débuts si on peut dire.

D’ailleurs, avant de devenir super-héroïne, c’est à l’origine une Amazone. Leigh Bardugo, l’autrice, revisite ce mythe à merveille dans le roman. Elle reprend les Amazones mais aussi Hélène de Troie et place toute cette mythologie dans un monde moderne, un monde comme le nôtre. Elle a donc du faire quelques ajustements. Ici, les Amazones vivent sur leur île, écartées de l’humanité, tout comme dans le mythe originel mais ces femmes deviennent Amazones à leur mort, elles ne naissent pas ainsi. Sauf Diana, ce qui lui attire la jalousie de certaines. Les hommes quant à eux sont totalement exclus de leur monde. Contrairement au mythe, elles n’ont pas besoin d’eux et donc ne se servent pas d’eux puisqu’elle n’ont pas besoin d’enfanter. L’autrice a donc choisi d’effacer une partie assez dure du mythe et de ne pas faire passer ces femmes pour des harpies.

Les femmes ont une place très importante dans le roman de Leigh Bardugo, ne serait-ce que sur leur île. Il y a une vraie solidarité entre ces femmes, même s’il y a toujours de la compétition et de la jalousie, elles sont obligés de se soutenir car elles ressentent la même douleur, c’est-à-dire que quand l’une d’entre elles se blesse ou a mal quelque part, les autres ressentiront sa souffrance. Quand Diana débarque dans le monde humain, elle en découvre toutes ses facettes notamment les plus dures, celles des inégalités. Dans une société dominée par les hommes, l’héroïne est confronté au harcèlement quand elle prend le métro avec Alia, la jeune fille qu’elle tente d’aider au cours du roman. Diana est tout de suite confuse face à cette situation puis elle en est agacé, agacé de la différence de traitement entre femmes et hommes.

Un groupe d’hommes pénétra dans le wagon. Ils parlaient fort. Tous portaient à la main des gobelets pleins de café (à en juger par l’odeur) et étaient vêtu d’une espèce d’uniforme : pantalons et vestes sombres, chemises bleu ciel ou rose clair. Ils chuchotaient et pouffaient en regardant les deux créatures pailletées. En fait, ils les jaugeaient, et leurs sourires étaient carnassiers. […]

L’un des hommes remarqua le regard de Diana.

– Salut, poupée, lui lança-t-il. Tu me trouves à ton goût ?

– Je ne suis pas un jouet, répondit Diana, et à vrai dire, je n’en sais trop rien.

La différence est une notion centrale dans le roman, qu’elle soit positive ou négative comme on a pu le voir juste avant. Diana elle-même se sent différente. C’est une guerrière qui a appris à se battre depuis qu’elle est née mais elle ne se sent pas à la hauteur de ses soeurs, ce qui lui fait traverser une crise d’identité dès le début de l’histoire. La différence est aussi abordé à travers le racisme. Alia, qui est noire, en souffre beaucoup. Même si sa famille est célèbre et aide les gens, elle se fait constamment rabaisser à cause de sa couleur de peau. L’autrice nous délivre ainsi un très beau message de tolérance et de solidarité.

Eh bien, ce n’est pas le cas, grommela Alia. Le racisme sévit encore. Tous les jours. Si tu ne me crois pas, regarde le vigile : il me colle aux basques depuis qu’on est entrées. Quand les gens me regardent, ils ne voient pas Alia Kéralis : ils voient une criminelle en puissance.

Elle nous donne aussi une leçon de vie et nous fait réfléchir sur nos actions. L’être humain ne peut s’empêcher de faire la guerre et ce depuis la nuit des temps. Cela a pourtant des conséquences désastreuses. Mais il ne s’arrête pas, jamais. Cependant, à quoi cela rime ? A rien, et ça l’autrice nous le montre à la perfection.

Héloïse Hanot

plan de cours, liens (master limés, M1, automne 2017)

Cours Limès année 1 (automne 2017)

SEANCE 1 – 7h, lundi et mardi 18-19 septembre 2017

  1. Médiation littéraire ? – Présentation d’un itinéraire et d’un écosystème, depuis le site materiaucomposite.wordpress.com

Twitter comme unité de mesure : la coupe sagittale – une semaine d’activités résumée par le réseau social.

Me posant la question des contenus de ces séances, tentant de faire le tri dans mes activités constellées et liées pour tenir un propos clair, je choisis le contre-pied à cette idée de clarté (ou de linéarité) et prends le parti de l’œil de mon cyclone, de dire un peu de cette réalité d’actions qui est la mienne, depuis un de ses lieux de sédimentation, de traces – à savoir, le réseau social. Je choisissais twitter, où je constate privilégier les infos strictement littéraires, quand mon usage de facebook est un peu plus hybride – et je le pointe aussi, et passe par instagram – pour pointer la volatilité lente de nos usages, à considérer – cette considarétion de notre façon d’énonciation littéraire et sociale par les réseaux requiert une actualisation -ce que ce prncipe même de présentation pointe.

 

Les actus toute récente : une semaine de réseaux sociaux (défilement
du fil twitter de la semaine précédente, sur https://twitter.com/GuenaelB)
– pour faire le récit au jour le jour d’un « métier » : médiateur littéraire connecté.

 

Cela signifie : plein de choses, dont le fil rouge demeure le lirécrire, le lien entre écriture et lecture : écrire et lire sont liés et ce lien est sans cesse relancé dans notre interface de travail, le terminal (qu’il soit ordinateur ou téléphone) : au-delà de la question de la connection (énergisante autant qu’excessive, voire intempestive), réelle mais majorée symboliquement, c’est celle de cette intrication entre la table de travail et celle de lecture, entre le téléphone et le carnet de notes, qui relance et questionne ce rapport entre lire et écrire.

 

Passage par le site (reprendre pied, s’éditorialiser spatialement).

Mon récit
passe donc par (notamment) :

la maison gueffier
remue.net
les résidences ile-de-France
poieo numérique
Mobilis
faire(800)signes, mon récent tumblr (journal quotidien de lectures)
ma chaine mixcloud
(Et on peut en le
refaire
antéchronologiquement depuis cet endroit : https://materiaucomposite.wordpress.com/a-propos/

idées maîtresses :

DIY
les engagements personnels s’ils sont fondés, effectifs, en rapport, génèrent, à long terme, un gain, symbolique et de connaissance – maispas seulement, ce gain se convertit parfois en emploi(s) rémunéré(s).

 

Identité numérique

J’évoque les recherches d’Olivier Ertzscheid et son site affordance, je fais le récit de cet exercice « classique » d’atelier d’écriture (que j’ai nommé « hyperportrait », contrainte de récit de soi / curriculum fondée sur les traces qu’on laisse de
soi sur le web).

–Ecrire
L’écriture est au centre, qu’il s’agisse d’être écrivain (tous ceux que je connais vivent aussi d’autre chose, notamment de médiations, résidences, ateliers, etc / à précarisation grandissante, diversification grandissante) ou « seulement » auteur – la médiation en sera
améliorée, l’animation d’ateliers d’écriture en sera bonifiée.

atelier et web
Le numérique et la présence réseaux, la publication, sont des endroits de coopération), sont des extensions de l’atelier – et il y a un enjeu à cet endroit : lier les deux, le numérique et la littérature, selon des modalités variables : nous sommes si peu à animer des ateliers d’écriture
dans cet environnement, c’est trop peu (pour rappel, cet article)

 

  1. 2. La question de l’écriture en atelier et de ses rapports au numérique
    -historique ateliers d’écriture, quatre grands principes, avec lesquels j’ai travaillé sous la férule de Cathie Barreau
    -de l’intérêt du contexte numérique, de sa difficulté de mise en place, du changement des dits «principes »

-de la littérature comme ressource et moyen (autant que comme objectif – i.e : objectif de la découvrir plus que d’en écrire).

L’hyperportrait.

Écriture II Internet : en tant que lieu d’identité, d’énonciation, de publication de soi.

Sur des sites d’auteur, la page bio de l’auteur = où comment, en quoi, faire sa bio sur son site, est un positionnement d’auteur, implique de s’énoncer soi et de s’énoncer en tant auteur, implique que la forme soit sienne – faire sa bio c’est aussi faire une fiction (une fiction crédible une fiction admissible dans le contexte éditorial envisagé). / Les bios des auteurs : http://jsene.net/spip.php?article85 Joachim Séné, bios de Fred Griot, de François Bon,

 

écriture 1 – Contrainte formelle : entre 50 et 80 mots, un lien hypertexte tous les 10 mots.

« Écrivez votre biographie en cinquante mots dont au moins dix soient des liens hypertextes.»

Les textes sont ici.

 

  1. 3. Etude de cas : la rentrée littéraire

 

Cette séance commence par une interrogation, orale, non notée en deux temps. Comme nous sommes en septembre, c’est-à-dire, pour le « monde du livre », en pleine « rentrée littéraire »,
jusqu’à la « semaine des prix début novembre) : un phénomène à la fois éditorial, médiatique et économique : tentons de l’observer ensemble.

 

Question 1
(sans documentation extérieure, non connectée) : « Pouvez-vous citer des titres de la
« rentrée littéraire » dont vous avez eu connaissance, et combien ?

 

Question 2 : « Usant du web et de ses ressources, documentez-vous et voyez combien de titres vous parvenez à citer, en quelques minutes ».

Le dépouillement des titres, de leur récurrence, et l’observation des médias utilisés pour trouver ces titres, de la méthode usée par chacun, chacune, pour se documenter, est la base d’une interrogation collective. Comment l’information nous parvient-elle ?
Comment allons-nous la chercher ? Que faire, comment traiter, en position de médiateur, d’une information qui me concerne peu et dont pourtant je ne peux pas être totalement coupé (du fait de cette fonction)?

 

Exemple d’une parole informée et improvisée : ma sélection rentrez !

Présentation du projet et du blog rentrez.wordpress.com

 

Une heure trente de présentation en l’état : j’ouvre la valise des 48 titres, en présente une dizaine, par le biais de lectures à voix haute.

 

Travail à faire pour la fois suivante (10-11 octobre): une parole. Enregistrez-vous : avec un téléphone, en mp3, 10 minutes de parole autour de quatre titres au moins de la rentrée littéraire, lus ou non lus.

Séance 2 — 7h, lundi et mardi 13 et 14 novembre 2017

 

1 — retour organisé sur les enregistrements produits et reçus

2 — Note de lecture : approches de « l’écriture de la lecture »

 

Un livre a étéchoisi.

Il va falloir le lire et écrire cette lecture, la documenter et documenter un lecteur sur le livre, tout en énonçant un point de vue personnel.

La spirale de Claudette Oriol-Boyer est présentée, pour explication de quelqus aspects du processus d’écriture

http://tsoubrie.free.fr/La%20spirale.htm

 

Plan de déroulement de l’exercice-atelier «écriture et publication en ligne d’une note de lecture ».

 

Que lire d’un livre, qu’écrire de ce Lire ?

 

Principe annoncé

Se documenter, et documenter en retour. Venez avec un livre. Nous tenterons, ensemble, d’en écrire quelque chose qui soit : documenté, tissé du Monde, du réseau, et des autres ; et qui soit en même temps : de vous, pleinement personnel (et verrons comme c’est, sans doute, indissociable).

 

Déroulement de l’atelier

Il ne s’agit pas d’une méthode ou d’un cours de journalisme, d’un guide de «  bien-écrire  », d’un manuel d’usage de communication (tout ceci se trouve aisément sur le web, chartes éditoriales de site et  : il s’agit, se penchant sur un livre qu’on a lu,  de traverser cette expérience fondamentale et nécessairement productrice, de la relecture, attentive, scrutative, réflexive. Et de passer, pour ce faire, par l’écriture.

 

1/ Tout est en vous, tout est dans le livre.

A —

 

« Attaquer le livre par son dehors : sans l’ouvrir, noter tout ce qui s’en dégage, toutes les informations données par sa couverture (première, quatrième, tranche…), titre-auteur-éditeur, résumés, exergues, design… »

 

B —

 

«  Isolez-vous et posez vous des questions durant 3 minutes, yeux fermés, sans rien écrire manuellement :
Quel souvenir vous vient de ce livre ? Quelle phrase, même imparfaitement ? Quelles images ? Quels dialogues ? Quelles idées ? Quelles sensations ? Ne notez rien.  »

 

C —

 

«  Tout ce qu´il y a à dire du livre est d’abord, déjà, là. Posez des questions au livre, dépliez l’objet, questionnez-le :
qu’est-ce qu’il y a dedans ? Structurellement : organisation, titre, sous-titres, exergue, dédicaces, parties sous-parties, quelle mode d’énonciation, quelle structure ? Quelles phrases, quelles accroches, quels incipits, quels excipits ? Quelles phrases vous ont marqué ? Quelles phrases sous restent, quelles phrases vous semblent déterminantes ? Notez, recopier. Une phrase, deux, trois.  »

 

D —

«  Relisez et reposez-vous les question d’origine, 5 minutes, avec ce matériel sous les yeux. Faites des rapports, mentaux puis écrits.  »

Retour collectif.

 

  • 2/ Tout est ailleurs, rien n’est pareil.

A — La documentation

– Cherchez, maintenant que vous disposez de vos souvenirs et d’éléments objectivement tirés du livre, cherchez tout ce que vous pouvez trouver sur ce livre sur le web, avec et sans méthode. Ramassez des citations, usez du copier-coller (en insérant un lien à chaque fois, pour ne pas perdre vos sources de vue, et pour citer en bonne et due forme.  //
N’intervenez pas autrement qu’en redisposant, et laisser des blancs.  »

 

B — La recopie

 

On constate, ensemble, lors du retour collectif, que dès lors un point de vue se constitue, on se positionne face à l’information reçue, abondante, on peut la citer ou la compléter ou contredire, depuis ses propres observations. Le but est, échappant au tout-venant, au marketing, à l’air du temps, de reprendre position d’énonciation, d’auteur de sa propre lecture (et de ses propres lectures documentaires, ensuite), car chaque lecture est unique et permet d’énoncer un propos singulier.  Les matières s’affrontent, se frottent : le su et le lu, le vu et le lu, l’objet documente mon point de vue qui le documente et re-documente avec et contre et depuis les informations autres, une spirale est en marche, l’écriture est lancée.

Le reste est affaire de temps, de sédimentation puis percolation, de tri, d’allers et retours vers le texte… et de contrainte de format, selon l’espace de publication où publier cette notice.

 

C — Retours collectifs

a — réponse à deux questions : « Où j’en suis ? Qu’est-ce qui manque ? »

 

b — observation du brouillon dans le back office du wordpress.

(Les textes des étudiants sont à lire à suivre, entrée par la rubrique

Ton père, Christophe Honoré (éd. Mercure de France)

     Ton père est une œuvre écrite par Christophe Honoré, publiée par Mercure de France en 2017. Elle fait partie de la collection « Traits et Portraits » de l’éditeur, qui amène les auteurs à se confier et à parler d’eux-mêmes. Cette collection a une vraie cohérence visuelle, puisque chaque couverture répond au même code : c’est sobre, il n’y a pas d’illustration, rien pour véritablement attirer l’œil. Le nom de l’auteur et le titre du livre sont écrits en blanc sur un fond coloré uni, et le nom de la collection est écrit dans une police plus grande que le titre lui-même. La couverture est faite d’une matière un peu gaufrée, ce qui me fait penser à ce que je faisais enfant, avec un petit outil qui me permettait d’avoir un résultat ressemblant. Pour le livre qui nous intéresse, le fond est rouge, et le titre est écrit dans une police sérif. Cet aspect épuré de la couverture a l’air de montrer que l’important est le contenu, et non pas la forme.

C’est un livre fort. Un livre violent. Un livre qui, mêlant autoportrait et fiction, s’inscrit pleinement dans l’actualité. Christophe Honoré est un écrivain et réalisateur qui était sûr de lui, sûr de ses convictions et qu’il ne faisait de mal à personne. Il était intimement persuadé qu’il avait instauré un nouveau modèle de famille, et qu’il vivait en toute tranquillité. Mais la réalité est toute autre. Un matin, alors que sa fille va à la boulangerie, seule, elle revient avec un mot et une punaise. Honoré n’y prête tout d’abord pas attention. Puis, petit à petit s’insinuent le doute, la menace et le danger. Sur ce mot, une phrase courte et fondamentalement homophobe est inscrite : « guerre et paix : contrepèterie douteuse » (père et gay). C’est le début d’une remise en question complète, depuis l’époque où l’auteur s’est rendu compte de son homosexualité. On lui refuse le droit d’être père, parce qu’il ne correspond pas aux normes hétérosexuelles, de la famille parfaite avec un père, une mère et un enfant fait de façon naturelle. Il est vu comme une menace pour son propre enfant, et on le lui fait savoir. On lui indique à lui en même temps qu’aux autres qu’il est connu, que sa fille est connue, que quelqu’un sait où ils habitent. Il est un mauvais père. Un mauvais père pour la simple et bonne raison qu’il est gay. De nombreuses questions lui traversent alors l’esprit, dès le début du roman : « Pourquoi avoir punaisé ce billet sur ma porte ? Pourquoi ne pas le glisser au-dessous ? Pourquoi s’attacher à l’afficher ? Pourquoi ce désir de proclamer ce que l’on a tenu à me dire ? Mais tenait-on à me dire quelque chose ou plutôt à me signaler ? […] ». Ces questions sont l’amorce d’une mise en lumière de l’homophobie ordinaire, que l’auteur n’a jamais voulu considérer, mais qui pourtant s’est ancrée dans sa mémoire. Ce billet ressemble à de la délation, comme s’il était un criminel en cavale.

Honoré nous immerge dans sa vie, dans son passé et dans son histoire. Avec un langage parfois cru, il se livre au lecteur, il lui parle de ses doutes et de ses sentiments. Nous découvrons une partie de son adolescence, sans pourtant savoir s’il s’agit de fiction ou de réalité. Depuis son enfance, il s’est constitué un mur d’illusions, se persuadant que tout ce qu’il entendait sur son homosexualité n’était rien ; pourtant, son propre père le rejetait pour cette raison, et il recevait de nombreuses remarques désobligeantes, voire méchantes. C’est une véritable remise en question qui s’opère après le mot punaisé sur sa porte, épisode suivi de deux autres « blagues » du même genre : deux semaines après, il trouve devant sa porte une crotte de chien posée sur la couverture d’un livre de Gide, écrivain homosexuel ; de plus, l’instituteur de sa fille reçoit quelques temps après une enveloppe avec deux photos de la chambre de sa fille. Sur ces photos sont insérées des éléments faisant partie de la vie sexuelle d’Honoré : une photo d’un DVD pornographique gay et un godemiché. C’est une totale intrusion dans son intimité, dans l’intimité de sa sexualité, dans l’intimité de sa famille. Quelqu’un s’amuse à lui faire comprendre qu’il est une honte ; quelqu’un de son propre entourage.

Le style d’Honoré est particulier, et il ne faut pas s’y arrêter : ce qu’il livre, ce qu’il exprime, est plus important, et soulève des problèmes très actuels, qui sont loin d’être résolus. Son écriture est parfois très crue et peut mettre mal à l’aise, parce qu’elle ne laisse que peu de place à l’imagination. Je ne sais pas si ce sentiment que l’on peut ressentir à la lecture est causé par notre société hétéronormée, qui, depuis longtemps, assimile la sexualité homosexuelle à un tabou et à un sentiment de dégoût. Ce qui est sûr, c’est qu’Honoré se bat contre cette vision, autant dans ses films que dans ses livres ; il se bat pour que le monde se rende compte que son mode de vie peut être tout aussi normal que celui des autres, il suffit de l’accepter. Cependant, ces passages crus sont très vite oubliés par ceux où Honoré laisse parler sa détresse et son désespoir, et ceux où son amour pour sa fille transparaît. Ces moments nous emportent, nous remplissent de peine ou de tendresse : l’auteur ne parle pas que de lui, il parle de tous les homosexuels qui vivent les mêmes refus, les mêmes rejets, les mêmes doutes. De nos jours, si l’homosexualité est un peu mieux tolérée, il ne reste pas moins de nombreux combats à livrer, notamment le droit à la paternité ou la maternité des personnes homosexuelles.

Ton père n’est pas un livre pessimiste. Ce n’est pas seulement une dénonciation des injures faites aux homosexuels, encore aujourd’hui, en 2017. C’est surtout une ode à la vie, à l’amour, à la paternité, à l’homosexualité : malgré l’accusation qu’on lui porte, Honoré ne baisse pas les bras ; il se questionne, il hésite, il a peur, mais il continue de vivre comme il le faisait avant. Il ne se met pas à l’écart de sa fille, il ne renonce pas à sa vie sexuelle, même si cette dernière est mise entre parenthèses le temps de résoudre la situation dans laquelle le mot punaisé l’a mis. La fin du livre est un vrai soulagement, on le perçoit et on le ressent. La vie peut enfin reprendre son cours normal.

(Alexia Veron)