Du petit au grand

7h mon portable se réveille et me cueille déjà réveillée encore endormie

Il ouvre son oeil très lumineux comme si c’était dur de se relier à nouveau à tout un champ de forces qu’il avait délaissé pour se renfermer dans sa boîte. Il prend son temps et s’en suit le carillon ou pas des sms reçus dans la nuit. Affolé, il vomit tout ça sur ma table de chevet. Tendre ou pas le bras pour voir ce qui m’est dit. Peur de générer dès le début l’émotion la dispersion à travers les voix lues les injonctions, les demandes, les adresses, peur de les ignorer aussi, temps à rattraper sur le temps de la nuit.

Petit déjeuner  je suis seule avec l’ Ipad et France Culture : Messagerie.  Urgence sans urgence réelle . Je déroule  les mails que je préfère voir s’afficher sur un écran plus large que celui de mon téléphone.  L’habitude est prise. Mais peut changer. Je m’accroche à l’idée qu’un téléphone reste encore surtout un téléphone même s’il me crie que c’est faux. Liste de mails à ouvrir ou glisser dans la corbeille . Je mange en même temps et l’écran s’en ressent, plus ou moins poisseux entre les miettes et le pot de confiture. Les mails m’entrainent vers des sites, des liens. » Théophile voudrait séjourner chez vous du 16 ou 22 juin ». Cliquer sur l’icône  Airbnb rentrer dans le processus répétitifs des étapes. Accepter ou pas, justifier son refus, envoyer un message à Théophile que je ne connais pas.Désolée.  Rester léger malgré tout le plus longtemps possible petits supports: téléphone, Ipad en mouvement. Pour affaire plus sérieuse Mac avec bureau grand écran lourd pas mobile.La taille de la machine suit les étapes de la journée,  appuyer sur le bouton à ce stade c’est s’atteler pour 2 heures minimum .  Page d’accueil c’est Télérama , même si je veux aller vite , passer pour aller vers ce que j’ai à faire sans me perdre en route , elle me tient captive quelques minutes, minutes  parfois fatales qui vont m’obliger à aller voir là , puis là , puis dessous, plus loin, en travers, dans un jeu de pistes qui m’égare souvent. Fatiguée de voir qu’au bout d’1/4 d’heure, 20 minutes je n’ai toujours pas commencé ce que je voulais faire. Mieux ou pire j’ai oublié le truc à faire ou ne vois plus bien son intérêt , son urgence qui m’apparaissait si clairement il y a encore quelques minutes.

Naviguer au hasard…

 

 

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atelier d’écriture modernisé

Le numérique c’est magique quand tu maîtrises l’outil.

En animation c’est l’explosion on le voit avec Framapad.

Je pense à toutes ces chères petites têtes blondes qui m’attendent à la Maison de Quartier avec lesquelles je vais mettre en application cet outil collaboratif. Je l’utiliserai comme une mise en bouche pour gagner en confiance dans ce que peut représenter pour les minots l’écriture et sa complexité. Puis je repasserai par un moment d’expression orale pour préparer la séance suivante : les faire parler de leurs lieux habités ou imaginaires et passage à l’écrit en prenant appui sur l’expérimentation  de Guenaël Boutouiller    autoportraits croisés    

Numérique ou pas?

Les outils… Quels outils?… Je connais les outils de jardinage, les outils des mécaniciens… mais là de quels outils parle-t-on? Les outils numériques quézako? Je voudrais bien faire ma crâneuse, montrer mes compétences, faire celle qui « s’y connait »… raté, c’est raté, c’est un fiasco! Alors comment faire pour animer une séance d’atelier d’écriture quand on ne sent pas l’affaire?

Help, au secours, aiuto, aiudo… Comment vous le dire? La co-animation pourrait éventuellement me sortir de cette souricière, qui sait? Mais non, je ne fais pas ma victime ça ne marchera pas.

Je devine vos réponses: Oui, yes, c’est intéressant, à la pointe du du progrès, c’est être dans le move, c’est vivre avec son temps. J’avoue, je suis coupable: je fais de la résistance.

Ce matin dans le bus un jeune étudiant m’a laissé sa place.

C’est pas bon signe ma bonne dame.

Nadine

 

 

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Un matin

Au petit matin, le 1er réflexe conditionné, c’est la radio. Attraper l’heure du journal au bon moment. Si je me rase ce jour là, j’écouterai le journal en même temps. Sinon, je l’allume après la douche car ma voisine m’a dit que la radio pendant la douche ce n’était pas une bonne idée. C’est elle qui se réveille. Nous vivons dans un immeuble d’après guerre construit très rapidement avec des matériaux de mauvaises qualités. A vrai dire, sous la flotte, je n’entendait pas très bien la radio.  J’aimais bien malgré tout avoir ce son en plus. Par moment, j’entendais des bribes, ça m’amusait. Les habitudes m’ennuient terriblement et j’ai conscience de l’aliénation qu’elles produisent. Donc, je dis merci à ma voisine pour sa franchise. On s’entend très bien. Retour au chronos. J’allume l’ordi et le téléphone portable en même temps après m’être habillé, juste à la fin du petit déjeuner, avant de servir le thé. Je bois mon thé en dernier et j’emmène ma tasse à mon bureau. C’est un petit confort, quand le thé est servi, je consulte ma boîte mail. En écoutant des chroniques politiques et sociologiques sur les faits du jour, du moment. L’époque qui roule. Et l’actualité immédiate intérieur qui ressurgit chaque matin avec son lot de petits bruits électroniques. Comme l’enfant fait son rot, est-ce que l’ordi fait bien son Bip au démarrage ? J’ai un ordinateur qui fonctionne sur XP. Bientôt ce système d’exploitation sera rejeté par toutes les applications d’Internet. Même le navigateur web Firefox n’en voudra plus en septembre prochain. Le site « le bon coin » m’a signalé il y a 6 mois environ que je représentais une menace pour eux avec mon vieux système d’exploitation. Ma machine a pourtant une puissance nettement suffisante pour travailler. Mais les ingénieurs de Microsoft ont reçu l’ordre d’arrêter les mises à jour d’XP. Avec l’évolution des usages en cours, surtout depuis 2007, (l’essor du Web 2.0), les ordinateurs doivent être mieux protégés puisqu’ils sont hyper interconnectés. Ces choses là me font réfléchir. Le premier logiciel à réagir sur mon ordi, avant le message du Bon coin, c’est l’anti virus – gratuit – (j’ai oublié son nom). Depuis bientôt 2 ans, mon ordinateur n’a plus d’antivirus et il fonctionne très bien.

Les logiciels comme Word (de Microsoft) par exemple, sont aujourd’hui accessibles par téléchargement. Ils ne s’achètent plus sur un disque physique. On paye un service entièrement en ligne, il faut se localiser, s’identifier et peut-être lire les conditions de vente. De cette manière, les crackers sont progressivement éliminés. Et puis, chaque fournisseur de logiciel a les moyens de comprendre ce que chacun bricole, ses usages cognitifs, son état d’esprit, etc. Les profils sont bien recensés pour mieux cernés nos futurs désirs d’achat.

« Écrire dépend de ses conditions de production« …

Au travail !

Qu’en faire ?

Réflexion libre sur ce qui s’est passé ce matin, sur l’ensemble des outils visités, butinés. Sur les développements entendus, perçus. Et les commentaires directs et indirects échangés pendant la cession et dans les temps informels. Écrire en même temps, au même endroit, sur un support numérique soulève la question d’être ensemble et ailleurs simultanément. Pourquoi se réunir au même endroit pour déposer des textes en ligne ? L’aménagement de l’espace me pose d’emblée une question technique à réfléchir. Se retrouver dans une même salle pour se tourner le dos ne facilite pas l’écoute et le respect. Les temps d’écriture et les temps de parole doivent être bien distincts. Que l’on soit très discipliné n’empêche pas d’avoir toujours un brin de curiosité qui click pour voir si l’idée qui passe dans la tête n’a pas un aboutissement rigolo ailleurs.

Le premier qu’en faire, avant de démarrer quoi que ce soit, à mon avis, c’est de bien préciser ce que l’on a à faire ensemble. l’écriture reste, quel que soit le support, un moyen de relier un locuteur et un destinataire. Quel niveau, quel type, quelle qualité de socialisation sommes nous en train de véhiculer, d’entretenir, de désirer transmettre, partager ? Si l’atelier doit demeurer dans un cadre d’éducation populaire, il s’agit de se demander ce que l’on fait ensemble, ce que l’on souhaite transformer, sommes nous dans un cadre socio éducatif de distraction, de développement ?

Etre ensemble, faire ensemble, pour quoi faire ?

Il est question d’écriture et de lecture en lien avec des outils numérique, d’Internet, devant (ou derrière) des écrans, d’intelligence spatiale, intuitive, d’arborescence hyper texte. Il va être question également de rester assis plusieurs heures. Evoquer ses habitudes, des liens, des tags, des réseaux populaires d’échange, des auto routes de blabla, des espaces communs actuels pour « liker » les cancans du moment ou soulever des questions sociales et politiques ? Il me semble essentiel de fixer un cadre pour penser une pratique d’écriture et de lecture qui reste un moyen d’émancipation.

Pouce

7h. Tendre le bras engourdi vers le chevet – un amoncellement de magazines hétéroclite mais stable bâti au gré des lectures et dont le smartphone forme l’immuable dernière strate – déplier le cache de la housse comme la couverture d’un livre, glisser le doigt sur l’écran du haut vers le bas, presser l’excroissance plastique et sous les paupières à demi-closes, faire jaillir un éclair de lumière vive. Le smartphone, batterie chargée sans fermer l’œil, déploie les notifications des événements de la nuit d’une simple pression du pouce sur le bouton central. Papillon de nuit pris dans les filets de la lumière artificiel, le regard balaie l’écran, de haut en bas, toujours :

  • un oiseau blanc sur fond bleu. Tiens, de nouveaux abonnés !
  • 4 e-mails dans la boîte à tout-venant. De la pub, sûrement !
  • 2 e-mails dans la boîte personnelle. A lire plus tard. Savourer l’attente. Faire des suppositions sur leurs auteur et leurs contenus. Une fois sur deux être déçu. Mais plus tard.
  • 15 e-mails dans la boîte pro. A lire très très très tard. Et le droit à la déconnexion alors, tout le monde l’oublie dans cette foutue boîte ?
  • 1 F majuscule sur fond bleu foncé. J’ai publié quelque chose hier soir ? Ah non, merde, c’est un rappel d’anniversaire.

7h05. Les WC. Le caleçon sur les chevilles, la main gauche qui soutient le menton, le pouce droit qui déplie les notifications. Twitter et Facebook seulement. Il fait défiler l’objet des mails pros. Que des emmerdes ! Il supprime les mails promotionnels de la boîte tout-venant et patiente encore pour les mails persos.

7h30. Le café dans la main gauche qui vise la bouche sans l’aide des yeux, trop occupés qu’ils sont par son fil instagram. La télé ronronne sur des informations matinales qu’il a déjà lu en 140 caractères 5 minutes avant.

8h05. Arrivé au bureau. Il ouvre un à un les mails pros sur son PC. S’attarde sur certains, en ferme d’autres d’un clic – les plus pénibles – et répond à quelques-uns d’un OK, ASAP. Il les signes de ses initiales.

9h00. Bâillement. Le pouce qui presse le bouton magique. Notifications Twitter. 6 RT. Pas peu fier de sa puchline en 140 caractères.

9h15. Pouce. Coup d’oeil rapide. Plus de RT. La twittosphère est passée à autre chose.

10h00. Pouce. 1 RT orphelin, la queue de peloton.

10h30. Mails pros. Les traiter : lire/répondre/épingler (rouge pour urgent, orange pour à faire)/archiver

10h45. Pouce. Pouce. Pouce. Toujours 2 mails perso non lus. Il est temps de lire. Sa mère. Un ami. Il leur répondra plus tard. Ce soir, tiens.

11h50. Pouce. Son estomac gargouille. Zero notifications.

12h45. Pouce. Il déjeune sur le pouce. Déroule le fil Facebook. ça ne publie plus beaucoup ici.

12h56. Pouce. Café. Twitter s’agite. Il se passe quoi, là ?

13h06. Pouce. Fausse alerte. Il saute de compte en compte et s’abonne à tout va.

13h30. Mails pro. Rouge, rouge, rouge.

15h00. Étirements. Pouce. 2 notifications messenger, 15 Facebook. L’anniversaire, c’est le sien. Il avait oublié.

16h00. Pouce. Déjà 16h00.

17h00. Rouge, rouge, rouge, rouge. Il éteint le PC. On verra demain.

17h05. Pouce. Alterner coup d’oeil à l’écran et au pavé. Monter dans la voiture. Jeter le smartphone sur le siège passager.

17h10. Embouteillages. Pouce. Des notifications facebook en pagaille. Anniversaire. Anniversaire. Anniversaire.

18h30. Préparer le repas. Ouvrir marmiton. Pouce. Éplucher. Pouce. 2 pincées de sel. Pouce. Faire mijoter 15 minutes. Foutu écran qui se verrouille.

 

 

 

 

Flash trop plein

7h vibration, un téléphone s’agite, tu tâtonnes attrape l’appareil, appuies sur arrêt

Tu le reposes sur le côté du lit, toujours en monde avion, tu files sous la douche

7h15 casseroles sur le feu, France inter en fond sonore, 7h30 réveil de p’tits lou, biberons, câlins

8h30 départ, ah zut ton téléphone où l’as tu posé? Un à charger dans la cuisine, l’autre resté sur le coin du lit. Tiens ils sont toujours en mode avion, tu le quittes, Romain a peut être essayé de te joindre…

Bip un message sur le répondeur, tu le lances avec le haut parleur et attrape ton sac.  Sur l’autre un sms s’affiche, une copine, tu liras ça après vous allez être en retard.

8h55 julie t’as-t-elle répondu? Un coup d’œil rapide à la boîte mail sur le parking de l’école, rien…

9h10 tu fais coulé un café, jettes un œil à ton téléphone personnel, l’icône messenger s’affiche Anna t’a renvoyé un message, tu l’ouvres et réponds

9h15 tu allumes ton ordinateur, ouvre ta boîte mail pro puis ta perso, toujours pas de message de julie, quelques infos sur le pro, Catherine partage sur un atelier tu suis le lien vers le site internet

9h30 déjà tu ouvres un nouveau doc pour préparer un nouvel atelier

10h l’écran de ton téléphone en haut à droite de ton clavier s’allume, tiens un appel j’ai oublié de rallumer la sonnerie. Un nouveau message sur Messenger s’affiche. Tu ouvres et bascules sur ton fils d’actualité Facebook, tu fais défiler, clique sur un ou deux articles que tu parcoures, partage une citation.

10h20 tu reposes le téléphone, le temps file, te recentrer, reprendre le travail que tu avais engagé

Tu regarde l’heure sur ton téléphone : 11h30 il va falloir que tu files

13h15 déjeuner terminé tu prends ton téléphone et actualise ta boîte mail. Rien que de la pub, tu fermes et ouvres Facebook

13h30 bip message sur messenger quelqu’un que tu ne connais pas, simple invité à un même anniversaire et même groupe pour cadeau. 13h35 encore messenger une réaction d’un autre. 13h40 encore… Tu es agacée, tu te demande l’initiatrice du groupe va se vexer si tu le quittes. Tu poses le téléphone, sorts de la maison, une course à faire.

14h tu te remets devant l’ordi, tu jette un œil au téléphone rester sur la table pour voir si tu as reçu un appel, encore 3 nouveaux messages sur messenger. L’agacement prend le dessus, tu cherches l’option quitter le groupe.

16h pause café, tu jettes un œil à ton agenda sur le téléphone, tu résiste à la tentation d’un check à Facebook trop chronophage et retournes à ton ordi

16h15 un  bip te signale l’arrivée sur l’ordi d’un nouveau mail, tu ouvres, rien d’important, tu reprends mon travail

17h trop plein d’écran, couper, faire un tour de vélo

19h devant les casseroles coup d’œil sur ton téléphone aux messages et mails toujours avec inter en fond sonore

21h30 je m’asseois sur le canapé, ouvre le fils d’actualité Facebook, clique sur quelques vidéos

Mal à la tête je coupe. Je me glisse dans le lit, règle le réveil, envoie un dernier message à Romain et passe en mode avion.

J’ouvre un livre, 10 min, mes paupières papillonnent, je ferme la lumière

 

 

 

 

J’ai un message ( Géraldine)

Tout commence par mon réveil. Non par une musique.  Laquelle ? « Au fur et à mesure » de Liane Foly. Ça parle d’écriture. J’ai déjà un message le matin en me levant.

J’ai un autre message le matin en me levant. Il est 7H45 et  c’est Macha pour la Fête des Colibris du pays angevin qui m’interroge sur le titre du film   pour  ce  17 juin   » Est ce que ce serait pas plutôt « être et avoir » le film ? »La réponse est simple c’est « non non non ».  Parfois,  je ne réponds pas. Ça dépend si j’ai la réponse. Je finis de me préparer…Ce matin, le maître mot c’est efficacité. C’est  » être et devenir » efficace pour moi ce matin. Efficace au moment de partir….pOser un cadre personnel. Je veux vérifier sur le net le titre du film. Non, c’est le bon titre. Je clique. Je regarde l’heure. Je ferme la page. Je pars récupérer le thermos d’eau chaude.  J’ai un message.  Je suis prête à partir. Je regarde. J’ai bien un message.  » Coucou Géraldine, excuse moi de te déranger si tôt. Je viens de me rendre compte que j’avais oublié mes couverts pour ce midi. Peux tu m’en prêter. »  Je regarde l’heure du message. Tôt : 7h : 09. Ah oui c’est un message que je n’avais pas vu. Réponse : « ok dac. » Super. Mon objectif depuis une semaine c’est la synthèse, le court le rapide, l’essentiel. Si cela n’est pas de la pratique, de » l’expérientiel » ! Et ce dès le matin. Avec l’organisationnel plus simple. Je pars. Je mets mon tel en mode avion. Je partirai bien dans un avion. je pars dans un autre univers.  PAUSE.  Il est 10h. Je rallume mon tel. J’ai un message. « Voilà le jésus dans sa crèche. » Un photo du petit dernier qui a 6 mois dans son cocon. Je souris. Je ne répond pas.  J’allume mon tel, j’ appuie sur données pour avoir internet. C’est toujours le matin il est 11h40, j’écris. Je vérifie. J’ai un message. J’ai des messages. C’est dans ma boite mail cet fois.