Notes sur l’encombrement et le paysage du & des bureaux

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Notes sur l’encombrement et le paysage du & des bureaux

Changeons d’angle, et spatialisonsobservons notre espace (de vie, de travail) quand nous nous concentrions sur le défilement du temps.

Lecture introductive du texte de Perec dans Penser classer, « note sur les objets qui sont sur ma table de travail »

« Qu’en est-il de votre bureau ? où est-il ? dans votre appartement ? sur l’ordinateur portable ? sur l’ordinateur fixe ? Mais le bureau de l’ordinateur, il est également dématérialisé, de plus en plus, via nuages et externalisations ? Tentative d’appréhension globale, exhaustive, et actualisée de votre table de travail, de ce que vous considérez comme tel, de votre, de vos bureaux. »

Tentative d’usage de mapping et outils dédiés – Pour une écriture heuristique.
Nous utiliserons :
https://www.mindmup.com/#m:a13c092f804715013241313a9923a4dcd2

« sur ce modèle : dessiner deux bureaux – au moins. Et peut-être d’autres divisions.
Ecrire, sauvegarder, exporter – et poser dans un article wordpress. »

(autre logiciel de ce calibre :  http://framindmap.org/framindmap.html#)

Les textes, graphes (dessins, cartes…) sont à lire ci-dessous :

(Cliquer sur l’image pour l’agrandir, et sur la mention pdf pour en télécharger le pdf)
crystal

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jeremy

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marie

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marine
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tina

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Lire & ecrire le réseau social

 lire et écrire le réseau social

 

1 – retour sur expérience

Lecture collective, critique, réflexive, des textes publiés l’an passé :

https://formationslirecrire.wordpress.com/category/cours-et-ateliers-limes-poitiers/201509-11-cours-au-limes-poitiers/

discussion sur ces textes, leur contenu, la publication, le processus d’écriture.

Qu’observons-nous ? Que nous disent-ils ces textes ? Leur articulation, par organisation et distribution des avis (en position démiurgique, ou d’ »éditorialiste ») est l’affirmation d’une position, que cette agrégation, y compris de positions contradictoires, sert l’énonciation de soi, de son propre goût).

Nous observons aussi que c’est un effet du temps passé (du temps passé à cette agrégation, à l’écriture qu’elle constitue) que cette articulation plus précise, au-delà de l’affirmation péremptoire (« spontanée ») du goût requise dans l’instantanéité du réseau.

Nous reparlons d’identité numérique, d’énonciation de soi, et de ce rapport au temps.

2 – présentation de réseaux sociaux par leur usage

le professeur – GB- évoque ses fils et en dépèce les dernières publications, leur constitution dans un graphe social, les stratégies relationnelles à l’oeuvre (par les outils de croisement de données induits par facebook (taggage) et twitter (hashtag)), leur différenciation au sein d’un usage propre qui se constitue et se renouvelle au fil des jours.

Cet usage en est un – la question qui se pose aux étudiants est : quel est le vôtre ? Comment utilisez-vous ces deux réseaux ? Question orale, un premier temps, qui nous permet de clarifier les notion s de public/social /et privé (en citant Dominique Cardon).

3 – proposition d’enquête (et d’écriture)

Remontez votre fil (facebook ou tweeter), relevez sur ce fil toutes vos interventions (publications, donc) concernant la lecture, l’écriture, la littérature, notez-le.

Puis, de cette observation,  du relevé des publications à ce sujet, de leur abondance, comme de leur manque, de leur degré d’implication, de leur modération comme de leur engagement,  de ce qui émerge de cet étrange texte composite et variable au fil du temps qui s’écrit là, tirez une forme de réflexion, de réponse à cette question :

« Comment vous serez-vous du réseau social pour dire quelque chose (et quoi) de vos lectures, de vos rapports au livre et à la lecture, qu’est ce qui écrit en rapport avec la littérature, à cet endroit de publication-là ? qu’est-ce que cela renseigne de votre lecture et de son affirmation dans le monde « social » ?

Les textes sont à lire ici (et à suivre, en dessous de cet article de présentation)

Réseau social

Il y a La Poule qui Pond qui édite des albums jeunesse.

Il y a La Revue des livres pour enfants avec le sous-titre « Au risque de la politique », co-diffusée par la BNF et le Centre National de la littérature pour la jeunesse.

Il y a un article d’Actualitté qui parle d’une adaptation en comédie musicale des 50 Nuances de Grey.

Il y a un (autre) article d’Actualitté qui parle d’un prof japonais qui menace ses élèves avec un Death Note.

Il y a l’annonce de la mort de Gotlib.

Il y a un abécédaire sur l’univers de Lovecraft, conçu pour les tout-petits.

Il y a Frida, l’un des derniers albums de Sébastien Pérez et Benjamin Lacombe.

Il y a un article que j’ai écrit sur l’illustration de l’Albatros par l’illustratrice jeunesse Mathilde Magnan.

Il y a un article que j’ai écrit sur Pourquoi les lapins ne portent pas de culotte par Antonin Louchard.

Il y a l’annonce de la sortie du dernier recueil de nouvelles de Stephen King.

Il y a l’Odieux Connard qui fait une lecture critique et sarcastique de Grey.

Il n’y a pas, paradoxalement, tant d’avis de lectures que ça.

On trouve des variations de l’affiche de La La Land, Emma Stone et Ryan Gosling remplacés par les Teletubbies.

On trouve les bourrelets du chat.

On trouve une photo qui nous demande si nous serions pas des cas désespérés.

On trouve une phrase en guise de couverture qui dit que la mauvaise humeur est dans ma nature.

Et alors une cousine me dit que ce doit être mon côté breton.

 

Jeremy Barraud

Ce que je lis, ce que j’écris (sur le réseau)

Une date de début : le 28 décembre 2016, le jour où à l’aide d’une image de Charlie Brown, j’ai réalisé la triste vérité : « Mes idoles sont mortes et mes ennemis sont au pouvoir ».

L’annonce d’un nouveau Pierre Carles tente d’adoucir l’ambiance malheureuse, je poste un extrait combiné à la note d’intention du réalisateur. « Un Berge à l’Elysée », On lutte contre mes ennemis, je souris.

Décidément, cette journée est surprenante, la nouvelle tombe, Jacqueline Sauvage est graciée, je partage l’article en cherchant un sens à toutes ces informations contradictoires, peut être un ami lecteur m’aidera à comprendre : « Eh bah c’est pas dommage ». Peut-être pas.

Le lendemain, j’entends une chanson et des bribes de paroles me saisissent, je vais lire la totalité et poste la chanson sous titrée en espérant qu’elle chamboule comme elle m’a chamboulé. Où va le monde ? Un refrain qui fait écho.

Une nouvelle année commence aujourd’hui, pour fêter ça je ne posterai qu’une photo d’un abri bus sur lequel on peut lire « Je suis désolée – signé 2016 ». Ou, comment résumer une année en une image. L’art de la synthèse dans le partage.

Le trois janvier, un gagnant du prix Goncourt des Lycéens me sort de ma torpeur en enchaînant un flot de mots poignards accusateurs des ennemis communs de notre société. Gaël Faye, vite, partager, transmettre et oser croire.

Le 4 janvier, comme souvent les auteurs/illustrateurs McElfatrick et Rob DenBleyker me font rire jaune avec leurs courtes production. Ici, un enfant joue avec son chien à la balle, il fait semblant de lui envoyer en riant « stupid dog », sur le même schéma un père dit à son fils « vas fils, cours après tes rêves, tu peux tout faire ! » et ri en le voyant partir « stupid kid ». Rire jaune.

Après l’humour, le trop sérieux. Indigestion face au mail envoyé à la direction générale de la police aux frontières. Envie de vomir, pas possible de ne pas prévenir, avertir en lisant « L’islam est le cancer de l’Europe. Les musulmans sont ses métastases. Jamais la France n’a été aussi gravement malade. » Haine à vomir devant ce vomissement haineux.

Le lendemain, haine à pleurer. Les ennemis sont infatigables, Gaino le prouve en se désolant de ne pouvoir faire aucune économie avec son triste salaire de 5100 euros par mois. Où est le sens de réalité ? Besoin de partager, ou de décharger, je ne sais plus vraiment.

Le 6 janvier, un sourire, un petit gif qui appuie sur le rôle du livre donne espoir. Un enfant gris dans un monde gris découvre les couleur et la joie en ouvrant un livre. Rêve ? Espoir ? Vérité ? Partage.

Le 8 janvier, le triste anniversaire de mon poète préféré, David Bowie. Honneur en pleurs.

10 jours sans lectures partagée, une vidéo intitulée « chômage : en baisse, vraiment ? » donne du grain à moudre, propose une nouvelle approche, démonte les préfabriqués médiatico-gouvernementaux. Partagez, évacuer, un devoir citoyen ?

2 jours après un nouveau morceau de musique exprime bien mieux que moi ce que j’aimerais dire. On met en lien Papillon Paravel qui parle de « la même » et on lit, toujours plus avidement ses paroles qui hurlent. Partage ? Décharge ? vomir ? Vomir l’ennemi.

Le 20 janvier on peur de honte. On guette, on vomit, on partage même pas, on flippe son devoir de citoyen et on ne décroche pas le regard de l’ennemi, partage, décharge, carnage. On enterre l’espoir.

Ce qui n’apparaît pas de mes lectures ?

La forme livre disparaît presque entièrement de ma vie sur réseau social. Plusieurs aspects peuvent l’expliquer :

    • je ne pense pas que mon « réseau » soit un public « cible », pas ceux qui suivent attentivement les publications.
    • j’écris, je partage par peur d’être seule dans une révolte sourde. Je vais communiquer ce qui rend espoir, ce qui indigne pour chercher la réaction.
    • Le réseau social est pour moi plus un moyen de découvrir. Certainement un reste de mon manque de confiance mais je cherche à dénicher sans penser pouvoir « inspirer » par moi même. Une dénicheuse de mots au service de l’indignation.
    • Mes lectures du moment sont surtout numériques et encore trop peu connues de moi. Je ne l’ai pas encore assimilé, je ne me suis pas consolidée grâce à elles.
    • Chaque livre devient une part intime de moi à travers l’interprétation que j’en fais, à travers le sens que je mets derrière ces phrases. Je lis personnel.
    • Le réseau social, bizarrement parlant, n’est pas un miroir. Je mets un point d’honneur à ce qu’on ne puisse connaître de moi, pas grand chose de personnel. Exposer mes lectures serait comme exposer une photo de nu ou exposer un extrait d’autobiographie mollement romancée.
    • Au contraire, exposer ma vision du monde ne me semble pas si personnel. Le réseau social comme assurance de ne pas être la seule à penser ce que je pense.
    • Et le réseau social comme mal être d’être la seule à se sentir touchée par certains sujets.
    • Incohérence, dichotomie, partage de la solitude et solitude de l’être multiple.

L’absence de livres sur les réseaux sociaux représentative d’une peur du dévoilement affectif. Un dévoilement plus personnel qu’une conviction politique. Une vision bien personnelle.

Chrystal Charrié.

La vie des autres

Publiant très peu de liens, articles sur Facebook, il m’arrive néanmoins de partager diverses vidéos en rapport avec la politique, la société, mais également des pétitions d’Amnesty, des citations ou articles provenant de sites satiriques, des photos de mes voyages ou de concerts… Mais probablement par manque d’envie, cela reste une chose bien rare. Ne prêtant pas attention aux réseaux sociaux, Facebook n’est pas un support primordial et je préfère tout simplement envoyer des liens dans le cadre privé. Certes, je suis la première à divaguer sur les divers liens partagés par les autres membres, à m’intéresser et commenter des publications, à communiquer et interagir avec des proches, mais je ne ressens pas l’envie de partager régulièrement en public, mes sources d’intérêt ou des moments personnels. J’y puise quelques bribes d’information, mais ce n’est qu’un support parmi tant d’autres. Du coup, mon entourage partage bien plus que que moi des liens sur mon mur, un mur qui me discréditerait à coup sûr d’un point de vue professionnel, notamment face à l’apothéose de liens parfois sérieux, mais qui sont, la plupart du temps désinvoltes et drôles.

Le dit et le non-dit

Le public auxquels s’adresse mes publications ne sont pas de grands lecteurs et ne s’intéressent pas tous à la littérature. Selon la nationalité et l’âge des contact Facebook et Instagram, nous pouvons expliquer ce manque flagrant d’intérêt pour la littérature, Ce qui revient assez souvent sont les romans qui ont eu droit à un adaptation cinématographique ou à une série télévisée ainsi que les bandes dessinées, ce qui nécessite pas un grand effort de lecture ou de compréhension, Parmi ces œuvres qui ont été cité sur l’un des réseaux sociaux, nous notons plusieurs publications faisant référence à Game of Thrones écrite par George R,R Martin, Harry Potter de J,K Rolling, Donnie Darko de Richard Kelly, American Psycho de Bret Easton Ellis. On cite les paroles de Victor Hugo et D’Oscar Wilde, mais cela passe inaperçu. On cite des Bandes dessinées méconnues, jugée trop dérangeante par mes lecteurs, un seul like, aucun commentaire. En somme, rien de bien productif n’a été publié sur ce mur. Je n’ai considéré celui-ci que comme une cours de récré. Je parle de mes pauses, de mon investissements scolaires et de ma volonté d’avoir plus de temps pour moi ce qui est assez paradoxal car je perds le peu de temps que j’ai à écrire des statuts « je n’ai plus le temps… ». Beaucoup partagent leurs coups de cœur sur mon mur. Cela en dit d’avantage sur moi que sur eux. Je préfère laisser les autres remplir ce mur qu’exprimer mes propres idées, je m’autocensure afin de « fit in ». De m’intégrer dans une société nouvelle qui n’en a rien à faire des événements politiques révoltants, de la culture. De nombreux grands noms disparaissent mais on leur préfère des débats sur la couleur d’une robe ou d’un cuisinier qui d’un geste inhabituelle, rajoute du sel à son plat. Au final, Facebook n’est qu’un semblant de paradis ou les simples d’esprits sont plus nombreux que ceux qui ont vraiment soif d’apprendre. Nos lectures appartiennent désormais à notre vie intime car elles en disent beaucoup sur que l’on est et on ne veut surtout pas être : des paria aux yeux du monde. On fait une tentative, on partage un documentaire historique pour manifester notre passion pour une époque révolue, aucune réaction, on efface, on change de photo de profil, tout le monde rapplique ,.le paraître est important sur Facebook, encore plus sur Instagram, nid du narcissisme par excellence, mode d’emploi: photos de lieux de vacances exceptionnels pour montrer qu’on a les moyens, photos en tenue de sport pour montrer que l’on prend soin de ce corps et de nourriture pour faire voir aux autres qu’on mange sainement, qu’on va de temps à autre au Starbucks parce que c’est tendance, ne pas oublier les photos de « Notre » chez nous, en l’occurrence un lieu paradisiaque sorti tout droit d’une carte postale et les photos de ce que l’on porte sur le dos, que l’on ne porte qu’une fois et pas dehors, mais l’on sait tout au fond de nous que comme Chuck Palahniuk le dit si bien…tout ce que nous possédons fini par nous posséder, dernière publications sur instagram, je me fais les ongles, je choisi la mauvaise couleur, même mes mains et mes pieds ont plus de fans que la littérature.

« Livre de visage »

Nous tournons les pages de mon « livre de visage » et celui-ci écrit :

(Il y a 2 jours) Promotion du festival Bruits de Langues ;

(Il y a 12 jours) Les couleurs de Gryffondor ont envahi l’espace de mon profil (ou description du personnage, comme vous voulez) ;

(Il y a 1 mois) La page s’anime, fascination devant la vidéo d’un homme qui restaure un livre en lui donnant une nouvelle reliure ;

Nous poursuivons l’histoire, en écoutant quelques musiques postées ici et là, slalomant parmi les innombrables photographies :

(Il y a 2 mois) Il semble que j’ai trouvé le temps de m’intéresser à l’édition française et aux derniers chiffres sur le secteur ;

(Il y a 8 mois) Encourager un membre du groupe des métiers de l’édition sur son sujet de mémoire : la promotion du livre dans les médias traditionnels ;

(Il y a 9 mois) Promotion de notre journée professionnelle sur la chaîne du livre ;

Le désespoir frappe une page, il n’y aura jamais assez d’une vie pour lire tous les livres de ma pile, trop de livres ou est-ce plutôt le manque d’étagères chez moi ? Telle est la question ;

(Il y a 11 mois) Mon mur jubile, nous découvrons les nouvelles illustrations de Jim Kay pour Harry Potter, ainsi que les dates du tout jeune salon du livre de Poitiers et des Editeuriales ;

Il nous reste quelques pages à ces histoires quotidiennes mais nous allons nous arrêter ici pour aujourd’hui. Peut-être une suite au tome 2.

Instagram est un peu plus secret et ne partage que quelques moments de détente autour d’un livre, papier ou numérique, et la photographie d’une bibliothèque. Mais même si le livre est photogénique il semble que cet endroit soit fait pour laisser l’imagination s’emporter dans les paysages et dans les visages, qui sont un autre livre de moi.