Séance 1 – (faire connaissance) : se lire soi en train de lire.

(Lire, écrire, en numérique)

Séance 1 – (faire connaissance) : se lire soi en train de lire.

Séance inaugurale d’un cycle de trois : présentation de notions : médiation littéraire (par le détail des activités de médiateur littéraire de Guénaël Boutouillet), liens serrés entre lecture et écriture, nécessité de penser par l’écriture son rapport à l’écriture et à la lecture, et plus largement, son énonciation de soi dans un contexte professionnel (l’écosystème du livre), et dans un environnement numérique mouvant.

1 – présentation(s)

… de chacun, de l’endroit d’où se formule ce cours, et de ses problématiques.
Appel, inscription par adresses courriel, invitation au blog formationslirecrire.wordpress.com/ , tour de table ouvert pendant les inscriptions : il est demandé aux étudiant(e)s

2- Comment c’est commencer (un livre) ?

Nous travaillons avec la question de que Jasmine Viguier s’est posée dans le cadre d’un dossier qu’elle prépare pour Mobilisons, revue de Mobilis, autour du mot « commencer ». Me disant que de parler de sa lecture, de son rapport à la lecture peut- être une bonne entrée en matière, d’écriture, d’énonciation, de publication, je soumets sa question, en version improvisée, changée, aux étudiants :

« – Quel état d’esprit vous habite alors que la première page n’est pas encore tournée, alors que vous prenez l’objet dans vos mains ? Qu’est-ce que vous en attendez ?
– Qu’est-ce qui retient votre attention (poids, la taille, le nombre de page, le graphisme de couverture, rien de tout ça…) ?
– Dans quelle situation/position aimez-vous commencer un livre : au calme chez vous, en transport, le soir, le matin etc… ?»

C’est donc l’exercice d’écriture, d’une écriture envisagée comme exploratoire et énonciative, pour poser des faits et des représentations d’où seront bâties les réflexions à venir.
Les textes sont à lire ici (en dessous).

 

Les livres tombent du ciel

Une pile de lives trône sur mon bureau. Un marque-page est glissé dans la moitié d’entre eux. Ils sont arrivés au fur et à mesure sans que je m’en aperçoive.

Tout a commencé dans une petite brocante, endroit idéal pour trouver des ouvrages d’occasion. Je parcours des yeux les étagères remplies d’histoires plus ou moins passionnantes, prend le temps de regarder la couverture et le titre de chaque livre. Je fais le tour une fois. J’ai en déjà repéré quelques uns. J’en prends deux et les compare : la couverture, l’état, la quatrième de couverture, l’auteur… J’y passe un temps fou sans même m’en rendre compte. Je souhaite me détourner du fantastique pour découvrir de nouveaux genre. Enrichir mes lectures par des auteurs moins abordables au premier abord. Je finis par choisir Anna Karénine de Tolstoï et le Seigneur des anneaux de Tolkien. J’ai donc encore craqué pour le genre fantastique mais j’ai une excuse : mon auteur préféré s’est inspiré de l’univers de la Terre du milieu pour écrire ses romans. J’aime l’aspect de la vieille édition poche et me sent revigorée par la promesse de ces lectures. La couverture d’Anna Karénine est très élégante et j’espère réussir à achever le récit, ce qui est, aujourd’hui encore, incertain.

Une fois rentrée, je ne peux m’empêcher de m’installer sur le canapé pour commencer ma plongée dans l’univers des mots. C’est plus fort que moi : que je revienne de la bibliothèque ou de la librairie avec un roman, une BD ou un manga, il faut que je le lise, le feuillette, que je m’assure que je l’ai bien choisi ! Ainsi, j’inspecte une dernière fois la couverture d’Anne Karenine, essayant de deviner à l’avance l’ensemble de l’histoire. Je fais tourner les 500 pages et retourne à la page 1. J’y suis.

Bien qu’absorbée dans l’univers mondain russe, une voix me souffle que Tolkien m’attend et qu’il est surement aussi intéressant que Tolstoï. Arrivée à 20 pages, je n’y tiens plus. Je comprends à présent l’atmosphère du premier livre, il me faut attaquer le deuxième. Je ferme Anna Karénine et ouvre le Seigneur des anneaux. Nouveau monde, nouvelle histoire, nouveaux sentiments.

L’ambiance des livres est appréhendée. Quand j’ouvre Tolstoi, une ligne me suffit pour me souvenir, me retrouver avec les personnages et ressentir leurs émotions. Si je le ferme et que j’ouvre le Seigneur des anneaux, une ligne me suffit pour replonger dans la Terre du milieu.

Mais, ô malheur ! Une promotion à la librairie sur les livres de poches ! Me voilà armée de trois nouveaux romans ! La couleur des sentiments de Kathryn Stockett arrive sans arrêt à mes oreilles et se trouve à la bibliothèque ! Mon esprit se trouve alors aux quatre coins du monde : dans la Russie du XIXe siècle, dans la Terre du milieu, au Mississippi des années 1960, dans la tête d’un homme qui ne s’aime pas… 

Ophélie

Entre Max et Benjamin Button, mon cœur balance…

Max et Benjamin ?! C’est qui ?

  • Max, Sarah Cohen-Scali, Éditions Gallimard

Roman pour ados qui débute alors que le héros n’est pas encore né. On suit sa vie de fœtus, puis de bébé, d’enfant, d’adolescent.

Max est le prototype parfait du programme « Lebensborn » initié par Himmler.
Des femmes et des soldats SS ont été sélectionnés afin de mettre au monde de purs représentants de la race aryenne.

  • L’Étrange histoire de Benjamin Button, David Fincher, 2009

Ce film raconte l’histoire d’un homme qui est né à 80 ans et vécu toute sa vie à l’envers, sans pouvoir arrêter le cours du temps.

Adapté d’une nouvelle de F. Scott Fitzgerald, le film suit les tribulations de Benjamin, de 1918 à nos jours.
Ses rencontres et ses découvertes, ses amours, ses joies et ses drames…

Livres commencés par le début

  • Tous les livres qui n’ont pas des titres bizarres, flous, sans quatrième de couverture, avec une couverture évasive
  • Toutes les sagas connues (car il y a forcément du suspens, une suite et donc une fin en queue de poisson !)
  • Tous les livres policiers (histoire de ne pas connaitre le nom du meurtrier avant celui de la victime !)

 

 Livres commencés par la fin

  • Les Yeux jaunes des crocodiles, Katherine Pancol, Éditions Albin Michel

Pourquoi ce livre ? Tout le monde en parle
Pourquoi commencer par la fin ? Titre qui ne signifie rien, ne désigne rien de particulier. Aucune indication sur le genre, le récit, l’époque… La quatrième de couverture laisse totalement dans le flou.
Résultat ? Échec total. Une fin qui ne m’a pas plu. Donc je ne l’ai jamais lu

 

  • L’Échappée belle, Anna Gavalda, Éditions Le Dilettante

Pourquoi ce livre ? C’est un cadeau
Pourquoi commencer par la fin ? Titre très large, couverture très belle… Mais rien en quatrième de couverture.
Résultat ? Une fin magnifique : Je l’ai lu et adoré !

 

Léa Bricou

Commencer un livre : la découverte avant l’ouverture

Quand je commence un livre, je regarde d’abord sa couverture. Elle est pour moi la première page du livre, la première page qui nous apprend quelque chose sur ce qu’on est sur le point d’ouvrir. Elle est aussi importante que la quatrième de couverture, qui serait la seconde page.

Je ne peux pas commencer un livre sans passer par ces deux pages. Elles sont pour moi indispensables, ce sont elles qui m’aident à prendre une décision. La question étant : j’ouvre ce livre ou non ? La couverture me permet d’en apprendre plus sur les personnages, même si parfois ces informations sont en total désaccord avec l’intérieur du livre. Souvent, je regrette de m’être si vite fait une opinion, une image des personnages par le seul biais de la couverture. Quel est l’intérêt de s’imaginer l’héroïne blonde s’il est précisé dans sa description qu’elle est brune ? Il est trop tard, le mal est fait. Un simple coup d’oeil à l’objet livre lui-même et l’image qu’on se fait du personnage est biaisée. La quatrième de couverture est également un passage obligé avant d’ouvrir un livre. C’est elle qui détermine si le livre doit être ouvert aujourd’hui ou plus tard, c’est grâce à elle que je choisi. La quatrième de couverture répond à ma question : est-ce que j’ai envie de lire ça aujourd’hui ? Elle permet de se faire une idée de ce que l’on va trouver dans le livre. Parfois le résumé est un peu vague, ce qui ne me permet pas de me décider à ouvrir vraiment le livre. Parfois il est un peu trop généreux en informations, et l’intérêt de lire un livre dont on a presque déjà compris les rebondissements ne me paraît pas réjouissant. Parfois j’ai envie de surprises et parfois la sécurité prévaut, quitte à commencer un livre dont j’ai déjà tout découvert, un livre que je peux redécouvrir. Je commence souvent des livres, j’observe leurs couvertures, je lis leurs quatrième, mais je ne les ouvre pas.

Ils n’étaient pas fait pour moi aujourd’hui.

Lisa

Comment je commence un livre ?

Comment je commence un livre ?

Bonne question.

À vrai dire, je ne me l’étais jamais posée, alors de but-en-blanc, comme ça, je dirais par la quatrième de couverture. Mais en y réfléchissant un peu plus, la quatrième n’est pas seule à déterminer mon choix. Elle compte, évidemment, mais je me souviens d’une fois où j’avais lu une quatrième de couverture, décidé de lire le livre qui avait l’air d’être très bien, et qui au final s’est révélé n’avoir rien à voir avec un pseudo résumé : peut-être une erreur qui sait ? Je ne me souviens absolument pas de quel livre il s’agissait : seule cette histoire de quatrième de couverture complètement, désolée, à côté de la plaque m’a marquée. Alors maintenant, je crois que je fais autrement.

Oui c’est sûr et je l’avoue bien volontiers, je continue à les lire ces fameuses quatrièmes… Mais je regarde aussi et surtout les pages intérieures : j’ouvre le livre, je prends en général les premières pages, et je lis. J’arrête, je vais au milieu du livre, je lis quelques phrases, voire plus, et je referme. Je regarde aussi qui est l’éditeur (on sait jamais, peut-être que dans un éclair de génie je vais me souvenir d’un livre en particulier qui m’a marqué dans la même collection ; ou pas) puis la couverture. Avant, si elle était moche (il faut dire ce qui est) je ne cherchais pas vraiment à comprendre et me disait que ça ne me plairait pas. Point. Maintenant, j’essaie de faire abstraction : peut-être que c’est bien plus qu’une couverture moche après-tout ; peut-être que ce livre à l’allure vraiment peu envieuse pourrait se révéler un vrai bijou.

Ah oui, j’y pense tout juste : l’auteur. C’est pourtant probablement le point le plus important du livre et l’un des premiers détails que je regarde. Cela paraît tellement évident que j’ai complètement oublié d’en parler. Alors, l’auteur. Et bien si je le connais tant mieux. Je sais si j’aime ce qu’il écrit ou pas. Si je n’aime pas, on sait jamais peut-être que le livre que je tiens entre les mains est différent des autres. Lisons quelques pages pour voir ! Si je le connais pas (ou alors que j’en ai seulement entendu parler), tant mieux : pas d’à priori sur l’encre noir. Alors je fais pareil, encore et toujours je lis quelques pages : d’abord au début, puis au milieu. Si ça me plaît : en route pour l’aventure ! Si ça ne me plaît pas, au-revoir et peut-être à un autre jour.

Ah, et si je ne sais pas vraiment quoi penser de ces fameuses pages ? Réflexion. Encore réflexion. Bon, la couverture est attrayante ? D’accord, alors je prends et j’essaie : advienne que pourra. La couverture n’est franchement pas terrible ? Peu de chances que je me lance. C’est probablement ridicule : la couverture ne fait pas le livre j’en suis bien consciente. Mais je n’ai pas un temps à rallonge : j’ai envie de lire, alors je choisis un livre qui me plaît ; si j’hésite, je peux essayer, mais je me donne des espèces de critères complètement subjectifs (qui ne rendent pas forcément honneur à de nombreux livres je le sais bien là aussi) qui me permettent de me décider. Avec tout ce qui existe, je sais que je trouverai tôt ou tard ce qui me plaît. Je suis déjà probablement passé à côté de pépites dont j’ignore du coup l’existence et c’est bien dommage. Mais j’en ai aussi découvert d’autres : ô joie !

Pour moi, je crois qu’en fait c’est ça commencer un livre : est-ce que ça va me plaire ? Est-ce que je ne pourrais pas découvrir un espèce de petit bijou, de diamant brut ? Je crois que ce que je cherche avant-tout, c’est le suspens, l’attente de savoir si je vais être embarquée dans un récit dont je ne voudrais plus me sortir. Et si c’est le cas, alors c’est gagné…

 

Gwendoline Cantin

Est-ce le début de la fin ou la fin du début?

Par quoi commencez-vous un livre ?

Quand j’étais plus jeune je choisissais « l’album du soir », le plus souvent un album de Claude Ponti ou d’Yvan Pommaux, grâce à sa couverture et ses illustrations.

Puis, j’ai pris l’habitude de toujours lire la fin du livre. Mais un jour, j’ai lu les dernières lignes d’un livre dont j’ai oublié le nom et j’y ai appris le dénouement de toute l’histoire. J’ai quand même essayer de commencer à le lire, mais il n’y avait plus d’intérêt puisque je connaissais la fin de l’intrigue.

Aujourd’hui, je choisi un livre grâce à sa première de couverture plutôt qu’à sa quatrième, donc je pourrais dire qu’aujourd’hui je commence un livre par sa couverture. La couverture d’un livre fait souvent partie des dernières étapes de sa création, pourtant c’est ce que l’on voit en premier. Le choix des couleurs, de la photographie est donc très important car il n’en dévoile pas trop ou même pas du tout sur l’histoire et l’écriture, mais il doit nous attirer visuellement, contrairement à la quatrième de couverture qui en dit souvent trop. Le résumé m’empêche de me projeter moi-même dans l’histoire puisque les axes, choisis pour attirer le lecteur, sont trop présents à mon goût.

Je me rappelle du livre de Sherman Alexie, Flight, dont la couverture m’avait beaucoup attirée. C’était le portrait d’un Indien coiffé d’un bandana, avec de long cheveux sombres et habillé en noir. Son regard était caché par des lunettes de soleil mais la position de sa tête était marquante, j’avais l’impression qu’il me regardait de haut. J’avais déjà lu des livres de Sherman Alexie, je savais donc que ce livre allait parler de la place des Indiens aujourd’hui en Amérique. Mais n’ayant pas lu la quatrième de couverture, je m’attendais à ce que le personnage principal soit un Indien charismatique, imposant qui avait déjà vécu plein de choses, mais non ! Dès les premières pages on comprend que Spott est un jeune indien au physique ingrat, rejeté par la société. À la fin du livre, je me suis dit que l’Indien sur la couverture représentait peut-être un Spott plus mûre, plus sage après ce qu’il a vécu tout au long du livre. J’aime bien essayer de comprendre le choix de la couverture à la fin de la lecture.

En écrivant ceci, j’ai compris que j’avais fait une boucle dans ma façon de commencer un livre, passant des illustrations aux dernières lignes puis en revenant au réel commencement du livre, la couverture.

 

Alice Charpentier.

Par où commencer ?

Comment je commence un livre ? En regardant la première de couverture. Il ne faut pas le nier : la couverture, soit elle nous attire, soit elle ne nous attire pas. Dans le premier cas c’est gagné : on a envie de lire le livre. Dans le second cas par contre, il y a de fortes chances qu’on le repose sur l’étagère sans même l’ouvrir. La couverture c’est l’illustration, bien sûr, et le titre. C’est le nom de l’auteur aussi, mais ça, ça m’intéresse moins. Ce n’est pas que je n’ai aucun respect pour la personne qui a écrit le livre, c’est juste que… quelle importance ? Que ce soit monsieur Super-auteur-ultra-connu ou monsieur Premier-livre-enfin-édité, pour moi ça ne change rien. Le nom de l’auteur ne nous apprend rien sur son écriture. Même pas celui d’un auteur qu’on connaît bien. Après tout, un écrivain peut bien écrire une dizaine de livres qu’on a adorés et au onzième nous décevoir tout à coup.

Après la première de couverture ? Je commence à lire l’intérieur du livre, dans l’ordre des pages, ça paraît logique. Je me vois mal commencer un livre par la fin. Non, je ne lis jamais la quatrième de couverture au début. Je déteste ça : ça te raconte un truc sans vraiment te le raconter, ça reste vague, dans le flou. Ça laisse du suspens. Le suspens j’aime bien dans le cœur du livre, mais un résumé c’est fait pour savoir de quoi parle l’histoire. Ça m’énerve d’en lire un pour seulement apprendre qu’il va se passer quelque chose. Quelque chose oui, mais quoi ? Je préfère lire le livre directement, au moins je suis sûre d’avoir ma réponse. De toutes façons, la plupart des livres que je lis on me les offre. Ce n’est pas comme si j’étais en librairie à me demander si je les achète ou pas. Je les ai déjà, ils ont déjà été payés par quelqu’un d’autre, donc au fond, que le sujet m’intéresse ou pas on s’en fiche. Si ça ne me plaît pas j’arrêterai de le lire en cours de route et puis c’est tout. Donc, non, vraiment non, je ne lis pas la quatrième de couverture au début. Je la lis à la fin plutôt, une fois que j’ai fini le livre. Je trouve ça plus marrant de vérifier si le résumé correspond à l’histoire.

Laura Hélaine

À la découverte d’un livre

Ma mère arrive, un soir. Elle tient un livre et me le tend.

Les Arcanes du Chaos. Le titre attise ma curiosité. La couverture n’est pas parlante. Aucun élément de l’histoire n’en ressort.

Je questionne ma mère, de quoi ce livre parle-t’il ? Va-t’il m’intéresser ? Elle me dit seulement qu’elle est certaine que je vais l’adorer mais elle me laisse le découvrir pleinement. Elle part tout en sachant que ma curiosité va l’emporter.

Est-ce que je connais l’auteur ? Non.

Je regarde la quatrième de couverture. « Toutes les victimes se croyaient à l’abris du chaos. Exactement comme vous ! » Elle mise sur le suspens, ce qui fonctionne réellement puisque je n’ai plus qu’un désir : me plonger dans ce livre.

Je l’ouvre. Une page après l’autre, ce livre resserre son emprise sur moi, m’étouffe, me fait pleurer, suffoquer et rire. La nuit défile sans que je m’en aperçoive, coupée du monde extérieur.

Voilà enfin le dénouement. L’histoire arrive au summum du suspens avant le crash. Je découvre avec horreur le sort réservé aux personnages, à Yael, et à moi par ce biais. Je sors de ce livre. Je me sens vide, exténuée et apeurée.

Solène Chartier

Lecture : mode d’emploi

À chaque fois c’est différent. Déjà, ce qui fait la différence c’est par quel biais j’en ai entendu parler : radio, émission de télé, bouches-à-oreilles, magazine, blog, mais aussi plus simplement : si je tombe sur un livre, par hasard, dans le rayon d’une librairie…

Je lis presque tout le temps les quatrièmes de couverture, sauf quand il n’y en a pas, comme pour les livres d’Amélie Nothomb.

Pour ma lecture du moment, La fin du monde à du retard, de J.M. Erre j’en ai entendu parlé dans l’émission La grande librairie sur France 5. Le livre est sorti en poche il y a quelques semaines, je l’ai donc acheté. J’ai commencé par le début (A). Mais pour certaines lectures, lorsque je m’ennuie, je vais lire la dernière page (Z), c’est risqué c’est certain ! C’est une manière de réveiller ma curiosité et ça me donne envie de continuer la lecture pour connaître enfin le lien entre le début du livre (A) avec la dernière page du livre (Z). Pareil, quand je suis contrainte de lire un livre, mon premier réflexe est d’aller lire la fin (Z).

Le commencement d’un livre est totalement différent suivant le support sur lequel on le lit. Pour les livres papiers, on peut facilement aller voir ce qui se passe dans les autres pages du livre, à la fin, au milieu, sans forcément y lire ce qu’il y a dedans mais on a du plaisir à le parcourir.

Il y a un an j’ai commencé à lire des livres numériques. Et là c’est totalement différent, le premier livre que j’ai lu sur ma liseuse est En finir avec Eddy Bellegueule d’Edouard Louis, bizarrement j’ai eu une lecture beaucoup plus linéaire, chronologique… On se sent moins libre dans la lecture, on est guidé. On nous incite à lire dans l’ordre, de A jusqu’à Z. C’est une lecture complètement différente, pour le coup on commence par le commencement.

Ma technique de lecture

Comment je commence à lire ? Comment je commence un livre ?

→ Comment je commence un livre?

Ma technique de lecture varie en fonction du livre que je lis. Si je l’ai déjà lu, je commence par le début, mais il y a toujours un moment pendant ma lecture où je vais sauter quelques pages pour lire un passage qui m’avait plu pendant ma ou mes lectures précédentes. Si j’ai jamais lu le livre, je commence évidemment par le début. Si j’accroche bien, il n’est pas rare que je lise la dernière phrase du livre pour savoir comment il finit. Je ne peux pas m’en empêcher et je finis toujours par le regretter car ça me gâche la fin. Mais je lis comme ça.

→ Comment je commence à lire ?

Ma position de lecture est toujours la même : couchée sur mon lit. Il est rare que je sois autrement quand je lis. La raison principale est que le seul moment où je lis c’est le soir quand je suis couchée. Il peut arriver, cependant, que je lise assise devant ma bibliothèque. C’est le cas quand je cherche un livre à lire. J’en prends un, je le commence. Si je dépasse les dix première pages, je le garde pour le lire et dans ce cas, je vais me coucher. Dans le cas contraire, je le repose et en prends un autre. Ce manège peut durer entre une à trois heures avant que je me décide.

→ Pourquoi je commence un livre ?

En ce qui concerne le « pourquoi » je commence un livre, j’ai plusieurs critères à prendre en compte. Le premier et plus important est mon humeur du moment. Si je suis de bonne humeur, j’aurais tendance à lire un livre des genres que je préfère : les dystopies, la science-fiction et la fantasy. Si je suis de moins bonne humeur, je lirais un livre que je connais déjà et qui m’apportera le réconfort dont j’ai besoin, qui me rappellera des bons souvenirs. Le deuxième critère est le résumé. Avant de choisir un livre, je regarde son résumé. Je ne me fie pas seulement à la première de couverture contrairement à une amie qui choisit ses livres qu’en fonction de la première page de couverture. Elle ne lit jamais le résumé. Il peut aussi arriver que je demande l’avis d’autres personnes pour choisir un livre, mais il est rare que le livre me plaise.

 

Andréa

 

Comment je commence un livre ?

Je commence un livre quand j’en ai besoin. Quand il y a un petit vide dans ma vie. Attention, je ne parle pas d’état dépressif comblé par une alimentation boulimique. Non, ici, je parle plutôt d’un vide qui nécessite une réflexion, un voyage, une découverte, une échappée au quotidien.  Voilà quand est-ce que je commence un livre. Lorsque j’ai besoin de m’évader, de découvrir un autre univers, d’aller ailleurs pendant quelques heures, quelques jours, quelques nuits. Si je suis envahie par un vide littéraire, il faut donc que j’entame une lecture. Comment est-ce que je  procède ? Ce n’est pas compliqué. Soit je farfouille dans tout mon appartement à la recherche d’un livre caché sous une pile de vêtements, que j’ai récemment acheté ou que j’ai déjà lu, soit je me lance dans la fameuse expédition « achat de livre ». Pourquoi une expédition ? Parce que j’estime le choix d’un livre tellement compliqué. Un livre, c’est prometteur, c’est une possibilité de voyage, alors oui forcément, il y a un peu d’appréhension dans le choix. Est-ce que l’auteur va répondre à mes attentes de découverte ? Est-ce que je vais parvenir à rentrer dans son univers ? Est-ce que je suis sûre de vouloir mettre 5 € ou 25 € dans une incertitude ? Comment je fais un choix ? Et bien je ne sais pas. Oui comme tout le monde, ou presque, je m’oriente grâce à la quatrième de couverture, à l’auteur, à l’éditeur, à la mise en page et à un tas d’autres paramètres. Seulement, je reste persuadée que si j’étais venue acheter un livre un autre jour, je serais repartie avec un autre.

Là, tout le monde se demande pourquoi est-ce qu’elle raconte sa petite vie littéraire ? La question était « comment je commence un livre » et non « raconte quand est-ce que tu lis ». Et bien justement, pour moi, la lecture commence avant même d’avoir le livre entre le main. Elle commence avec l’envie de lire, puisque cette envie est différente en fonction de mon humeur, de mon état d’esprit, de mes attentes. Finalement, le commencement d’un livre, c’est lorsque tu prends la décision de lire.

Eva

« Comment c’est » commencer un livre ?

Comment j’ai commencé à lire « Monadologie » de Leibniz ? C’était par pur intérêt culturel. Je connaissais sa proximité thématique avec les « Méditations métaphysiques » de Descartes et n’en fus que plus déçu. La lecture était peu accessible, très érudite, trop érudite : non pas incompréhensible mais suffisamment ardue pour me faire renoncer au moment où il confirme des thèses théologiques. Quel ennui…

Je préférais encore ma précédente lecture : « Le rivage des Syrtes » de Julien Gracq. J’ai rencontré l’œuvre de cet auteur de plusieurs manières. La première fut de trouver une correspondance généalogique avec son arbre et le mien, au 8e degré. J’ai ensuite porté un intérêt à effectuer un stage à la maison Julien Gracq à Saint-Florent-le-Vieil et, même si cela ne s’est pas concrétisé, j’ai tout de même chercher à commencer l’un de ses livres. Enfin, mon paternel m’en parla comme d’un pur génie : avec un regard complétement illuminé, il me sortit alors deux bouquins cachés dans le fin fond du fonds de sa bibliothèque. C’était « Le rivage des Syrtes » et « Un balcon en forêt ». Je lirai le second plus tard, soi-disant moins compliqué et encore plus beau que le premier. Cette complexité stylistique de « Le rivage des Syrtes » ne m’empêcha pas, pour autant, de plutôt bien apprécier la plume de Gracq. On voit bien pourquoi André Breton fut fort intéressé par cet ouvrage pour son caractère surréaliste, si mystique et ésotérique à la fois. Chaque page tournée était un réel plaisir.

Juste avant, j’ai écouté un livre audio. Ce n’est pas du tout la première fois que je m’attelle à écouter un livre enregistré : c’est même le format que j’utilise le plus aujourd’hui pour découvrir toutes formes de littérature. Un livre audio, il n’y a pas de quatrième de couverture mais je n’en avais pas besoin puisque c’était une œuvre que j’avais déjà lu (en livre papier cette fois) : « Voyage au bout de la nuit » de Céline. Ce qui m’a orienté vers ce livre audio, c’est qu’il s’agissait d’une lecture par Fabrice Luchini, grand passionné de Céline et probablement apte à offrir une correcte interprétation d’un de ses textes. Comment on commence un livre audio ? En tout cas, pour celui-là, je ne sais pas puisque j’ai tout écouté d’une traite au point que le début et la fin m’ont semblé très proches.

Commencer un livre, ce n’est donc pas seulement adhérer ou porter sa curiosité vers quelques lignes d’un prologue ou vers une quatrième de couverture. Le processus de recherches est aussi commencer à lire un livre : on se met dans la ligne spirituelle ce celui-ci, on imagine ce dont il va parler, on porte des espérances et, là, on est soit déçu soit satisfait. Lire un livre, c’est un mouvement : il y a l’idée de lire, il y a une imagination qui germe, il y a un commencement du livre mais il n’y jamais de fin…

Pas fin.

Basile Routhiau.

Comment je commence un livre ?

Je commence toujours à lire une livre quand je regarde sa première de couverture. En premier lieu, le titre puis le nom de l’auteur, l’apparence de la page, le choix de ses couleurs, de ses illustrations, sa matière. S’il y a un bandeau « Prix de », « Coup de coeur », ça compte. Puis je lis la quatrième de couverture. Le résumé d’abord. Puis l’avis d’un journaliste, d’un libraire. Sans oublier, regarder le prix du livre. Parfois, quand je ne suis pas convaincue malgré tous ces élements, je lis le début de l’histoire. Je décide alors de le prendre ou de le laisser. Parfois, à la suite d’un article, d’une interview, d’un conseil de libraire je vais acheter le livre. Sans ne jamais omettre de lire le résumé de l’ouvrage. C’est selon moi primordial si on veut bien commencer un livre.

Parfois, c’est l’inverse, d’abord la lecture, ensuite les avis. J’ai commencé à lire le dernier livre de Léonor de Récondo quand j’ai vu la première de couverture. J’ai lu le titre, le nom de l’auteur et le nom de l’éditeur. J’ai aimé la couverture, sa singularité, sa simplicité. Puis, j’ai retourné le livre et j’ai lu la quatrième de couverture. Une histoire à la Flaubert, un mariage trop idéalisé, des mensonges, une trahison puis de l’amour. J’étais déjà dans l’histoire, je lisais déjà. Puis j’ai ouvert le livre et j’ai continué à lire. Première ligne, premier paragraphe, première page, premier chapitre. Puis le deuxième, le troisième, le quatrième. Stop, une pause. Deux minutes pour se sortir de l’ouvrage. Se dire qu’on continuera ce soir. Finalement, on s’y replonge. Dixième page, onzième page, douzième page. Et combien de paragraphes ? Combien de mots ? Je referme l’ouvrage, en continuant l’histoire dans ma tête, en essayant de deviner la suite. Comment Victoire va-t-elle réagir ? Va-t-elle en parler à son mari ? Rompre ? Quitter la demeure ? Je replonge, après avoir passé la fin de l’après-midi a imaginé la suite. Puis je ferme l’ouvrage car je suis arrivée au point final. Mais je continue ma lecture par une interview dans un magazine littéraire, puis par une interview télévisée. Quand on pense avoir terminé un livre, ce n’est jamais le cas. On en discute avec la libraire du quartier. On le conseille à ses ami(e)s. On rédige un travail universitaire dessus. On l’expose sur les réseaux sociaux par un tweet à l’auteur, un j’aime à la page Facebook ou une photo postée sur Instagram. Et même lorsque tout cela est fait, la lecture n’est pas terminée. On voit l’ouvrage dans sa bibliothèque alors on se remémore l’histoire, son contenu, ce qui nous a touché, déçu, manqué, marqué. Puis on lit un nouveau résumé, on plonge dans une nouvelle histoire, celle de Valentina d’Urbano. L’Italie. Un village isolé. Une histoire de femmes. Alors on plonge et on oublie, un peu.

 

Caroline Ménoury

Nourriture livresque ou nourriture terrestre

Comment je commence à lire un livre ?

Tout d’abord faire le bon choix. Aller en librairie ou en bibliothèque, ou tout simplement choisir parmi les livres présent chez moi. Un coup de foudre sur la couverture ou être intrigué par le résumé au dos du livre.  Mon choix est presque arrêté, deux livres me restent en main. Je vais prendre celui dont j’ai entendu parler par une amie. L’autre sera pour plus tard, si jamais le premier ne me convient pas. Pas trop épais, il tient bien dans une seule main. La couverture est simple et ne m’a pas attiré au premier regard. C’est sous un bon conseil que je commence ce livre.

Où m’installer pour bien commencer ce petit livre ? Dans mon lit ? A mon bureau ? J’opte plutôt pour un moment lecture-repas. Je mange en même temps que je lis, même si je dirais plus précisément que je lis en même temps que je mange. Oui ça refroidit un peu, mais je suis plus absorbée par l’histoire que par ce qu’il y a dans mon assiette. Je vais mettre plus d’une demi-heure à finir le contenu de celle-ci. Je viens de lire la moitié de ce petit livre fort philosophique. Lire en mangeant n’est pas ce qu’il y a de plus facile. Ne pas tacher le livre et soi-même aussi ! Tenir le livre d’une main tout en tenant sa fourchette de l’autre, un instant périlleux et qui demande la plus grande attention. On repousse le moment où il faudra se lever pour aller chercher de l’eau. Pas maintenant, le suspense est à son plus haut point ! La fourchette reste dans l’assiette à moitié vide tandis que je continue à tourner les pages d’une main.

Je finirai le livre le lendemain matin. Un peu tordu et taché en haut à gauche par du thé. Quelques miettes de pain se sont glissées entres les pages. Ce livre me laisse de belles réflexions et une bonne saveur en bouche.

Jasmine

Coup de foudre, conseil ou obligation

Comment je commence un livre ?

La lecture, pour moi, est liée au « hasard ». Lorsque je veux commencer un livre, il est très rare que j’ai une idée précise du livre que je souhaite lire.

Pour choisir, je me rends à la bibliothèque de ma ville.

Puis, je me promène ensuite entre les rayons. D’abord entre les romans jeunesse et jeunes adultes, mais aussi entre les livres « pour adultes », de littérature générale.

L’étape suivante, c’est un coup de foudre, le coup de foudre pour une première de couverture.

Une fois que celle-ci m’a attirée, je regarde la quatrième de couverture : début de la « lecture ».

Si je suis convaincue, je poursuis alors ma découverte en ouvrant le livre et en commençant à lire les premières pages.

Ensuite, je l’emprunte et je le continue chez moi, dans un lit, un fauteuil ou un canapé, assise ou allongée, avec musique ou en silence.

Un autre commencement possible pour les romans jeunesse, c’est le conseil : une des bibliothécaires me conseille souvent des romans.

C’est son avis, son expérience de lectrice, qui m’entraînera dans la lecture.

(Il en va de même lorsqu’une amie ou un membre de ma famille me parle d’un livre qui lui a plu.)

Je découvre ensuite le roman (très majoritairement) sur le même schéma : quatrième de couverture, premières pages puis, chez moi, début d’une lecture plus prolongée.

Mais ça, bien sûr, c’est lorsque je choisis un livre.

Etudiante, je dois également lire des livres dans le cadre de mes études.

Dans ce cas, le schéma est le suivant : coup d’oeil au sommaire, lecture rapide des parties concernées par le cours, prise de notes et lecture plus approfondie lorsque je ne comprends pas.

Sauf pour le roman Ma Dolto de Sophie Cherer, que j’ai lu page après page, chapitre après chapitre, avec plaisir.

Fanny V.

Choisir

Je commence un livre dès lors que l’on me le conseille. On m’en fait un résumé (souvent subjectif), on m’en raconte un moment favori, on m’explique le rôle du personnage principal, le parcours de l’auteur… Ensuite, c’est à moi de choisir de le lire ou non. Mais, quoique je décide, ce livre, je l’ai déjà commencé. Je l’ai déjà commencé car, même si je n’en ai pas lu une phrase, je me souviendrai de sa trame. Ca m’arrive souvent. Dans des situations courantes, je me souviens du résumé d’un livre, qu’on m’a raconté, mais que je n’ai pas lu. Pour décider si je vais le lire, je vais à la bibliothèque ou à la librairie. Pour moi, il est indispensable de regarder la couverture du livre et d’en lire la quatrième de couverture. J’ai besoin de me situer par rapport à la façon dont il est écrit. Et à mon sens, le visuel est très important : il me donne envie de lire ce livre. Ou pas. Ca, ça dépend des couleurs, de la photo, de la typographie du titre et du nom de l’auteur et surtout de l’harmonie entre ces éléments. Si je décide de le lire, alors je l’emprunte ou je l’achète. Puis je commence par le premier mot de la première phrase de la première page du premier chapitre. Pas question d’aller voir plus loin. Je ne veux pas savoir la fin, ni le milieu d’ailleurs. Je veux lire ce livre tel que l’auteur l’a écrit. Si c’est dans cet ordre, c’est que ça a un sens important. Et je respecte ce sens, dès que je lis la toute première phrase.

Commencer un livre : tout un rituel

Pour commencer un livre, il faut d’abord le choisir : la couverture m’intéresse peu mais je décide de lire si le titre, le nom de l’auteur éveille quelque chose en moi.

Mes connaissances ont abordé un livre et en ont dit du bien, un professeur a mentionné un auteur, j’entends parler d’un titre dans un magazine... Inconsciemment, toutes ces bribes d’informations sont stockées en moi et lorsque je parcours les rayons d’une bibliothèque ou que je fouille dans les cartons lors de vide-greniers, ma mémoire se réveille et cela me donne la curiosité de lire le résumé, de me pencher sur le bouquin et souvent, de le choisir.

De cette manière, je compulse les livres dans ma chambre : je n’en lis qu’une partie mais je constitue peu à peu une réserve diversifiée dans laquelle je pourrai piocher plus tard. Envie de lire un roman policier, un Stephen King ou un livre plus reposant ? Je sais que j’aurai toujours un titre qui conviendra, je ne serai jamais en manque de lecture et ça me rassure. Je cherche donc dans un tas de livres posés par terre/un sac en plastique/un placard (au choix) et je me laisse guider par mon humeur et mes envies du moment. Certains livres restent à leur place depuis plus de cinq ans mais je sais que la majorité seront utilisés un jour ou l’autre par moi-même ou un autre curieux qui aura le courage de se plonger dans mon bazar.

Après, commencer la lecture en elle-même, c’est tout un rituel : consulter la quatrième de couverture, lire le dernier mot du texte, la biographie de l’auteur, la date de publication. Sans ces étapes effectuées dans un ordre précis, je ne peux pas me plonger dans l’ouvrage, il m’est impossible de rentrer dans l’histoire. J’ai l’habitude de cet enchaînement depuis que je me suis mise à lire compulsivement et je n’imagine pas la lecture de livres papier sans cela. Je n’ai jamais essayé (une bonne idée d’ailleurs…) mais je pense que je serai désorientée. J’ai besoin de lire la quatrième de couverture pour avoir une idée de ce que je vais trouver dans le livre, les personnages, les thèmes abordés, le ton…et je ne conçois pas le lecture sans cette partie, même si elle n’est pas écrite de la main de l’auteur.

Je peux enfin lire de texte de l’écrivain et j’essaye de poursuivre cette activité pendant un long moment : si je ne lis que 20 pages en étant à moitié endormie, tout s’efface et il faudra souvent reprendre la lecture du début.

 

Audrey Gris

Par quoi commencez vous un livre ?

La couverture, elle m’appelle toujours, m’emmène dans une histoire. Elle m’attire ou me repousse. Elle oriente mes lectures (ne jamais juger un livre pas sa couverture n’est-ce pas ? )  J’aime me demander, lorsqu’elle me plait, sa signification. Souvent, après l’avoir regardé, je lis la quatrième de couverture et je la regarde encore. A partir de ce moment, une histoire commence dans ma tête. L’envie de savoir ce qui se passe réellement s’accroche. J’ouvre le livre, et me plonge dedans. Enfin, lorsque mon imagination n’est pas en veille. Il y a des instants où la couverture, que je peux trouver belle, ne m’inspire pas sur le contenu (un fond marron, sans illustration sa risque pas de m’inspirer). Je me dis tant pis, j’en saurais plus en lisant. J’ouvre le livre et me plonge dedans. Des fois, la couverture ne me plait pas. Lorsque je ne connais pas le livre, que sans aimer la couverture, le titre a retenu mon attention, je lis la quatrième de couverture. C’est sur cette pauvre malheureuse que tout va se jouer. Des fois, j’ouvre le livre et me plonge dedans.

Mais d’autre fois encore (ça commence à faire beaucoup d’exceptions) la couverture n’a pas d’importance. Alors je commence le livre par la page 1, sans faire attention, ni à la couverture, ni à la quatrième de couverture. J’ouvre le livre et me plonge dedans.

Aussi futile cette exception peut paraître, elle régit la plus part de mes lectures. C’est maintenant que la réponse change (attention retournement de situation). Le plus souvent, je commence un livre par les autres. Quelqu’un en a parlé avec passion, près de moi ou non. L’histoire est claire dans leur yeux. Leur joie dans lecture, même dans l’écriture s’entend dans leur voix. Mon envie grandie, c’est leur passion qui résonne en moi. Je veux lire ce livre, je veux ressentir, encore une fois l’émotion des mots par mes yeux.

Louise-Marie Heuzé

 

Commencer à lire : une histoire de choix

Commencer un livre, c’est avant tout, choisir un livre. Quels sont les critères dont je me sers pour choisir le livre qui est en face de moi, quand je suis à la librairie. La couverture, c’est l’essentiel de mon choix. Il faut qu’elle me parle, qu’elle soit jolie et qu’elle m’intrigue. Je peux alors commencer à m’intéresser à ce livre. Je le prends entre mes mains, le regarde attentivement et le retourne pour lire la quatrième de couverture. Je suis toujours déçue quand ce ne sont que des citations de magazines. Qu’est-ce que ces citations apportent au livre ? Comment pouvons-nous juger, nous lecteur si ce livre va nous plaire si nous n’avons que des citations ? Devons-nous juste être suiveur de ces grands maîtres dans la critique littéraire ? Je ne suis pas certaine.

La quatrième de couverture, donc doit me parler. Succincte ou non, elle doit me donner envie de commencer ce livre. Elle doit m’intriguer. Elle doit avoir un point de chute qui ne dit qu’à moitié la suite de l’histoire. Je déteste quand les quatrièmes de couverture en disent trop sur le livre ou nous donne la suite trop facilement. « Une femme, un homme ne se connaissent pas et vont pourtant se rencontrer par hasard dans un aéroport pour partir à Rio de Janeiro, au Brésil. » Bon et bien là, on sait tout de suite ce qui va se passer, même pas besoin de commencer le livre. Certes, il y aura des milliers de péripéties, la femme va rencontrer un autre homme, elle ne va pas savoir qui choisir. Mais elle va se rendre compte que finalement celui qu’elle a rencontré dans l’aéroport est plutôt mignon et qu’il mérite tout son intérêt. Ces types de livre ne sont bons que pour se détendre et pour ne pas se prendre la tête. À ce moment, nous avons vraiment plaisir à commencer ce livre, nous ne voulons pas forcément réfléchir, juste avoir une histoire sous le coude et pleurer un bon coup parce que la femme sera morte dans un accident de voiture. Ce sont des lectures qui nous plaisent mais qui ne demandent pas une réflexion intense. Les quatrièmes de couverture permettent alors de savoir si le livre est un roman de gare (ou arlequin).

Choisir un livre, c’est aussi partager. Un choix de livre peut aussi se faire sur le conseil de quelqu’un, de proche ou non. Mais quelqu’un qui aura eu l’expérience de cette lecture et à qui nous faisons entièrement confiance pour débuter nos lectures. Souvent, nous nous attachons à l’expérience de personnes qui ont les mêmes centres d’intérêts que nous. Ou pas. Nous pouvons très bien être surpris à aimer des lectures complètement étrangère à nos goûts mais aussi à détester des lectures qui normalement devraient nous plaire. C’est une question de choix. Nous pouvons très bien être alertés par le livre. Nous savons pertinemment qu’un livre qui correspond à notre centre d’intérêt mais qui ne nous plaît pas dès la quatrième de couverture ou qui n’a pas plus à notre pilier littéraire (je parle ici de la personne de confiance qui nous aide à choisir nos livres) ne nous plaira pas par la suite.

Après avoir choisi le livre, il faut le débuter. Et là, cela devient une question très personnelle. Comment commencer un livre ? Dois-je d’abord voir toutes les illustrations, s’il y en a, ou débuter par la première phrase du premier chapitre en oubliant de lire la préface ou les dédicaces de l’auteur(e). Connaître le point de chute de notre regard n’est pas évident à trouver. Et puis surtout, il diffère d’un livre à un autre. Nous ne commençons pas de la même manière un beau livre pratique et un roman. Personnellement, le dernier roman que j’ai lu c’était Un jour de David Nicholls. David Nicholls, c’est lui et son livre c’est ça. C’est exactement 600 pages de malheur amoureux et de rencontres non fructueuses mais c’est un pur bonheur quand on lit ça dans son lit, pendant de longues vacances. Certes, ça prend tout notre temps, au lieu de travailler. Mais c’est vraiment très décompressant quand on a de bonnes journées en dehors. Ce livre, je l’ai commencé par les dédicaces. En fait, tous les romans je les commence comme ça. Ou presque tous. J’ai un temps d’adaptation au livre. Je ne peux pas le commencer de but en blanc, j’ai besoin d’avoir une idée, certes vague, de ce que je pourrai retrouver dans le livre. Souvent, quand il y a une biographie de l’auteur(e), je la lis. Ensuite, je commence par les dédicaces (je suis émue quand ce sont des dédicaces pour leurs enfants ou bien même leurs parents… Nous ne les remercions jamais assez.). Et puis enfin, je commence. La première phrase défile, puis la seconde et enfin toute la première page. Et là, se passe quelque chose d’assez étrange. En fait, je lis rarement plus du premier chapitre quand je commence un livre. J’y ai jamais vraiment réfléchi, ça se fait comme ça. Je lis le premier chapitre et repose le livre. Même si ce ne sont quelques minutes. Rare sont les fois où ça arrive. Très régulièrement, je pose le livre et m’endors, ou bien je pose le livre, descend les escaliers familiaux (je lis chez mes parents, le plus souvent) et passe du temps avec mes parents. Ou alors, je pose le livre et me concentre sur autre chose, un élément dans mon appartement, un insecte au mur, je vais me faire à manger ou bien commencer à travailler pour l’IUT. La première lecture ne se fait pas d’un trait. Par contre, quand je commence à lire le second chapitre, il ne faut plus me déranger, car bien souvent je dévore le livre et passe des heures entières sur mon lit, dans toutes les positions possibles et imaginables pour finir au plus vite mon livre. 

Cependant, commencer un livre peut parfois être plus fastidieux. Nous avons du mal à rentrer dans l’écriture de l’auteur(e). La lecture n’est pas aisée et nous n’aimons pas ces difficultés, car ça nous frustre. Alors nous recommençons. Parfois plusieurs fois. Mais souvent nous abandonnons. Ce qui est dommage, l’auteur(e) avait sûrement quelque chose à dire d’intéressant. Mais il n’a pas réussi à nous convaincre et nous amadouer par son écriture. Pourquoi cet échec ? Je ne sais pas vraiment. Les mots sont durs à comprendre, nous butons sur les phrases. Pourquoi ? Nous n’étions peut-être pas disponibles pour ce type d’écriture ou alors tout simplement ce n’est pas celle qui nous correspond. Pourquoi ? Peut-être que nous ne sommes pas tous capables de tout lire. Mais sommes-nous capables de tout lire ? Bonne question. Certes nous pouvons tous commencer à tout lire. Ce n’est pas le souci. Mais nous ne pouvons pas tout lire, cela ne correspond pas à nos attentes ou nos envies tout du moins. Comment juger nos goûts ? Comment juger une écriture en particulier ? C’est plutôt difficile de répondre à ces deux questions. Écrire c’est d’abord partager ses envies et son envie d’écrire. Tout le monde ne peut pas apprécier notre style et c’est rassurant. Nous avons chacun notre avis et il est important de le conserver.

Il ne suffit pas de commencer à lire pour comprendre le livre. Lire est bien plus profond que cela. Lire c’est d’abord un souci cognitif. Il faut savoir lire pour commencer un livre. Quoi que… Une personne ne sachant pas lire, ne peut-elle pas commencer à lire un livre ? Lire c’est quoi ? La réponse est complexe et il faudrait avoir de nombreuses années de recherches pour cela.

Aujourd’hui, pour conclure ce (long) article, lire nécessite un début mais aussi une fin. Commencer à lire ne veut pas forcément dire finir de lire jusqu’au bout. Un livre peut ne pas se lire jusqu’à la fin. Un livre peut être lu petit à petit, ou pas du tout. Mais il est essentiel de commencer à lire pour connaître cette expérience phénoménale et exceptionnelle.

Commencer un livre

Lorsque l’on me pose cette question incongrue « Comment on commence à lire un livre ? », un seul mot me vient à l’esprit : rituel.

Rituel parce que je me rends compte que je suis toujours le même circuit quand je commence la lecture d’un ouvrage. Mon premier geste est le suivant : je tourne rapidement les pages et je sens l’odeur qui s’en dégage. C’est alors que je me rend compte qu’il y a des odeurs bien distinctes entre un manga, une BD ou encore un romans. C’est curieux d’utiliser ce sens en premier quand on commence à lire, mais à la réflexion, c’est plutôt normal.

On dit souvent que lire un livre, c’est s’évader, plonger dans un autre monde, vivre une aventure… Je suis d’accord. Quoi de plus normal alors que d’utiliser l’ensemble de nos sens ,

Je pense à ma lecture du moment, il s’agit de la très grande saga du Trône de fer. Une série d’heroic fantasy hallucinante. Tous mes sens sont en éveil lorsque je commence à la lire : le papier à l’odeur des parchemins d’antan, la même odeur, j’en suis sûr que ceux entassés dans les caves de Châteaunoir, le long du Mur préservant les 7 Royaumes des Autres. Je visualise ensuite les paysages, les forts et les innombrables personnages qui peuplent cette univers : mes pupilles n’en reviennent pas devant tant de choses si différentes et incroyables. Viennent ensuite le goût, le toucher et l’ouïe, plus ponctuelles et souvent liés à ma situation de lecture : où je lis, qu’est-ce qui accompagne ma lecture (boisons ou friandises) et le bruit ambiant qui m’entoure.

Une fois que j’ai commencé à activer mes sens, c’est alors que je commence à lire.

Lecture, mode d’emploi

Comment commencer à lire ?

→ La manière de débuter un livre est toujours importante, que ce soit dans la posture, l’environnement, l’ambiance… Tout d’abord, il faut choisir le livre, et pour le choisir, il faut s’informer un peu de ce qu’il raconte, de l’histoire qu’il veut transmettre.

Et c’est la qu’on commence à lire. On prend le livre au hasard (ou pas), on en lit le titre. La lecture a déjà commencée, même si le livre ne nous plait pas et qu’on le repose sur l’étagère de la librairie, de la bibliothèque du quartier ou de notre propre bibliothèque, nous avons déjà entamés la lecture de ce texte, ne serait-ce que par les cinq mots qui composent le titre : La femme au carnet rouge. On s’imagine une femme inconnue, on ne donne pas son nom : une femme inconnue, qui possède un carnet rouge. Ne serait-ce que le titre engendre de nombreuses questions, même avant d’avoir ouvert le livre : que raconte ce carnet rouge? Qui est cette femme?

Le titre est accrocheur, ainsi que la couverture : une femme de dos. Pour en savoir plus, on retourne le livre, on prend connaissance des quelques lignes de la quatrième de couverture. Le résumé donne encore plus envie d’ouvrir ce livre et d’en entamer la lecture. On choisit donc de prendre ce livre, et de s’intéresser à l’histoire que l’auteur a bien voulu inventer pour nous divertir.

Mais on ne va pas le lire comme ça, debout au milieu de la pièce, non. Il faut se mettre à l’aise, confortable, afin de pouvoir entrer dans le monde imaginaire plus facilement. Le fauteuil? Le lit? Allez, un plaid, peut-être un peu de musique pour s’isoler, et direction le lit, où l’on s’allonge, on s’assoit ou l’on s’affale, selon son envie, pour lire confortablement.

Uns fois installé, la lecture peut continuer. On ouvre le livre, tourne la première page, puis la seconde, puis la troisième. La quatrième : Chapitre 1. Ça commence. Les premiers mots accrochent l’attention. Appuyé contre la tête de lit, enroulé dans un plaid, concentré, on tourne les pages, certains doucement, prenant leur temps de digérer les phrases, d’autres de plus en plus vite, dévorant ligne après ligne. La fin du livre : rassasié, on le ferme, un peu frustré que ça soit déjà fini. Mais on se repasse l’histoire que l’on vient de lire, avec satisfaction. Retour vers la bibliothèque, pour le choix d’un autre livre à déguster.

Aurore