Ludwig van Beethoven – Grande Sonate Pathétique Opus 13

Couverture sobre, minimaliste. Telle se présente extérieurement la partition de la Sonate pathétique de Beethoven.

Les pages sont écornées – la partition a du vécu – et les lignes sont annotées – des doigtés, principalement – sur les sextuplets, septuplets et nonuplets de quadruples croches du Grave qui introduit cette sonate: j’ai acheté la partition d’occasion.

La sonate est en trois mouvements – Grave/Allegro di molto e con brio, Adagio cantabile et Rondo allegro. Exception faite pour cette dernière partie, chaque début de mouvement commence sur la page de gauche: le but est, sans aucun doute, de gagner le maximum de place. La partition s’en trouve nettement aérée et d’autant plus lisible qu’elle permet au musicien de mieux appréhender la structure – structure à laquelle nous reviendrons ultérieurement. Le numéro des mesures est également indiqué à chaque début de ligne, ce qui permet un très bon repérage.

Toute la sonate, musicalement parlant, est un jeu de clair-obscur, de dualité. Sur le plan visuel, cette complémentarité est totalement appréhendable.  Ca se voit déjà rien que sur la première double-page, qui présente le Grave à gauche, et le début du Allegro di molto e con brio à droite. La structure est typiquement classique: très bien rangée, trop bien rangée; Beethoven, malgré les divers fantasmes que l’on nourrit contre lui ou en sa faveur, était bien pointilleux. On le sent dans les longues phrases écrites, les ponctuations soigneusement choisies – en musique, on préfère le terme de cadence: parfaite, imparfaite, picarde, plagale, italienne, etc. Pour faire simple, il faut y voir des virgules, des points-virgules, des points d’exclamation, des points d’interrogation: et ça devient ennuyant de prévisibilité.

Des phrases très longues donc, et des développements trop bien travaillées: on se dit « Quand tout cela va-t-il se finir? » C’est un peu le reproche que l’on peut faire au maître de Bonn, il a du mal à être éloquent, et du coup il nous fait de très grandes tartines. Mais quelles tartines! Dans le deuxième mouvement, l’Adagio cantabile donc, la première double-page est magnifique de sobriété et de rangement: la basse d’Alberti, typique du classicisme, fondation-même du mouvement, contraste violemment avec la tempête nébuleuse qu’est le premier mouvement.

La théâtralité de l’oeuvre est visible: je reste encore et toujours impressionné par la toute première double-page. Il s’en dégage quelque chose de très magistral et solennel, avec tous ces accords compliqués. Debussy prétend, avec son Monsieur Croche antidilettanteque Beethoven ne savait pas écrire pour le piano. Je pense, honnêtement, qu’il avait le don de monter des architectures musicales tout à fait admirables. Et puis, entre nous… une partition beethovénienne ouverte sur le pupitre d’un piano, c’est tout de même beau!

 

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